Test : RAGE 2

RAGE 2 - Xbox One

Genre : FPS post-apo

Genre
FPS post-apo
Développé par
Id Software
Edité par
Bethesda Softworks
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Xbox Live Arcade
Site officiel
Site officiel

Après un premier épisode sorti il y a quelques années sans réelle concurrence, RAGE 2 arrive dans un contexte bien moins accueillant. Cette suite glamour du FPS post-apocalyptique vaut-elle son pesant de dents de mutants ?

Test effectué à partir d'une version PC

Sorte de grand manège post-apocalyptique et humoristique à la sauce fushia-rose bonbon, RAGE 2 est l’alliance d’Id Software, grand spécialiste du FPS devant l’éternel (Doom), et d'Avalanche Studios, créateurs de jeux en monde ouvert comme la série des Just Cause ou encore le très oubliable Generation Zero.

Faisant suite au premier opus sorti en 2011, RAGE 2 débute lorsque l’Autorité, une organisation para-militaire menée par l’infâme Général Cross, infiltre votre base alors que vous assistez à la mort du dernier « Ranger » en activité. Outre leur grande compétence au combat, ces soldats bénéficient d’une armure leur permettant d’utiliser des pouvoirs alimentés par la Feltrite, un minerai extra-terrestre trouvable en grande quantité sur Apophis, l’astéroïde ayant provoqué la « fin du monde » narrée dans le jeu.

Walker Wasteland Ranger

Vous êtes Walker, homme ou femme (selon votre choix), recueilli et élevé par Prowler, cheffe des Rangers, qui sera tuée par Cross au terme de l’introduction du jeu. Cette dernière, expéditive, est un avant-goût d’une narration pauvre en rythme, sans fulgurance particulière. Le but du jeu ? Retrouver Cross et faire revenir un semblant d’organisation et de paix dans le Wasteland.

RAGE 2

Après avoir enfilé la tenue du Ranger tué sous vos yeux et de vous en attribuer le même statut, vous partez ainsi à la recherche de trois personnages clés qui vous permettront de retrouver et d'assassiner le méchant Martin Cross. Bethesda nous promettait un monde ouvert et, dès nos premiers pas en dehors de la base de départ, on comprend vite à quelle sauce on sera mangé. Ode au générique et au déjà-vu, il faudra jongler entre différentes activités : les quêtes principales, les quêtes annexes et tout un tas de missions (camps de bandits à vider, Feltrite à récupérer, Tour Sentinelle à détruire, etc) qui vous permettront de remplir des jauges. Chaque jauge représente votre réputation envers l'un des trois personnages principaux et il faudra obligatoirement engranger les niveaux afin d’avancer dans la trame principale du jeu. Le scénario principal du titre tenant sur un timbre-poste, il faudra s’écarter des sentiers battus et lire des PDA trouvables dans les différents environnements afin d’avoir des bouts de récits des événements qui se sont déroulés dans le Wasteland durant les 30 années qui nous séparent du premier opus.

La RAGE, frère

Hélas, très vite, la carte du Wasteland apparaît comme un simple prétexte pour poser des missions ici et là. Le level design n’est pas vraiment flamboyant et on tombe souvent sur des camps à l’architecture plus ou moins similaire. Les différents biomes sentent le déjà-vu, et le manque de narration environnementale forte et de finesse dans la création des niveaux ou tout simplement de bonnes idées de mise en scène empêchent le joueur de s’immerger et de s’investir dans la découverte de ce monde. Ce dernier n’appelle pas une seule seconde à l’exploration, si ce n’est que pour naviguer d’un point d’intérêt à un autre sans réelle conviction. On soupçonnerait bien les petits gars de chez Avalanche de nous avoir pondu, encore une fois, un monde ouvert issu des années 2000. Après The Witcher 3, Zelda : BOTW ou encore Red Dead Redemption II, il serait bon de remettre en question les choix de game design pour les prochains jeux du studio suédois.


Alors que la partie exploration est, à notre sens, complètement loupée, ce RAGE 2 nous réconforte dans sa partie dédiée au combat. Chapeautée par des maîtres en la matière, Id Software nous livre une partition fortement empruntée du dernier Doom. Nerveux, brutal, extrêmement bien rythmé : les joutes sont un véritable shoot d’adrénaline puisque, en plus d’avoir des ennemis qui réagissent bien, les différentes armes sont jouissives à utiliser (mention spéciale au meilleur shotgun vu depuis longtemps dans un FPS). Il est également possible d’utiliser de nombreux objets du décor dont les explosions participent au chaos des combats. Niveau arsenal, Id Software sait comment faire frétiller la queue des amateurs de FPS les plus endurcis. En plus d’avoir un retour du Wingstick (ces boomerangs qui tranchent les têtes), vous pourrez utiliser un revolver dont les balles embrasent les ennemis, un lance-missiles « intelligent » ou encore le BFG (Big Fucking Gun) qui…Ah ? On m’annonce dans l’oreillette que cette arme n’est que disponible pour les joueurs de l’édition Deluxe, dommage pour toi le pauvre.

RAGE 2

Si les armes au feeling réussi sont assez nombreuses, l’intensité du gameplay des combats évolue encore d’un cran de nervosité avec l’utilisation des divers pouvoirs (Nitronites) que vous devrez débloquer en visitant les « Arches » présentes un peu partout sur la carte. Ces Nitronites sont de différentes natures puisque certains vous permettant de « dasher » pour esquiver les attaques ennemies tandis que d’autres sont très offensives, vous permettant de faire voltiger vos ennemis en un coup, de les écraser avec une attaque puissante vers le sol ou encore de les attirer dans n’importe quelle direction à l’aide d’un vortex. Bien évidemment, le but est de mélanger une utilisation maline des pouvoirs et de vos différentes armes pour vous débarrasser le plus efficacement possible de vos assaillants. N’oublions pas d’évoquer le mode « Overdrive » qui, lorsqu’il est déclenché, vous octroie un bonus de dégâts et modifie pendant un court laps de temps le type d’attaque de l’arme utilisée.

SEUM 2

Les pouvoirs, tout comme vos armes, peuvent être améliorés en utilisant vos récoltes de Feltrites ou encore en débloquant les différents « Projets » chez les trois personnages principaux avec qui vous interagissez. Les niveaux de « Projets » sont également liés au remplissage de jauge évoqué précédemment, interconnectant ainsi activités annexes, activités principales et évolution de votre personnage. D’ailleurs, en plus de tirer sur tout ce qui bouge, vous vous déplacerez dans divers transports qui vous serviront également de véhicules de combat. Outre ceux qui vous seront proposés de base, vous pourrez en retrouver plusieurs dans le Wasteland et les ramener à votre garage pour pouvoir les utiliser ensuite. On regrettera toutefois que le véhicule volant soit très vite accessible (après 2-3h de jeu) et nous évite carrément des portions complètes de la carte que l’on pourra facilement survoler (c.f. nos remarques sur l’exploration de la carte pas du tout mise en avant).

RAGE 2

Classant définitivement RAGE 2 dans la catégorie des mondes ouverts « pas surprenant pour un sou », son interface franchement pas belle et peu ergonomique divulgâche carrément tous les pouvoirs et armes dès le début du jeu, laissant, encore une fois, très peu de place pour l’envie d’explorer les « Arches » (et à fortiori la carte du jeu) pour découvrir de nouveaux jouets à utiliser.

Les différentes mécaniques de RAGE 2, très inégales dans leur qualité, sont tractées par le moteur Apex de chez Avalanche qui, lui, fait un très beau boulot au niveau de l’esthétisme et de la fluidité générale du titre. Outre le manque d’inspiration dans le level design, on assiste par moment à de très beaux panoramas à distance qui donneraient vraiment envie de se lancer à la découverte du Wasteland, sauf que…

RAGE 2

Article rédigé par Lorris , le

Clairement pas fait pour les épileptiques mous de la gâchette, RAGE 2 n’est également pas fait pour ceux qui cherchent la finesse et les amoureux des mondes ouverts bien construits. Ici, le Wasteland n’est qu’un prétexte pour enchaîner les activités servies sèches et sans assaisonnement, avec toutefois des mécaniques de combat drôlement bien foutues et vraiment jouissives. RAGE 2 fait le pari de la transparence en montrant aux joueurs, dès le début de l’aventure, l’étendue des activités à réaliser et comment arriver à la fin du jeu, logiquement sans surprise. Sans jamais retirer les petites roues de son vélo, le jeu d’Id Software et d’Avalanche est le pur reflet du travail récent de ces deux studios : un très bon FPS dans un monde ouvert sans liant, saveur, ni cohérence. Pour une douzaine d’heures de jeu qui plus est, c’est un peu cher payé.

Points positifs

  • Le moteur Apex
  • La brutalité, la nervosité des combats
  • Le design de certains mutants/monstres
  • Le feeling des armes
  • Les pouvoirs
  • Certaines animations

Points négatifs

  • Un monde incohérent et sans saveur
  • La narration digne d’un film d’Uwe Boll
  • Les activités répétitives
  • Le level design peu inspiré
  • La conduite des véhicules pas évidente (sur PC du moins)
  • L’interface quand même bien dégueulasse
  • Le remplissage de jauge
  • Une arme uniquement pour la version Deluxe, sérieusement ?

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Lorris

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Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

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