Test : Jump Ultimate Stars

Jump Ultimate Stars - DS

Genre : Action / Combat

Genre
Action / Combat
Date de sortie
Fin 2006 - Japon
Développé par
Ganbarion
Edité par
Nintendo
Disponible sur
DS
Parfois appelé
Jump Ultimate Stars, Jump Super Stars 2, Naruto, Dragon Ball Z, DBZ, One Piece, Yu Gi Oh!, Yu Gi Oh

Disponible depuis fin 2006 au Japon, les plus passionnés en auront depuis longtemps fait l’acquisition en import. Jump Ultimate Stars, gigantesque fourre-tout qui regroupe les séries indispensables publiées dans le magazine Weekly Shônen Jump, est un jeu qu’il est obligatoire de posséder quand on a une DS. Il ne s’agit pas seulement de mettre ensemble dans une boîte, en tassant bien, tous les personnages de manga qui ont existé : c’est un jeu véritablement bien pensé et réalisé, qui flirte avec la perfection.

 
 
L’otaku fait partie de ces êtres étranges, marginaux, que l’on regarde avec curiosité. Il se déguise pour la Japan Expo, il regarde des anime en VO sous-titrée, il connaît mieux l’Histoire de Konoha que celle de la Finlande. Comme tout passionné, il est très pointilleux quant à la terminologie employée pour parler de son sujet, et se réfère de temps à autres à des articles sur Wikipédia pour éviter tout contresens. Et l’otaku, cet être si intriguant, a un rêve. D’accord, il en a plus d’un (l’un deux, par exemple, concerne une bande de jeunes lycéennes japonaises en uniforme), mais je m’intéresse ici à un rêve en particulier, le Saint Graal du jeu vidéo : l’adaptation vidéoludique ultime. Celle qui procurera autant de plaisir en jouant qu’en lisant les œuvres originales, qui regroupera les univers de tous les mangas de la planète (pour l’otaku la planète Terre n’est composée que du Japon, le reste du monde est comme les océans, froid, sombre, peuplé de créatures affamées), qui lui donnera enfin l’impression que quelqu’un, quelque part, sait qu’il existe et a pensé à lui.
Cet otaku-là est, il faut le reconnaître, un brin névrosé et devrait aller consulter, ou au moins s’ouvrir aux merveilles du monde. Mais, s’il est un peu plus modéré dans sa quête du bonheur sur console portable, il saura sans excès prendre du plaisir avec Jump Ultimate Stars, véritable orgie de combats qui rassemble plus de 300 personnages de ses mangas préférés.

« Ils sont tous là ? — Selon tes ordres. 300. »

Oui, 300, comme dans le film avec des soldats glabres mais barbus. 300 personnages, et même un peu plus, qui se mettent des mandales chacun à sa façon. Le rasengan s’oppose au kameha, Luffy tatanne Light Yagami, Cobra fait un bras de fer avec Ken le survivant, Yugi Muto oppose ses cartes aux fantômes du shaman Asakura Yoh, Ichigo Kurosaki croise le fer avec Kenshin le vagabond… C’est de la folie ! Heureusement qu’ils ne sont pas tous là en même temps. Allez, soyons honnêtes, sur ces 300 tous ne sont pas jouables, une grande partie vient en renfort, soit en apportant un bonus au combattant, soit en faisant une apparition éclair pour lancer une attaque spéciale. Le choix reste tout de même très large et les combinaisons possibles pour constituer votre équipe se compteraient en milliers si un fou prenait le temps de les répertorier.
Car chacun des personnages ne se contente pas d’être un figurant : grâce à un système d’évolution, vous pouvez décider de leur donner une importance plus ou moins grande. Cela se traduit par un système très ingénieux de cases (comme dans une BD ! une manière bien pensée de lier le fond et la forme, comme on dit), réparties sur une page, où vous disposez vos combattants et personnages de soutien. Plus le personnage sera fort, plus il prendra de la place. Vous pouvez de cette manière créer tout un tas d’équipes, en mélangeant les séries ou non, décidant qui sera en soutien, qui sera combattant, et quelle puissance il aura (exemple : San Goku en mode normal ou en mode super guerrier).

On ramasse, au propre comme au figuré

Vient ensuite le temps du combat. Les arènes sont des cases de BD, vous combattez à l’intérieur des pages du magazine. Les décors varient : arène de glace très glissante, bateau pirate, cour de lycée… chacun à sa manière modifiera légèrement vos habitudes de combat, avec des éléments perturbants tels un canon ou des plates-formes mouvantes. Les arènes sont délimitées par des murs (les bords de la page), qu’il faudra détruire avant d’éjecter vos adversaires à la façon d’un Super Smash Bros si vous n’avez pas la patience de les mettre K.O. Parsemés au gré des niveaux, des caisses et des tonneaux contiennent des bonus ou des malus, influant sur le combat en cours, ou permettant l’évolution des personnages par un système de gemmes de différentes couleurs. Il faudra donc penser à ramasser ce que vous trouvez pendant les combats, ce qui, finalement, se fait instinctivement.

Attrapez-les tous !

Pour ce qui est de l’histoire, pas vraiment de scénario, mais un enchaînement de batailles aux objectifs variés dans l’univers de chaque série. Si la plupart du temps le but est de mettre K.O. vos opposants en évitant leurs coups, par moments les développeurs ont eu l’intelligence de recréer des scènes apparaissant dans les mangas : par exemple, réunir les 7 boules de cristal avant Freezer et Vegeta, ou attraper les clochettes de Kakashi comme lors de l’entraînement des premiers temps de Naruto. Pour varier les plaisirs, d’autres missions comme détruire les murs ou frapper vos adversaires avec telle ou telle attaque vous évitent la monotonie d’un jeu qu’on peut craindre répétitif. Sans compter que, s’il est facile de gagner un niveau, vous recommencerez la plupart plusieurs fois pour réussir chaque objectif de mission (il y en a toujours 5 par niveau, parfois une sixième cachée). Une partie de ces objectifs vous permettra de débloquer des personnages et, bien entendu, les plus durs à réaliser délivrent les plus alléchants d’entre eux. Parfois, il sera même indispensable de faire évoluer un personnage pour déverrouiller des niveaux cachés, qui eux-mêmes permettront de débloquer des persos ; fastidieux, mais ça réveille notre côté collectionneur et on en redemande.

Tout va pour le mieux.

Mais alors, quoi, on va bien lui trouver un truc qui cloche à ce jeu ? 300 persos, il doit bien y en avoir qui sont mauvais, ou qui sont de simples copies des autres ? Graphiquement, il est bâclé ? Les attaques sont presque les mêmes pour tout le monde ? Il est, euh… trop long ? Trop dur ? Trop facile ? Bah non, rien de tout ça. À peu près chaque personnage a ses attaques bien à lui, les mêmes que dans les mangas, les graphismes sont irréprochables, l’animation nickel, le niveau de difficulté graduel… Alors, on doit se concentrer sur les détails pour trouver un bémol. Exemple le plus énervant, la sélection de votre équipe au début de chaque combat. Vous garderez comme habitude de jouer toujours avec la même, or le curseur de sélection se replace toujours sur la première de la liste, ce qui fait que toutes les 30 secondes vous appuierez autant de fois que nécessaire sur la flèche du bas pour retrouver la vôtre. Un problème qui, bien sûr, ne se pose que si vous n’avez pas placé votre équipe favorite en première position avant d’avoir fini le jeu. Un autre détail est l’absence de voix : tous les personnages sont muets. En même temps, on peut comprendre que les développeurs n’aient pas fait appel aux 300 doubleurs pour enregistrer 1 à 3 cri de guerre sur chaque personnage. Et le jeu est suffisamment dynamique, et le son (musique et bruitages) suffisamment présent pour qu’on n’y fasse pas attention.

Article rédigé par SiMouth , le

Alors, oui, le Saint Graal est encore ailleurs. On a cru l’avoir trouvé un moment, mais vu de plus près la Lumière Divine a brillé un peu moins. L’otaku névrosé sera déçu, un temps, avant de reprendre sa quête ; mais l’autre l’otaku moyen gardera près de lui ce bijou rare qui, même s’il ne vient pas du Ciel, est l’une des plus grandes œuvres que l’Homme ait jamais créées. Du moins sur console portable. Sur Nintendo DS, en tout cas. Et dans l’univers des adaptations de manga. On regretterait presque que tous les mangas (sauf Pokémon) ne soient pas publiés dans ce magazine.

Points positifs

  • Système d’équipes très intelligent
  • Grande variété de personnages (sans blague !)
  • Qualité graphique indéniable

Points négatifs

  • En import seulement
  • Devoir re-sélectionner son équipe avant chaque combat
  • Pas de voix pour les personnages

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