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Test de la Logitech G Superstrike Pro X2
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La G Pro X2 Superstrike, presque conservatrice, reprend une silhouette qui rappelle immédiatement la lignée Pro X Superlight. Coque sobre, gabarit maîtrisé, cinq boutons, profil droitier sans fantaisie inutile. Rien qui ne saute au visage, et c’est précisément le but.
La forme de la souris rassure tout de suite, la bosse arrière tombe bien dans la paume, la finition mate offre ce qu’il faut d’accroche, et l’ensemble respire le produit pensé pour des longues sessions. Palm, claw, fingertip, tout le monde devrait pouvoir s’y retrouver à condition d’aimer les formats esport classiques. Avec environ 61 grammes, la Superstrike reste légère, très légère même, mais conserve juste assez de matière pour éviter cette sensation de coquille creuse que certaines concurrentes ultralégères laissent derrière elles. Le résultat est agréable, surtout dans les FPS où les micro-ajustements comptent autant que les grands balayages. La souris se déplace vite, s’arrête net, mais garde un petit fond de densité bien agréable.
La vraie vedette, c’est ce drôle de système HITS, pour Haptic Inductive Trigger System. En clair, Logitech a décidé d’en finir avec le schéma classique du clic mécanique. Les boutons principaux n’utilisent pas un microswitch traditionnel. À la place, l’activation repose sur une détection inductive, pendant qu’un retour haptique simule la sensation du clic. Dit comme ça, on imagine déjà la catastrophe, un faux clic mou, vaguement vibrant, avec une sensation d’accessoire démonstration de salon. Sauf qu’en pratique, le système semble avoir été bien mieux mis au point que ce que l’idée peut laisser croire. La grande force de cette approche, c’est la personnalisation. Le point d’activation peut être réglé sur dix niveaux, la réinitialisation rapide sur cinq, et l’intensité du retour haptique sur six crans dans G Hub. C’est inhabituel, presque perturbant au début, puis franchement grisant quand on commence à trouver sa zone de confort. Ceux qui aiment les claviers Hall Effect verront tout de suite le parallèle.
Ce réglage permet un vrai gain de nervosité une fois l’activation réduite au minimum, avec cette impression très nette que le tir part au moment même où le cerveau le demande, sans la petite inertie des clics classiques. On constate également une baisse sensible du temps de réaction moyen en poussant le point d’activation au plus haut niveau de sensibilité, avec un ressenti suffisamment tangible pour être perçu en pleine partie. Il faut d’ailleurs insister sur un point. La Superstrike n’est pas une souris qui rend meilleur par miracle. Elle retire une petite couche de friction entre l’intention et l’action. Sur un périphérique destiné à l’esport, retirer quelques millisecondes de flottement et offrir un déclenchement ajustable n’a rien d’anecdotique. Le retour haptique, de son côté, surprend. Il ne copie pas parfaitement un clic mécanique, et il n’essaie pas vraiment de le faire. Il crée plutôt une sensation très nette, presque nette au point d’être immédiatement assimilée par les doigts après un petit temps d’adaptation.
Sans surprise, le reste du produit suit avec sérieux. Le capteur HERO 2 monte à 44 000 DPI, 888 IPS, 88 G, avec un polling rate allant jusqu’à 8 000 Hz en LIGHTSPEED. La souris trace proprement, sans jitter perceptible dans les usages normaux, avec une excellente stabilité sur diverses surfaces. La connexion sans fil inspire la même confiance. LIGHTSPEED fait le travail, PowerPlay 2 reste compatible, et la souris conserve cette philosophie Logitech bien connue, à savoir disparaître une fois la partie commencée. C’est sans doute le plus grand compliment que l’on puisse faire à un périphérique compétitif. La Superstrike, malgré son système de clic très particulier, garde un comportement de souris haut de gamme bien robuste, ce qui rend son innovation encore plus convaincante.
L’autonomie reste très solide, autour de 90 à 95 heures selon les réglages et l’intensité du retour haptique. C’est le genre d’endurance qui permet d’oublier le câble pendant un bon moment, surtout dans un produit dépourvu d’éclairage RGB. Il existe bien un compromis évident, plus le retour haptique travaille fort, plus la batterie descend vite, mais on reste largement dans des valeurs confortables pour un usage compétitif sérieux. Là encore, Logitech a eu l’intelligence d’ajouter une nouveauté gourmande sans sacrifier complètement l’endurance.
Tout n’est pas irréprochable pour autant. Le prix pique, très clairement. À 179,99 euros en Europe, Logitech se place sur le très haut du panier, sans le moindre complexe. La Superstrike assume son statut de périphérique premium, et elle le facture comme tel. Pour beaucoup de joueurs, cela restera difficile à justifier, surtout face à des souris déjà excellentes et parfois bien moins chères. Ce n’est pas rédhibitoire dans l’absolu, mais c’est le premier frein réel pour de nombreux joueurs. Il y a aussi quelques petites réserves plus classiques. L’absence de Bluetooth limite un peu la polyvalence pour un usage bureautique nomade. Le nombre de boutons reste minimaliste, ce qui est très cohérent avec la cible esport mais moins enthousiasmant pour les amateurs de MMO ou de macros à rallonge. On pourra également évoquer les patins d’origine tout juste « corrects », pas honteux mais pas tout à fait au niveau d’excellence qu’on serait en droit d’attendre à ce tarif.
Le logiciel G Hub, lui, s’en tire plutôt bien dans cet exercice. L’interface accueille les réglages HITS sans les noyer sous des sous-menus opaques, et l’ensemble reste suffisamment clair pour encourager les expérimentations. C’est important, parce qu’une innovation de ce type peut vite devenir inutile si sa mise en place relève du parcours administratif.
La Logitech G Pro X2 Superstrike est chère, un peu exclusive, et pas forcément indispensable à tout le monde. Mais elle réussit quelque chose d’assez rare dans le hardware gaming, proposer une nouveauté qui n’a pas seulement l’air moderne, mais qui change réellement la sensation en jeu. Avec sa forme éprouvée, son capteur impeccable, son autonomie solide et surtout son système HITS franchement convaincant, la Superstrike se place comme une souris de choix pour les afficionados de la marque et du jeu compétitif.