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Test :
FATAL FRAME II : Crimson Butterfly REMAKE - Nintendo Switch 2
Originellement lancé à la fin de l'année 2003 au Japon (quelques mois après chez nous), Project Zero II est de retour en ce mois de mars pour faire frissonner les fans de survival horror. Alors, que vaut ce Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake ?
Test effectué à partir d'une version PS5
Les fans de l'épisode d'origine sorti en PS2, voire du remaster Wii, constateront directement les changements graphiques opérés tant ils sont impressionnants (ce qui est normal, ceci dit). Les jumelles Mio et Mayu sont bien modélisées, détaillées et animées, la végétation est luxuriante et les bâtisses abandonnées particulièrement lugubres. Ce n'est certes pas parfait – les animations par exemple semblent souvent rigides malgré tout – mais un bon boulot a été abattu. Ce qui est renforcé par les éclairages parfaitement gérés ici et qui renforcent le malaise au fur et à mesure où l'on s'aventure dans de nouveaux recoins. Des jeux d'ombres et de lumières qui participent grandement à l'ambiance globale du titre.
Welcome to Hell
Car c'est bien là le gros point fort de cet épisode, et même de la licence Fatal Frame en général : son ambiance. Ici, le joueur ne sait jamais à quoi s'attendre et doit rester sur le qui-vive en permanence, les développeurs ayant pris un malin plaisir à ponctuer l'aventure de tout un tas de petits éléments déroutants : ombres furtives, bois qui craque, chuchotements dans l'oreille... Pour peu que l'on joue dans le noir et avec un casque – l'audio étant aussi particulièrement convaincant -, il n'en faut clairement pas beaucoup pour sursauter, surtout que les jumpscares sont très fréquents. La sauce prenait encore plus à l'époque où l'Occident n'était pas encore aussi habitué aux histoires de fantômes japonais.
Côté histoire justement, Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake reprend celle qui a fait son succès tout en étoffant son lore. Deux jumelles trouvent au fond d'une forêt un village en ruines et on apprend bien vite qu'un massacre y a eu lieu lors d'un festival spécial. Depuis, les gens qui s'y aventurent ne parviennent à priori plus à en sortir et, surtout, de nombreux esprits vengeurs hantent les lieux et n'hésitent pas à attaquer tous ceux qu'ils croisent. Mio et Mayu peuvent simplement se défendre avec la Camera Obscura, un vieil appareil photo qui fait office d'exorciste.
Tout ceci nous est essentiellement raconté par des flashbacks glauques au possible qui laissent entrevoir le passé affreux du village, mais aussi par une flopée de bouts de journaux et autres notes trouvés ça et là. Ces dernières servent d'ailleurs aussi pour les quêtes annexes qui viennent faire grossir une durée de vie déjà particulièrement conséquente pour un survival horror, avec entre 15 et 20 heures au compteur en fonction de la manière de progresser de chacun. Et, surtout, de comment chacun s'en sort durant les combats.
Les points positifs, c'est que l'héroïne n'est plus un tank (même si elle reste lente), qu'elle peut regagner de la vie en tenant la main de sa sœur et que la Camera Obscura est particulièrement simple à utiliser. Un bouton pour la lever et un bouton pour prendre un cliché après une mise au point progressive et automatique. Chaque photo grignote des points de vie à l'entité, sachant qu'une excellente photo ôtera bien plus de points d'un seul coup. Le point négatif, hé bien... c'est hélas plus ou moins tout le reste, à commencer par leur longueur.
Les ennemis de Fatal Frame II ont non seulement de base une jolie petite barre de vie que l'on peine à descendre si l'on ne parvient pas à prendre une photo parfaite – ce qui arrive bien souvent puisque la photo parfaite se prend lorsque le fantôme attaque, donc autant dire que le timing est complexe -, mais ils peuvent aussi se transformer. Ce qui les rend plus rapides, plus forts et, surtout, leur permet de reprendre de la vie. Résultat : les combats traînent bien souvent en longueur et durent plusieurs longues minutes. Non seulement ça casse le rythme, mais c'est en plus frustrant tant il est aisé de perdre face à eux, la difficulté artificielle étant élevée. Alors imaginez quand plusieurs fantômes sont là en même temps...
Say ghost!
Pour contrecarrer ce souci, divers éléments ont été mis en place pour améliorer la Camera Obscura. Les ''munitions'', tout d'abord, qui sont en fait des pellicules, sont variées et plus ou moins puissantes. Le souci, c'est qu'en dehors de celle de base qui se montre très basique et met du temps à se recharger, les autres sont plus rares à trouver, obligeant à constamment jongler pour ne pas en manquer. Quatre filtres font aussi partie de l'aventure et ces derniers ont eux aussi leurs spécificités, mais ils sont avant tout à utiliser pour explorer davantage le village. Par exemple, l'un des filtres permet d'ouvrir des portes qui sont fermées de manière spécifique et sur lesquelles les clés ne fonctionnent pas. Une bonne idée pour utiliser davantage l'appareil photo et varier un peu les énigmes qui sans ça restent très classiques pour le genre.
Un autre gros point négatif repose sur un esprit spécifique qu'il est impossible de combattre et qu'il faut donc éviter à tout prix sous peine de se faire one shot. Une super idée pour faire monter la tension et montrer qu'on est peu de choses finalement, sauf que la mise en pratique est rude. La faute à une lisibilité quasi nulle en raison de l'application d'un filtre gris, qui n'était déjà pas top à l'époque et que l'on espérait voir corrigé pour l'occasion. On se retrouve donc à tâtonner pour savoir où se cacher, et ce sont de précieuses secondes perdues face à un fantôme qui, lui, ne prend pas son temps pour nous attraper.
Malheureusement, Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake est plus beau à l'extérieur qu'à l'intérieur, même s'il a quand même quelques atouts dans sa manche. Sa refonte graphique est réussie, son histoire est intéressante, la Camera Obscura est plus simple que jamais à manier et, surtout, l'ambiance fonctionne incroyablement bien. Dommage que les combats, frustrants, longs et mal fichus, viennent régulièrement casser le plaisir de progresser. Un titre à réserver aux fans de la première heure avant tout.
Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.