Premier changement notable,
Corsair a revu la coque tout en conservant la silhouette asymétrique caractéristique de la gamme. Avec ses 115,5 mm de longueur, environ 68 mm de largeur et 40 mm de hauteur, la
Harpoon V2 Wireless reste courte mais relativement haute. Cette morphologie lui permet de bien remplir la paume avec de petites ou moyennes mains, tout en se montrant particulièrement naturelle en claw grip et en fingertip. Les grandes paluches pourront en revanche rapidement se sentir un peu à l’étroit, surtout avec une prise totalement en palm grip. Le plastique noir mat domine largement et le seul éclairage RGB vraiment visible prend place sur le logo placé à l’arrière. C’est sobre, plutôt passe-partout et suffisamment discret. Les plastiques sont correctement ajustés et les flancs texturés procurent une bonne accroche, particulièrement appréciable lorsque la souris commence à être secouée un peu sérieusement.

Le dessin général reste donc familier, mais Corsair a retravaillé la partie avant. Les boutons principaux sont désormais davantage séparés de la coque, tandis qu’un petit espace apparaît autour de la molette et du bouton de changement de sensibilité. L’ensemble est plus moderne, même si cette évolution fait perdre une partie de l’identité visuelle assez particulière du premier modèle. La prise en main, elle, reste très convaincante, avec une souris bien posée sous les doigts et suffisamment stable pendant les changements de direction rapides. Le bord du clic droit pourra toutefois sembler légèrement agressif selon la position des doigts. La balance s’arrête officiellement à 80 grammes. Nous sommes évidemment très loin des souris compétitives actuelles qui descendent vers les 40 ou 50 grammes, mais parler d’une souris lourde serait tout aussi excessif. La Harpoon V2 Wireless conserve suffisamment d’inertie pour donner une impression de contrôle tout en restant facile à déplacer. Dans cette gamme de prix et avec une batterie intégrée aussi généreuse, le compromis apparaît plutôt bien trouvé.
La glisse est assurée par trois ensembles de patins sous la souris, dont un imposant élément arrière maintenu magnétiquement. Et c’est justement sous celui-ci que se cache le petit récepteur USB utilisé pour la connexion 2,4 GHz. L’idée est toute simple mais particulièrement pratique pour une souris susceptible d’accompagner un ordinateur portable. Le dongle peut être rangé directement dans le châssis et c’est toujours un bon point. L’équipement reste volontairement classique avec six boutons programmables. Les deux commandes latérales tombent naturellement sous le pouce, la molette est suffisamment marquée et un bouton dédié permet de modifier la sensibilité à la volée. Pas de forêt de raccourcis ni de gâchette supplémentaire, mais une disposition immédiatement compréhensible. Les interrupteurs principaux sont annoncés pour 100 millions d’activations, ce qui place la durabilité théorique à un niveau largement suffisant pour un usage intensif.
Sous la coque se trouve surtout l’une des évolutions majeures de cette nouvelle génération. Corsair installe son capteur optique Marksman 26K, capable de grimper jusqu’à 26 000 DPI, avec une vitesse de suivi annoncée à 650 IPS et une accélération maximale de 50 G. Personne n’a évidemment besoin de jouer à 26 000 DPI, mais cette fiche technique témoigne surtout d’un capteur moderne qui dispose d’une belle marge de fonctionnement. À des sensibilités plus raisonnables, le suivi se montre précis et prévisible. La souris accepte sans difficulté les petits ajustements et les mouvements beaucoup plus secs demandés par les FPS. Plusieurs essais en conditions réelles, notamment sur des titres rapides, ont confirmé la stabilité générale du capteur et l’absence de comportement gênant lors des changements brusques de direction.
Le Marksman n’a donc rien d’un argument purement marketing venu gonfler la boîte. C’est probablement même l’un des composants les plus sérieux de la souris. Le polling rate reste cependant limité à 1 000 Hz en USB et en connexion Slipstream 2,4 GHz. C’est amplement suffisant pour la majorité des configurations et des joueurs, mais cela rappelle que la Harpoon V2 Wireless n’est pas destinée à combattre frontalement les modèles 4 000 ou 8 000 Hz devenus courants dans le haut de gamme compétitif. À moins de disposer d’un écran extrêmement rapide et d’être particulièrement sensible aux écarts minuscules de latence, la différence restera modeste.
Les clics eux-mêmes sont francs et agréables, mais pas parfaitement exempts de petits défauts mécaniques. Un léger pré-travel a notamment été constaté sur les boutons principaux. Rien de catastrophique au quotidien, surtout sur un produit de cette catégorie, mais les amateurs de clics extrêmement secs et immédiats pourront le remarquer. La molette fait de son côté le travail sans chercher à multiplier les fonctions, avec un défilement classique et une seule modalité d’utilisation. Côté connectique, trois solutions sont disponibles, avec le Slipstream 2,4 GHz pour jouer, le Bluetooth pour économiser la batterie ou se connecter rapidement à un portable, et l’USB-C lorsqu’il faut recharger ou simplement revenir au bon vieux câble. Le sélecteur situé sous la coque permet de passer facilement d’un usage à l’autre.
Dans les faits, le 2,4 GHz reste naturellement le choix à privilégier pour le jeu, tandis que le Bluetooth fonctionne très bien pour de la bureautique ou un second appareil. L’autonomie représente probablement la meilleure surprise de cette V2 puisqu’on aura mesuré jusqu’à 140 heures en Slipstream avec le RGB coupé et jusqu’à 210 heures en Bluetooth dans les mêmes conditions. Le câble fourni est tressé et suffisamment sérieux pour que le passage en mode filaire ne ressemble pas à une punition lorsque la batterie finit par rendre les armes.
Comme les autres périphériques testés récemment, la configuration passe désormais par
Corsair Web Hub, directement depuis un navigateur. Sensibilité, affectation des six boutons, macros et éclairage sont ainsi accessibles sans devoir installer une grosse application résidente. Pour un périphérique aussi simple, l’approche est plutôt logique et évite de conserver un logiciel actif en permanence simplement pour changer la fonction de deux boutons. La contrepartie vient d’une gestion de la batterie moins détaillée et moins immédiatement lisible qu’avec l’ancien environnement iCUE. Cette transition logicielle n’est d’ailleurs pas totalement terminée. Au lancement, Web Hub constitue la solution principale de configuration et la prise en charge par iCUE est annoncée ultérieurement. Cela n’empêche nullement d’exploiter les fonctions importantes de la souris, mais les utilisateurs déjà équipés de plusieurs périphériques
Corsair pourront préférer retrouver à terme une gestion centralisée de leur matériel.