Cette énième édition de
Guitar Hero s'accompagne de sa traditionnelle guitare. Celle-ci a été redesignée pour le coup sans s'inspirer d'une guitare en particulier mais plutôt de plusieurs à la fois. Formes gothiques et enflammées, les touches ne devraient perturber personne, excepté peut-être le placement du starpower. Mais dans le doute, on lève la guitare comme au bon vieux temps n'est-ce pas ? Mais cette année, la grosse nouveauté de ce
Warriors of Rock ne se situe pas vraiment dans son instrument, mais plutôt dans son mode solo.
Et dans le rôle du narrateur ? Heu...
Le mode quête de
Guitar Hero 6 propose d'incarner plusieurs rockeurs au potentiel inexploité. Ceux-ci ne sont pas "complets", il leur manque une véritable motivation dans la vie. Certains n'étaient que des déchets, cuvant leur bière dans le caniveau, d'autres avaient parfois réussi dans la vie mais n'étaient pas "accomplis" car ils ne s'étaient pas donné corps et âme au ROCK. Ainsi, tour à tour, vous incarnerez des personnages qui doivent trouver le chemin vers la rédemption musicale et achever leur transformation en dieux du rock. Et par transformation, j'entends bel et bien quelque chose de physique hein. Genre avec des pics en fer qui poussent dans le crâne, des yeux rouges qui clignotent, des détails qui vont très probablement booster leurs capacités musicales sans pour autant vraiment les aider dans leur vie amoureuse. L'histoire vous est contée par Philippe Manoeuvre, le rédac' chef de
Rock' n Folk et tristement célèbre pour ses massacres en tant que jury de l'émission
A la recherche de la nouvelle star. Celui-ci servira donc de voix off à vos aventures, auxquelles il serait difficile de ne pas trouver de ressemblances avec le génial
Brütal Legend. Le souci avec Philippe, c'est que malgré la motivation dont il semble faire part pour narrer vos exploits, il faut admettre qu'il a un charisme vocal d'huitre. Difficile de vraiment se sentir happé par sa prestance, avouons-le. En revanche, la mise en scène de la première véritable quête dans un jeu musical est vraiment sympathique. Chacun de vos personnages, lorsqu'il a terminé sa transformation, obtient des bonus dans différentes catégories. Chacun a sa propre spécialité, et les scores s'en ressentent donc. L'un obtiendra par exemple des bonus en Starpower, l'autre un multiplicateur x2...
Tous ensembleuh tous ensembleuh ouais ! ouais !
C'est vrai, le mode solo est très bien pensé. Si l'on fait abstraction de Philippe Manoeuvre, tout a été très bien réfléchi, depuis le design général jusqu'à la difficulté parfaitement bien dosée. On aura même la chance d'affronter des "boss", avec les partitions du rock les plus longues et laborieuses, divisées en plusieurs parties, que vous avez eu l'occasion de rencontrer jusqu'alors. Outre cela, on appréciera bien sûr que les développeurs aient pensé à tout le monde puisqu'on peut jouer à quatre simultanément, c'est vrai, mais surtout à quatre avec le MÊME instrument. Arrêtez de vous battre, "nan c'est moi le batteur", "nan c'est moi qui fait la gratte"... Bon, bien sûr pour aligner les 4 batteries dans le salon, il faut avoir les moyens, mais l'initiative est sympathique. Sorti de là, le plus important du jeu, c'est bien sûr sa track-list. Celle-ci est bien dosée, et évidemment bien choisie. Peut-être un peu moins mythique que dans les deux derniers opus, mais pas moins qualitative. On retrouve parmi 92 titres de rock plus ou moins mythiques
Aerosmith avec
Cryin',
R.E.M. et
Loosing my religion, ou encore
Muse et son fameux
Uprising. Une bien jolie track-list une fois encore, qui ne manquera pas de plaire aux amateurs.
Un Warriors of Rock qui est une fois encore plutôt réussi, mais face à un
Rock Band 3 affichant des guitares avec de vraies cordes et même un clavier, fera-t-il le poids ? Cette année risque de créer la première vraie rupture entre les deux titres et le manque d'ambition de
Guitar Hero risque de se faire sentir...