Test : World's End Club - Nintendo Switch

World's End Club - Nintendo Switch

World's End Club - Nintendo Switch

Genre : Visual novel / Aventure

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Kazutaka Kodaka et Kôtarô Uchikoshi. Deux noms qui font rêver les amateurs de visual novels, ou en tout cas ceux qui ont un petit penchant pour le sadisme. Il s'agit en effet des papas respectifs des séries Danganronpa et Zero Escape : deux esprits torturés qui ont décidé de joindre leurs forces pour accoucher d'un certain World's End Club, de sortie sur Nintendo Switch. Mais l'union fait-elle vraiment la force ?

Test effectué à partir d'une version Nintendo Switch

Dans World's End Club, nous suivons les aventures d'un petit groupe d'élèves et amis (le Club des Battants) qui vont se retrouver dans la caca. Alors qu'ils étaient en voyage scolaire à bord d'un bus, une météorite s'écrase sur Tokyo... et ils se réveillent tous dans un parc d'attractions se situant sous la mer. Comme si ça ne suffisait pas, une mascotte aux faux airs de Pokémon nommée Pielope débarque et leur dit qu'il va leur falloir jouer à un jeu de la mort, sachant que seul le dernier survivant pourra s'échapper de là. Un pitch de base qui n'est évidemment pas sans rappeler les Danganronpa, portés par le sadique Monokuma. Mais ça ne s'arrête toutefois pas là, même s'il est impossible d'en dire plus sous peine de salement vous spoiler. Ben ouais, on est sympas chez GameHope !

Le Club des 12

Mais parlons tout d'abord de ce qui ne va pas, mais alors vraiment pas du tout dans World's End Club : le gameplay. Ce titre se divise ainsi en trois phases : l'histoire, les feux de camp (où l'on discute avec les autres) et l'action. Quand on se trouve dans une phase action, on doit faire évoluer nos personnages dans des niveaux en scrolling horizontal, en sautant pour dépasser des obstacles ou en utilisant des capacités spécifiques pour battre des ennemis ou des boss. Le problème ici, c'est que rien ne va. Tout d'abord, le temps de latence est bien trop long, même si heureusement la difficulté n'est pas très relevée : entre le moment où l'on appuie sur un bouton et le moment où l'action est effectuée, il se passe quelques microsecondes bien trop longues. Et comme si ça ne suffisait pas, les sauts sont hyper flottants et il n'est pas rare de tomber à côté parce que notre personnage aura glissé...

World's End Club

Fort heureusement, comme dit précédemment, la difficulté n'est pas bien relevée ici, et si l'écran de Game Over apparaît bien souvent durant les parties, le joueur n'est pas vraiment pénalisé et reprend quasiment immédiatement là où il est mort. Mais c'est tout de même rageant, d'autant plus qu'il suffit d'être touché une seule fois pour mourir ! Si l'on rajoute à ça des phases qui n'ont finalement pas grand intérêt, que ce soit au niveau des plates-formes ou des combats, on obtient des moments qui n'étaient clairement pas indispensables. Le seul petit point positif à ce niveau se situe dans les pouvoirs spéciaux des personnages, qui se débloquent tous petit à petit et que l'on prend un certain plaisir à découvrir. Mais, au-delà de ça, on aurait clairement préféré un visual novel pur et dur.

World's End Club

Le dernier voyage avant la fin du monde

De ce côté-là, bien entendu, il y a de quoi faire dans World's End Club, les cinématiques et autres dialogues étant tout de même prioritaires dans ce titre. Pour le meilleur... et pour le pire. Comme dit précédemment, nous suivons ici un groupe d'enfants, dont l'âge tourne autour d'une dizaine d'années, avec hélas tout ce que ça comprend de chamailleries, pleurnicheries et autres réactions enfantines (sans parler des scènes un peu malaisantes à base de chant et de danse !). Alors, bien entendu, tout ça est très logique, mais a-t-on vraiment envie de suivre ça dans un jeu ? Probablement pas, d'autant plus que chacun correspond à un cliché hyper classique, comme le geek, le bad boy aux cheveux longs, celui qui ne pense qu'à manger et ainsi de suite. Autant de héros qui ne sont pas spécialement attachants, mais qui au moins renvoient un message bienvenu tournant autour de l'importance de l'amitié, de l'espoir et du fait de se serrer les coudes.

World's End Club

Ce qui déçoit également au niveau du scénario de ce World's End Club, c'est son manque quasi-total d'enjeu. Nous sommes en effet bien loin d'un sanglant Danganronpa ou de l'impression d'urgence se dégageant d'un Zero Escape : ici, on a un peu plus l'impression de suivre un petit groupe de potes en excursion, avec une certitude presque absolue que rien n'est vraiment très grave dans ce monde. Qui plus est, ceux ayant déjà fini les jeux des deux séries précédemment citées ne seront jamais vraiment surpris des rebondissements et autres révélations, ni même du déroulé un peu spécial de l'aventure, même si là encore nous n'en dirons pas plus pour ne pas spoiler. Bref, on se retrouve ici avec une histoire qui certes se laisse suivre, mais qui ne nous implique clairement pas autant que l'on aurait pu le penser au vu des deux créateurs derrière le projet, ce qui est forcément un peu décevant.

World's End Club

Jusqu'au bout du monde

Il n'y a en revanche pas grand-chose à dire concernant la réalisation globale de ce World's End Club. Bon, si on enlève les environnements un peu cracras, ceci dit. La direction artistique colorée est plutôt mignonne et les petites bouilles de ces enfants rendent assez bien, même s'il s'agit d'un style qui ne plaira clairement pas à tous. Côté doublages, rien à signaler, en tout cas concernant les voix japonaises, toujours impeccables. On applaudit par ailleurs des deux mains la traduction française des textes, même si quelques coquilles peuvent être trouvées ici ou là : les traducteurs ont fait un vrai beau boulot de localisation, avec quelques références franco-françaises que l'on découvre en souriant, du style ''la question elle est vite répondue''. On vous avoue que l'on aurait jamais cru voir ça un jour dans un jeu !
 
 
 
 
 
 
 
World's End Club, c'est un peu un Danganronpa pour enfants ou adolescents (on est sur du PEGI 16). Sans véritables enjeux et avec des rebondissements qui n'étonneront pas les habitués de la série, ce titre propose une histoire qui se laisse suivre mais sans plus, portée par des personnages clichés et traitant de sujets qui se veulent matures mais qui ne font qu'effleurer la surface, avec malheureusement des phases de gameplay catastrophiques. Reste tout de même un joli message sur l'amitié et l'espoir, une localisation française au top et une vraie patte graphique.
28 mai 2021 à 14h51

Par

Points positifs

  • Très accessible à tous âges
  • La localisation française au top
  • Une patte graphique bien à part
  • Un doublage japonais toujours impeccable
  • Une histoire qui se laisse suivre et pleine de rebondissements...

Points négatifs

  • ...Mais qui n'étonnera pas les habitués des Danganronpa et Zero Escape
  • Un gameplay catastrophique et inintéressant
  • Des textures cracras
  • Des personnages clichés
  • Une histoire sans vrais enjeux

Gribouillé par...

Shauni Chan

Shauni Chan

Celle qu'on ne voit pas

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

Twitter : Shauni_Chan

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