Test : Maid of Sker - Xbox One

Maid of Sker - Xbox One

Maid of Sker - Xbox One

Genre : Survival-horror

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Après s’être fait remarquer avec ses FMV modernes tel que The Bunker, Wales Interactive est de retour, mais cette fois-ci avec un survival-horror s’inspirant du folklore gallois. Quand on connait les qualités et les origines du studio, on ne peut que s’attendre à un projet maîtrisé et alléchant sur le papier. Allons-nous donc embarquer dans une nouvelle aventure pleine de suspens et de frissons ? C’est ce que nous allons voir en gardant à l’esprit que, souvent, la réalité est très différente du papier.

Test effectué à partir d'une version PS4

Connaissez-vous Sker House ? Si vous avez répondu oui, vous êtes un expert en légendes et littérature. Ou alors vous êtes un gallois ayant appris le français à la suite d’un échange étudiant et les 6 mois que vous avez passés à Aix-en-Provence pendant vos années fac, parce qu’il n’y avait plus de place à Montréal et que personne de normalement constitué ne souhaite aller à Paris par choix. Dans les deux cas, vous êtes les bienvenus sur ce test. Pour revenir à notre sujet, Sker est une maison très connue au Pays de Galles et située à la sortie de la ville de Porthcawl. Cette maison, qui était à la base une ferme monastique, a par la suite eu plusieurs propriétaires et est devenue connue à cause de deux choses. Tout d’abord, une vieille ballade galloise racontant l’histoire supposément vraie de Elizabeth Williams. La ballade est par la suite devenue une légende et nous ne dévoilerons pas son contenu afin d’éviter tout spoiler. Cette ballade a par la suite inspiré l’écrivain R.D. Blackmore qui, en 1872, a décidé de faire de Sker House le lieu de son roman « The Maid of Sker ». Hé oui, tout se recoupe. Sker House est aussi le lieu d’autres légendes, mais elles ne sont pas liées à notre sujet d’aujourd’hui.
 

Skery movie

Pourquoi vous raconter ça ? Tout simplement pour vous montrer l’impact de cette maison au Pays de Galles et ce qu’elle représente. Nous avons ici un développeur gallois nous faisant un jeu s’inspirant du folklore gallois, on peut donc s’attendre à ce qu’ils aient voulu rendre hommage à ce folklore qu’ils connaissent si bien. C’est un peu comme si Ubisoft nous faisait un jeu sur l’Ankou ou sur la Bête du Gévaudan. Soyons clairs : le respect de la légende est bien présent. Le fait est que Maid of Sker a de grandes qualités, mais a aussi des défauts. Malheureusement, ces défauts nuisent bien souvent à l’expérience de jeu, surtout parce que Wales Interactive a fait le choix du survival horror. 
 
Maid of Sker

Dans Maid of Sker, vous incarnez un personnage devant se rendre à Sker afin de secourir sa bien-aimée, qui a l’air d’être dans une situation délicate. Surtout à la vue du courrier très étrange qu’elle lui a fait parvenir. A peine entré dans la maison, qui est ici un grand hôtel ayant perdu de sa splendeur, notre héros reçoit un coup de téléphone lui expliquant la situation et ce qu’il doit faire. Le but ultime du jeu est en fait de récupérer des cylindres cachés dans l’hôtel. Le problème, c’est qu’il y a des gens, ou plutôt des choses, qui ne veulent pas que vous réussissiez et vous devrez les éviter afin de mener votre quête à bien.

Ce qui frappe en premier dans Maid of Sker, c’est ses décors. On peut voir qu’un soin particulier a été apporté pour recréer une vieille bâtisse lugubre et ses jardins. La lumière est aussi très bien gérée et le tout donne une ambiance très convaincante pour une histoire d’horreur. On pourrait même dire un cadre parfait. Vous savez, ce type de maison où vous souhaitez ne jamais vous retrouver seul à la nuit tombée. Le jeu parvient à créer cette ambiance avec brio. Ainsi, les premières minutes vous donneront des frissons dans le dos... mais, malheureusement, cette sensation s’arrêtera très vite.

Maid of Sker

Silence, ça tue

On pourrait considérer Maid of Sker comme inspiré par Layers of Fear, qui est en fait plus une ballade horrifique qu’un survival horror. Même si ce n’est pas le cas, on peut trouver beaucoup d’éléments en commun. Le jeu lorgne parfois vers la ballade mais, en réalité, des ennemis sont bien présents. On a donc l’impression de jouer à un mélange entre le premier Amnesia et Layers of Fear. Et encore, il est vrai qu'il y a des ennemis, mais ceux-ci ne seront jamais une vraie menace. Les ennemis en question sont les silencieux, ou les ''Quiet Men'' (si vous êtes l’étudiant du début). Il s’agit de ''monstres'' humanoïdes au visage recouvert par un drap. Il est vrai que la description a l’air stupide, mais le design de ces créatures est très réussi (nouveau jeu à jouer en famille : ''mauvaise description, super personnage''. Exemple : un homme avec un tablier, une pyramide sur la tête et l’épée de FF7). Les silencieux sont donc aveugles et ils se baseront sur leur ouïe afin de repérer les intrus. C’est de là que l’originalité dans le gameplay était censée venir. Ces ennemis étant prêts à surgir et à vous attaquer au moindre bruit, vous devez faire attention à vos gestes et retenir votre respiration pour les éviter. Mais ça ne fonctionne pas.  

Maid of Sker

Tout d’abord, il y a des incohérences. Par exemple, vous ne devez faire aucun bruit mais devez sauvegarder avec des phonographes, et vous recevez des coups de téléphone qui font un bruit pas possible, mais vous n’êtes jamais repéré à cause de ça. Ensuite, les quiet men n’arrivent jamais à vous surprendre. Et ce problème vient du fait que Wales Interactive a voulu trop bien faire. A cause de leur pas lourd, il est impossible de ne pas entendre les silencieux arriver. Si vous n’arrivez pas à entendre leurs pas, une musique d’ambiance s’activera à leur approche et s’arrêtera quand ils s’éloigneront. Nous avons donc des ennemis qui ne sont jamais une vraie menace, et ça ne s’arrange pas lorsque vous récupérez votre arme. Encore pire, vous remarquerez très vite que, lorsque vous êtes accroupi, vous allez à la même vitesse mais êtes totalement silencieux… Vraiment dommage, car les silencieux ont un design tellement réussi qu’ils mériteraient bien mieux.

Maid of Sker

SkerBnB

Vous n’aurez donc pas de réel problème pour progresser dans l’histoire. Le concept est très simple : vous suivez un parcours fléché, vous récupérez des documents, résolvez des énigmes qui sont plutôt simples, le tout en évitant les quiet men. En fait, il s’agit ici d’un jeu d’horreur classique, dans la veine de ce qu’Amnesia a mis en place. L’histoire, enfin, n’a rien d’original mais est plaisante à suivre. Elle sera complétée par les phonographes servant à la sauvegarde et les documents trouvés dans l’hôtel. Elle sera même parfois sublimée par la mise en scène et la musique qui, il faut le dire, sont une franche réussite. On pense à la scène du rituel : il est impossible de ne pas penser à un classique instantané en voyant cet événement défiler sous nos yeux. 
Maid of Sker passe vite de projet prometteur à jeu d’horreur basique peinant souvent à faire frissonner. On peut saluer ses multiples qualités, en commençant par son cadre, son ambiance, son design ou encore le folklore gallois, trop peu exploré dans le jeu vidéo. Malheureusement, ces réussites sont désamorcées par les défauts du titre et on aura souvent l’impression d’être dans un train fantôme plus que dans une réelle expérience horrifique. C’est dommage car il suffirait de peu, comme par exemple réduire la vitesse lorsque l’on est accroupi, réduire le son que font les ennemis ou encore désactiver la musique d’ambiance qui annonce leur arrivée, et nous aurions affaire à un grand jeu. Malheureusement, comme pour Sker House, il en est autrement.
06 août 2020 à 10h52

Par

Points positifs

  • L'ambiance
  • La musique
  • Le design
  • Le folklore gallois

Points négatifs

  • Des incohérences
  • Le concept du son pas assez exploité
  • Des imperfections tuant l’épouvante
  • Pas de réelle menace

Gribouillé par...

Mystère Mask

Mystère Mask

Inventeur du claquement de porte

Né en 1823 mais immortel grâce à un pacte passé avec Nicolas Cage, ce gus a eu l'idée de génie de faire breveter le claquement de porte, ainsi il empoche des royalties à chaque fois que dans le monde une porte se ferme un peu trop brutalement. C'est pour ça qu'après six titres de champion du monde poids lourd de Mahjong acrobatique il a décidé de se cloîtrer dans son chateau de Bavière dans lequel il peut passer ses journées à jouer à tout ce qu'il trouve et partager son avis... Même si personne n'en veut.
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