Test : Rivage - PS5

Rivage - PS5

Rivage - PS5

Genre : Réflexion

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Rivage part sur une base assez classique de science-fiction. Une station spatiale isolée, un équipage disparu et une protagoniste qui doit comprendre ce qui s’est passé. Exnilo Studio ajoute à cela une boucle temporelle et une gestion très restrictive de l’énergie. De bonnes idées, mais qui ne fonctionnent malheureusement pas toujours aussi bien qu’espéré.

Test effectué à partir d'une version PC

Miranda Vigneau se réveille seule à bord de la station A.R.E.S., en orbite autour de Vesta. Ses collègues ont disparu, plusieurs phénomènes étranges perturbent les lieux et l’énergie disponible est limitée. Rivage préfère rapidement laisser le joueur enquêter en fouillant les pièces, les ordinateurs et les affaires personnelles de l’équipage. Emails, enregistrements et objets permettent progressivement de comprendre ce qu'il s’est déroulé avant la disparition générale. Cette manière de raconter fonctionne correctement. La station n’est pas immense, mais ses différentes zones disposent d’une identité suffisamment claire pour rendre l’exploration agréable. Les chambres et les espaces communs apportent quelques détails supplémentaires sur leurs occupants et donnent à A.R.E.S. l’allure d’un lieu réellement habité. La réalisation reste également convaincante dans l’ensemble, notamment grâce aux éclairages et au niveau de détail de certains environnements.

Courant alternatif

Il faut cependant évoquer l’utilisation de l’intelligence artificielle générative pendant le développement. Exnilo Studio explique avoir employé ce type d’outils durant le prototypage, avant de remplacer les éléments concernés dans la version finale. Malgré cette précision, quelques visuels donnent encore parfois cette impression. Certaines illustrations manquent de cohérence avec le reste de la direction artistique et une couverture affichant un personnage dans un style anime paraît particulièrement déconnectée de son environnement. Rien ne permet d’affirmer que ces éléments ont été générés par IA dans la version commerciale, mais le résultat (notamment une peinture affichée en jeu) laisse ponctuellement planer le doute, et pas vraiment pour le meilleur.

Rivage

L’ambiance sonore s’en sort mieux. Les différents enregistrements donnent un peu de consistance aux membres de l’équipage, avec suffisamment d’informations sur leurs relations et leurs tensions pour maintenir l’intérêt. Certains dialogues manquent cependant de naturel, ce qui renforce parfois l’impression d’une production assez irrégulière. Le cœur de Rivage reste surtout ses énigmes. Dans ses meilleurs moments, le jeu demande d’observer l’environnement, de lire les documents récupérés et de mettre en relation plusieurs informations. Un code aperçu dans une pièce peut devenir utile bien plus tard, tandis qu’un détail présent sur une photographie peut débloquer une nouvelle piste.

Les premiers puzzles fonctionnent particulièrement bien et donnent réellement l’impression de mener une enquête. Le système K9 (une couche visuelle qui se superpose à notre vision en jeu), permet heureusement de conserver les informations importantes entre chaque boucle. Codes, documents et captures restent ainsi disponibles et évitent de devoir tout noter manuellement. Le principal problème vient surtout de l’irrégularité des énigmes. Certaines disposent d’une logique claire et procurent une véritable satisfaction une fois résolues. D’autres multiplient inutilement les étapes ou demandent simplement de tester plusieurs possibilités. Rivage devient alors moins un jeu d’observation qu’un exercice de patience, avec de nombreux allers-retours et des solutions parfois trop peu indiquées. 

Rivage

Boucler la boucle, encore faut-il en sortir

Chaque journée dispose d’une quantité limitée d’énergie sur la station. Ouvrir certaines portes ou activer différents systèmes consomme cette ressource. Une fois celle-ci épuisée, il faut recommencer une nouvelle boucle. Le principe fonctionne plutôt bien au départ. Chaque tentative permet de mieux connaître la station, de mémoriser les raccourcis et de préparer un trajet plus efficace. La connaissance constitue donc la véritable progression du jeu. Le système devient en revanche beaucoup moins convaincant lorsque l’on bloque. Une mauvaise porte ouverte ou une piste inutile peut suffire à gaspiller assez d’énergie pour imposer une nouvelle boucle. Il faut ensuite refaire une partie du trajet avant de retrouver le problème initial. À force, ces répétitions donnent surtout l’impression de ralentir artificiellement la progression. 

Rivage

Cette mécanique fonctionne d’autant moins bien que Rivage manque parfois d’indications. Il arrive de posséder l’objet nécessaire sans comprendre où l’utiliser, ou de parcourir plusieurs salles en examinant chaque élément interactif dans l’espoir de déclencher quelque chose. La différence entre chercher une solution et fouiller au hasard devient alors trop mince. Quelques puzzles montrent pourtant tout le potentiel du jeu. Les interactions avec les ordinateurs, les systèmes de la station ou certains objets exploitent intelligemment le cadre de science-fiction. Rivage varie également suffisamment ses énigmes pour éviter de reposer uniquement sur des codes et des cadenas. Mais cette variété ne suffit pas toujours à compenser le manque de clarté et les répétitions imposées par la boucle temporelle. 

Rivage

Le rythme narratif en souffre également. Quand les énigmes s’enchaînent correctement, découvrir une nouvelle pièce ou un nouvel enregistrement donne envie de continuer. Dès qu’une séquence impose plusieurs boucles, l’histoire passe cependant au second plan pendant de longues minutes. Le mystère reste intéressant, mais il peine à compenser les passages les plus laborieux. Rivage conserve malgré tout quelques qualités évidentes. A.R.E.S. fonctionne correctement comme espace de jeu, l’ambiance est réussie et certains puzzles demandent réellement de réfléchir. Mais les restrictions liées à l’énergie, l’ergonomie parfois maladroite et une difficulté très irrégulière empêchent l’ensemble de trouver un rythme vraiment satisfaisant.

Rivage

Rivage possède une bonne ambiance, plusieurs énigmes intéressantes et une station agréable à explorer. Sa boucle temporelle finit toutefois par rendre l’aventure plus répétitive qu’elle ne devrait l’être, tandis que certains puzzles manquent clairement d’indications. L’utilisation reconnue de l’IA générative pendant le prototypage interpelle également lorsque certains visuels paraissent justement manquer de cohérence. Un jeu de réflexion intéressant, mais trop irrégulier pour convaincre totalement.
25 septembre 2026 à 14h40

Par

Points positifs

  • Une station agréable à explorer
  • Une ambiance réussie
  • Plusieurs bonnes énigmes
  • Le système K9 pratique
  • Des puzzles assez variés

Points négatifs

  • Une boucle temporelle répétitive
  • Des énigmes très inégales
  • Trop d’allers-retours
  • Une ergonomie console maladroite
  • Certains visuels qui interrogent après l’usage reconnu de l’IA générative

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Lorris

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Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.
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