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Test :
Starship Troopers : Ultimate Bug War - Xbox Series
De la chair à canon, de la propagande qui sourit trop fort et une armée d’insectes qui n’a jamais demandé à servir de punching-ball géant, telles sont les thématiques avancées par Starship Troopers : Ultimate Bug War, qui ne nous surprend pas mais tente des choses, et c’est déjà pas mal.
Test effectué à partir d'une version PC
Le premier bon point de Ultimate Bug War, c’est le fait qu’Auroch Digital a visiblement regardé le film de Verhoeven plus d’une fois, et pas juste pour recopier deux costumes, trois noms et une affiche de propagande pour nous immerger dans l’univers du film. Le jeu baigne dans cette esthétique de recrutement martial grotesque, avec son ton volontairement appuyé, ses séquences filmées et ses slogans qui marchent au marteau-piqueur. Ce respect de la licence saute aux yeux dès les premières minutes et il ne passe pas seulement par les clins d’œil les plus faciles, même s’ils sont bien là, mais par une compréhension assez juste du mélange entre violence, second degré et enthousiasme militaire franchement douteux qui a fait la personnalité du film. Ultimate Bug War n’est pas le jeu le plus fin du monde, mais dans le petit cimetière des jeux tirés de Starship Troopers, c’est déjà une qualité non négligeable.
L’autre bonne surprise, c’est le feeling global. La prise en main est agréable, immédiate, et la filiation avec le boomer shooter et assez nette. Il y a dans la manière de courir, de tirer, de ramasser des armes plus lourdes et de nettoyer un angle entier à coups d’explosifs quelque chose d’assez satisfaisant. Le jeu cherche moins à simuler la guerre du futur qu’à retrouver une forme de plaisir primaire, presque physique, où l’on vide l’écran avant qu’il ne vous vide en retour. Le choix des grandes cartes semi-ouvertes aide beaucoup cette première impression. Les niveaux ne se contentent pas d’aligner des couloirs et des arènes et ouvrent un peu le terrain, laissent respirer l’action et permettent de traiter les objectifs dans un ordre relativement souple. Cela donne au jeu un rythme plus mobile qu’un simple rail shooter déguisé.
« Do you want to know more ? »
Le système d’objectifs participe aussi à ce bon démarrage. Ultimate Bug War aime éparpiller les priorités, faire jongler entre défense, nettoyage, activation et destruction, ce qui permet aux premières heures de rester assez vivantes. Il y a même une bonne idée dans la manière dont les massacres nourrissent la montée en puissance. Plus l’hécatombe grossit, plus les largages deviennent intéressants. Cette logique donne un petit sentiment d’élan, presque de montée en régime continue, qui fonctionne très bien sur les premières missions. Et puis il y a l’humour, évidemment. Pas un humour d’écriture brillante, mais une manière de rester légèrement idiot, ce qui est au fond le meilleur compliment qu’on puisse faire à un jeu Starship Troopers. Les interludes, le cadre propagandiste, l’omniprésence de Johnny Rico (oui, le vrai !) et l’insistance sur la gloire citoyenne donnent au tout un côté assez réjouissant.
Même le rythme de campagne a quelque chose d’assez malin. Le jeu ne s’éternise pas inutilement et préfère une aventure concentrée, plus proche d’un gros sprint que d’un tunnel interminable. Cette brièveté peut passer pour une limite, et elle en est une par endroits, mais elle évite aussi à Ultimate Bug War de se perdre dans le remplissage pur. Il y a une forme d’efficacité là-dedans, presque d’honnêteté. Le jeu tente, cadre vite son concept et déroule ses meilleures cartes rapidement. Le problème, c’est qu’une fois l’enthousiasme du départ passé, il devient plus difficile de ne pas voir ce qui manque.
Les insectes reviennent, l’ennui aussi
Car oui, Ultimate Bug War essaie. C’est probablement ce qui le rend plutôt sympathique malgré ses limites. Il y a de l’envie dans sa structure, dans son habillage, dans sa tentative de coller à une licence culte tout en la mariant à un FPS rétro très conscient de lui-même. Mais ce mélange, qui intrigue au début, révèle assez vite une vraie faiblesse de profondeur. Le jeu tourne bien, se joue bien, se regarde bien, mais il n’arrive pas toujours à se transformer en expérience durablement excitante. La répétition finit ainsi par s’installer bien plus tôt qu’on ne l’espérait. Les grandes cartes donnent une illusion de liberté bienvenue, mais elles ne suffisent pas à masquer la parenté assez forte entre beaucoup de séquences. On alterne plusieurs tâches, on nettoie encore, on sécurise encore, on se déplace encore, puis on recommence. Tant que l’on découvre de nouveaux environnements, cela tient sans trop de mal. Une fois l’effet de nouveauté dissipé, l’architecture du jeu apparaît beaucoup plus nue, et avec elle une boucle pas toujours assez forte pour maintenir l’accroche.
Le constat vaut aussi pour l’arsenal. Les armes font le travail mais peinent à construire un sentiment de découverte durable. On trouve une certaine redondance dans les fusils ou, plus largement, un manque de variété marquante dans les outils mis à disposition. On ne parle pas d’un looter-shooter qui manquerait d’objets, bien sûr, ce n’est pas son ambition, mais d’un FPS dont les jouets n’ont pas toujours assez de personnalité pour renouveler l’excitation. La variété ennemie n’aide pas davantage. Les insectes sont nombreux, l’écran sait se remplir comme il faut, mais la diversité de la vermine reste assez limitée sur la durée. C’est gênant parce qu’un jeu pareil dépend énormément de ce que ses monstres obligent à faire. Si l’ennemi varie peu, la réponse du joueur varie peu, et le plaisir mécanique commence alors à tourner en rond. Ultimate Bug War a compris qu’il fallait beaucoup d’insectes. Il n’a pas toujours compris qu’il fallait aussi assez de différences entre eux pour que l’action garde un vrai relief jusqu’au bout.
Starship Troopers : Ultimate Bug War est un jeu qui comprend sa licence et la sert avec un vrai entrain. Le feeling est bon, l’ambiance fonctionne, l’humour militaire grotesque tombe souvent juste et l’ensemble se montre suffisamment solide pour offrir un bon moment. Mais derrière ce respect sincère, la répétition grignote vite le plaisir, les idées originales ne sont pas toujours les plus amusantes à jouer et l’ensemble manque de profondeur pour s’imposer durablement. Une adaptation sérieuse dans ses intentions, plaisante dans l’instant, moins marquante sur la longueur.