Test : Lego City Undercover

Lego City Undercover - Wii U

Genre : Lego

Date de sortie : 28 mars 2013

En avril 2005, un jeu curieux débarque sur les plateformes de l'époque. Fusion improbable entre une saga cinématographique culte parmi les films cultes, et les célèbres briques danoises, LEGO Star Wars : le jeu vidéo pose les fondations d'une série qui allait devenir un incontournable, parodiant différents univers bien connus des joueurs. Star Wars, Indiana Jones, Pirates des Caraïbes, nombreux sont ceux à être passés à la moulinette LEGO, avec plus ou moins de succès, la recette ne variant pas d'un iota d'un jeu à l'autre. Mais Telltale Games semble décidé à donner un nouveau souffle à sa série. En effet, LEGO Batman avait introduit la série dans l'univers des jeux open-world. LEGO City Undercover semble s'inscrire dans la même dynamique, ce volet renonçant à la parodie d'une œuvre spécifique pour s'attaquer à un genre dans sa globalité.

Test effectué à partir d'une version Wii U

 
 
Point d'adaptation de film ici. On se retrouve face à un scénario original. On incarne donc Chase McCain, un flic qui revient à LEGO City suite à un exil qu'il s'est imposé après avoir lamentablement grillé un témoin important sur l'une de ses affaires. Mais l'heure est grave, Rex Fury, son ennemi juré, s'est évadé de prison. La maire l'a rappelé pour qu'il retrouve le dit malfrat et le remette à sa place : derrière les barreaux. Il réintègre donc son ancien commissariat, retrouvant un ancien collègue passé chef depuis, et visiblement pas très content de le voir revenir, ainsi que des nouveaux pour qui il est une légende. La galerie de personnages est large et hétéroclite. Cela va du jeune flic complètement idiot au multi-millionnaire philanthrope, en passant par les membres des gangs complètement barrés qu'on infiltrera dans notre quête. L'humour propre à la série est toujours là, avec notamment son lot de jeux de mots à deux balles. Mention spéciale au contremaitre, inspiré par Schwarzenegger, qui nous accompagne lors d'une mission, balançant tout un tas de jeux de mots ayant pour base les titres des films de l'acteur autrichien. Le jeu regorge de références à de célèbres inspecteurs du cinéma et de la télé tels que Starsky et Hutch ou l'Inspecteur Harry, mais pas seulement. On trouve aussi d'innombrables clins d'oeil à des jeux Nintendo.
 
 
Pour en revenir à l'histoire, on se rend très vite compte que l'évasion de Rex Fury cache quelque chose de plus gros. Et si les plus grands devineront tout de suite qui se cache derrière toute cette sale histoire, ils la suivront tout de même avec plaisir, celle-ci étant plutôt bien menée. Quant aux plus jeunes, ils se laisseront sans doute surprendre comme des débutants, et c'est tant mieux pour eux. Autrement, on pourra déplorer une certaine tendance que le héros a à énoncer les évidences. Le jeu se destine avant tout à un jeune public, c'est vrai. Mais ce n'est pas parce qu'on a 8 ans qu'on comprend rien à rien. De plus, ça donne l'impression que les développeurs nous prennent pour des cons, et c'est pas franchement agréable. Heureusement, cette manie disparaît très vite, de même que cette sale impression.
 

McCain, c'est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus

Côté gameplay, LEGO City ne renie pas son héritage. On retrouve donc des objets en LEGO à détruire pour ramasser des briques qui permettront par la suite de construire d'autres structures. On ne switche plus entre divers personnages, mais entre divers costumes, chacun donnant à Chase des capacités particulières. Et enfin, on retrouve des tonnes et des tonnes de choses à débloquer. Sachez que l'histoire principale, qui fait une bonne dizaine d'heures, ne représente pas 40% du jeu, le reste étant constitué d'objets à trouver et de défis à compléter. Sachez également que si le titre se déroule dans un monde ouvert, une bonne partie des missions principales se déroulent dans une zone dédiée, avec ses propres éléments à débloquer, certains nécessitant un costume en particulier. Il sera donc indispensable de refaire toutes ces dernières une fois le jeu terminé pour espérer avoir les 100%. La durée de vie est donc colossale.
 
 
Pour mener à bien ces missions, le joueur fera très vite l'acquisition de divers costumes, chacun permettant des action particulières. Le costume de policier permet au joueur d'utiliser un grappin pour se hisser à certains endroits, ou tirer certains objets, tandis que celui de voleur l'autorise à forcer des portes et des coffres-forts. On notera aussi la possibilité de planer accroché à un poulet avec le costume du fermier. Difficile de faire plus évident comme référence à Zelda (bon ok, y a la Triforce). Marrant au départ, le système de switch finit par lasser au fur et à mesure qu'on progresse dans l'histoire. En effet, avec la multiplication des costumes à notre disposition, on finit vite par en changer toutes les deux secondes pour pouvoir faire telle ou telle action. Si un tel système était justifié dans les précédents volets, du fait qu'on incarnait toute une galerie de personnages, ce n'est pas le cas ici. Chase McCain est le seul personnage jouable du titre, rendant ce système artificiel, en plus d'être moyennement enthousiasmant. Heureusement, le changement se fait le plus simplement du monde, via une pression sur ZR ou ZL. Ce qui aide à faire passer la pilule assez efficacement.
 
 
Bien entendu, le titre exploite le Wii U Gamepad. Par défaut, il affiche la map sur laquelle il est possible d'afficher les itinéraires désirés en appuyant simplement sur la destination qu'on souhaite rejoindre. Elle permet aussi d'afficher le taux de complétion de chaque quartier, et de la ville dans son ensemble. On peut aussi s'en servir pour scanner son environnement et repérer des objets intéressants comme les super briques et les personnages à débloquer. À certains endroits spécifiques, il est possible de repérer un voleur de voiture ou écouter des conversations pour démasquer des gangs, et ainsi lancer un défi. Ces diverses utilisations sont bien sympas. Mais après un certain ZombiU, ça paraît un peu léger.
 

Alors McCain, t'as la frite ?

Le jeu se dote aussi d'un système de combat. Cependant, il ne faut pas s'attendre à sortir des combos de folie. Ici, on a un bouton d'attaque, un autre pour les contres, et un troisième pour saisir les adversaires. La plupart des ennemis que vous rencontrerez seront au tapis en un coup, à condition que vous leur mettiez les menottes avant qu'ils se relèvent. Cependant, certains sont insensibles à vos attaques. Il vous faudra les saisir pour ensuite les balancer sur vos autres adversaires. Malgré des animations franchement stylées, le système de combat reste simpliste. Dans le même ordre, on est un peu déçu par le crochetage des coffres-forts. Là où on aurait pu avoir un mini-jeu sympa, on se contente d'attendre qu'un voyant passe au vert pour appuyer sur A. Pas vraiment palpitant. Encore une fois, cette simplification extrême du gameplay semble se justifier par le public visé.
 
 
Pour ce qui est de la conduite, les sensations offertes par le jeu sont dans l'ensemble plutôt correctes. Le maniement des voitures est un peu déstabilisant au départ, à cause de la rigidité des suspensions. Cependant, on s'y fait assez vite. De plus, on trouve rapidement des véhicules en tous genres et à la maniabilité moins exotique. Notez que certaines voitures sont équipées d'un boost, très utile durant les poursuites. En ce qui concerne les bateaux, rien à redire, leur comportement est tout à fait convaincant. Ce qui n'est malheureusement pas le cas pour les hélicoptères. Non seulement il n'est pas franchement évident de leur imprimer la direction souhaitée, mais en plus on est limité dans leur utilisation. Les altitudes limites sont trop restrictives. La preuve : on ne peut se poser que sur les héliports. C'est bien simple, ils ont retirés tout ce qui fait le fun du pilotage de ces appareils. Vous voulez vous poser au milieu d'un carrefour pour prendre un bâton de dynamite au distributeur automatique à proximité (oui, dans LEGO City, il y a des distributeurs de bâtons de dynamite) ? Et bien oubliez tout de suite. Vous êtes obligés d'aller vous poser à un héliport qui, dans la plupart des cas, se trouvera à 3 kilomètres de là, ou de sauter dudit appareil. Cependant, cette dernière manœuvre n'est possible que si on se trouve au dessus d'un coussin d'air prévu à cet effet. Bref, on oubliera vite les hélicoptères.
 

Nouveau jeu, vieux problèmes.

Bien que se déroulant en monde ouvert, ce LEGO City comporte des niveaux spéciaux reprenant la même structure que les premiers volets de la saga. On se retrouve donc avec une caméra suivant le joueur dans une vue de côté qui, la plupart du temps, se montre tout à fait convenable. Mais il n'est pas rare que cette dernière se place de la pire des manières possible, obligeant le joueur à tirer sur un ennemi, ou sauter sur une plateforme qu'il ne voit pas. C'est handicapant et frustrant au possible.
Lorsqu'on se balade dans la ville, on a une vue à la troisième personne des plus classique. À ceci près que les mouvements de caméra sont terriblement lents. Ce qui est relativement pénible quand on veut regarder autour de soi. Mais ce n'est pas le pire. Lorsqu'on est dans certaines zones spécifiques, la caméra redevient fixe. Du coup, lorsqu'on prend des raccourcis sur les parcours prévus par les développeurs, ce qui arrive souvent à la fin du jeu, lorsqu'on a débloqué tous les costumes et toutes les capacités, la caméra a tendance à devenir complètement folle. Putain les gars, ça fait 8 ans qu'on vous le rabâche ! Vous pourriez peut-être faire un effort à ce niveau-là, non ?
 

Chase McCain, pire que Nico Bellic ?

Si vous cherchez du challenge, ce n'est pas ici que vous en trouverez. La preuve, vous pouvez mettre la ville à feu et à sang, aucun flic ne prendra la peine de venir ne serait-ce qu'essayer de vous arrêter. Sur le papier, c'est parfaitement logique. De même qu'on ne peut tuer les passants, on ne nous oppose pas aux forces de l'ordre. Et cela dans l'optique de rendre le jeu moins violent. Choix parfaitement cohérent par rapport à l'univers du jeu et au public auquel il s'adresse. Seulement, à côté de ça, on nous pousse à démolir tout ce qu'on peut pour récupérer des briques. Et le moyen le plus rapide pour ça, c'est de rouler sur les trottoirs en démolissant tout ce qui traîne dessus. Un système de multiplicateur de score récompense les enchaînements, alors on fonce, quitte à écraser les piétons. Mais c'est pas grave, ça ne les tue pas. Et puis les flics n'en ont rien à foutre. Vous l'aurez compris, en voulant faire un jeu dénué de toute violence et politiquement correct, Telltale Games a fait le contraire, créant chez le joueur un sentiment d'impunité assez malsain. Cependant, tout le monde ne sera pas choqué. Tout dépend de la sensibilité de chacun.
 

Article rédigé par pattoune , le

Malgré tout ses défauts et une recette toujours plus éculée, le charme agit. On parcourt les rues de LEGO City avec plaisir. La ville est d'ailleurs très jolie, piochant les influences de son architecture dans différentes grandes villes mondiales. On retrouve donc un quartier inspiré de San Francisco, avec son Golden Bridge, et d'autres piochant du côté de New York ou encore de Venise. Et mis à part quelques petits ralentissements, rien ne viendra gâcher votre plaisir. Rien ou presque. Puisqu'on a eu la mauvaise surprise de voir une partie du contenu du jeu bloqué. Pour y avoir accès, des codes fournis dans des boîtes de jeu LEGO spécifiques sont nécessaires. C'est toujours désagréable de ne pas avoir accès à la totalité d'un jeu qu'on a payé avec ses deniers durement gagnés. Quoiqu'il en soit, en l'état, il vous fera tout de même passer un bon moment.

Points positifs

  • Une ville franchement sympa
  • Une ambiance très 70's
  • Des milliards de trucs à faire
  • Des références à gogo
  • L'humour

Points négatifs

  • Les mêmes problèmes de caméra depuis 2005
  • Pilotage des hélicoptères trop restrictif
  • Certains éléments de gameplay trop simplistes
  • Une partie du contenu bloquée

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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