Test : Double Kick Heroes - Xbox One

Double Kick Heroes - Xbox One
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Le Metal est probablement l'un des genres musicaux les plus aimés dans la communauté des jeux vidéo. Et pourtant, s'il est souvent présent dans les BO - comme par exemple dans Doom ou DMC - l'exploitation de son univers est plus rare. De mémoire, seul Brütal Legend peut être cité comme exemple. Mais ça, c'était avant. Double Kick Heroes débarque sur PC et Switch (bientôt sur Xbox One) pour tout exploser sur son passage... et personne ne pourra échapper à sa double grosse caisse.

Test effectué à partir d'une version Nintendo Switch

Double Kick Heroes est jeu de rythme dans un univers Metal disponible sur PC et Switch, et débarquant bientôt sur Xbox One. Il propose un concept simple mais efficace, dans un univers flamboyant qui ravira tous les fans de ce style de musique. Oui, vous avez bien lu : TOUS. Ceci pour la bonne et simple raison qu'un bon nombre de styles est représenté, mais voyons ça dans le détail. Le groupe Double Kick Heroes se prépare à monter sur scène quand une apocalypse éclate. Sans réfléchir, Lincoln - la manager - attrape le groupe, les fait monter à l'arrière de sa voiture et démarre en trombe. Oui, mais voilà : le groupe est poursuivi par une horde de zombies prêts à les avaler tout cru. Pas de problème, des armes sont reliées à la batterie de Derek et c'est ainsi que vous pourrez défourailler de l'ennemi en rythme. Voilà le point de départ du jeu et, s'il prend finalement la forme d'un jeu de rythme plutôt classique, le tout est sublimé par son univers. Soyons clairs, Double Kick Heroes est une bonne dose de défouloir et de rigolade, et ça fonctionne. 

Can I play with madness ?


Son histoire est très simple : nos héros doivent parcourir les routes qui les mèneront aux causes de l'apocalypse, en détruisant tout sur leur passage au rythme des chansons qu'ils joueront. L'histoire est un vrai plaisir à parcourir, car il s'agit d'une véritable lettre d'amour au jeu vidéo et au Metal. Tous les endroits visités seront pleins de petits clins d’œil à des titres comme Day of the Tentacle ou encore Brütal Legend, mais ce n'est pas tout. Vous aurez aussi la possibilité de rencontrer les alter ego virtuels de stars du Metal, comme par exemple James Hetfield (de Metallica) et Marilyn Manson, ou des noms moins connus du grand public, comme notre représentante francophone préférée Alissa White Gluz de Arch Ennemy. Vraiment, si vous êtes fans de Metal et de jeu vidéo, vous devez parcourir ce mode histoire décapant. Mais cela vient forcément avec un défaut, à savoir que le jeu s'adresse à une niche, et malgré ses qualités dans le gameplay il ne séduira pas tout le monde. Oui, le ton est donné dès le départ mais il est dommage de ne pas montrer un peu plus d'ouverture. Si on compare le jeu à Brütal Legend ou Kiss  : Psycho Circus : The Nightmare Child, ces titres pouvaient être joués par tout le monde, même sans être fan de Metal. Mieux encore, ils ont permis de faire découvrir le genre à des personnes qui ne s'y étaient jamais intéressées. Double Kick Heroes ne parviendra pas à réussir cet exploit car on ne voit pas comment il arrivera à intéresser d'autres personnes que les metalleux. On peut voir ça comme une bonne chose car le jeu s'assume totalement, ou comme une mauvaise car il ne s'ouvre jamais à un plus large éventail. 

Double Kick Heroes

Parlons maintenant du gameplay. Là encore, il est très simple. Vous devez taper sur le bon bouton au bon moment en rythme avec la musique. Le bon bouton est déterminé par vous-même, car il dépend de l'endroit d'où arrive l'ennemi. Il faudra donc viser en haut ou en bas. Plus tard, un troisième bouton apparaîtra pour utiliser des grenades. Les grenades se déclenchent à un moment bien précis si votre jauge est assez pleine : elles ne s'utilisent donc pas quand vous le voulez et sont parfois très inutiles. Par exemple, quand vous êtes collés de très près par une horde et que la grenade est envoyée en queue de peloton, ne touchant en aucun cas les ennemis les plus dangereux. En général, vous ne pourrez être touché par l'ennemi que trois fois avant d'avoir un game over, mais ça dépend de l'ennemi, car être touché par un boss sera une mort certaine. Oui, il y a des boss, qui sont paradoxalement plus faciles que les niveaux classiques. Certains niveaux demanderont d'ailleurs de bouger la voiture pour éviter des ennemis, mais une option permettra à la voiture de bouger toute seule et c'est souvent l'option que l'on choisira car tout devient très confus. Il faut jouer en rythme, tout en surveillant où il faut tirer, tout en bougeant la voiture. Dans un morceau rapide, le tout devient rapidement un enfer et c'est pour ça qu'on choisira de laisser la voiture se débrouiller toute seule, surtout en sachant que plus vous enchaînez de notes parfaites et plus vous obtiendrez des armes puissantes... et qu'une faute suffit à retourner à l'arme de base. Ne pas avoir la bonne arme à certains moments peut être fatal et frustrant. 

Double Kick Heroes

Master of Puppets

Une dernière mécanique est celle de l'overheat : votre arme se bloquera si vous ratez trop de notes et mashez les boutons. On comprend l'idée de punir les joueurs ne jouant pas en rythme, mais certains morceaux demandent de littéralement masher les boutons, et on se trouve dans des situations où cette pratique punie dans certains morceaux est indispensable dans d'autres. Ajoutons à ça une gestion de la difficulté chaotique, certains niveaux seront un enfer à passer alors que d'autres plus avancés le seront sans aucun problème. Le gameplay de Double Kick Heroes est une nouvelle fois simple et efficace, mais il aurait gagné à être plus simple encore, car les petites touches « originales » ne font qu'apparaître comme des imperfections gâchant l'expérience globale. Mais ce n'est pas le pire défaut du jeu. En fait, Double Kick Heroes est répétitif et on ne le reprendra pas une fois l'histoire terminée. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il ne se renouvelle pas. On voudrait, comme dans d'autres représentants du genre, reprendre nos morceaux préférés dans une difficulté plus élevée. Mais on ne le fait pas, tout simplement parce que le changement de difficulté ne renouvelle pas le gameplay. Alors que la référence Project Diva (qui comporte aussi des morceaux metal et rock) renouvelle son challenge à chaque mode de difficulté, Double Kick Heroes propose seulement d'aller plus vite. Malheureusement, cela réduit la durée de vie du titre, ainsi que son intérêt. 

Double Kick Heroes

Saluons tout de même quelque chose d'extrêmement positif et d'assez rare pour être signalé : dans un milieu aussi sectaire que le Metal, où les fans de Black se battent avec les fans de Death qui se battent avec les fans de Heavy qui se moquent des fans de Nu parce que ''c'est pas du vrai Metal'' ; dans un milieu où les gens s’énervent parce que Faith No More est headliner au Hellfest (encore une fois, ''c'est pas du vrai'') ou parce que Ultra Vomit et Alestorm, qui ont fait le choix de ne pas se prendre au sérieux, ont du succès (oui, apparemment il faut se prendre au sérieux, faire la gueule et ne pas avoir de succès parce que le succès ''c'est commercial''), dans ce milieu Double Kick Heores nous offre une excellente BO allant du Hard Rock au Heavy en passant par le Thrash ou le Black. Vraiment, s'il n'y avait qu'une seule raison pour vous jeter sur Double Kick Heroes, ça serait sa BO.
Pour conclure, malgré quelques imperfections très facilement corrigeables, Double Kick Heroes est un bon jeu de rythme efficace qui ravira les fans de Metal. Malheureusement, son manque de renouvellement dans le challenge fait que sa durée de vie sera très courte. Il vaut mieux prendre le titre comme un bon défouloir et jouer quelques morceaux pendant 1 heure, plutôt que comme jeu sur lequel passer 10 heures d'affilée. On se trouve quand même avec un jeu proposant un contenu généreux, un super univers et un humour omniprésent faisant mouche dans 90% des cas. En fait, Double Kick Heroes souffre du syndrome ''premier jeu'', comme certains grands groupes ont souffert du syndrome ''premier album''.
17 août 2020 à 10h20

Par

Points positifs

  • L'univers
  • Un gameplay simple et efficace
  • Des clins d’œil de partout
  • La BO

Points négatifs

  • Un manque de renouvellement
  • Un équilibrage parfois incompréhensible
  • Ne s'adresse qu'à un public bien précis
  • Que de l'anglais pour un jeu français

Gribouillé par...

Mystère Mask

Mystère Mask

Inventeur du claquement de porte

Né en 1823 mais immortel grâce à un pacte passé avec Nicolas Cage, ce gus a eu l'idée de génie de faire breveter le claquement de porte, ainsi il empoche des royalties à chaque fois que dans le monde une porte se ferme un peu trop brutalement. C'est pour ça qu'après six titres de champion du monde poids lourd de Mahjong acrobatique il a décidé de se cloîtrer dans son chateau de Bavière dans lequel il peut passer ses journées à jouer à tout ce qu'il trouve et partager son avis... Même si personne n'en veut.
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