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Test :
The Posthumous Investigation - Nintendo Switch
Mother Gaia Studio et CriticalLeap lancent The Posthumous Investigation, un ''time-loop noir thriller'' dessiné à la main. Un jeu d'enquête bloqué dans une boucle temporelle avec des mécaniques inspirées de Return of the Obra Dinn, rien que ça. Voyons immédiatement ce que ça donne.
Test effectué à partir d'une version PC
Mais d'abord, un peu de culture. The Posthumous Investigation nous demande de résoudre le meurtre d'un certain Brás Cubas, qui existe dans le vrai monde réel de la réalité véritable en deux versions : un explorateur portugais du 16ème siècle et le héros d'un roman écrit par Machado de Assis. C'est cette version là qui se retrouve dans le jeu, les développeurs ayant décidé de mettre en avant le travail de celui qui est surnommé le Shakespeare brésilien. Dans son roman ''Les Mémoires posthumes de Brás Cubas'', il met en scène cet auteur qui, alors qu'il est déjà mort, entreprend d'écrire son autobiographie.
Être ou ne pas être mort
The Posthumous Investigation prend place dans le Rio de Janeiro des années 30 et met en scène un détective privé qui vient d'être embauché par un client un peu spécial : la victime d'un meurtre qui ne parvient pas à trouver le repos. Bien sûr, qui dit client étrange dit enquête étrange, et le héros va donc être enfermé dans une boucle temporelle d'une journée. Pour briser le cycle, il n'aura d'autre choix que de résoudre ce meurtre en interrogeant encore et encore les mêmes suspects afin d'emmagasiner des indices et des connaissances à utiliser dans les boucles suivantes. Un concept qui fonctionne particulièrement bien pour un jeu du genre.
Concrètement, chaque journée se déroule de la même manière : du matin au soir, le détective se balade en ville pour interroger des suspects, tandis qu'une fois la boucle terminée, il se retrouve devant son client pour faire le point et des déductions. Il est même possible de demander de petits indices à Brás Cubas, même si globalement l'aventure est très bien faite et ne perd jamais son joueur. On sait toujours plus ou moins quoi faire par la suite, en tout cas après les premières boucles passées à voir où et quand dans la journée se trouvent les suspects.
La progression de l'enquête est également très classique pour le genre : pour chaque interrogatoire, le joueur peut mettre en avant une preuve ou une autre personne afin de faire parler le suspect sur ces sujets précis. De quoi à chaque fois récolter de nouvelles informations à ensuite mettre à profit durant une autre boucle et avec un autre suspect. Ainsi, si durant l'enquête on apprend que quelqu'un a envoyé une lettre de menace, on pourra lui en parler la fois suivante pour débloquer de nouvelles lignes de dialogue. Il n'y a rien de bien neuf ou d'inédit ici, le sujet des boucles temporelles étant largement vu et revu, mais la mise en pratique est extrêmement bien faite et elle fonctionne immédiatement.
Tout le monde n'attend toutefois pas gentiment de se faire interroger et il faut parfois ''débloquer'' des suspects, ce qui peut notamment se faire via des mini-jeux. L'un des premiers, par exemple, demande d'écouter les préférences de chacun en termes de cocktails pour leur préparer celui de leur choix. De quoi varier un peu le gameplay sans toutefois tomber dans la redondance : chaque mini-jeu validé l'est pour de bon, il ne faudra donc pas faire et refaire ces mini-jeux à l'infini. Idéal pour ne pas alourdir le rythme, car si le détective conserve ses connaissances d'une boucle à l'autre, il perd évidemment les objets récupérés en chemin.
Et ça recommence, encore et encore
En ce qui concerne les déductions, faites donc aux côtés de la victime elle-même, elles sont malgré tout assez guidées, laissant peu de place à la réflexion. C'est dommage, car on aurait aimé pouvoir mettre à profit nos petites cellules grises là-dessus, celles-ci étant essentiellement utilisées pour faire progresser l'enquête durant la journée. Des journées qui finissent d'ailleurs vers la fin à être très répétitives, sachant que nous avons passé 13h avant de voir défiler le générique de fin. C'est d'autant plus dommage que l'histoire de meurtre est bien écrite, avec des personnages intéressants, et que l'on prend donc plaisir à la décortiquer. Là encore, nous sommes sur quelque chose d'assez classique, avec des personnages sarcastiques qui ont tous quelque chose à cacher, mais c'est fait avec soin. On regrette toutefois une fin assez frustrante et peu satisfaisante, même si nous n'en dirons pas plus pour ne pas tout divulgâcher.
La réalisation de The Posthumous Investigation a aussi été faite avec soin, à commencer par sa direction artistique. Mother Gaia Studio a opté pour une esthétique de film noir, très stylisée et entièrement créée à la main. Résultat, on a un peu l'impression de progresser au sein d'une bande dessinée en noir et blanc, ce qui non seulement apporte un cachet certain à l'aventure mais en plus immerge d'autant plus le joueur dans son ambiance. L'ambiance sonore vient encore plus souligner celle-ci, même si on regrette l'absence quasi totale de doublages et de traduction française.
Même s'il ne propose pas quelque chose de révolutionnaire – l'enquête dans une boucle temporelle et l'ambiance film noir étant assez classiques -, The Posthumous Investigation reste malgré tout une expérience franchement plaisante, d'autant plus qu'elle met en avant Machado de Assis, un auteur assez peu étudié chez nous (hors milieu universitaire). Son histoire est bien écrite, ses personnages nuancés et sa boucle de gameplay fonctionne très bien, avec en plus une direction artistique marquée venant encore plus immerger le joueur dans l'ambiance. Bref, une bonne pioche pour les fans du genre, à condition de parler anglais et d'accepter une aventure qui tire en longueur vers la fin.
Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.