En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.
Test du Glorious GHS Eternal
Partager
Après avoir largement occupé les bureaux avec ses souris et ses claviers, Glorious vient poser une oreille dans un marché déjà bien encombré. Le GHS Eternal choisit une approche presque désarmante de simplicité, avec un câble, une prise jack et aucune application à installer.
Le GHS Eternal représente la première véritable incursion de Glorious dans le monde des casques gaming. Pour éviter de se perdre dès l’entrée, le constructeur américain a décliné son produit en deux versions. Le modèle Eternal RGB s’équipe d’une connexion USB, d’un arceau suspendu, d’un éclairage personnalisable et d’une compatibilité avec le logiciel Glorious Core. Le modèle testé ici fonctionne exclusivement en analogique et se contente d’une prise jack 3,5 mm, avec un tarif situé autour de 60 euros.
Cette simplicité présente un avantage immédiat. Le casque fonctionne avec pratiquement tout ce qui dispose d’une prise compatible, qu’il s’agisse d’un PC, d’une PlayStation, d’une Xbox, d’une Switch, d’un Steam Deck ou d’un appareil mobile. Il suffit de brancher le câble pour commencer à jouer. Aucun micrologiciel ne réclame une mise à jour et aucun logiciel ne tente de s’installer discrètement dans la barre des tâches. Sur un ordinateur équipé de deux prises séparées pour le son et le microphone, il faudra néanmoins acheter un adaptateur en Y, puisque Glorious ne fournit qu’un connecteur combiné à quatre pôles. Le câble lui-même mesure environ 1,5 mètre et peut être entièrement détaché du casque. Cette conception modulaire constitue un bon point pour la durée de vie du produit, un câble abîmé étant nettement plus simple à remplacer qu’un casque entier. Sa finition donne toutefois une impression moins flatteuse que celle du casque. Le câble paraît assez fin et n’inspire pas la même confiance que les cordons tressés proposés sur certains concurrents.
Le casque adopte justement une allure beaucoup plus discrète que nombre de périphériques estampillés gaming. Les coques restent simples, les logos sont peu visibles et les principaux éléments colorés se cachent à l’intérieur des écouteurs. Le résultat manque peut-être d’identité lorsqu’il est posé sur un bureau mais c’est parfois pour le mieux esthétiquement. Le GHS Eternal existe en noir et en blanc, avec une construction extérieure composée essentiellement de plastique mat. Ce plastique participe grandement à la légèreté de l’ensemble. Avec 255 grammes, microphone compris, le GHS Eternal se situe parmi les casques gaming les moins fatigants de sa catégorie. Le poids se répartit correctement sur le sommet du crâne et la pression exercée autour des oreilles reste suffisamment modérée pour ne pas devenir gênante après plusieurs heures. Les coussinets en mousse à mémoire de forme englobent bien les oreilles, tandis que leur revêtement en tissu limite davantage l’accumulation de chaleur que du similicuir fermé.
Les oreillettes pivotent très librement et permettent au casque de s’adapter à différentes morphologies. Leur réglage manque cependant de fermeté. Une fois le GHS Eternal retiré, les coques donnent parfois l’impression de pendre au bout de leurs articulations. L’arceau peut être allongé progressivement, sans crans permettant de retrouver précisément une position précédente. Cela n’empêche pas le casque de tenir correctement en utilisation normale, mais les mouvements brusques peuvent le faire glisser vers l’arrière.
La construction reste globalement propre. Les articulations ne grincent pas, l’arceau conserve une certaine souplesse et aucun défaut d’assemblage évident ne vient rappeler le positionnement tarifaire du produit. La surface mate marque en revanche assez facilement. Les traces de doigts et les petites rayures deviennent visibles sous certains éclairages, surtout si le casque est régulièrement posé sans précaution. Le revêtement sous l’arceau paraît également moins soigneusement fixé que le reste et peut légèrement sortir de son logement lorsque la structure est fortement écartée.
Les commandes se concentrent sur l’écouteur gauche. Un bouton coupe le microphone et une molette métallique permet d’ajuster le volume. Cette dernière offre une résistance agréable et se manipule facilement sans avoir à retirer le casque. Une pression peut mettre la lecture en pause ou la relancer, voire gérer certains appels et changements de piste, mais le fonctionnement dépend de l’appareil utilisé. Le réglage du volume agit par ailleurs indépendamment du niveau défini dans le système. Il faut donc parfois surveiller deux commandes différentes avant de comprendre pourquoi le casque semble soudainement trop discret.
Pour produire le son, Glorious utilise deux transducteurs de 40 mm légèrement inclinés. La fiche technique annonce une réponse en fréquence allant de 20 Hz à 20 kHz, une impédance de 32 ohms et une sensibilité de 95 dB. Le casque ne demande pas une source particulièrement puissante. Un téléphone, une manette de console ou la sortie audio d’un ordinateur portable suffit à atteindre un niveau sonore confortable, avec encore une réserve convenable pour les utilisateurs appréciant les volumes généreux. La signature sonore ne cherche pas vraiment la neutralité. Le bas du spectre occupe une place importante, particulièrement dans les graves supérieurs. Les explosions, les tirs, les moteurs et les morceaux électroniques profitent ainsi d’une restitution énergique et assez charnue. Dans un jeu d’action, le GHS Eternal donne facilement du poids aux impacts et installe une ambiance plaisante. Les dialogues conservent une bonne intelligibilité et les différentes fréquences restent suffisamment séparées pour que l’ensemble ne se transforme pas en masse informe.
Cette générosité finit tout de même par recouvrir certains détails. Lorsque plusieurs effets sonores se superposent, les médiums peuvent sembler légèrement en retrait et les petits éléments d’ambiance perdent une partie de leur présence. Le rendu reste agréable, mais il privilégie clairement le spectacle à l’analyse. Le GHS Eternal fonctionne donc mieux avec une campagne explosive, un jeu de course ou un titre d’aventure qu’avec une écoute musicale attentive visant à distinguer chaque instrument d’un enregistrement complexe. Les aigus se montrent généralement assez sages à volume modéré. Ils évitent une agressivité permanente et laissent les voix respirer correctement. En poussant fortement la molette, quelques fréquences deviennent néanmoins plus sèches, avec une légère dureté et de petites traces de distorsion sur les sons les plus hauts.
L’absence de logiciel constitue ici une qualité autant qu’une limite. Le casque ne réclame aucune configuration et conserve exactement le même caractère sonore d’un appareil à l’autre. En contrepartie, Glorious ne fournit aucun égaliseur pour calmer les graves ou relever légèrement les médiums. Sur PC, il reste possible d’utiliser une solution tierce. Sur console, il faut généralement accepter le réglage d’origine. Le modèle RGB offre davantage de possibilités dans ce domaine, mais il coûte sensiblement plus cher et abandonne en partie le charme rudimentaire de cette version analogique.
L’isolation passive n’est pas particulièrement convaincante. Les coussinets entourent correctement les oreilles, mais le tissu et la pression modérée laissent entrer une part importante des bruits extérieurs. Une conversation proche, un ventilateur puissant ou un clavier mécanique restent audibles. À volume élevé, les personnes installées à proximité peuvent également profiter d’une partie de la bande-son sans avoir acheté leur billet. Cette faible isolation peut devenir pénalisante dans une pièce animée, mais elle permet aussi de ne pas ignorer totalement ce qui se passe autour du bureau.
Le microphone omnidirectionnel se branche directement sur l’écouteur gauche et peut être retiré lorsqu’il ne sert pas. Sa tige flexible permet de le rapprocher correctement de la bouche. La voix ressort clairement et reste facile à comprendre lors d’une conversation sur Discord, d’un appel professionnel ou d’une session multijoueur. Le résultat manque un peu de richesse et paraît légèrement compressé, mais il accomplit correctement sa mission. Certaines frappes de clavier sont étonnamment bien contenues lorsque le microphone est placé avec soin. Glorious a malheureusement oublié d’ajouter une bonnette. Les respirations, les consonnes explosives et certains bruits de bouche peuvent donc être transmis sans beaucoup de retenue. Une petite protection en mousse aurait coûté peu et amélioré sensiblement le confort des partenaires de jeu.
Glorious signe une entrée sérieuse dans le monde de l’audio gaming. Le GHS Eternal manque de précision dans les scènes chargées, isole peu et aurait mérité une meilleure maîtrise des aigus ainsi qu’une bonnette pour son microphone. Son confort remarquable, sa compatibilité étendue et sa simplicité lui permettent toutefois de compenser largement ces faiblesses. Un casque sans grandes manières, mais qui sait exactement où placer ses efforts.