Test : Homefront

Homefront - Xbox 360

Genre : FPS de la guerre de la mort

Date de sortie : 01 mars 2011

Genre
FPS de la guerre de la mort
Date de sortie
01 mars 2011 - France
Développé par
Kaos Studio
Edité par
THQ
Disponible sur
PC, PS3, Xbox 360

Quel type de jeu est plus représenté, sur la génération des machines actuelles, que le FPS ? Le genre ayant littéralement explosé avec l'arrivée des consoles HD, c'est à une véritable invasion de shoot à la première personne qu'on assiste dans les rayons de nos revendeurs. C'est dans ce contexte qu'Homefront débarque pour faire son trou.

 
 
Pas facile de se faire une place de choix dans cet amas de FPS de plus ou moins bonne qualité. Et comme si cela ne suffisait pas, le genre est totalement dominé par la licence des Call of Duty, causant un véritable raz-de-marée à la sortie de chacun de ses épisodes, mais qui doit tout de même faire attention à la concurrence qui lui impose non pas un, ni deux, mais trois challengers de taille que sont Battlefield, Killzone et Halo. La question est donc la suivante : au milieu de tous ces titres, dont certains sont d'excellente qualité, Homefront mérite-t-il qu'on s'y attarde ?
 

Un scénario super (pas) original

On peut dire qu'Homefront part du bon pied avec son idée de départ qui, si elle rappelle inévitablement Freedom Fighters, sorti en 2003 dans lequel on devait repoussr l'envahisseur russe des États-Unis, reste tout de même suffisamment originale pour qu'on l'apprécie. Le développement scénaristique du titre est quant à lui décevant, et cela pour deux raisons très simples. Tout d'abord, alors que les développeurs avaient une base leur laissant une grande liberté par rapport au choix du personnage incarné par le joueur, on se retrouve dans la peau d'un... soldat. Il s'agit en effet d'un ancien pilote de l'armée, ce qui met déjà un sacré coup à l'originalité du titre. Et pour ne rien arranger, il reste totalement muet et a à peu prés autant de charisme qu'une moule avariée. La deuxième raison tient à l'enjeu du titre : sauver les U.S.A. et, accessoirement, le monde. Car c'est bien ce qui est sous-entendu ici.
 
 
Franchement les gars, c'était si difficile que ça de vous creuser la tête cinq minutes pour faire preuve d'un minimum d'originalité ? C'est à se demander ce que John Milius, scénariste d'Apocalypse Now, ce qui n'est pas rien quand même, et auteur du « scénario » du titre, a bien pu branler. C'était si compliqué que ça d'imaginer un père de famille voulant faire sortir sa femme et sa fille d'un camp de travail et quitter le pays avec elles ou un truc du genre ? Voire pourquoi pas nous faire incarner une femme ? Ça aurait été une grande première dans un FPS. Mais non, on cède à la facilité et on fait tout péter comme des cons.
Fort heureusement, tout n'est pas à jeter non plus dans le scénario qui fait parfois preuve d'un peu de « finesse ». Ainsi, si les forces d'occupation coréenne sont présentées comme le mal incarné, les résistants ne sont pas des anges pour autant. Vous pourrez donc voir un de vos collègues envoyer bouler un enfant affamé plutôt sèchement. Et ce n'est qu'un exemple. Un autre point positif du titre est que l'ennemi qu'on affronte n'est ni Russe, ni musulman. Et ça franchement, ça fait du bien. On a également droit à quelques hommages et clins d'œil comme un assaut héliporté et un final renvoyant respectivement à Apocalypse Now et à Modern Warfare premier du nom. À moins bien sûr qu'il ne s'agisse là que d'un manque d'inspiration.
 

Un gameplay tout aussi inspiré

Côté gameplay, le bilan est le même que pour le scénario. Là où un aspect infiltration et sabotage particulièrement poussé aurait été des plus pertinents, on se contente ici de tirer sur tout ce qui bouge ou presque. Mais au moins, on a du solide, et puis ce serait noircir le tableau que de s'arrêter là, le gameplay du jeu bénéficiant tout de même de quelques idées bien venues, même si elles sont parfois anecdotiques, comme le fait de se cacher au milieu de dizaines de cadavres pour échapper à nos ennemis ou le fait de pouvoir à l'occasion parler à certains personnages mais ce dernier ajout n'est pas franchement utile tellement il est peu exploité.
Idée beaucoup moins anecdotique : la séquence où l'on se retrouve aux commandes d'un hélicoptère de combat. Plutôt bien foutue, vous aurez ici à déposer vos frères d'arme sur des camions en marche pour qu'ils puissent les voler avant de les escorter jusqu'à destination. Si dans la plupart des jeux du genre, on se déplace plus ou moins sur des rails, ici, on a un contrôle total sur l'appareil. On évolue donc librement sur la map même si on a obligation pour réussir la mission de rester à proximité du convoi pour tirer sur tout ce qui s'en approche d'un peu trop près. Cette séquence apporte un souffle de liberté fort agréable. Malheureusement, le comportement de l'appareil est bien peu réaliste, l'hélicoptère pouvant s'arrêter net et ne craignant pas l'impact avec les camions.
 
 
Mais ce n'est pas tout, le jeu nous donne aussi la possibilité de donner des ordres à un char automatisé afin de lui dire sur qui tirer. Pratique pour se débarrasser d'un blindé ! Si c'est plutôt sympa, le fait est que les développeurs n'en ont pas abusé, ce qui n'est pas une mauvaise chose tant on en fait vite le tour.
On a également droit à une séquence d'infiltration qui, si elle est assez rythmée, est en contrepartie scriptée à outrance, le jeu nous prenant par la main de A à Z. Un échec donc, mais pas un naufrage total non plus, la séquence restant agréable à jouer. C'est déjà ça. Cette séquence nous permet également de faire le sniper, mais là encore, non seulement on nous dit sur qui tirer mais aussi quand. Ce qui laisse là encore peu de place à l'improvisation.
Une autre composante essentielle du gameplay réside dans la difficulté. Si elle n'a rien d'insurmontable, elle reste tout de même plus relevée que la moyenne, nous obligeant à avancer avec précaution et à économiser nos balles. Car ici, les ennemis sont nombreux et les munitions plus rares qu'à l'accoutumée. On se retrouve souvent lors des premières missions face à un nombre conséquent d'ennemi avec pour seule arme, un pistolet. Heureusement, on a la possibilité de porter un deuxième fusil d'assaut, ce qui s'avèrera fort pratique dans les dernières missions.
 

Un univers cohérent

Malgré son manque global d'originalité, que ce soit dans le scénario ou le gameplay, Homefront propose néanmoins un univers sympathique, si on peut dire ça comme ça, et surtout cohérent. On est pris dedans dès le départ, alors qu'on se fait embarquer dans un bus à destination d'un camp de travail ; on peut voir des civils se faire embarquer ou exécuter par les forces d'occupation. Le tout regorge de détails qui tendent à rendre l'ensemble crédible. Bien sûr, on voit mal comment la Corée du Nord peut envahir le monde, mais ça reste au final très anecdotique.
Techniquement, le jeu reste cependant en dessous des gros hits du genre. Si la différence n'est pas forcément énorme ni flagrante au premier abord, on pourra cependant remarquer çà et là des câbles plats, des panneaux aux inscriptions toutes pixelisées, voire carrément illisibles. Des détails certes, mais, d'un point de vue strictement technique, c'est sur ce genre de détails que la différence se fait. On pourra aussi noter quelques oublis au niveau des effets. Pour exemple, un hélicoptère pourra voler en rase motte sans soulever de nuage de poussière. Pour rester dans les effets, on notera des mouvements d'eau plutôt sommaires lorsque vos coéquipiers marchent dedans. Mais à côté de ça, il faut tout de même noter que le jeu ne pique pas les yeux, loin de là. Il reste même assez joli.
 

Plus on est de fous, plus on frag

Difficile de concevoir un FPS de nos jours sans y adjoindre une section multijoueurs. C'est d'ailleurs en grande partie à ce dernier mode qu'un certain Call of Duty doit son succès. Homefront ne fait pas exception à la règle et nous propose donc un mode multijoueur. Et le premier point très positif qui nous frappe en arrivant sur le menu dudit mode est la présence d'une section dédiée aux parties LAN, chose assez rare sur les jeux consoles. En dehors de ça, le jeu propose 6 modes de jeu dont trois accessibles uniquement à partir du niveau 7. Ce qui, vous en conviendrez, est assez faiblard à la base. Mais ce n'est pas tout, car les modes en questions ne sont en plus pas franchement novateurs. Voyez plutôt, on a du team deathmatch, de la capture de zone et un mode escarmouche qui se contente d'alterner les deux modes pré-cités. Quant aux trois modes à débloquer, ce ne sont que des variantes des trois précédents qui se voient affublés d'un commandant. Au final, on se retrouve donc avec deux modes de jeux, ce qui devient vraiment très peu. Cependant, les versions commandant de ces derniers apportent une contrainte supplémentaire intéressante : on nous assigne des cibles et objectifs prioritaires. De la même manière, on peut être une de ces cibles. Ces modes reprennent donc les bases du multi d'Assasin's Creed : Brotherhood, à ceci près que plus on remplit d'objectifs assignés, plus notre niveau de menace augmente et plus on a de joueurs lancés à nos trousses. Voilà une idée qui aurait pu faire un mode de jeu bien fun à elle toute seule. Malheureusement, la team de Chaos Studio n'est apparemment pas de cet avis.
 
 
En dehors de ça, le multijoueurs d'Homefront est agréable à jouer et il se paye même le luxe d'apporter des éléments de gameplay absents de la campagne solo. Ainsi, on a ici la possibilité de prendre les commandes de 4X4, de blindés légers et même de chars d'assauts. On retrouve également l'hélicoptère de la campagne solo mais également un autre appareil à rotor de queue bien mieux armé. À la différence d'un Battlefield, ces engins ne se trouvent pas sur la map, il faut les acheter avec les points gagnés dans la partie. Car les points d'expérience qu'on gagne en dézinguant ses petits camarades de jeu, en plus d'augmenter son niveau et de débloquer de nouveaux équipements, servent à acheter durant la partie des armes plus puissantes ou des véhicules. Un joueur adverse se pointe avec un char ? Pas de panique, une simple pression sur la croix directionnelle vous permet d'acquérir instantanément un lance-roquettes et de lui éclater la gueule dans la joie et la bonne humeur. Ajoutez à cela des maps vastes et plutôt bien pensées, bien que peu nombreuses, et on a de quoi bien se marrer. Dommage qu'on ait si peu de modes de jeu.
 

Article rédigé par pattoune , le

Avec un point de départ rarement exploité dans le jeu vidéo, Homefront était bien parti pour se démarquer des autres FPS du marché. Mais un scénario ultra-classique vient malheureusement plomber cette originalité. Reste au titre de Chaos Studio un univers cohérent et intéressant nous proposant comme décor des États-Unis occupés comme on a rarement l'occasion de les voir et un certain sens du rythme. L'air de rien, ces deux qualités suffisent à rendre la campagne solo prenante, à défaut d'en faire un moment inoubliable. Cette dernière étant outrageusement courte, comptez 5h de jeu sans vous presser, vous pourrez vous rabattre sur un mode multijoueurs sympatique pour prolonger l'expérience un petit peu. Il est bien dommage qu'Homefront propose un contenu assez faiblard dans l'ensemble parce qu'il y a quand même moyen de passer de bons moments avec ce titre.

Points positifs

  • L'univers.
  • Des séquences spectaculaires.
  • Un multi sympa...
  • Un point de départ original...

Points négatifs

  • Mais plombé par un scénario peu inspiré.
  • Une campagne solo trop courte.
  • Le contenu rachitique du multi.

A propos de l'auteur

pattoune

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Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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