Test : The Legend of Heroes : Trails through Daybreak - PS5

The Legend of Heroes : Trails through Daybreak - PS5
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NIS America et Nihon Falcom n'en ont pas encore fini avec la longue série des The Legend of Heroes, et plus précisément la série des Trails. Il n'est toutefois pas question de Trails of Cold Steel, qui a eu droit à de nombreux épisodes au fil des dernières années, mais de Trails through Daybreak. Disponible au Japon depuis 2021 (où il a même déjà eu droit à une suite), il sort désormais chez nous.

Test effectué à partir d'une version PS5

Mais avant de nous pencher en détail sur le fond de ce Trails through Daybreak, autant expédier immédiatement ce qui se voit dès les premières secondes : oui, c'est vilain, on a l'impression de jouer sur PlayStation 3 et même les musiques manquent de peps. Ce qui n'est hélas pas vraiment une surprise de la part de Nihon Falcom, même si la chose reste dommage. En plus d'avoir des graphismes d'un autre temps, des environnements vides (sans parler des donjons composés uniquement de couloirs) et des textures baveuses, on se retrouve face à du clipping, à des animations peu reluisantes et à une mise en scène proche de zéro à base bien souvent de champ-contrechamp.

Dans un pays loin d'ici...

Et c'est dommage, car l'une des forces de la série des Trails est l'histoire et ses personnages. Ce qui est aussi le cas ici. L'aventure prend place durant l'année 1208 dans la république de Calvard et on suit les pérégrinations d'un jeune homme appelé Van et d'une étudiante nommée Agnes. Le héros est d'ailleurs un excellent protagoniste, bien différent de ceux de d'habitude. Il est mature, taquin, charismatique et est au courant d'une bonne partie du monde qui l'entoure, avec aussi ce qui est plus obscur, comme la pègre. À l'inverse, la jeune Agnes, du haut de ses 16 ans, se place plutôt dans les chaussures des joueurs puisqu'elle découvre tout au fur et à mesure.

Trails through Daybreak

On apprécie également la manière dont le monde est créé et présenté, ce qui n'est pas surprenant puisqu'il s'agit là du tout premier épisode d'une nouvelle série spin-off. L'ensemble est cohérent et peut même sur certains sujets se montrer assez poussé, par exemple sur la politique. Les habitués de la série des Trails ont même droit à quelques petits clins d'œil qui n'ont pas franchement d'importance sur le scénario mais qui font toujours plaisir. S'il s'agit là de votre tout premier épisode, rassurez-vous, vous ne louperez rien.

Trails through Daybreak

Il faut en revanche prendre son mal en patience pour profiter de cette histoire assez prenante puisque tout prend une éternité à se déployer. Le début de l'aventure est extrêmement long à se mettre en place et l'intrigue souffre d'un rythme franchement lent, expliquant une durée de vie tournant autour de 100h. De quoi décourager une bonne partie des joueurs, d'autant plus que l'on se retrouve là face bien souvent à des pavés de textes. Cerise sur le gâteau, aucune traduction française n'est de la partie... Bref, il faut parfois s'accrocher, mais le jeu en vaut la chandelle, surtout que l'arc narratif se clôt à la fin de l'aventure : des questions restent en suspens mais il n'y a pas de cliffhanger, ce qui n'est pas souvent le cas dans la série.

Trails through Daybreak

Bien sûr, Van et Agnes ont en chemin tout un tas de quêtes à terminer, même si elles restent souvent très classiques à base de zones à nettoyer ou d'objets à retrouver. Ce qui est intéressant en revanche, c'est qu'il est parfois demandé au joueur d'effectuer des choix moraux. Par exemple, l'une des toutes premières quêtes nous demande de nous occuper de quelqu'un qui a volé dans la caisse à son travail, mais qui l'a fait pour rembourser un objet qu'il a cassé. Une fois l'affaire sur la fin, on peut soit lui dire de tout dire à son patron pour soulager sa conscience, soit de ne rien dire et de remettre l'argent dans la caisse.

Trails through Daybreak

Law & Order

Ces choix n'ont aucune incidence sur le scénario mais permettent de gagner des points au sein de plusieurs traits de caractère : Law, Gray et Chaos. De quoi débloquer, plus tard dans l'aventure, des amitiés avec différentes factions et ainsi participer à des événements et dialogues inédits. Et puisque l'on parle ici des amitiés, rajoutons qu'il est possible d'acheter des cadeaux pour les différents membres de l'équipe afin d'augmenter un taux d'affinité. De quoi rendre une fois de plus l'ensemble toujours plus cohérent et profond. Et les personnages étant tous assez attachants, il s'agit là encore d'un bon point.

Trails through Daybreak

Enfin, parlons un peu des combats, qui sont assez surprenants au premier abord. Trails through Daybreak a décidé d'opter pour un mélange entre le combat en temps réel sur le terrain et le combat au tour par tour dans une arène, avec la possibilité de passer de l'un à l'autre comme bon nous semble (sauf à certains moments, dont les combats de boss). Sur le terrain, on ne dispose que d'attaques très basiques mais qui font grimper la jauge d'attaque chargée. Une fois lâchée, elle peut bien souvent étourdir les ennemis, et c'est là que le tour par tour entre en jeu.

Trails through Daybreak

Lorsqu'un ennemi est étourdi, il est conseillé (mais pas obligatoire) de changer de mode pour prendre un gros avantage et lui infliger des dégâts supplémentaires au passage. Le tour par tour se montre ensuite assez classique, avec une attaque basique, une défense, des compétences et des sorts, sans oublier une aptitude ultime dévastatrice. Pour un peu plus de liberté, on peut se déplacer au sein d'un cercle pour s'approcher ou non des ennemis, voire des alliés pour bénéficier de bonus en duo. Vous voulez revenir au temps réel ? Pas de souci, c'est tout à fait possible à n'importe quel moment. Plus anecdotique, Van peut sous certaines conditions se transformer en une sorte de mécha aux attaques puissantes.


Il s'agit d'un système de combat souple et vraiment intéressant, en tout cas sur les premières dizaines d'heures puisque la routine s'installe bien vite après ça, surtout face à des boss où l'on se contente bien rapidement de spammer les attaques ultimes. Les joueurs sont invités à tester toutes sortes de combinaisons et, en se débrouillant bien, il est tout à fait possible de se débarrasser de groupes d'ennemis sans prendre un seul point de dégât. Ce système permet aussi de farmer très facilement et rapidement lorsque l'on retourne sur des zones déjà visitées : les ennemis sont alors bien plus faibles et se tuent en quelques coups sur le terrain. Un bon début, donc, mais qui mérite quelques ajustements pour les futurs épisodes.

Trails through Daybreak

Pour disposer d'un joli panel d'attaques, il faut se préparer. Trails through Daybreak reprend le système des autres épisodes, à savoir des Orbes à placer dans un appareil pour bénéficier de sorts, bonus, etc. Mais cette fonctionnalité se montre bien plus complexe, avec aussi la présence de Plugins, de Drivers et autres slots à ouvrir. Là encore, l'idée est de tester des tas de combinaisons et de spécialiser les personnages en essayant de couvrir le plus d'éléments possible (eau, feu, terre, etc). Des personnages qui doivent aussi s'offrir régulièrement de l'équipement de bonne qualité pour rester au niveau, cela va de soi.
Trails through Daybreak se place dans la lignée des autres épisodes de la licence : une histoire intéressante, des personnages attachants, une grosse durée de vie et un système de combat intelligent. Néanmoins, quelques éléments auraient mérité un peu plus d'attention, notamment le rythme franchement lent ou le style de combat, encore lui, qui aurait pu être plus abouti. Sans parler de la technique d'un autre temps et qui a de plus en plus de mal à passer de nos jours...
29 juin 2024 à 17h10

Par

Points positifs

  • Une histoire prenante
  • Des personnages attachants
  • Un monde cohérent
  • Un système de combat bien fichu...
  • Et qui pousse à l'expérimentation

Points négatifs

  • ...Mais qui aurait mérité encore plus de travail
  • Un rythme vraiment trop lent
  • Techniquement pas mal... pour un début de PS3 (et encore, on est gentils)
  • English only

Gribouillé par...

Shauni

Shauni

Celle qu'on ne voit pas

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

Twitter : Shauni_Chan

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