Test : Ever Oasis

Ever Oasis - 3DS

Genre : RPG

Date de sortie : 23 juin 2017

Genre
RPG
Date de sortie
23 juin 2017 - France
Développé par
Grezzo
Edité par
Nintendo
Disponible sur
3DS
Modes de distribution
Boutique
Nintendo eShop

Malgré ses six ans bien tassés, la 3DS est encore là, bien portante, proposant toujours des titres inédits, malgré la présence de sa petite sœur la Switch qui risque de pas mal occuper les développeurs dans un futur plus ou moins proche. La preuve avec la sortie d'Ever Oasis, un Action-RPG mignon tout plein développé par le studio Grezzo (qui s'est surtout chargé des portages 3DS de Zelda).

Test effectué à partir d'une version 3DS

Le monde d'Ever Oasis fut un temps tout ce qu'il y a de plus normal : de la végétation luxuriante, des peuplades différentes, bref, un petit paradis. Jusqu'au joueur où le Chaos a débarqué. S'insinuant dans le cœur des gens, il transforme ces derniers en monstres assoiffés de sang et détruit tout sur son passage. Petit à petit, le monde s'est donc transformé en un vaste désert, et les survivants se sont réunis dans des oasis, derniers remparts contre ce Chaos. Mais là encore, le Mal arrive à s'infiltrer et a détruit les oasis les unes après les autres. C'est d'ailleurs dans la dernière d'entre elles que débute l'histoire de notre héros / héroïne (le joueur choisit le sexe, la couleur de la peau et des yeux de son personnage), qui a cette chance rare d'être ''un enfant du grand arbre''. Les quelques membres de cette espèce ont la capacité de forger des pactes avec des génies d'eau afin de créer une oasis. Et alors que notre héros vit une vie paisible dans l'oasis de son grand frère, le Chaos déboule de nulle part et détruit tout. Notre pauvre personnage parvient de justesse à lui échapper, et le destin l'envoie vers le dernier génie d'eau encore en vie, Esna. Ni une ni deux, les deux nouveaux amis forgent un pacte et créent une nouvelle oasis, avec un but clair : mettre un terme aux agissements du Chaos afin que les habitants puissent de nouveau vivre en paix. Et il y a du boulot, même si au fond on oublie bien vite le scénario tant ce dernier est convenu.

Oasis is good

Si Ever Oasis est certes un Action-RPG, le temps de jeu se divise malgré tout en deux phases, toutes deux profondément liées entre elles : le côté RPG et l'aspect ''développement de l'oasis''. De ce côté-là, l'expérience n'est pas vraiment semblable à celle d'un Animal Crossing, par exemple, où le joueur peut faire ce qu'il veut, même feignasser toute la journée, sans qu'il n'y ait de réelles conséquences. Ici, il faut bel et bien bosser afin de faire venir de nouveaux habitants (voire aller les chercher dans le désert, en fonction des rumeurs entendues), les pousser à s'installer et garder leur moral au beau fixe jour après jour, sachant qu'ils n'ont pas tous les mêmes aptitudes, et donc forcément pas les mêmes envies. Par exemple, les Granéens ont la possibilité de créer des boutiques (fruits, livres, flûtes, ballons...) : il s'agit donc d'installer ces magasins et de livrer les matières premières dont ils ont besoin chaque matin, histoire qu'ils ne soient pas à sec. En échange, ils verseront une partie de leurs ventes au joueur afin que ce dernier puisse poser d'autres boutiques. Les Serks, eux, sont des combattants, ils seront donc ravis d'accompagner le chef de l'oasis dans le désert afin de se battre, et ainsi de suite. Tous les deux nouveaux habitants, l'oasis prend un niveau (ce qui joue sur les PV, mais nous en parlerons plus tard) et il lui arrive aussi ponctuellement de s'agrandir, histoire de pouvoir placer toujours plus de magasins. Lorsqu'il devient un peu trop grand, un système de téléportation est alors rajouté, ce qui permet de se rendre immédiatement à un endroit spécifique au lieu de courir dans les allées en espérant être sur le bon chemin.

Ever Oasis

Mais qui dit nouveaux habitants dit aussi beaucoup plus de choses à gérer. Sauf que voilà : dans Ever Oasis, les jours passent relativement vite. Heureusement, tout est fait pour ne pas frustrer le joueur, histoire qu'il ne se sente pas rapidement dépassé. Ainsi, les livraisons deviennent rapidement groupées, il est possible d'envoyer des habitants au potager afin de s'occuper des fruits et légumes ou encore de créer des expéditions en dehors de l'oasis afin que les équipes aillent ramasser des matériaux, que ce soit de la cueillette ou du loot sur des ennemis (en prenant tout de même garde ici à respecter le niveau minimum recommandé). Difficile de maintenir le moral des troupes au beau fixe ? Il existe alors un remède miracle, à savoir les foires. En échange d'une certaine quantité d'Aquagemmes (la monnaie du jeu), l'oasis est en fête pendant une journée entière et un bon paquet de visiteurs (surtout des Manchouettes, seule peuplade ne s'installant jamais dans l'oasis) viennent dépenser leur argent dans les boutiques. Ce qui a pour conséquence deux choses : rembourser l'argent dépensé pour l'organisation (tout en empochant des extras non négligeables), mais surtout avoir le moral à 100% pendant plusieurs jours. Bref, un moyen efficace pour garder le bonheur au maximum et qui, comme les autres éléments évoqués plus hauts, permet de faciliter la vie du joueur, histoire qu'il ne soit pas frustré durant son aventure, cette dernière ne voulant de toute évidence pas briller par un challenge ardu.

Ever Oasis

The floor is Le Chaos

Mais ce bonheur, à quoi sert-il ? A quelque chose d'extrêmement important, à savoir faire grimper de manière significative la barre de vie des aventuriers (une équipe pouvant compter jusqu'à trois personnages) lorsqu'ils sortent de l'oasis. Simple gimmick ? Pas vraiment, car le héros ne possède qu'une poignée de points de vie au début du titre : sachant que les attaques de l'ennemi font de véritable ravages, on comprend rapidement tout l'intérêt de maintenir la jauge de bonheur au maximum. Ou en tout cas le plus haut possible, car si la présence seule des habitants donne déjà des PV, le fait qu'ils soient heureux fait encore plus grimper cette jauge. On peut donc rapidement passer de 20 points de vie à 250, ce qui n'est clairement pas négligeable. Non pas que les combats soient extrêmement difficiles, mais il suffit d'une erreur de timing pour perdre les trois quarts de sa vie. Les affrontements d'Ever Oasis misent en effet avant tout sur l'observation de l'ennemi, histoire de savoir quand il va frapper et quand l'on pourra contre-attaquer. Les commandes sont pour leur part très simples, ce qui permet d'immédiatement se mettre dans le bain : une touche pour locker, une pour effectuer une roulade d'esquive, une pour attaquer normalement, une pour lancer une attaque plus puissante. A cela s'ajoutent des combos très simples (du genre A, A, X) se débloquant au fur et à mesure, histoire de faire un maximum de dégâts, la possibilité de choisir l'arme de son choix (épée, bâton magique, arbalète...) - et même le combattant de son choix - et certains ennemis nécessitant une petite stratégie (faire tomber un adversaire volant, trouver le point faible d'un monstre cuirassé, etc).

Ever Oasis

Bref, du classique efficace et jamais trop difficile histoire de s'adapter même aux plus jeunes (l'I.A. des alliés étant même assez réussie). D'ailleurs, Ever Oasis est extrêmement tolérant avec la défaite : possibilité de ressusciter si toute l'équipe est décimée, ou de simplement attendre qu'un allié revienne à lui s'il est le seul à être mis K.O. Il est même possible de s'enfuir à tout moment d'un combat un peu trop ardu (sauf durant les boss, faut pas abuser), même en plein donjon, grâce à la téléportation. Car oui, il y a aussi des donjons dans le titre de Grezzo, et ils ne sont d'ailleurs pas sans rappeler – toutes proportions gardées – celles d'un Zelda : chaque personnage a un pouvoir qui lui est propre, et les donjons regorgent de mécaniques ne pouvant être activées que par certains d'entre eux. Par exemple, un marteau pour dégager un rocher bloquant le passage, des doubles lames pour déchirer des toiles d'araignée, ou encore une arbalète pour activer des interrupteurs éloignés. Certains pouvoirs sont quant à eux inutiles pour la progression, mais bien pratiques pour récupérer des matériaux rares, comme l'excavation par exemple. Et, là encore, les développeurs ont trouvé une astuce pour faciliter la vie du joueur : lui indiquer dès le départ les pouvoirs utiles (quand un premier point de sauvegarde est activé), histoire qu'il ne fasse pas trop d'allers-retours... Sauf si, évidemment, l'envie lui prend de mettre son exploration sur pause pour aller s'occuper de son petit monde ou de se rendre à son arbre à synthèse afin de créer des armes et armures plus puissantes en échange de matériaux rares.

Ever Oasis

Manchouette alors !

Bref, à ce stade, vous l'aurez sans doute déjà compris : Ever Oasis propose une expérience sympathique, avec un gameplay simple et efficace et pas mal de choses à faire, que ça soit dans l'oasis ou le désert. Une fois lancé, difficile de s'arrêter, l'envie d'en voir toujours plus étant rapidement présente. Et la réalisation n'est pas non plus étrangère au charme dégagé par le titre de Grezzo. Parce que on ne va pas se mentir : difficile de ne pas être conquis au premier coup d’œil tant les personnages pètent tous les records de mignonnitude, avec une mention toute particulière pour les Manchouettes, adorables petites chouettes touristiques débarquant avec leurs lunettes de soleil et leurs appareils photo. Si le désert est certes tristounet, le décalage avec l'oasis et ses couleurs pétantes est flagrant, et c'est un vrai plaisir de voir cette dernière se développer, voir de plus en plus de plantes pousser à chaque fois qu'elle grandit, etc. Alors, oui, les environnements sont assez vides et génériques et le bestiaire relativement maigre, mais ce titre n'en reste pas moins l'un des plus mignons à être sorti sur 3DS. On apprécie également les compositions musicales collant parfaitement avec les décors visités, par exemple des notes orientales dans le désert, même si l'on aurait aimé un peu moins de cris de la part du héros pendant les combats. Côté durée de vie, Ever Oasis fait dans la moyenne : une vingtaine d'heures en se dépêchant, bien plus en prenant son temps pour grimper de niveaux ou s'adonner plus longuement à la recherche de matériaux. Sans compter qu'il est toujours possible d'étendre son oasis une fois le générique de fin passé, certains alliés ne venant rendre visite au héros qu'à ce moment-là...

Article rédigé par Shauni Chan , le

A mi-chemin entre un Animal Crossing pour son côté ''développement de petit village'' et d'un Zelda pour ses combats et ses donjons demandant des pouvoirs spécifiques pour progresser, Ever Oasis réalise un mix savant des deux et est une vraie bonne pioche sur 3DS. Réalisation adorable, gameplay efficace, aventure jamais frustrante grâce à tout un tas d'outils mis à disposition du joueur, il est bien difficile de lâcher la console une fois le titre lancé tant on a envie d'en voir toujours plus. Alors oui, le scénario est extrêmement convenu et on voit arriver les rebondissements à des kilomètres, mais si vous aimez le genre, n'hésitez pas une seule seconde.

Points positifs

  • La mignonnitude level max
  • Aventure jamais frustrante
  • L'envie d'en voir toujours plus
  • Bon mélange des genres (développement de village et action / RPG)
  • Facile à prendre en mains

Points négatifs

  • Scénario et rebondissements assez convenus
  • Environnements assez vides
  • Bestiaire assez peu fourni

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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