Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski : un must have !

Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski : un must have !

Dans Geekérature, par Valet2trefle le 09 mars 2017

Gagner une guerre, c'est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d'orgueil et d'ambition, le coup de grâce infligé à l'ennemi n'est qu'un amuse-gueule. C'est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l'art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c'est au sein de la famille qu'on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c'est plutôt mon rayon...

Un monde créé pour un jeu de rôle

Jean-Philippe Jaworski est né en 1969. Après avoir étudié quelques temps l’archéologie, il a entrepris des études de lettres modernes, qu’il enseigne maintenant dans un lycée de Nancy (il y en a qui ont de la chance...).

En ce qui concerne l'écriture, il a d’abord collaboré avec le magasine Casus Belli pour qui il a créé Tiers Age, un jeu de rôle gratuit qui se passe dans la Terre du Milieu. Il a aussi inventé Te Deum pour un massacre, un autre jeu de rôle historique sur les guerres de religion. Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Et bien tout simplement parce que le monde dans lequel se déroule l’histoire de Gagner la Guerre, les Vieux Royaumes, avait d’abord été créé pour un jeu de rôle.

 Casus Belli
Magazine francophone créé en 1980 traitant du jeu de rôle

On retrouve d'ailleurs les notions d'Histoire qu’apprécie Jaworski dans le livre. En effet, la Cité-état de Ciudalia, qui est au cœur de l'intrigue, évoque l'Italie de la Renaissance. Au fil de la lecture, on se prend rapidement à s'imaginer en train de vagabonder dans ses petites ruelles semblables à celles de Venise ou de Florence à l'époque où la peinture, la musique et la littérature florissante dans les riches palais des puissants. Même le vocabulaire choisi, comme le nom de l’armée, les Phalanges, rappelle l’histoire de l’Italie.

Le Royaume de Ressine, ennemi de Ciudalia pendant la guerre, ressemble beaucoup, lui, à l'Empire Ottoman. De nouveau, le vocabulaire utilisé donne des indices : le chef d’Etat se nomme "le Shah", et la façon de s’habiller des personnages, ainsi que leur mode de vie (existence de harems), rappellent celui des grands seigneurs Turcs. Les régions septentrionales du continent, elles, évoquent l'Europe du Moyen-âge avec ses cités fortifiées et ses maisons à colombages.

Vous l’aurez compris, l’Histoire avec un grand H a visiblement inspiré l’auteur de Gagner la Guerre. Derrière ces apparences très réalistes se cachent cependant des touches d'heroic-fantasy et l'on croisera avec surprise des mages et même des nains et des elfes.

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