Test : Scarlet Nexus - Xbox Series X

Scarlet Nexus - Xbox Series X
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En attendant la sortie de Tales of Arise (on ne va pas se mentir, ça commence à faire long, là), les équipes de chez Bandai Namco nous proposent de quoi combler ce cruel manque. Baptisé Scarlet Nexus, ce titre prend la forme d'un Action-RPG survolté et coloré aux airs d'animés. D'ailleurs, cette franchise propose aussi une version animé (disponible chez nous sur Wakanim), mais c'est une autre histoire. Alors, que vaut cette production ?

Test effectué à partir d'une version PS5

Bienvenue à New Himuka, une mégalopole entre tradition (les temples) et modernité (les néons, les écrans publicitaires omniprésents). Une ville inspirée du Japon, en gros, mais qui baigne dans un univers dystopique inédit, le Brain Punk. Inspiré par le neopunk japonais des années 80 et 90, ce genre repose en fait sur un concept tout bête, à savoir qu'absolument tout ou presque repose sur le cerveau humain. Un cerveau humain aux capacités décuplées, bien entendu. Les humains ont développé des pouvoirs psioniques de toutes sortes et sont connectés à tout et n'importe quoi. Il est par exemple possible de discuter tranquillement d'un cerveau à l'autre, ou encore de vérifier des informations bancaires ou médicales directement dans sa tête. Un système profondément ancré dans les mœurs, comme l'électricité chez nous.

Scarlet needle

Sauf que voilà, tout n'est pas tout rose dans Scarlet Nexus puisque les humains doivent faire face à une terrible menace, à savoir les Autres, des monstres dont le mets préféré est... le cerveau humain. Pour se protéger, la population peut toutefois compter sur les membres d'élite de la BEA, dont le but est justement de traquer ces bestioles loin d'être vegans. C'est là que le joueur entre en scène, en choisissant avant de se lancer dans sa partie l'un des deux nouveaux membres de la BEA : Yuito et Kasane. Deux personnages pour deux destins et deux points de vue différents et, en ce qui concerne un aspect plus terre à terre, la possibilité de refaire le jeu une seconde fois. Comptez une vingtaine d'heures pour un premier run, il y a donc de quoi pas mal s'occuper si on veut voir les deux faces d'un même scénario.

Scarlet Nexus

Le scénario, d'ailleurs, est à la fois un point fort et un point faible de Scarlet Nexus. Le point fort, c'est que l'histoire commence relativement rapidement (bon, comptez quand même environ 4h pour que ça s'emballe), et qu'elle tient en haleine du début à la fin tant elle regorge de rebondissements et autres révélations. Bien entendu, on se trouve ici avec quelque chose d'assez classique, mais le tout est tout de même suffisamment bien écrit pour donner envie d'en voir le bout. Ce qui est aussi vrai pour les personnages : ils sont clichés au possible, mais globalement attachants. Le côté négatif, c'est que la mise en scène est molle, voire même cheap. Si vous voulez voir des cinématiques à foison, passez votre chemin ou allez voir l'animé : ici, il n'y en a pas beaucoup et, en règle générale, l'histoire progresse sur des écrans statiques, faisant très vaguement penser à un visual novel. Autant dire que le fossé est grand par rapport à l'action survoltée durant les phases de combat...

Scarlet Nexus

Scarlet soldier

C'est d'ailleurs durant les affrontements que Scarlet Nexus déballe tout son potentiel et vient vraiment faire kiffer le joueur, pour peu qu'il soit adepte du genre. Sur le papier, les commandes sont relativement basiques, avec des attaques au corps à corps ou à distance, ou encore l'utilisation de pouvoirs. Néanmoins, une fois dans la mêlée, tout ce beau monde vient s'associer de la meilleure des manières afin de donner lieu à des combats nerveux, survoltés et remplis de combos à rallonge particulièrement jouissifs. Un aspect qui repose sur LA bonne idée : les pouvoirs psioniques. En utilisant L2 ou R2 (avec d'ailleurs l'utilisation des gâchettes adaptatives, à savoir que l'on ne rencontre pas de résistance lorsque l'on ne peut pas utiliser le pouvoir), on a ainsi la possibilité de ramasser les objets traînant aux alentours pour les envoyer valdinguer sur les monstres et donc leur infliger des dégâts. L'utilisation de ce pouvoir nécessitant une jauge spéciale se re-remplissant en utilisant les attaques plus classiques (carré et triangle), il faut ainsi alterner entre ces deux systèmes, donnant un petit goût de stratégie aux combats.

Scarlet Nexus

Si les affrontements solos sont déjà très prenants, ils prennent encore une toute autre tournure lorsque le héros / l'héroïne est accompagné(e) par des compagnons, deux au maximum. Car eux aussi disposent de leur pouvoir, que le joueur peut emprunter lorsqu'il le souhaite, même s'il faut là encore faire attention à une jauge spécifique (qui se re-remplit toute seule) : invisibilité, électricité, téléportation, rapidité... Il y a pas mal de choses à faire et à combiner. Par exemple, on peut temporairement paralyser un ennemi en lui jetant un objet rempli d'eau grâce à la psychokinésie, puis activer l'attaque électrique. Les possibilités sont nombreuses et c'est un vrai plaisir d'expérimenter et de développer des tactiques spécifiques, au risque parfois de rendre le tout assez brouillon. Des tactiques particulièrement utiles contre les boss, qui peuvent vite se révéler retors. D'ailleurs, en ce qui concerne la difficulté, il n'y a pas grand-chose à dire, même si le héros perd ses PV relativement vite.

Scarlet Nexus

Next level

Et puisque Scarlet Nexus est aussi un RPG, il dispose d'à peu près toutes les fonctionnalités que l'on retrouve dans ce genre très codifié : l'arbre des compétences, l'équipement (assez limité néanmoins), les liens entre les membres de l'équipe à faire grimper (en discutant ou donnant des cadeaux, sachant que davantage d'opportunités dans les combats se débloquent lorsque l'on passe des paliers avec les uns et les autres), etc. En revanche, et contrairement à un Tales of, ne vous attendez pas à un open world ou à des quêtes annexes. Ici, on passe d'une zone fermée à l'autre en choisissant dans une liste (telle ville, tel donjon et ainsi de suite) et les demandes des PNJ prennent en général la forme de missions du genre ''tuez tant de monstres de telle catégorie en utilisant tel pouvoir''. Dommage, car on aurait bien aimé pouvoir nous balader librement dans ce monde au background très intéressant. On se retrouve donc avec une aventure très guidée aux allures parfois de beat'em up, ce qui pourrait en dérouter certains.

Scarlet Nexus

Si le cel-shading utilisé pour Scarlet Nexus a du mal à l'ancrer dans la next-gen (vu que c'est assez passe-partout), le titre se montre en dehors de ça hyper propre techniquement (nous l'avons testé sur PS5). La fluidité est exemplaire, et ce même lorsque de nombreux monstres et effets s'agglutinent à l'écran, les effets de lumière sont réussis, les environnements sont fouillés et nous n'avons rencontré quasiment aucun souci visuel. Évidemment, on pourrait regretter des temps de chargement nombreux (et un poil longs, même sur PS5), des donjons qui finissent par tous se ressembler et une caméra parfois capricieuse, mais l'aventure reste en dehors de ça un vrai plaisir. D'autant plus qu'elle profite d'une direction artistique très intéressante, notamment via le design des monstres franchement malaisant (ils auraient sans souci leur place dans un Silent Hill), ainsi que d'une bande-son globalement convaincante et de doublages japonais de qualité. Seul regret à ce sujet : les personnages hyper bavards durant les affrontements, même en ce qui concerne l'histoire... sauf qu'il est bien difficile de combattre et lire en même temps !
 
 
 
 
 
 
 
 
Souffrant de quelques petits soucis qui l'empêchent de se placer en tant qu'Action-RPG indispensable pour tous les fans du genre (il est d'ailleurs plus action que RPG), à commencer par la mise en scène cheap et le manque de contenus annexes, Scarlet Nexus reste un titre solide sur bien des points. Très propre techniquement sur PS5, il dispose en plus d'une direction artistique réussie, d'une histoire prenante, de personnages globalement attachants et, surtout, d'un système de combat nerveux et jouissif, faisant la part belle aux combos dévastateurs. Attendez tout de même environ 4 à 5h pour que tout se mette en branle correctement et révèle son plein potentiel. Mais après ça, bienvenue sur l'autoroute du kif !
30 juin 2021 à 16h47

Par

Points positifs

  • Un système de combat particulièrement réussi...
  • ...Et qui s'approfondit encore plus grâce aux liens avec les coéquipiers
  • Une jolie direction artistique (avec un vrai plus pour les monstres)
  • Techniquement très solide (sur PS5 en tout cas)
  • Une histoire classique mais prenante et des personnages clichés mais attachants
  • Deux héros, donc deux points de vue concernant le même scénario

Points négatifs

  • La mise en scène cheap au possible
  • Plus action que RPG
  • La caméra parfois capricieuse
  • Peut se montrer brouillon
  • Comptez quelques heures pour que le titre révèle tout son potentiel

Gribouillé par...

Shauni

Shauni

Celle qu'on ne voit pas

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

Twitter : Shauni_Chan

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