Test : Just Cause 4

Just Cause 4 - Xbox One

Genre : Action

Date de sortie : 04 décembre 2018

Genre
Action
Date de sortie
04 décembre 2018 - France
Développé par
Avalanche Studios
Edité par
Square Enix
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Boutique
Xbox Live Arcade
PEGI
 Interdit aux moins de 18 ans

Nous sommes dans la célèbre valse des triple A de fin d'année et, en dehors des traditionnels jeux de sport et FPS, cette année voit arriver le dernier épisode d'une franchise bien connue : la seule et l'unique Just Cause, célèbre pour être un défouloir intense. Après trois jeux de bonne facture, ce nouvel épisode fait-il honneur à sa série ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Dans le premier Just Cause, il fallait aller sur une île pour renverser un dictateur. Dans Just Cause 2, il fallait se rendre sur une île afin d'y renverser un dictateur. Dans Just Cause 3, notre héros Rico se rendait sur son île natale... pour y renverser un dictateur. Dans Just Cause 4, il faut renverser un dictateur, mais sur un territoire d'Amérique du Sud et non sur une île. Vous l'aurez compris, on est en terrain connu. Mais il serait idiot de sanctionner le jeu pour cela, car celui-ci fait le choix de se concentrer sur le gameplay plus que sur l'histoire. Même si les grandes lignes sont toujours les mêmes, le scénario apporte quand même quelque chose d'intéressant à suivre. Tout prend place sur Solis, un territoire d'Amérique du Sud gouverné par un riche homme d'affaire nommé Oscar Espinosa et occupé par son organisation militaire, La Main Noire. Rico ne fait plus partie de l'agence mais se rend quand même sur les lieux afin d'organiser la résistance, aidé par Mira, une native du pays. Pourquoi ? Car La Main Noire développe le projet Illapa, une technologie capable de contrôler les intempéries et sur laquelle a travaillé le père de Rico... Ce dernier entre donc en guerre avec Espinosa afin d'obtenir des réponses. 

Mala vida

Il s'agit de la plus grosse innovation dans cette histoire : Rico, cette fois-ci, ne part pas en guerre pour libérer un peuple mais surtout pour des raisons personnelles. Un développement de personnage vraiment bienvenu et qui manquait jusque là. Mais tout ça a une conséquence. Ce qui faisait le charme de Just Cause, c'était que l'on avait l'impression de jouer à un film de série Z ne se prenant jamais au sérieux. On pouvait tout faire péter, se battre contre des ninjas, voler un hélicoptère en plein vol et faire du surf sur des missiles nucléaires. Le tout était toujours supporté par des dialogues au second degré qui donnaient à Just Cause un côté très film d'action des années 90. Ici, même si l'on est toujours dans l'action over the top, le ton est beaucoup plus sérieux et on perd beaucoup d'amusement au passage. Dommage.
 
Just Cause 4

Just Cause 4 est un monde ouvert et, comme dans tous les mondes ouverts, vous progressez en allant d'un point A à un point B et en effectuant des missions. Nous sommes dans une zone de guerre civile, vous devrez donc conquérir des territoires. Pour cela, vous devrez d'abord effectuer une mission dans la zone convoitée. Une fois la mission effectuée, la région sera débloquée et vous pourrez faire avancer votre armée. Mais vous devrez avoir assez d'unités, et ces unités s'obtiennent en remplissant votre jauge de chaos. Pour cela, rien de plus simple : il suffit de détruire les infrastructures du régime en place. En gros, tout faire péter. Ces infrastructures sont marquées de rouge et sont les mêmes que dans les autres épisodes, vous ne serez donc pas perdus. En revanche, la progression devient très vite répétitive. On progresse toujours de la même manière, les missions se ressemblent toutes et sont toujours à base de « active ces consoles », « détruit ces générateurs », « escorte ces personnes » et « protège cette zone ». Le jeu est généreux en contenu mais, pendant toute votre progression, vous aurez l'impression de toujours faire la même chose. Et même si l'on veut découvrir ce qu'il s'est passé avec le père de Rico, la répétition deviendra très vite fatigante et laissera place à de l'ennui qui ne donnera pas envie de continuer et de découvrir les mystères de Solis. 

Just Cause 4

L'ami du petit déjeuner, l'ami Rico

En plus de l'histoire principale, vous trouverez aussi des quêtes secondaires permettant de débloquer de l'équipement et des améliorations. Vous pourrez ainsi aider une réalisatrice à finir son film en effectuant des cascades et des missions pour elle, ou faire des fouilles pour aider un archéologue à découvrir les secrets de l'histoire de Solis. Malheureusement, ces missions sont elles aussi très répétitives. Les missions de fouille et d'exploration de l'archéologue seront d'ailleurs l'occasion de se rendre compte à quel point le monde ouvert est mort et fait pâle figure face à des productions comme Red Dead Redemtion 2 ou Spider-Man. En fait, c'est quand on parle de gameplay pur que Just Cause 4 s'illustre le mieux. On est toujours dans un TPS sans couverture et sans concentration de la visée, un style très arcade qui rendra les affrontements très dynamiques. Mais le cœur du jeu, c'est bien évidemment le seul, l'unique : le grappin ! Vous pouvez toujours vous accrocher partout, parcourir des distances invraisemblables et l'utiliser au combat, par exemple en faisant tomber des ennemis ou en les attachant entre eux. Le treuil du grappin, apparu dans le troisième épisode, est toujours présent et il est jouissif d'attacher au cours d'un combat un hélicoptère à un baril de pétrole et de voir les deux se rencontrer à grande vitesse. En plus du treuil, Just Cause 4 introduit des propulseurs et des ballons, et ces nouvelles options font leur effet. Très vite, on essaiera de faire s'envoler ou de propulser tout ce qui bouge. Parfois, on essaiera même de tout combiner afin de constater le résultat, parfois très satisfaisant, parfois très surprenant. Just Cause 4 est le seul jeu ou l'on peut tuer un ennemi en lui propulsant une chèvre dessus, et ça mérite le respect. 

Just Cause 4

Pour les déplacements, le wingsuit, le grappin et le parachute sont toujours de la partie et sont toujours très fluides et très agréables à utiliser. Tellement agréables qu'il sera très tentant d'utiliser seulement ces moyens pour vos déplacements et de délaisser la multitude de véhicules disponibles. Des déplacements rapides et des largages sont possibles, mais il est tellement agréable de voler dans la nature tel un oiseau... avant de se faire faucher par un hélicoptère que l'on volera et que l'on fera se crasher sur la base la plus proche. C'est aussi ça, Just Cause.

Just Cause 4

Just Cause the night

Techniquement, Just Cause 4 n'est clairement pas au point. Il tourne sur Apex, le moteur maison d'Avalanche Studios créé spécialement pour les open world. Mais il y a tant à redire. Tout d'abord, le jeu est parfois très laid, que cela soit dans les personnages ou dans les environnements. D'ailleurs, en parlant de ça, Rico paraît différent dans cet épisode, ressemblant étrangement à une version latino de Johnny Cash avec le regard de Drew McIntyre. En dehors de cet aspect esthétique, nous avons déjà parlé du monde ouvert vraiment pas vivant du tout, mais celui-ci apparaît aussi bardé de bugs. Il ne sera ainsi pas rare de voir Rico se figer, passer à travers la map, se bloquer dans des textures, etc... Pour finir, l'aspect sonore est en dents de scie et nous sommes face à un doublage entièrement en français de plutôt bonne facture. Il n'y a pas grand-chose à dire durant les cinématiques ou pendant les briefings de mission, mais celui-ci deviendra par contre très vite irritant en jeu lorsque des personnages à côté de vous ou pendant une escorte ressortiront la même chose en boucle. Et si vous mettez un peu trop longtemps à aller à la prochaine mission principale, vous recevrez un appel vous rappelant le prochain objectif à un rythme régulier, ce qui est vraiment agaçant quand vous avez simplement envie d'explorer... Nous pouvons tout de même saluer la possibilité d'écouter la radio dans ce Just Cause 4, et un large choix pour tous les goûts vous sera proposé. Mais les honneurs reviennent à l'émission Tiago et Santiago, opposant deux animateurs aux personnalités très distinctes, rendant chaque voyage en voiture épique. Et lorsque l'on rajoute à ça d'hilarantes fausses pubs, nous avons un combo gagnant.

Article rédigé par Mystère Mask , le

Le plus gros défaut de Just Cause 4, c'est la réputation de la saga. Nous sommes clairement devant un épisode moins bon que ses prédécesseurs, mais il serait sévère de parler d'épisode de trop, car cet opus a beaucoup à offrir et tente une nouvelle fois de renouveler la formule. Mais sa répétitivité et ses faiblesses techniques, ajoutées à la perte de ce qui faisait le charme de la saga, à savoir son second degré, fait que Just Cause 4 ne sera fun qu'à petite dose. Nous ne sommes pas en face d'un mauvais jeu, juste en face d'un jeu qui aurait pu faire tellement mieux. Et quand on voit ce qu'a proposé la concurrence cette année, on était en droit d'avoir des attentes bien plus élevées pour une telle série.

Points positifs

  • Déplacements fluides
  • Gameplay solide
  • Innovations du grappin
  • Beaucoup de contenu

Points négatifs

  • Techniquement pas au point
  • Répétitif
  • Le second degré a disparu
  • Des bugs partout

A propos de l'auteur

Mystère Mask

Mystère Mask

Inventeur du claquement de porte

Né en 1823 mais immortel grâce à un pacte passé avec Nicolas Cage, ce gus a eu l'idée de génie de faire breveter le claquement de porte, ainsi il empoche des royalties à chaque fois que dans le monde une porte se ferme un peu trop brutalement. C'est pour ça qu'après six titres de champion du monde poids lourd de Mahjong acrobatique il a décidé de se cloîtrer dans son chateau de Bavière dans lequel il peut passer ses journées à jouer à tout ce qu'il trouve et partager son avis... Même si personne n'en veut.

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