Test : Bodycount

Bodycount - Xbox 360

Genre : FPS bourrin

Date de sortie : 02 septembre 2011

Vous n'en pouvez plus d'attendre Battlefield 3 et Modern Warfare 3 ? Heureusement, Codemaster est là pour vous faire patienter et vous permettre de prendre votre dose de frags avant la rentrée des classes. Enfin, heureusement n'est peut-être pas le mot qui convient.

 
 
Commençons par parler du scénario qui, dans le petit monde des FPS, va du pur chef-d’œuvre, même si c'est un peu exagéré, à la lamentable bouse. Vous l'aurez compris, on ici dans le deuxième cas, pas dans un entre-deux. L'histoire de Bodycount est digne des pires daubes qu'on a pu voir au cinéma ou à la télé. Pour résumer, la guerre civile dans la région de Tesenga, en Afrique, reprend de plus belle suite à l'interruption des négociations entre les deux camps. Vous faites partie du Network, une organisation cherchant à solutionner les divers conflits mondiaux rapidement, de façon pacifique de préférence. Elle vous envoie donc sur place pour enquêter sur les raisons de ce regain de violence, votre enquête vous amenant à mettre à jour les activités de la Target, une organisation maléfique, même si on ne sait pas trop pourquoi. Le problème avec ce scénario, en plus qu'il soit totalement insipide et sans intérêt, c'est qu'il est plus adapté à un jeu d'infiltration qu'à un FPS. En effet, dans ce genre de cas, on envoie plutôt quelqu'un capable de recueillir des informations en toute discrétion et de procéder à des frappes chirurgicales telles que des sabotages ou des assassinats, et pas un gros bourrin qui défonce tout sur son passage, ce que vous serez amené à faire tout au long du jeu.
 

Une impression de déjà-vu

Si le scénario n'est pas une chose essentielle dans un FPS, l'aspect visuel l'est bien plus, et le bilan n'est pas glorieux de ce côté-là non plus. Si le titre de Codemasters n'est pas hideux, il n'en demeure pas moins vrai qu'il est techniquement plutôt limité. Certains éléments du décor souffrent d'un aliasing prononcé et le clipping devient parfois carrément infâme. Il n'est pas rare de voir un ennemi apparaître à une vingtaine de mètres devant nous, comme par magie. Et c'est bien dommage car la modélisation est dans l’ensemble plutôt correcte, et on a droit à des décors colorés presque beaux. Mais le pire dans tout ça, c'est que sur les 5 à 6 heures de jeux que compte la campagne solo, on nous ressort une bonne partie des maps une seconde fois. On aurait pu croire que le gain de temps qui en résulte aurait pu pousser les équipes de développement à peaufiner tout ça, mais il n'en est rien. C'est d'autant plus décevant qu'on sait que l'Ego Engine est capable de bien mieux. Mais ce n'est pas tout, si on n'a l'occasion de visiter plusieurs bases de la Target durant la campagne, la déco de ces lieux est tellement monochrome et uniforme qu'on a l'impression d'explorer la même à chaque fois.
La mise en scène in-game aussi fait pitié à voir. Il arrive souvent, quand vous pénétrez dans une nouvelle zone, que votre progression soit interrompue par une petite séquence vidéo mettant l'accent sur un aspect de celle-ci. La réalisation de ces petites vidéo est à des années lumières de ce qui se fait aujourd'hui. Elle est du niveau de ce qui se faisait sur PlayStation 2. Les cinématiques narratives entre chaque mission sont guère mieux. Oscillant entre la succession d'artworks et un croisement entre comics animé et image de synthèse, le rendu de l'ensemble est, esthétiquement parlant, franchement moche.
 

Plus bourrin, tu meurs

Bodycount se veut être très arcade et propose à ce titre une action nerveuse et débridée. En gros, on passe notre temps à tout fracasser sur notre passage à l'aide d'armes plus ou moins réalistes. Mais ne vous attendez pas à tomber sur un fusil plasma ou d'autres joyeusetés de ce genre, ici, toutes les armes ont une base réelle. Ainsi, si on à un G-36 comme fusil d'assaut, à noter que ce modèle est déjà présent dans les Call of Duty et compagnie, on pourra aussi mettre la main sur un modèle futuriste de cette catégorie, proposant une cadence de tir, et donc une efficacité, très nettement accrue. Malheureusement, l'arsenal mis à notre disposition est bien pauvre, le titre ne nous proposant qu'une douzaine d'armes.
Mais les flingues ne sont pas vos seules armes pour vaincre, vous disposez également de quatre bonus que vous pouvez déclencher à l'envi. Les plus utiles sont le bouclier qui vous rend temporairement invulnérable et les munitions incendiaires qui, à défaut de mettre le feu, sont franchement plus meurtrières que les munitions de base. Vous avez également un bonus qui met en surbrillance vos ennemis, ce qui n'est au final pas franchement utile, ainsi qu'une frappe aérienne. Mais l'utilisation de tous ces bonus n'est pas gratuite : vous aurez besoin d'accumuler des informations pour en profiter, ces dernières étant relâchées par les ennemis que vous tuez. Oui je sais, ça n'a pas de sens. Mais bon, on n'est plus à ça près. On terminera en signalant que si le titre de Codemasters utilise le même système de santé que l'immense majorité des titres modernes, il est visuellement trop timide. Si bien qu'on peut être à deux doigt de la mort sans le savoir.
 

Article rédigé par pattoune , le

Si Bodycount est attrayant sur le papier, nous proposant un gameplay nerveux et une action débridée, force est de constater que le résultat final est bien décevant. Réalisation tout juste correcte, gameplay pauvre n'apportant rien de neuf et durée de vie ridicule, le titre de Codemasters ne propose même pas un multi digne de ce nom, ce qui en fait une grosse déception. Et pourtant, on n'en attendait pas grand chose. On conseillera donc aux accros du frag d'attendre Battlefield 3 qui arrive très bientôt.

Points positifs

  • Nerveux
  • Défoulant
  • Presque beau parfois

Points négatifs

  • Mais l'Ego Engine peut faire beaucoup mieux
  • Gameplay pauvre
  • Durée de vie faible

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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