Test : Octopath Traveler

Octopath Traveler - Nintendo Switch

Genre : RPG

Date de sortie : 13 juillet 2018

Genre
RPG
Date de sortie
13 juillet 2018 - France
Développé par
Square Enix
Edité par
Square Enix
Disponible sur
Nintendo Switch
Modes de distribution
Boutique
Nintendo eShop
PEGI
 Interdit aux moins de 12 ans

On en a d’abord entendu parler il y a un peu plus d’un an, lorsque la NX de Nintendo faisait sa mue en Switch et que Manu partait à la conquête de la Gaule. J-RPG de l’été qui vous captivera des heures durant, Octopath Traveler vient claquer la bise à la jeunesse avant d’étaler son plan de campagne et de taper sur la corde sensible des vieux du jeu vidéo, et ce avec un certain brio. Si on ne sait toujours pas si c’était mieux avant, en revanche une chose est sûre : c’est toujours bien maintenant.

Test effectué à partir d'une version Nintendo Switch


Font chier, les jeunes

Masashi Takahashi, producteur du jeu, ne s’en cache pas : Octopath Traveler est avant tout un trip dans la machine à souvenirs, essentiellement orienté vers un public trentenaire, voire quadragénaire. Génération Super Nintendo, les plus vieux (et chanceux) d’entre nous qui ont goûté au caviar J-RPG de l’époque n’ont jamais oublié ces expériences incroyables, malgré les huit pixels qui se battaient à l’écran. Cette corde, c’est exactement celle qu’OT vient arracher, lui qui est prophétisé depuis des mois comme le digne héritier de toute une époque. Et quand Takahashi-san compare la dernière production Square Enix au légendaire Final Fantasy VI, il n’en faut guère plus pour péter la hype et ouvrir le portefeuille de n’importe quel joueur né avant les 90’s. Si on peut finalement affirmer que non, Octopath n’est pas FF VI, il est toutefois celui qui s’en rapproche le plus. Pas dans son histoire, elle qui est grandement décousue et qui manque de piment dans son ensemble, mais plutôt dans sa présentation et l’atmosphère qui s'en dégage, où chaque composition de Yasunori Nishiki envoie bastos sur bastos, et qui par un sortilège certain nous ramène vingt ans en arrière. Cordes, flûtes (sans alcool) et autres instruments se mélangent à merveille pour rythmer une aventure qui, malgré son cast de huit personnages, se joue bigrement en soliste. Les codes sont respectés et chaque ville dispose de son thème dédié là où, surprise, celui des combats changera au fil de l’avancée dans la trame. Un facteur bien cool, qui s'ajoute au choix de langue que propose le titre (VO et VA), même si on mettra un taquet à la descendance de Shakespeare pour sa performance globale bien trop stéréotypée.

OT


Marty McFly Gang

Si le charme opère dans nos canaux auditifs sans se faire prier, il en va de même pour nos rétines, elles qui ont assisté à l’évolution du genre au fil des années. Véritable ode à l’ère 8 et 16 bits, ce mariage consentant entre 2D, HD et 3D est en représentation permanente. Effets de particules et de lumières subliment les nombreux tableaux du jeu (qui, comme à l’ancienne, vous emmènera dans des contrées ensoleillées, enneigées, désertiques, au bord des océans, en pleine forêt, en ville, etc), et l’aspect de profondeur apporté par la 3D participe à la lisibilité en plus d’encourager la recherche de chemins cachés. D’ailleurs, kudos pour le rendu de l’eau (car on sait tous que la qualité d’un jeu est reconnue à la classe visuelle de sa flotte), qui illustre parfaitement la réussite de cette union entre ancien et nouveau.

Mais Octopath Traveler, c’est aussi la promesse d’une aventure épique avec un gang composé de huit personnages. Ce qui, dans les faits, se révèle être quelque peu bancal. Durant les premières et nombreuses heures qui suivront, cette notion de groupe est quasi inexistante. Le jeu vous laisse donc choisir l'un des huit protagonistes qu’il propose, chacun avec son propre background (on y écume les classiques, avec notamment le voleur au dédain certain, le chevalier en retraite secrète mais pas trop, la marchande, le pharmacien de service, la demoiselle en quête de vengeance, etc) et vous laisse découvrir le prologue de l’élu de votre choix. Ce après quoi vous êtes lâché dans le vaste monde que propose le titre, libre de toute contrainte. Il n’y a pas de quête principale à proprement parler, ni de structure linéaire sur laquelle vous appuyer. Libre à vous de choisir la direction à prendre, et qui parmi le reste du gang vous allez recruter en premier. Chaque personnage possède sa propre histoire, et encore une fois, il ne tient qu'à vous de choisir l’ordre des trames que vous désirez faire avancer, une fois tout le monde dans l’équipe.

Octopath Traveler

Le hic, c’est que ces huit scénarios, compartimentés dans des chapitres (le premier constitue la « phase de recrutement » pour tout le monde, le second l’avancée dans chaque histoire, puis ainsi de suite) ne s’interconnectent pas pendant une (très) grande partie du jeu. Le groupe ne joint ses forces que lors des affrontements, et dès que la trame en cours reprend, seul le principal concerné s’affiche lors des cutscene. Et lorsque le titre de Square Enix finit par - timidement - mettre en scène quelques interactions avec les personnages du groupe, une bonne trentaine d’heures (si ce n’est plus) se sont déjà écoulées. La bannière commune contre le grand méchant qui veut mener le monde à sa perte n’est donc pas de rigueur, et c’est l’aventure qui en pâtit à l’arrivée. Mais paradoxalement, c’est aussi ce qui fait la force d’Octopath Traveler. Cette liberté offerte tout au long du jeu permet au joueur de diriger son voyage comme bon lui semble, et c’est peut-être un aspect qui plaira sûrement à la nouvelle génération plutôt qu’aux précédentes. A noter que l’emplacement des différents personnages du crew est indiqué d’emblée sur la carte, tout comme les points où se rendre pour faire avancer les huit histoires dans les chapitres suivants. La seule ancre à tout ce système est le protagoniste choisi en entrée de jeu, qui lui ne pourra jamais être retiré de la party.


Party Anthem

Il ne paye pas de mine cet Octotruc, et pourtant il regorge de contenu. Donjons, quêtes annexes, classes secrètes (chuuuttt) et j’en passe, il y a de quoi s’occuper pour qui souhaite faire une pause dans l’avancée scénaristique de la troupe. D’ailleurs, le jeu se prête d’avantage au format portable et ses sessions courtes que les longues sessions de grind et d’exploration. Des ajustements ici et là, comme la possibilité de faire le prologue de chaque personnage à n’importe quel moment (il suffit de se rendre dans une taverne et de sélectionner l’option « écouter une histoire »), ou encore l’omniprésence des points de sauvegarde couplés aux sauvegardes automatiques, contribuent au confort de jeu. OT se dévore par bouchées succinctes tout au long de la journée, du métro avant le boulot jusqu’au dodo, et c’est ce qui lui convient le mieux. Surtout qu’il semble avoisiner les 80 heures de jeu (ou plus) facile si l’on désire tout nettoyer.

Et il y a bien un élément pour lequel on revient sans cesse : la bagarre. Encore et toujours. Si Persona 5 a magnifié le système du tour par tour, donnant au passage un coup de vieux au reste de la concurrence, Octopath Traveler n’est pas en reste non plus. Il nous rappelle notamment à la production d’Atlus avec son système de faille, qui vous pousse à identifier les faiblesses de l’ennemi (que ce soit un type d’arme ou de magie) pour ensuite lui faire sauter sa protection et lui refaire toute sa dentition. Un aspect qui devient plus stratégique lorsque l’on fait rentrer les points d’exaltation en jeu, qui s’accumulent à chaque tour et vous permettent d’augmenter la puissance de vos attaques pour faire sauter un bouclier plus vite, ou bien envoyer toute la sauce lorsqu’un sac à PV est dans les vapes. Dynamiques et jamais trop faciles contre les boss (c’est même ric rac la plupart du temps), les combats d’Octopath Traveler savent tenir en haleine et y vont même de leur petite touche spécifique avec les différents membres de la partie.

Octopath Traveler

Alfyn, l’apothicaire, pourra créer des sorts à la volée avec les différents ingrédients acquis durant votre périple. Primrose pourra séduire des PNJ qui viendront ensuite prêter main forte aux combats, alors qu’H’aanit, la chasseuse, pourra capturer des ennemis comme une dresseuse de Pokémons. Chaque aventurier dispose de son petit truc à lui, qui est aussi applicable hors combat et qui, la plupart du temps, vous aidera à boucler des quêtes secondaires. Des personnes comme Thérion (voleur) et Tressa (marchande) peuvent par exemple détrousser un PNJ, ou bien acheter sa marchandise, alors que le stock est commun (ce qui a été volé ne peut être acheté, et vice versa). Un cas typique de mécanique qui laisse le joueur libre d’approcher une situation comme il l’entend. Des choix qui peuvent aussi avoir des répercussions, car si Thérion se fait trop souvent prendre à voler, sa réputation en ville chutera. Et pour clôturer l'affaire, en plus des jobs propres au background de chaque membre, d’autres se débloqueront au fil de l’aventure (ainsi que des secondaires) après avoir acquis suffisamment de points de compétences lors des combats. De quoi offrir une profondeur supplémentaire à un jeu qui n’en manquait déjà pas.

OT

Article rédigé par Jojo , le

Octopath Traveler n’est pas le nouveau Final Fantasy VI. Pour pouvoir prétendre à ce statut, il lui aurait fallu une trame scénaristique avec plus d’envergure et d’enjeu, et surtout offrir une bannière commune à ses huit protagonistes. Mais ce qu’il perd dans son récit, il le récupère dans la liberté qu’il offre au joueur dès les premières heures. Plaisir sonore et visuel de chaque instant, riche de contenu et quêtes en tous genres, parfaitement adapté au format, tous les voyants sont au vert pour embarquer la nouvelle production Square en vacances, que l’on soit vieux ou non.

Points positifs

  • La bande-son, incontestablement fantastiquement fantastique
  • Le rendu « HD-2D » qui fait des merveilles
  • La liberté qu’offre le jeu au joueur dans son approche et son exploration
  • Les combats, addictifs
  • Les différents jobs
  • Adapté pour des courtes sessions de jeu
  • Le choix VA/VO

Points négatifs

  • L’histoire, décousue, qui peine à convaincre
  • Un peu trop de personnages stéréotypés ?
  • Des voix anglaises qui le sont clairement, en tout cas
  • La récurrence des combats aléatoires
  • Finalement répétitif lors de sessions prolongées

A propos de l'auteur

Jojo

Jojo

Quota pioupiou

Grailleur de pépitos et de JRPG, en gros. Sinon je tweet, vu que personne dans l'équipe ne semble savoir comment fonctionne l'internet. Je vous ai parlé de Rocket League ?

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