Legion : combien êtes-vous dans votre tête ?

Legion :  combien êtes-vous dans votre tête ?

Dans Films et séries, par pattoune le 27 avril 2017

Cela fait maintenant une quinzaine d’années que les super-héros sont omniprésents dans le paysage culturel. Le succès de Spiderman de Sam Raimi, puis du Marvel Cinematic Universe, ont lancé une vague d’adaptations et autres reboots. Que votre préférence aille au cinéma ou aux séries, vous avez de quoi prendre votre dose de justicier masqué (ou pas). Si bien que nous avons parfois l’impression d’avoir tout vu. Et c’est précisément là qu’intervient Legion.


Legion

Legion est l’adaption du comic éponyme, qui suit David Haller, un télépathe schizophrène. Créé par Chris Claremont, Legion est l'un des mutants les plus puissants de l’univers Marvel, chacune de ses personnalités ayant ses propres pouvoirs.

Noah Hawley a fait quelques entorses au matériau de base pour son adaptation. Nous faisons ici la connaissance d’un David totalement inconscient de ses dons, prenant les voix qu’il entend pour une manifestation de sa folie. La série débute alors qu’il répond aux questions d’un agent du gouvernement, suite à un événement dont nous ignorons tout à ce moment là. Il nous raconte alors son parcours, les débuts de sa maladie, sa vie dans l’institut psychiatrique où il est suivi.

Legion

 
La série, à l’image de son pilote, adopte une structure faussement déconstruite, nous replongeant dans les souvenirs de son héros. C’est ce qui la différencie des autres adaptations Marvel et DC Comics. Le plus grand adversaire de David n’est autre que lui-même, et le principal champ de bataille est son esprit. Grâce à une astuce de scénario bien trouvée, il va explorer ses souvenirs avec d’autres mutants pour découvrir comment utiliser et contrôler ses capacités. Cet aspect “exploration mentale” offre une grande liberté esthétique, qui est largement exploitée ici. Que cela soit en terme de cadrage, d’éclairage ou de décor, le show se permet toutes les fantaisies. Cela va jusqu’au format de l’image, passant au cinémascope lors des moments critiques. Le résultat final est à la fois psychédélique, malsain et visuellement ingénieux. Bref, c’est un régal.

Legion

 
Le monde réel dépeint par la série n’est pas en reste. La production a opté pour une direction artistique rétro, bien que l’histoire se déroule à notre époque. Nous apercevons régulièrement des machines faites de brics et de brocs, avec des câbles et des tuyaux apparents et désordonnés. Même les costumes nous ramènent aux années soixante. Ce choix donne parfois un aspect irréel à ces séquences, si bien que le spectateur a parfois des doutes sur la réalité de ce qui se passe à l’écran. Ceci étant dit, une réponse claire et nette finit toujours par arriver, tôt ou tard. 

Legion

Difficile d'en dire plus sans spoiler. Mais sachez que, au final, cette première saison ne vous laissera certainement pas indifférent. Son parti pris esthétique, sa narration déconstruite et ses rebondissements parfois what the fuck perdront certains spectateurs. Mais c’est justement cet aspect là qui rend cette série si addictive. Car, malgré la difficulté que certains auront à suivre le show, il est indéniable que l’histoire est bien menée et qu'elle tient en haleine. D’autant plus que, sans les repères narratifs habituels au format sériel, nous sommes souvent pris au dépourvu. Et ça fait du bien.

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