Test : Battlefield V

Battlefield V - Xbox One

Genre : FPS

Date de sortie : 20 novembre 2018

Genre
FPS
Date de sortie
20 novembre 2018 - France
Développé par
DICE
Edité par
Electronic Arts
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Xbox Live Arcade

Prolongement du bon parcours entamé par Battlefield 1, Battlefield V revient sur les traces historiques d’un événement ayant autrefois bouleversé la licence de DICE : la Seconde Guerre mondiale. Battlefield 1942 avait, il y a 16 ans, posé les jalons de ce que doit être un jeu de guerre totale et ce nouvel opus semble directement marcher dans les traces de ses illustres aînés.

Test effectué à partir d'une version PC

L’ouverture de Battlefield V se fait sur un rappel rapide des oubliés de la Seconde Guerre mondiale. Les événements cachés, courageux et souvent suicidaires qui ont permis d’endiguer la progression des forces ennemies. N’ayant pas abandonné l’idée de la campagne solo dans un jeu de guerre allègrement orienté multi, les gens de chez DICE ont su faire preuve de ressources pour proposer un scénario plutôt original. C’est assez bien vu, parce que franchement, qui avait envie de se retaper un énième débarquement à Omaha Beach ? Une frange de l’histoire nous fera passer par la rocaille de l’Afrique du Nord et la résistance en sous-nombre des soldats enragés de l’armée britannique jusqu’aux guerriers d’élite norvégiens cherchant à arrêter la production d’eau lourde allemande, nécessaire à la création d’une arme atomique. Pour l’instant, trois portions de l’histoire complète sont accessibles (sans compter la petite introduction) sachant qu’une dernière sera disponible le 4 décembre prochain. La présence cette campagne solo est une belle pirouette réalisée par DICE, qui arrive encore à mettre en avant des histoires intéressantes dans un jeu sur la Seconde Guerre mondiale. Certes, c’est un peu leur spécialité, eux qui avait déjà mis les deux pieds dedans avec Battlefield 1942 , il y a plus de 16 ans. Chaque histoire se complète en 1h30 environ et permet de revoir les bases du gameplay et se structure un peu de la même manière : de la séquence d’infiltration ultra dirigiste jusqu’à l’exploration et la réalisation d’objectifs en carte plus ouverte.


Outre la campagne solo, Battlefield V est un jeu évidemment axé multijoueurs. Le grand classique mode « Conquête » sur des cartes de 64 joueurs est le plus joué. Suivent les modes « Grandes Opérations », le classique « Match à mort en équipe », la  « Percée », les « Lignes de Front » et enfin la « Domination ». Largement tous basés sur la capture de points, ces différents modes apportent chacun leur petite spécificité en terme de déroulé de partie. Mention spéciale pour les « Grandes Opérations », mode importé de BF1 et qui s’étale sur plusieurs jours dans le jeu et met en scène une grande bataille nous faisant rapidement passer d’un mode et d’une carte à l’autre. On notera également que le mode « Fournaise » (Firestorm en anglais) ne sera pas en ligne avant le mois de mars 2019. Ce Battle Royale à la sauce Battlefield nécessite probablement encore de nombreux ajustements afin de pouvoir s’imbriquer dans les systèmes de jeu très arcades de la licence. Affaire à suivre.

Battlefield V

Qui dit nouveau Battlefield dit nouvelles cartes. Comme à l’accoutumée, on pourra parcourir des environnements très différents les uns des autres, des champs « d’Arras », en passant par les ruines de Rotterdam sur « Devastation », le pont de fer de « Torsion d’Acier » ou encore les décors glaçants de « Narvik » ou « Fjell 652 ». Ce sont au total 8 nouvelles cartes qui vous attendent et où chacune proposera un style de jeu bien différent. En effet, certains points à capturer sont construits de manière à toujours avoir un accès dans le dos de l’ennemi, peu importe la position qu’il défend. Cela favorise ainsi les escarmouches plutôt intenses et rapides alors que d’autres points, entourés de plus d’espace, favorisent davantage le jeu posé et stratégique, à l’aide de véhicules d’assaut par exemple. Quoi qu’il en soit, l’expérience de DICE transpire dans la construction de chacune de ces cartes et parvient à trouver un équilibre très difficile à maintenir sur des environnements de cette taille.

Battlefield V

Alors que Battlefield 1 représentait le FPS immersif par excellence, Battlefield V en demeure un très fidèle successeur. La justesse dans le sound design, la représentation des armes, véhicules et environnements déployée par les équipes du studio suédois reste tout bonnement stupéfiante. Le moteur Frostbite, optimisé aux petits oignons, continue de faire des miracles et venir déloger le dernier né de chez DICE sur ces terrains s’avèrera très compliqué pour les éventuels concurrents.

La guerre n’a d’ailleurs jamais paru aussi totale et chaotique. Alors que vous pensiez être en proie aux balles faciles pendant la Grande Guerre, vous allez comprendre votre douleur dans ce nouvel opus. Les balles sifflent à vos oreilles littéralement 90% du temps et la mort fauchera votre petit cul sans vraiment savoir ce qu’il s’est passé plus de fois que vous ne pourrez le compter. Car c’est un peu ça, la guerre, un grand bordel sans nom ou la mort vous tacle sans crier gare et souvent sans honneur. De nouvelles mécaniques de déplacement permettent une plus grande flexibilité, notamment couché au sol, mais d’autres ajustements plus décisifs ont été réalisés comme le fait de ne plus pouvoir « marquer » n’importe quelle unité ennemie aperçue pendant la partie. À la place, vous pourrez seulement pointer une zone pour signifier à vos compagnons que vous avez aperçu un ou plusieurs ennemis. Cela ne facilite pas spécialement le travail des unités aériennes, mais rend bien plus digeste la progression sur le champ de bataille, surtout sur des cartes où les snipers sont privilégiés.

Battlefield V

Jamais un épisode de la franchise n’a paru aussi pointu et exigeant en terme de prise de décisions sur le champ de bataille. On pensera avant tout au mode « Conquête » qui vise à capturer des points et en conserver plus que le camp adverse afin de gagner la partie. Gagner une partie, c’est avant tout maîtriser cette science pointue de prise de position tout en privilégiant le jeu « ensemble » plutôt que le jeu « à plusieurs ». En effet, les décisions prises par votre escouade peuvent s’avérer décisives dans la partie, qu’il s’agisse de conserver absolument un point stratégique, prendre l’ennemi à revers ou encore garder le contrôle de cette unité anti-aérienne qui fait tellement de bien à vos alliés des cieux. De nombreuses actions possibles peuvent retourner le destin d’une bataille et vous et votre bataillon, si bien organisés, pourrez jouer un rôle primordial dans la victoire de votre camp.

Battlefield V

Comme dans toute entreprise, être efficace sur le champ de bataille requiert une fine connaissance des différents postes jouables. À la manière du précédent Battlefield, quatre classes sont toujours disponibles et la synergie entre chacune d’elles a encore été renforcée. Il vous sera toujours possible de choisir entre l’assaut, le soutien, le medic et le sniper, avec une spécialisation (entre deux possibles) pour chacune d’entre elles. L’importance d’avoir une escouade équilibrée prend tout son sens sur le champ de bataille, notamment entre la Sainte Trinité assaut/soutient/medic : les balles s’épuisent très vite chez l’assaut qui aura bien besoin d’un ravitaillement rapide et soutenu de la part du soutien tandis que le medic, qui relève efficacement ses camarades tombés pour la patrie, aura fort à faire tant les morts seront nombreux durant la partie (les barres de vie se rechargent moins vite qu’avant). La personnalisation intrinsèque de votre classe ira aussi jusqu’à la modification de vos talents dans un petit arbre, par exemple la précision plutôt que le rechargement rapide pour l’assaut.

Outre le choix des talents, la personnalisation de votre soldat sera principalement esthétique. Le système de récompense a évolué par rapport à Battlefield 1 puisque le système de récompenses, plus flexible qu’avec les coffres, permet de s’acheter directement de nouvelles armes et skins avec la monnaie du jeu. Alors qu’avant il fallait patiemment attendre d’avoir un coffre pour espérer choper votre arme fétiche, il suffit maintenant d’économiser un peu vos points et de vous faire plaisir dans la boutique du jeu. C’est plutôt une bonne idée puisque cela donne directement un objectif à atteindre au gré de vos parties et procure un petit goût de reviens-y pas trop déplaisant. Le gain de niveaux vous permettra également de débloquer de nouvelles armes ou skins sans débourser vos deniers économisés.

Battlefield V

Article rédigé par Lorris , le

Battlefield V ne révolutionne pas les codes des jeux de guerre et n’évolue pas outre mesure par rapport à l’épisode précédent. Toutefois, bons sur tous les fronts, un peu comme durant une bataille qui se gagne, les développeurs suédois proposent, une fois encore, un titre constant et jouant sur les qualités qui ont fait le succès de la licence depuis de nombreuses années maintenant. Battlefield V reste un solide jeu de guerre à grande échelle, pétri de bonnes volontés, à l’image d’une campagne solo courte mais originale et qui a tout simplement le mérite d’exister.

Points positifs

  • Le Frostbite, toujours au top de l’optimisation
  • Le sound design bluffant
  • La guerre totale
  • Une interface plus digeste que la précédente
  • La gratuité du contenu qui arrive
  • La mise en avant des femmes dans un jeu de guerre
  • Le mode solo…

Points négatifs

  • …Même s’il reste un peu court
  • Jouer seul peut s’avérer parfois frustrant
  • Quelques bugs encore bien relous

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Nonobstant les ouï-dires et les non-dits de ceux qui pensent que non et de ceux qui estiment que oui, Lorris demeure un génie incompris. Utilisant constamment un langage profane qui sied à sa caste de jeune kikoo-gamer-du-web, ce candide éphèbe qui newse, teste, et previewte n'est finalement qu'un esprit brillant parmi les autres cucurbitacées qu'il tient pour collègues. Sinon, Lorris est une âme modeste, offrant son corps pour partager avec délectation et frivolité sa passion qui l'anime dans le manoeuvrage du joystick et non pas du droit de cuissage comme certains butors le feraient entendre.

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