Le pitch de départ est on ne peut plus simple dans Scott Pilgrim EX : les membres des Sex Bob-Omb, le groupe de musique de Scott, ont été kidnappés et il doit affronter tout un tas de terribles ennemis en chemin – robots, démons et végétaliens – pour les retrouver. Il peut heureusement compter sur l'aide d'une poignée de personnages bien connus des fans, à savoir Ramona, Lucas Lee ou encore Roxy Richter, pour s'en sortir. En tout, sept combattants sont jouables et s'accompagnent tous de leurs spécificités, permettant au plus grand monde de trouver un personnage préféré.
Lesbienne de toi
Contrairement aux beat'em up à l'ancienne où il suffisait d'avancer dans des niveaux linéaires pour progresser, Scott Pilgrim EX renferme des quêtes à terminer dans une ville de Toronto interconnectée. Il n'est ainsi pas rare de devoir au préalable battre un boss spécifique pour pouvoir ouvrir un passage et ainsi avancer, par exemple. Une bonne idée pour casser un peu la routine, d'autant plus que chaque zone s'accompagne de petits secrets à dénicher, de personnages avec lesquels discuter ou encore de boutiques où s'acheter du soin ou des accessoires. En contrepartie, cet aspect rend obligatoires les allers-retours, poussant à portioner les parties pour ne pas se lasser. Mais nous y reviendrons plus tard.
Bien sûr, l'aspect principal d'un beat'em up, c'est la bagarre. Et ici, Tributes Games fournit une copie correcte mais loin d'être parfaite. Les combattants sont assez différents les uns des autres et permettent donc des approches variées, même si le fond du gameplay reste le même. Les coups sont relativement nombreux, les combos s'enchaînent rapidement et diverses armes viennent encore enrichir un système au final assez profond (surtout si on compare avec Marvel Cosmic Invasion). Divers accessoires et stats viennent améliorer les personnages et même modifier leurs mouvements spéciaux venant piocher dans les points d'une jauge dédiée (attaque, téléportation, soins, etc).
Manette en main, le tout est très simple à comprendre mais forcément un peu plus long à maîtriser. Résultat, tout le monde peut en profiter, de ceux qui préfèrent s'amuser sans prise de tête aux try harders qui vont probablement tenter de maxer leur personnage préféré pour rouler sur les ennemis. Les affrontements sont nerveux et les adversaires suffisamment diversifiés pour ne pas tomber dans la routine. De petites touches d'humour sont évidemment aussi de la partie, avec notamment des armes absurdes (des navets) et certains clins d’œil pas très subtils à d'autres licences (la carapace verte, par exemple).
Mais comme dit précédemment, tout n'est pas parfait ici, à commencer par la lisibilité. Dès que plusieurs ennemis apparaissent à l'écran, ça devient vite le bazar à cause de tous ces sprites et autres effets visuels. Ce qui est d'autant plus vrai quand on a décidé de s'amuser en coop', et il n'est pas rare de carrément perdre de vue son combattant s'il se retrouve au beau milieu d'un groupe d'ennemis. L'équilibrage mériterait de son côté un petit boulot supplémentaire en ce qui concerne le mode solo, même si heureusement divers modes de difficulté sont présents pour contenter tout le monde.
Le pain fait grossir ??
Concrètement, les ennemis frappent fort, les barres de vie ne sont pas si longues, et il n'est pas rare de se faire un peu injustement enchaîner. À titre d'exemple, nous avons durant un combat été tout d'abord frappé par l'explosion d'une bombe, ce qui nous a étourdi, avant d'être frappé par un mob puis d'être porté et projeté par un troisième mob, avec là encore des dégâts encaissés. Résultat : trois quarts de la barre de vie y sont passés sans que l'on puisse à aucune moment y faire quelque chose, rendant l'expérience franchement frustrante sur le moment. Si l'on rajoute à ça des upgrades droppant un peu aléatoirement et des objets de soin apparaissant très rarement, on se retrouve à devoir dépenser constamment l'argent looté dans du soin alors qu'il pourrait servir à s'offrir des améliorations. Autant dire qu'il vaut mieux jouer en coop' pour compenser.
Le plus gros défaut du titre n'est toutefois pas là, mais bien dans sa structure. Comme dit précédemment, les quartiers sont interconnectés et il faut terminer des missions pour progresser, ce qui demande de constamment faire des allers-retours. Alors, certes, une telle structure peut fonctionner dans un beat'em up. Mais ici, on a surtout l'impression d'assister à du remplissage inutile, le jeu nous demandant constamment de passer et repasser par les mêmes zones parce qu'il faut aller chercher un objet spécifique pour pouvoir progresser. Avec, bien entendu, les mêmes mobs apparaissant toujours aux mêmes endroits.
Visuellement, Scott Pilgrim EX est une jolie petite claque. Le pixel art est soigné, les couleurs chatoyantes et le chara design cartoonesque réussi. C'est un véritable plaisir de progresser dans les niveaux et de découvrir ce que les développeurs ont prévu, la ville se montrant particulièrement diversifiée. On apprécie également le petit sens du détail de la traduction ''française'', qui comprend des expressions typiques du Québec, ce qui fait sens puisque le tout prend place à Toronto, donc au Canada. Nous n'avons pas rencontré de soucis de ralentissements ni de bugs quelconques, mais il y a tout de même de petits temps de chargement entre les tableaux.