En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.
Pour les fans des productions Nintendo, les licences Pokémon et Animal Crossing poussent bien souvent à l'achat d'une console, tout comme Mario ou The Legend of Zelda. Alors que donnerait un mélange des deux ? C'est à cette question que Game Freak et Omega Force (Koei Tecmo) ont répondu avec Pokémon Pokopia.
Test effectué à partir d'une version Nintendo Switch 2
Mais où sont donc passés les humains et les Pokémon ? Et pourquoi diantre le monde a-t-il été ravagé par des catastrophes naturelles ? Deux mystères à percer en incarnant un Métamorph accompagné par un Saquedeneu particulièrement instruit et baptisé Professeur Bouldeneu. Pour ce faire, il va falloir se retrousser les manches en faisant progresser la qualité de l'environnement de chaque grosse zone explorable du jeu, ce qui se fait en créant des habitats pour les Pokémon (ce qui les fera revenir) et en réglant le problème principal de chaque biome (par exemple la sécheresse dans le premier). Le tout en s'aidant des traditionnels PC qui ont des défis à relever et des objets en vente.
Vivez votre meilleure Poké Vie !
Sur le papier, l'expérience de Pokémon Pokopia est assez classique et très guidée, et elle n'est pas sans rappeler ce que proposait Dragon Quest Builders, les combats et autres éléments RPG en moins. Chaque zone s'accompagne d'une trame scénaristique à suivre et débloquant peu à peu de nouveaux éléments, pouvoirs et autres objets venant approfondir toujours plus l'expérience et ouvrant toujours plus de possibilités. Le gameplay de base n'est de son côté pas bien original : casser des cubes de sol pour les reposer ailleurs, arroser des plantes, crafter des objets et ainsi de suite. On retrouve aussi les points moins positifs du genre, comme un début un peu mou et une structure forcément répétitive, surtout sur la fin. Mais là où ce titre se démarque, c'est bien sûr par tous les éléments piochés dans l'univers de Pokémon.
Et au vu du grand âge de cette licence, il n'y avait que l'embarras du choix, à commencer par les compétences des créatures. Puisque le joueur incarne un Métamorph, il est capable de copier certaines de ces attaques pour les utiliser par la suite. Par exemple, pourquoi utiliser un arrosoir quand Carapuce nous apprend Pistolet à O ? Quel intérêt d'avoir une pioche quand on sait lancer Éclate-Roc ? Les développeurs ont même inclus le système de PP, qui se vide un peu plus à chaque utilisation mais qui se remplit en grignotant. Ces mêmes compétences peuvent même être temporairement améliorées pour toujours plus de folie créative, la liberté offerte ici étant vertigineuse.
L'autre point essentiel de Pokémon Pokopia repose sur les habitats. Concrètement, le monde regorge de petits points lumineux : ces derniers indiquent en fait qu'un Pokémon est passé par là, débloquant au passage la recette pour bâtir son habitat de cœur (et donc le faire revenir). Il y a l'embarras du choix, avec des habitats plus ou moins complexes à créer. Certains se contentent de quatre bouts d'herbe collés les uns aux autres tandis que d'autres ont besoin d'un lit spécial ou encore d'être proches de la mer. L'Habitadex – qui rejoint le traditionnel Pokédex pour rendre encore plus fous les complétionnistes – est très généreux en terme de contenu, il y a donc largement de quoi faire.
Bien sûr, comme dans les jeux Pokémon classiques, certaines créatures sont plus rares que d'autres et il est donc plus difficile de les rencontrer, d'autant plus que l'heure à laquelle on joue influe sur leur apparition. Ce n'est heureusement pas le cas des Pokémon essentiels à la progression de l'histoire, qui apparaîtront au bout de quelques secondes après la création de leur habitat. Et si Métamorph n'est pas en reste concernant les aptitudes, chaque créature attirée dispose aussi de ses particularités à mettre à profit. Par exemple, les Pokémon feu transforment l'argile en briques tandis que les Pokémon coupe changent les rondins en petit bois. Certains sont spécialisés dans la construction et sont essentiels pour... hé bien, construire des bâtiments. Attirer les Pokémon a donc un réel intérêt et ne sert pas simplement à remplir le Pokédex.
Une fois installés dans leur petit cocon, les Pokémon auront toutefois des demandes pour augmenter leur confort. Il peut s'agir de leur mettre une décoration ou encore un jouet, tout ceci venant influer sur le niveau de confort global de la zone du moment. Chaque palier atteint vient débloquer de nouveaux défis et objets dans la boutique du PC, poussant à vouloir toujours plus améliorer ce niveau. Ce qui a de toute façon un véritable intérêt pour la progression puisqu'il faut atteindre un certain palier pour débloquer le biome suivant. Biome qui aura son propre style et des installations de plus en plus complexes. On aurait tout de même apprécié avoir un système permettant de localiser plus facilement les Pokémon quand ils sont en balade.
Mais ça ne se mange pas, les tabourets !
Les ressources accumulées en cours de route, voire les objets récupérés sans vergogne par Métamorph, sont à mettre à profit pour crafter des objets si l'on ne veut pas dépenser des PokéPièces pour les acheter. En début de partie, les recettes sont limitées, mais il y a différents moyens d'en obtenir, comme le fait de les trouver en explorant (sous la forme de Poké Balls), d'attirer suffisamment de Pokémon ou encore d'acheter la recette. Une excellente idée pour 1. pousser à l'exploration en récompensant la curiosité et 2. pousser à terminer les défis du PC pour engranger de l'argent à utiliser dans la boutique. Explorer permet d'ailleurs aussi de trouver des écrits et donc d'en apprendre un peu plus sur le lore. Une fois de plus, c'est classique mais toujours très efficace, même si la gestion de l'inventaire aurait bénéficié d'une meilleure ergonomie. Dans les faits, c'est un peu le bazar et on passe souvent de longues secondes dans les menus.
Tous ces petits éléments de gameplay fonctionnant très bien de concert sont également à mettre à profit dans l'île privée du joueur. L'histoire n'avance pas ici puisqu'il s'agit simplement de laisser libre cours à son imagination en bâtissant de véritables petites villes (il est possible d'inviter des amis pour s'amuser en multi). Il suffit d'ailleurs de chercher un peu sur les Internets pour constater que certains ont déjà englouti un temps fou là-dedans. Ce qui n'est guère étonnant au vu de l'aspect clairement addictif et chronophage de l'aventure, qui demande à minima plusieurs dizaines d'heures pour en voir le bout. Et concernant les joueurs particulièrement adeptes de ce genre, hé bien... ils peuvent dire adieu à leur vie sociale pendant un bout de temps.
L'aventure est d'autant plus réussie qu'elle n'est pas gâchée par une technique bâclée. Si l'on pourrait chipoter sur les temps de chargement un poil longuets entre chaque biome, une caméra un peu lourdingue dans les environnements clos et des environnements lointains peu flatteurs, tout le reste est extrêmement solide. La direction artistique est adorable, les Pokémon bien modélisés et animés, les zones sont toutes de bonne taille, la localisation française est excellente et nous n'avons constaté ni ralentissements, ni bugs. Concernant la partie sonore, elle est avant tout destinée aux fans avec des musiques et bruitages repris des épisodes traditionnels. Du fan service, clairement, mais qui a parfaitement sa place ici.
Pour peu que l'on apprécie le genre et que l'on accepte les défauts qui lui sont inhérents, Pokémon Pokopia est clairement une expérience qui mérite le coup d’œil. Son mélange entre Pokémon et Animal Crossing fonctionne extrêmement bien, avec un gameplay addictif et de plus en plus complet au fur et à mesure de la progression, un contenu massif, un vrai côté chill, une réalisation solide et, bien sûr, une durée de vie potentiellement infinie. Bref, un indispensable pour les fans, que ce soit de la licence ou de ce type d'expérience.
Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.