En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.
Quand un jeu est estampillé Suda51, on peut être sûrs d'une chose : il ne ressemblera à rien d'autre. Il pourra être bon, il pourra être mauvais, il pourra être moyen, mais dans tous les cas il aura sa personnalité, ce petit côté punk que le créateur se traîne depuis toutes ces années. Et Romeo is a Dead Man n'échappe pas à cette règle immuable.
Test effectué à partir d'une version PS5
Rien que le pitch de départ donne le ton. Le joueur suit les aventures d'un certain Romeo, jeune flic bossant dans une petite ville tranquille étasunienne. Mais sa vie va basculer lorsque 1. il va tomber fou amoureux d'une demoiselle amnésique appelée Juliet et (littéralement) récupérée au bord de la route et 2. une singularité va se déclencher dans son bled, permettant à des monstres de débarquer. L'un d'eux va s'occuper de son cas mais, heureusement, son grand-père va le sauver de la mort en le transformant en une sorte de cyborg. Oh, et ce même grand-père va se mettre à vivre sous la forme d'une broderie au dos de sa veste (?).
Réveille le punk qui est en toi
Mais ce n'est pas encore fini ! Romeo va être embauché par le FBI spatiotemporel (???) dans le but de traquer à travers le temps et l'espace divers criminels. Cerise sur le gâteau, le pire d'entre eux semble être Juliet elle-même. C'est bon, après tout ça, vous pouvez respirer, on a fait le tour du début de l'aventure. Et encore, vous l'avez en version écrite : dans Romeo is a Dead Man, vous l'avez en version vidéo et audio et sous amphét', le jeu bombardant constamment de nouveaux éléments sans vous laisser le temps de bien les emmagasiner. Bref, c'est chaotique, mais pas forcément dans le bon sens.
Car à trop vouloir en faire, en plaçant en plus régulièrement ça et là des références et autres influences pop culture, Romeo is a Dead Man épuise avant même que l'action débute réellement. Et c'est dommage, car une fois monté dans le wagon, le joueur fan des productions les plus déjantées de Suda51 retrouvera ce qui fait leur charme, à savoir une intrigue débile portée par des personnages débiles et formant une petite gourmandise ultra débile permettant de mettre son cerveau sur off pendant plusieurs heures. Bref, exactement comme ce que proposait un No More Heroes avec son loser s'achetant un sabre laser et combattant des assassins pour se taper la meuf de ses rêves. Seulement ici, l'équilibre n'est pas au rendez-vous.
Et d'ailleurs, puisqu'on parle de No More Heroes, impossible de ne pas faire la comparaison une fois la manette en main. Le gameplay est en effet très similaire ici, Romeo devant avancer dans des niveaux plus ou moins vastes, mais globalement en couloir et bien vides, tout en tuant des ennemis et un boss. Il est par défaut équipé d'une épée, mais son arsenal va peu à peu s'étendre pour aussi inclure des armes à feu, l'idée étant de passer d'une arme à l'autre pour enchaîner de manière nerveuse les monstres. Bien sûr, on retrouve les classiques : zones de soin faisant réapparaître les ennemis, barils explosifs, etc.
Mais là encore, l'équilibre n'a pas été trouvé, la faute en premier lieu à des contrôles beaucoup trop rigides et souvent lents à répondre qui nous ramènent des années en arrière. En début de partie, ça va, les ennemis sont peu nombreux et plutôt lents. Mais dès que la difficulté se corse, ça devient bien plus problématique, surtout si l'on a décidé de jouer dans un niveau de difficulté supérieur. Le tout reste qui plus est très basique : avec l'épée on remplit une jauge permettant de lancer une attaque spéciale, et avec l'arme à distance on touche les points faibles. Et c'est à peu près tout ce que le gameplay de base a à offrir, rendant l'aventure vite répétitive. Même les boss, trop basiques, ne relèvent pas le niveau.
Romeo must die (again)
Romeo is a Dead Man propose tout de même un petit à-côté sympathique : les Bâtards. Il s'agit de bestioles à faire pousser dans le hub et à ensuite équiper pour profiter de divers bonus, comme du soin ou des dégâts supplémentaires. Une idée bienvenue et permettant de diversifier un peu le gameplay, même si là encore le projet est inachevé, la faute à leur trop grande vulnérabilité face aux ennemis. Et quand ces derniers sont en grand nombre, autant dire qu'il ne sert à rien de tenter de les utiliser. Les divers mini-jeux et autres puzzles sont aussi globalement décevants. Certains sortent du lot mais d'autres sont beaucoup trop confus, nécessitant d'avancer à tâtons dans l'espoir de trouver par hasard le mode d'emploi.
Malgré tout, la dernière production de Grasshopper a ce petit truc inexplicable qui donne envie de progresser, et ce même si on a régulièrement envie de balancer la manette à travers l'écran. C'est peut-être le côté OVNI de sa narration éclatée, peut-être l'aspect plaisir coupable de son côté gore, peut-être les envolées artistiques ça et là, ou peut-être le fait de ne jamais savoir ce qui viendra par la suite tant Romeo is a Dead Man a constamment des surprises bizarres à sortir de son chapeau. Dans tous les cas, il s'agit clairement de quelque chose que seuls les fans de Suda51 comprendront.
Et pour progresser, il leur faudra aussi serrer les dents face à l'état dans lequel le jeu leur est proposé. Ce n'est pas très beau, certes, mais on a l'habitude avec le studio qui compense avec une direction artistique marquée, que l'on apprécie cette dernière ou non. Mais difficile de justifier les grosses baisses de framerate honteuses qui se font ressentir beaucoup trop souvent durant l'aventure, surtout lorsqu'un peu trop d'ennemis sont présents et que les effets visuels envahissent littéralement l'écran (donc quasiment tout le temps, en fait). L'ambiance sonore est plus réussie, avec des musiques et doublages over-the-top, donc correspondant à l'expérience globale.
Si l'on gratte un peu, beaucoup même, Romeo is a Dead Man peut intéresser les fans des productions de Suda51. On ne sait jamais à quoi s'attendre dans cet OVNI over-the-top qui propose de l'action gore satisfaisante... en tout cas quand elle fonctionne. La plupart du temps toutefois, la progression est trop répétitive, les contrôles rigides, la technique dégueu et les à-côtés moyens. Le pire, c'est que l'on peut sentir le potentiel qui se cache derrière tout ça, mais que le studio n'a pas réussi à concrétiser. Il y a en revanche une chose qu'on ne peut pas lui enlever : il a de la personnalité. Et quand on voit le nombre de jeux sans âmes et se ressemblant tous qui sortent chaque année, ça fait quand même du bien.
Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.