Test : 2Dark

2Dark - Xbox One

Genre : Survival-horror / Infiltration

Date de sortie : 10 mars 2017

Genre
Survival-horror / Infiltration
Date de sortie
10 mars 2017 - France
Développé par
Gloomywood
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Xbox Live Arcade

Vous aimez jouer aux Silent Hill, Resident Evil, Project Zero et autres survival-horror ? Mais saviez-vous que le genre avait été inventé par un français ? Hé oui, cocorico, le tout premier titre à faire frissonner les joueurs n'était autre qu'Alone in the Dark, inventé par Frédérick Raynal en 1992. Bien des années après, le créateur est de retour à ses premiers amours avec le soft 2Dark, financé notamment via Ulule.

Test effectué à partir d'une version PS4

Smith est un détective tout ce qu'il y a de plus heureux : il aime son job, il aime sa femme, il aime ses deux enfants, bref, il aime sa vie. Jusqu'au jour où tout bascule. Alors qu'il faisait du camping avec sa petite famille, sa femme est sauvagement assassinée et sa progéniture kidnappée. Sept ans après cette funeste nuit de juin 1969, il n'a pas retrouvé ses bambins et il a même été dans l'obligation de rendre sa plaque de policier après s'être montré un peu trop brusque avec des suspects. Comme on peut s'en douter, le bougre est totalement détruit, mais une affaire l'intrigue tout de même depuis quelques temps : la disparition d'un nombre assez alarmant d'enfants dans la petite ville de Gloomywood. Particulièrement touché par ce sujet, il va donc seul se lancer à leur recherche, les autorités semblant incapables de les retrouver. Mais il est loin de se douter de ce qui l'attend durant ses investigations... Il est toutefois difficile d'en dire plus concernant l'histoire de 2Dark sans gâcher le plaisir de la découverte.

2Dark

2Dead

Enfin, plaisir, c'est vite dit, tant les sujets abordés sont durs, noirs, glauques voire macabres. Autant vous le dire tout net : si vous êtes particulièrement sensibles à la cause des enfants, vous pouvez passer votre chemin, vous risquez d'avoir du mal à en voir le bout. Si la narration est assez minimaliste, le joueur ne découvrant l'histoire qu'en trouvant des documents de ci delà, l'ambiance a pour sa part été particulièrement travaillée. Les adeptes de polars noirs en auront pour leur argent, avec un détective désabusé habillé d'un imper qui passe son temps à fumer et à jurer, qui court après des adversaires à la morale plus que douteuse, le tout dans un décor crade et, la plupart du temps, en grande partie dans l'obscurité. Bref, il n'y a pas grand-chose à reprocher au titre à ce niveau-là. Ce que l'on pourrait en revanche reprocher, c'est le manque de profondeur des personnages. Alors, certes, il est assez difficile de proposer un background extrêmement travaillé à des PNJ dans un titre où la narration est si minimaliste. Mais proposer d'un côté des thèmes aussi forts et d'un autre de grands méchants aussi vides, c'est tout de même plutôt dommage...

2Dark

Mais le plus grand problème de 2Dark ne provient pas de là. En fait, le gros problème de 2Dark, c'est tout le reste, malheureusement. Le gameplay, tout d'abord. Le studio Gloomywood n'a jamais caché vouloir faire un titre ''à l'ancienne'', et c'est le choix des développeurs, mais c'est le ''à l'ancienne'' frustrant. On peut ainsi noter la gestion très peu intuitive de l'inventaire, d'autant plus que Smith récupère régulièrement des items pas bien utiles pour sa progression et qu'il faut souvent l'ouvrir pour récupérer une source de lumière, l'I.A. pas bien logique et assez changeante, le level-design pas toujours inspiré et obligeant le joueur à faire des allers-retours, ou encore une lisibilité parfois proche du néant, la faute à une obscurité omniprésente (sans parler de la caméra isométrique impossible à bouger). Ce qui est, là encore, un gros souci, car 2Dark propose des mécaniques d'infiltration assez peu compatibles avec ce genre de lisibilité. En effet, s'il est théoriquement possible de terminer les niveaux en laissant tout un tas de cadavres sur place, le joueur comprend bien vite qu'il a plutôt intérêt à rester discret. Smith meurt quasiment sur le coup à chaque fois et son pistolet est bien souvent inutile. Lorsque l'on sait qu'il faut plusieurs balles pour tuer un ennemi, que les munitions sont limitées et que le bruit attirera d'autres ennemis, on préfère donc passer tout en douceur, ou au pire utiliser une arme blanche qui tue en un coup lorsque l'on frappe dans le dos.

2Dark

2Hard

Sans oublier de sauvegarder tout le temps, partout. 2Dark ne dispose pas de sauvegardes automatiques et, vous l'aurez compris, son statut de ''die & retry'' le classe dans la catégorie des titres à la difficulté retorse. Autant dire que de nombreux joueurs jetteront rapidement l'éponge, lassés par des morts souvent injustes... Ou bien seront-ils exaspérés par les pleurs et les cris des enfants à sauver. Car non seulement il s'agit de les appâter avec des bonbons si l'on veut qu'ils suivent le héros (oui oui), mais il faut qui plus est souvent leur dire de la fermer, le silence étant d'or dans ce titre – d'ailleurs, il faut la plupart du temps se déplacer sur la pointe des pieds, bonjour la rapidité. Là encore, c'est vraiment dommage, car sur le papier la gestion des enfants était une idée intéressante. Dans les faits, ces sales gosses chialent toutes les deux secondes et le joueur doit donc spammer non-stop la touche dédiée au ''chuuuut !'', tout en devant prendre garde à bien éviter les ennemis. Le sauvetage des enfants étant le but premier du jeu, qui s'étale sur une poignée de niveaux et une petite dizaine d'heures, autant dire que les nerfs des joueurs seront mis à rude épreuve, mais pas pour les bonnes raisons (en tout cas pour les raisons auxquelles on peut s'attendre d'un survival-horror).

2Dark

Visuellement, le titre de Gloomywood ravira sûrement les fans de petits jeux indés en pixels, même s'il s'agit ici de ''voxels'', comprenez par là des pixels en 3D. Là encore, l'ambiance sombre et crade se fait ressentir partout et de simples petits détails viennent donner vie aux différents niveaux du titre, qui ont chacun une identité propre. Mais le plus réussi reste tout de même l'ambiance sonore, qui contribue énormément à la tension durant une partie et fait parfois sursauter le joueur. Là un ennemi sorti de nulle part en tirant, ici un interrupteur un peu trop bruyant, là encore des bruits de pas que l'on tente (vainement) de dissimuler pour ne pas se faire repérer... Bref, si l'obscurité ôte souvent une partie de la lisibilité, obligeant parfois le joueur à tourner avant de trouver la solution (souvent pour récupérer un objet, les énigmes étant assez faciles et les combinaisons d'items peu nombreuses), le son pour sa part permet de se rattraper. A défaut de voir les ennemis arriver, il s'agit donc de tendre l'oreille pour les entendre... Précisons enfin que 2Dark est intégralement doublé en anglais mais que les textes sont tous disponibles en français.

Article rédigé par Shauni Chan , le

2Dark aurait pu être un titre génial, une petite pépite indé. Malheureusement, il souffre de bien trop de défauts pour s'élever au rang d'incontournable. En dehors de l'aspect die & retry et de la difficulté élevée, deux paramètres ayant leurs adeptes, on peut ainsi noter une lisibilité souvent aux fraises, des enfants franchement agaçants, une I.A. étrange ou encore un inventaire très peu pratique. Dommage, car les bonnes idées étaient là, à commencer par une histoire abordant des thèmes souvent tabous, que ce soit dans les jeux vidéo ou ailleurs, un sound design particulièrement travaillé et une patte graphique marquée.

Points positifs

  • Histoire intéressante, avec des thèmes forts
  • Une esthétique marquée
  • Joli boulot sur le son

Points négatifs

  • Des personnages creux
  • Une difficulté die & retry qui rebutera certains joueurs
  • L'inventaire
  • L'I.A.
  • Les enfants
  • L'obscurité n'aide pas à la lisibilité

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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