Test : Disgaea : Hour of Darkness

Disgaea : Hour of Darkness - DS

Genre : Heroïc-fantasy

Date de sortie : 03 mars 2009

Genre
Heroïc-fantasy
Date de sortie
03 mars 2009 - France
Edité par
Nippon Ichi Software
Disponible sur
DS
Parfois appelé
Disgaea
Site officiel
Site officiel

Disgaea est une de ces petites légendes du jeu vidéo qui a su créer autour de lui une communauté de façon tout à fait honnête. À quelques jours de la resortie en France du premier épisode sur DS, faisons un petit tour du jeu pour voir s’il en a sous la jaquette.

La Nintendo DS est un peu le théâtre Bobino des RPG. Le lieu de tous les rendez-vous, the place to be. On trouve de tout : du vieux (Final Fantasy III), du neuf (Children of Mana), du avec stylet (Lost Magic), du Pokémon, du Dragon Quest, certains indispensables et d’autres à fuir comme la peste, ou comme un contrôleur du fisc, selon le siècle dans lequel on vit. Dans le lot, on trouve Disgaea DS, remake du RPG tactique sorti il y a quelques années sur PS2 puis porté sur PSP, sous-titrés respectivement Hour of Darkness et Afternoon of Darkness.

Talkin’ about Prinnies, dood.

Disgaea, c’est une petite légende du genre : premier jeu faisant apparaître les prinnies, sortes de pingouins-bonniches que l’on retrouve dans d’autres productions de Nippon Ichi Software (N1), il affiche un second degré trop rare dans les jeux vidéo. À commencer par le scénario qui prend le contre-pied des principes du genre : au lieu de vous battre pour rétablir la paix dans le monde, faire pousser les fleurs et rendre aux oiseaux l’envie de chanter, vous dirigez un démon totalement à côté de la plaque cherchant à reconquérir le trône de son père défunt et qui ne veut surtout pas entendre parler d’amour ou de gentillesse. Parlant plus qu’il n’agit, le Prince Laharl est un vantard facilement manipulé, ce qui donnera lieu à une série de prétextes ridicules au combat (récupérer des photos compromettantes, faire taire un rival…). L’absurde est le mot d’ordre du scénario : certains boss rejoindront votre équipe malgré vous une fois vaincus, et tant pis si vous n’êtes pas d’accord. Vous vous retrouvez donc à la tête d’une joyeuse équipe de bras cassés qui part casser la tronche à ceux qui passent sur son chemin sans trop se poser de questions.

Building human towers is fun, dood.

Si le côté parodique du scénario apporte de la légèreté à un genre généralement sérieux, les combats ont une dimension stratégique un poil plus approfondie que la moyenne. On y retrouve les éléments habituels (points d’attaque, de défense, et autres, sorts, coups spéciaux), une carte sur laquelle déplacer votre équipe de démons (10 au maximum) et des obstacles qui vous empêchent de passer. En plus de ces bases, vous avez la possibilité de porter vos ennemis ou vos alliés pour les lancer plus loin et atteindre des zones inaccessibles autrement. Comme il est possible d’empiler les personnages les uns sur les autres sans limite, vous pouvez construire une tour d’une dizaine de combattants. Ça sert à rien mais c’est marrant d’essayer, et très pratique quand on veut zapper un niveau de l’Item World (on y vient plus tard). Attention tout de même : lancer un Prinny le fera exploser !Il existe aussi des pyramides et des cases de couleurs (respectivement Geo Symbols et Geo Panels) qui apportent des bonus ou des malus, influant de façon plus ou moins importante sur le déroulement du combat selon les situations. En déplaçant les Geo Symbols sur les Geo Panels, ou en les détruisant, vous modifiez ces effets pour les tourner à votre avantage et gagner un plus gros butin à la fin du combat. Ce système est un chouilla compliqué et donne un aspect casse-tête au jeu assez plaisant, si on a le temps. Je précise « si on a le temps » car, en effet, il n’est pas rare qu’un seul combat dépasse les 20 minutes, surtout quand on débute et qu’on ne possède pas encore tous les mécanismes du jeu ; un côté qui plaira ou déplaira selon les personnes.

That mess will never end, dood.

Concernant la longévité, justement : quand on veut acheter un jeu, la durée de vie entre souvent en compte pour se décider. Eh bien sachez que dans Disgaea, le niveau maximum que vos personnages peuvent atteindre est de… 9999. Rien que ça, ça fait peur. Pour y parvenir il faudra compter des dizaines, voire des centaines d’heures, ce qui garantit que quand vous arrêterez le jeu ce ne sera pas parce qu’il n’y a plus rien à faire mais parce que vous vous serez lassé des milliers de combats qui se ressemblent tous. Ajoutez le fait que, potentiellement, vous pouvez recruter un nombre infini de démons dans votre équipe, et qu’en plus de ça vous pouvez stocker vos niveau et repartir du début avec de meilleurs caractéristiques, il y a de quoi vous donner le vertige.C’est peut-être le moment de vous parler de l’Item World, le monde des objets. Les objets, quels qu’ils soient, renferment des démons, dont certains appelés specialists apportent différentes caractéristiques. Pour faire court, explorer le monde des objets et affronter ses habitants permettra d’améliorer l’objet en question et de déplacer ses specialists vers d’autres équipements pour les améliorer. Encore une fois, certains seront intéressés par le système quand d’autres auraient préféré s’en passer, tant le simple fait de choisir son équipement peut prendre du temps.
Dernier aspect de l’évolution du jeu : la Dark Assembly. Cette assemblée d’illustres démons écoutera vos différentes requêtes : upgrader les magasins pour y trouver de nouveaux objets, faire adopter des lois, etc. Comme ce sont des démons, il faudra leur verser des pots de vin (vos objets) pour les rallier à votre cause, ou les asservir de force si vous êtes assez puissant pour ça. Promis, c’est la dernière fois que je le dis : ça plaira à certains et pas aux autres, les mêmes que dans les cas précédents.

Nintendo DS brings some new stuff, dood.

Il serait inconvenant de finir ce test sans parler de quelques unes des nouveautés apportées par la version DS, pour les fans absolus qui réfléchissent à acheter le jeu dans sa troisième version. En premier lieu, l’écran du haut permet d’ajouter du contenu, comme une carte très pratique pour se repérer lors des combats (malgré l’absence de relief, que vous voyez sur l’écran principal), ou des commentaires de Prinnies lors des phases de narration (ces petits trublions aiment l’art du calembour). En plus de ça, de nouveaux personnages à affronter et à débloquer ont été introduits, quand vous aurez suffisamment avancé dans le jeu. Du côté des mauvaises nouvelles, et c’est assez gênant, les doublages des personnages ont disparu, sauf lors des cinématiques de début et de fin de chapitre. Quelques autres modifications ont été apportées, mais ce serait du spoil de vous les raconter…

Article rédigé par SiMouth , le

En conclusion, si vous avez raté les sorties sur PS2 et PSP de ce jeu, l’avoir sur DS peut se révéler un bon achat à condition d’être déjà initié au genre. L’humour et la durée de vie du jeu sont de très bons atouts, mais sa complexité risque de rebuter les novices. Reste que l’essentiel des promesses sont tenues, le plaisir est au rendez-vous.

Points positifs

  • Incroyablement long
  • Très stratégique
  • Drôle

Points négatifs

  • Les points forts peuvent devenir des points faibles
  • Il faut se forcer pour démarrer et prendre le jeu en main
  • Les voix ont disparu de cette version, excepté en début et fin de chapitre

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