Test : Professeur Layton vs Phoenix Wright : Ace Attorney

Professeur Layton vs Phoenix Wright : Ace Attorney - 3DS

Genre : Enquêtes encore plus tordues

Date de sortie : 28 mars 2014

Parmi la ribambelle de jeux que l’on a l’habitude de faire chaque année, Layton et Ace Attorney font un peu office d’OVNIs. Une simulation d’avocat et un jeu dont chaque action est une excuse pour nous sortir une énigme ou un casse-tête, ça ne court pas les rues. Sachant que les deux jeux ont pour pilier un scénario béton qui sait nous tenir en haleine du début jusqu’à la fin, ainsi qu’un humour efficace qui décrocherait un sourire à la plus irascible des belles-mères, il est normal que les développeurs se soient penchés sur la question d’un potentiel Cross-Over .

Test effectué à partir d'une version 3DS

 
 
Pour ceux qui ne le savent pas encore, Professeur Layton est une série de 6 titres (deux trilogies, dont une qui n’est pas encore finie, le dernier épisode devant sortir très prochainement au Japon) dont le fond de commerce est l’énigme. Chaque épisode comporte environ 250 énigmes qui s’articulent autour d’une histoire en général très prenante. Ace Attorney, quant à lui, est une simulation d’avocat dans laquelle vous incarnez la défense et devez trouver des contradictions dans les témoignages, à l’aide de preuves, afin de démontrer l’innocence de votre client. Cette série repose également sur une histoire béton. Si vous n’avez fait aucune de ces deux licences, on ne peut que vous conseiller de vous y mettre. Maintenant que vous êtes "aware", on va pouvoir se pencher sur le cross-over tant attendu par les fans. Le premier point est de savoir comment mixer ces deux genres qui n'ont à priori rien à voir !
 

Qui se ressemble s'assemble, qui se ressemble pas ... se ressemble pas

Il y a d’abord un problème au niveau du design, Ace attorney est beaucoup plus « sérieux » que Layton qui fait plus cartoon. La solution employée par Level 5 est de faire tous les personnages principaux à la Ace attorney, et les personnages secondaires à la Layton. Les citadins ainsi que les témoins auront la plupart du temps des traits plus simplistes et comiques que les personnages clefs du scénario.
Deuxième point important, le gameplay. Ici, les développeurs ont tout simplement scindé le jeu en deux. On se retrouve alors avec des phases d’exploration à la Layton et des phases procès à la Ace attorney. Les deux genres sont complémentaires et se mélangent parfaitement. Il est vrai que dans le titre de Capcom il y avait également des phases d’exploration où il nous fallait interroger les gens et récupérer des indices à présenter lors des témoignages. Dans ce cross-over, Layton s’en charge parfaitement pour notre plus grand plaisir. Ainsi, malgré leurs différences apparentes, nos deux héros vont pouvoir s’unir pour résoudre l’énigme du village de Labyrinth City.
 

Il était une fouè, t'sé lo

La première chose que l'on veut savoir, une fois les mains posées sur le jeu, c'est le scénario. Que vaut-il ? Comment Layton, un gentleman londonien et Phoenix Wright, un avocat japonais, vont se retrouver embarqués dans une même histoire où il sera question de magie et de sorcières ?
Tout commence avec la rencontre d'une personne un peu étrange mais très attachante, Mahonne, qui va déclencher l’arrivée de nos héros dans une étrange cité : Labyrinth City. Dans ce monde tout droit tiré d’un livre de conte de fées, magie et chevaliers sont des choses normales, et il va falloir que nos héros apprivoisent les nouvelles règles qui régissent cet univers pour s’en sortir. A la façon d’un Layton, il y aura toute une série d’énigmes « fil rouge » qui se résoudront d’elles-mêmes en avançant dans le scénario. Ce dernier est globalement de bonne facture même si en deçà d’un vrai Layton ou d’un vrai Ace attorney.
 

Un cahier des charges respecté

Un point important que cet épisode respecte est l’humour. Il est omniprésent, il ne se passe pas 5 minutes sans qu’une réflexion de Phoenix Wright ou de Layton nous décroche un sourire. Le jeu est en général bien écrit et l’ambiance de chaque série est respectée. Lors des phases d’exploration on a clairement l’impression de jouer à un Layton. Les accordéons retentissent et l’interface ainsi que le gameplay lui sont identiques. De même, lors des phases de procès on retrouve l’ambiance et l’humour caractéristiques de la série des Ace attorney. Phoenix Wright se fait vanner dans tous les sens, les témoins sont tous plus dérangés les uns que les autres... Pas de doute, là aussi l’esprit est respecté. Pourtant, bien que les éléments caractéristiques de chaque série soient présents, il manque un je-ne-sais-quoi pour sublimer l'ensemble. Tout est là, et pourtant ... on a l'impression de jouer à une copie incomplète de l'original.
 

Anne voudra qui voudra

Les phases de Layton ne possèdent pas réellement de nouveautés de gameplay, les énigmes sont par contre plus simples que dans la série originale ce qui est dommage car le jeu perd en impact, et ces parties ne sont finalement là que pour faire avancer le scénario. Les procès par contre possèdent un bon petit nombre de nouveautés. Tout d’abord, le système de témoins. Dans les épisodes précédents, on en interrogeait un seul à la fois. Dans ce cross-over ce n’est pas moins de 4 témoins que l’on se retrouve parfois à interroger simultanément, et même plus. Tout un système de contradictions entre témoins est mis en place. Il arrive que ça soit eux-mêmes qui se contredisent entre eux et s’insurgent sur une incohérence dans le plaidoyer. Il faudra alors couper la parole au témoin qui parle pour interroger celui qui semble être perplexe.
Un système de magie est également mis en place. Normalement, pour défendre son client on peut présenter une preuve ou un portrait de personne afin de contredire un témoin. Ici, on a aussi en notre possession un livre de magie avec les règles d’utilisation pour chaque sort, comme se trouver à 50 mètres de la victime ou avoir absolument un bâton de sorcier pour l’incanter. Même si ça ne change pas grand chose au processus de contradiction, cela permet de le diversifier.
 

On touille, on touille, on touille

Que dire au final ? C'est assez embêtant car Professeur Layton vs Ace Attorney possède du bon et du moins bon. Au niveau de l'ambiance on est clairement dedans, cela faisait un moment que nous n'avions pas eu de nouveau jeu de l'une de ces deux licences et on replonge dedans avec joie. L'histoire est plaisante même si un peu tirée par les cheveux à certains moments. On a l'impression que les scénaristes ont voulu absolument faire dans le sensationnel en oubliant de rendre le tout parfaitement cohérent. Attention, encore une fois ce n'est pas mauvais mais c'est juste moins bon que l'original. Les énigmes et les procès sont aussi moins "punchy" que les originaux, moins bien écrits et des fois nos deux héros perdent de leur superbe et ne sont qu'une caricature de ce qu'ils devraient réellement être, surtout dans ces passages où ils passent je ne sais combien de temps à s'auto-congratuler, horrible.
Pourtant, ce titre reste un bon jeu pour les joueurs lambda, qui mérite d’être fait, et reste une petite merveille pour les adeptes de ces licences à cause de ses innombrables moments de fan service qui feront vibrer le coeur de tous les aficionados.
 

Article rédigé par Wildchoc , le

Vous êtes un fan inconditionnel des deux licences phares que sont Layton et Ace Attorney ? Alors ce jeu est fait pour vous. Il y aura beaucoup de moments forts qui feront vibrer votre âme de joueur. Vous ne l’êtes pas ? Alors faites plutôt les vrais épisodes de chacune des séries, et si c'est déjà le cas, alors n’hésitez pas à vous procurer cet opus qui reste un très bon jeu et vous fera passer un bon moment.

Points positifs

  • Le scénario
  • Les musiques
  • Le fan service

Points négatifs

  • Des énigmes faibles
  • Une fin interminable (au secours!)
  • Le scénario qui, même bien, aurait dû être mieux ficelé

A propos de l'auteur

Wildchoc

Wildchoc

31 ans | Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

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