Sacré morceau que ce
Fire Emblem : Fortune's Weave, qui demande plus d'une centaine d'heures pour en voir le bout. Car s'il repose sur quatre campagnes distinctes, comme le faisait
Three Houses mais avec ''seulement'' trois, il ne s'agit là que de l'apéro. L'intégralité de l'aventure est en effet divisée en trois grosses parties, les campagnes représentant simplement cette première partie. Une fois le héros choisi (Leda, Dietrich, Cai ou Theodora), le joueur suit les Jeux Héroïques du continent de Dagda pour la première partie. La seconde met en scène une guerre tandis que la dernière fait office de très (très) long épilogue.
La bonne nouvelle, c'est que les quatre campagnes sont différentes les unes des autres, il n'est donc pas spécialement répétitif de toutes les faire. Et heureusement d'ailleurs, puisqu'il est plutôt recommandé de les terminer avant de se lancer dans la seconde partie de l'aventure. Chaque campagne suit un héros ayant ses envies et buts propres, ce qui est aussi vrai pour les personnages à recruter en cours de route. Terminer toutes ces routes permet par ailleurs d'avoir tous les tenants et aboutissants de l'intrigue générale puisque chaque campagne vient apporter sa pierre à l'édifice.
L'autre bonne nouvelle, c'est que tout ce petit monde est particulièrement intéressant à découvrir. Fire Emblem : Fortune's Weave repose sur un roster conséquent, avec des personnages très variés et intéressants, ce qui est d'ailleurs aussi vrai au niveau du chara design. On apprécie d'apprendre à tous les connaître, mais aussi à en savoir davantage concernant le lore du monde disponible. Dommage toutefois de voir que les développeurs ont moins soigné les parties deux et trois, comme s'ils s'attendaient à ce que les joueurs laissent tomber une fois une poignée de scénarios terminés en raison de la durée de vie colossale de l'aventure.
Sleep, fight, repeat
Avant d'évoquer les combats, parlons un peu de la boucle de gameplay. Dans Three Houses, le joueur alternait entre le hub où il pouvait se lier d'amitié avec ses alliés et les champs de bataille. Ici, c'est plus ou moins la même chose mais avec tout de même un peu plus de variété. Il est ainsi possible d'explorer plus librement le monde, permettant au passage de découvrir de nouvelles zones, de récupérer des ressources bien utiles ou encore d'explorer des donjons. Avec une petite subtilité : dans les donjons, les affrontements se font au tour par tour comme dans un RPG classique.
Il n'y a rien de très intéressant à dire concernant ces derniers qui sont assez limités et deviennent donc très vite répétitifs, même s'ils ont le mérite d'exister. On préférera la plupart du temps s'adonner à d'autres activités, le choix étant relativement large. Là encore, le spectre de Three Houses vient planer, avec des soldats à recruter, des repas à organiser ou encore des entraînements à faire : une fois de plus, on se met bien vite une petite routine hebdomadaire, et ce même si la variété est présente. De quoi aussi venir parfois hacher le rythme de l'aventure.
Bon, c'est bien beau tout ça, mais quid des combats ? Car après tout, c'est ce qui attire en premier les fans lorsqu'il est question d'un Tactical-RPG et donc d'un Fire Emblem. De ce côté là, il n'y a pas grand-chose à redire, Intelligent Systems sachant clairement de quoi il parle. On se retrouve donc évidemment toujours avec des combats au tour par tour basés sur des grilles, l'idée étant d'envoyer les bons soldats abattre les bons ennemis en prenant en compte le système de pierre-feuille-ciseaux des armes. En difficulté normale, les personnages tombant au combat sont perdus pour de bon, rajoutant une dose de tension à l'ensemble. Cette fonctionnalité peut évidemment être désactivée.
Bis repetita
Côté nouveautés, on retrouve en premier lieu chez certains héros spécifiques des capacités ardentes. Des compétences particulièrement puissantes, qu'elles soient offensives ou défensives, qui peuvent être lancées une fois leur jauge remplie. De quoi offrir un boulevard de possibilités stratégiques donnant souvent lieu à des affrontements particulièrement épiques. On apprécie également le fait que les armes ne s'usent plus à l'usage, en dehors de certaines utilisations spécifiques, et que les classes se montrent extrêmement nombreuses et variées. Là encore, il y a largement de quoi se faire plaisir, surtout pour les amoureux des stats qui passeront un temps fou dans les menus.
Les options de personnalisation sont pas ailleurs très nombreuses et permettent de plus ou moins modeler chaque combattant comme bon nous semble. Si l'on rajoute à tout ça le fait que les cartes sont souvent parfaitement réussies avec de bonnes idées de design, on se retrouve avec un système de combat parmi les plus intéressants de la licence. Difficiles également, surtout à partir de la partie 2 de l'aventure qui punira instantanément et sans pitié les joueurs qui auront un peu trop rushé la première partie. S'il est certes possible de terminer un seul scénario pour passer à la partie 2, le roster en sera grandement amputé. Imaginez Mass Effect 3 en ligne droite, sans faire de quêtes annexes et recruter de nouveaux compagnons. Vous voyez le désastre.
Techniquement et visuellement, il n'y a rien à redire concernant ce Fire Emblem : Fortune's Weave. L'aventure tourne très bien, la mise en scène est solide et les nombreuses cinématiques franchement jolies. Comme dit précédemment, le chara design a également été peaufiné et les animations des différents personnages sont particulièrement travaillées. Tout comme les musiques d'ailleurs, qui correspondent durant la première partie à la campagne jouée sur le moment. Il y a forcément du bon et du moins bon, et tous les goûts sont dans la nature, mais l'ensemble est assez cohérent. Bien sûr, et comme d'habitude chez Nintendo, la localisation française est au top, tout comme les doublages japonais.