Test : Bravely Default

Bravely Default - 3DS

Genre : RPG

Date de sortie : 06 décembre 2013

Genre
RPG
Date de sortie
06 décembre 2013 - France
11 octobre 2012 - Japon
Développé par
Silicon Studio
Edité par
Square Enix
Disponible sur
3DS
Modes de distribution
Boutique

Depuis quelques temps, les jeux vidéo japonais sont au centre de nombreux débats. Les RPG nippons qui ne sont plus aussi prenant qu’auparavant sont aussi concernés. Où est passée cette sensation intense que l’on pouvait ressentir dans nos tripes lorsque nous commencions une partie de Final fantasy VI, Chrono Cross ou Suikoden ? Est-il possible qu’un jour le J-RPG puisse nous faire ressentir cela de nouveau, ou devrons nous nous contenter du rétro gaming pour assouvir notre passion ? Que valent les récentes nouvelles licences créées par un Square Enix à bout de souffle ? Que vaut Bravely Default : Flying Fairy ?

Test effectué à partir d'une version 3DS

 
 
En 2010, nous avons assisté à la présentation de The 4 Heroes of Light, censé être un hommage à la saga des Final Fantasy. Reprenant le système de jobs utilisé dans les épisodes III et V de la saga, ce titre a surtout marqué les esprits par sa difficulté et sa patte graphique originale. Dans son ensemble, ce jeu était excellent et a permis à beaucoup de joueurs de retrouver les sensations old school d’un RPG ardu dans lequel il faut tuer des monstres des heures durant pour espérer vaincre un boss un peu trop puissant.
En 2011, un peu avant le TGS, Square Enix nous présenta Bravely Default avec une démo assez étonnante, utilisant la capacité de réalité augmentée de la 3DS. Durant cette démo, qui repousse les limites d’utilisation de la technologie (nul besoin de garder la carte de réalité augmentée sur l’écran), nous pouvions écouter une jeune fille en détresse, parlant de fin du monde et de sauver les cristaux de toute urgence. Peu de gens ont écouté la malheureuse, les otakus japonais préférant profiter de la nouvelle liberté octroyée par une AR bien maitrisée pour essayer de voir la culotte de la demoiselle, surnommée pour l'occasion Princess Panty.
Mais hormis la culotte, ce qui a marqué les esprits était le style graphique très proche de Final Fantasy : The 4 Heroes of Light, sublimé par des effets pastels donnant l’impression de jouer à une peinture. Quelques mois plus tard, on apprenait l’existence d’un système de jobs et pour beaucoup le doute s’envolait : Il s’agit surement d’une suite, au moins spirituelle.
 

Du bon classique, comme à l'ancienne

Il suffit de prendre la console entre les mains pour confirmer un certain nombre d’emprunts à son prédécesseur, tel que le système de sauvegarde avec le vagabond au chapeau rouge, ou alors le design naïf et enfantin des personnages. Pourquoi passer autant de temps à deviner un quelconque lien de parenté ? Tout simplement parce que Bravely Defaut est excellent et qu’il pourrait marquer le début d’une nouvelle licence salvatrice du J-RPG. Des rumeurs courent d'ailleurs déjà sur la potentialité d’une suite. Maintenant que je vous ai dit que le jeu est excellent, il va me falloir vous le démontrer. Alors on est parti !
Tout commence avec une cinématique d’introduction présentant les différents protagonistes du jeu, suivie par la fameuse vidéo en AR de la princesse Panty. Le monde est en train de mourir tandis que les cristaux qui le protège dépérissent. Un mal ronge ces derniers de l’intérieur. Il va falloir agir pour sauver le monde. Vous incarnez Tiz, qui voit du jour au lendemain son village disparaître dans un trou béant. De fil en aiguille, il va rencontrer la prêtresse des cristaux, Agnès. Afin d’aider cette dernière à sauver le monde et de comprendre pourquoi son village a disparu, il va la suivre dans ce qui sera la plus grande aventure de sa vie. Ils rencontreront par la suite Ringabell, un dragueur amnésique possédant un journal qui prédit l'avenir, et Edea, une blonde extravertie pour qui le monde se divise en deux catégories de gens, les bons et les pas bons.
Un début simple et classique, mais qui va très vite sortir des sentiers battus, non pas par son histoire mais par sa mise en scène intimement liée au système de jeu.
 

Le bon, la brute. le truand, le lapin, l’amazone et le marchand

Il existe une vingtaine de jobs, que je ne détaillerai pas pour éviter de spoiler, obtenus en tuant un boss. Avec autant de classes, on devine que beaucoup de vilains vont croiser notre route. Ce qui est merveilleux, c’est que chaque boss est charismatique et classe. Leur entrée en scène est toujours surprenante, chacun possède une personnalité originale et forte, et le doublage, qui montre une fois de plus le savoir-faire des japonais dans le domaine (espérons que la version anglaise sera tout aussi bonne), les rend encore plus charismatiques. Lorsque l’on croise pour la première fois ces fameux vilains, on croit avoir à faire aux grands méchants du jeu or, 5 minutes plus tard, ils se retrouvent déjà six pieds sous terre, ce qui peut s’avérer choquant. On réalise très vite que l’on va croiser beaucoup d'autres personnages de la même trempe, pour notre plus grand plaisir.
Le deuxième point étonnant de ce jeu est de voir à quel point Bavely Default est réaliste, voire cruel, derrière ses airs de jeu pastel et naïf. La mort est par exemple omniprésente ! Les décès sont à Bravely Default ce que les explosions sont à Expandables 2 ! Le titre peut également se révéler très malsain à certains moments, jurant encore avec ses apparences : on relèvera la présence d’un boss nymphomane qui a des orgasmes en massacrant des enfants, d’une petite fille proférant des atrocités avec une voix candide, j’en passe et des meilleures.
Bravely Default surprend, et c’est une bonne chose. Il n’innove peut-être pas dans son système de jeu ni dans son scénario, mais il apporte un vent de fraîcheur en osant aller aux bouts de ses idées et en proposant un monde mature sous des airs candides.
 

Brave mais pas roux

Nous sommes dans un RPG tour par tour classique, fondé sur l’initiative. Vous choisissez les actions que vos quatre héros vont effectuer, l’ordre dans lequel ils agiront étant défini par la stat de vitesse. Une fois les actions de tous les personnages (ennemis compris) terminées, on commence un nouveau tour. Un J-RPG classique au premier abord, mais en réalité aux rouages beaucoup plus complexes. On débloque rapidement les commandes « Bravely » et « Default », qui vont changer votre approche des combats. La commande Default vous permet de vous mettre en posture défensive pour le tour et de gagner un Brave Point (BP). Aucune action n’est alors possible à part le fait de se défendre. La commande Bravely quant à elle permet de consumer jusqu’à trois BP afin de donner au combattant autant d’actions supplémentaires que de points consumés, en un seul tour. Les personnages débutent les combats avec zéro BP, et il est en fait possible d'utiliser les points pour aller dans le négatif, mais le héros concerné ne pourra alors plus agir jusqu’à ce que les BP reviennent à zéro. Concrètement, si vous utilisez 3 BP en début de combat, vous faisant aller à -3 BP, il vous sera alors impossible d’agir ou même de vous défendre pour les trois tours suivants.
Une bonne utilisation de ce système permet de terminer rapidement les petits combats et confère un aspect plus stratégique aux combats contre les boss. Mais attention à ne pas vous tromper dans son utilisation, car les ennemis aussi peuvent utiliser ce système et ont la capacité de vous démonter en moins de deux. Et je ne parle même pas des boss.
 

Hé ho, hé ho, on rentre du boulot !

Pour vous préparer au combat, il vous faudra choisir pertinemment les jobs des membres qui composent votre équipe. Chaque personnage possède un job principal et peut emprunter la commande, et donc les techniques, d’une autre classe obtenue au préalable. On s’amuse alors à imaginer quelles combinaisons intéressantes on pourrait réaliser. Chaque personnage possède aussi des slots pour des techniques de support passives. Il ne devient alors pas rare de se retrouver à monter en niveaux un métier en particulier dans le seul but d’obtenir une technique qui nous intéresse. Les jobs ont en effet un niveau que vous pouvez augmenter en gagnant des points de job à la fin de chaque combat, en plus des points d’expérience.
Côté diversité, il faut dire qu’on a du tout et du n’importe quoi. Par « tout », je parle des classiques comme mage blanc et mage noir, et pour le « n’importe quoi », ce sera plutôt le chasseur qui se traduit par un costume de lapin géant, ou encore ce job de marchand qui vous permet de soudoyer les ennemis.
Outre les jobs, vous pouvez également personnaliser des techniques secrètes, qui ne peuvent être utilisées qu’en remplissant certaines conditions, comme par exemple accomplir trois coups critiques. Elles se personnalisent grâce à des caractéristiques que vous pouvez gagner en reconstruisant le village de Tiz. Ce qui nous mène à évoquer l’aspect social du titre.
 

Le partage, c'est maintenant

Bravely Default a été pensé social ! Il utilise à merveille la feature du Street Pass. Vous allez devoir reconstruire le village en y assignant des villageois, que vous obtiendrez en croisant des gens. Un Street Pass effectué équivaut à un villageois rejoignant votre petite bande d’esclaves. Il vous devient alors possible de monter le niveau de reconstruction des différentes parties du village. Si par exemple monter la forge au niveau 3 vous demande 6 heures et que vous assignez 2 villageois, cela ne prendra que 3 heures, et ainsi de suite. En reconstruisant votre village, vous obtiendrez l’accès à des magasins d’objets, d’armes et d’armures par le biais du vagabond au chapeau rouge. Comprenez ainsi que si vous êtes mal en point dans un donjon, avoir ces magasins à disposition peut vous éviter un aller-retour inutile à la ville la plus proche, et vous sauver la mise. Les armes et armures de ce magasin sont également parmi les plus puissantes du jeu, bien qu’horriblement chères.
Bravely Default vous permet également, pendant un combat, de sceller dans le pendentif d’Agnès l’une de vos actions réalisée en combat afin de la partager en street-passant. Réciproquement, vous pouvez récupérer les techniques des gens que vous croisez et les utiliser en combats comme s’il s’agissait d’une invocation. Vous pouvez voir la force de l’attaque dans les statistiques du joueur street-passé. Cette fonctionnalité est très agréable mais peut-être à utiliser avec modération, car il devient alors possible de tuer un boss en un coup, et de gâcher par la même occasion la tension d’un combat engageant.
 

Article rédigé par Wildchoc , le

Bravely Default, c'est avant toute chose une atmosphère enivrante qui vous happe pour ne plus vous relâcher. Les graphismes, le design, les musiques (et quelles musiques ! ), tout est magnifiquement orchestré pour vous offrir un cocktail détonnant qui ne vous fera plus quitter votre chambre avant d'arriver au terme de l'aventure. Si l'on ajoute à cela un système de jeu prenant, une histoire mise en scène efficacement et des protagonistes dont le charisme ferait pâlir Chuck Norris, on peut affirmer sans rougir que Bravely Default se classe parmi les meilleurs J-RPG de cette année 2012, et surement le meilleur de la 3DS. Il ne reste plus qu'à prier pour que ce dernier sorte en France un jour, et que la localisation soit à la hauteur pour qu'il ne perde pas de sa saveur.

Points positifs

  • Les boss
  • Les musiques
  • Le design
  • Les jobs
  • Un jeu mature

Points négatifs

  • Seulement 10 niveaux pour le village
  • Un poil trop facile

A propos de l'auteur

Wildchoc

Wildchoc

31 ans | Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

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