Test : Grand Theft Auto : Chinatown Wars

Grand Theft Auto : Chinatown Wars - DS

Genre : Action / Aventure

Date de sortie : 20 mars 2009

Genre
Action / Aventure
Date de sortie
20 mars 2009 - France
Développé par
Rockstar Games
Edité par
Take Two Interactive
Disponible sur
DS, PSP
Parfois appelé
GTA : Chinatown Wars, GTA, Grand Theft Auto
Site officiel
Site officiel

Le premier GTA conçu pour Nintendo vient de sortir sur DS. Faisant une apparition moins fracassante que GTA IV, ce jeu racoleur sait qu’il s’adresse à un public nouveau, pas forcément conquis d’avance, et sort la grosse artillerie pour séduire de nouveaux adeptes. Alors, grande démonstration ou totale esbroufe ?

 
 
Parmi les acheteurs de ce jeu, il y a ceux qui ont joué à au moins un des épisodes précédents et sont déjà au fait du mécanisme, et ceux qui découvrent totalement, novices du trafic de drogue virtuel. Faisant partie de la seconde catégorie, je parlerai du jeu sans trop le comparer à ses grands frères, ce qui vaut peut-être mieux pour lui.
 

Une affaire de famille

Commençons par exposer, dans les grandes lignes, le principe du jeu : vous dirigez Huang, fils d’un membre important des Triades, débarquant à Liberty City (ville basée sur New York et ses environs) pour obtenir des informations sur la mort de son père. À peine arrivé, un groupe vous tombe dessus et vous laisse pour mort. Vous parvenez à vous échapper et à rejoindre votre famille pour vous retrouver plongé au cœur d’une querelle de succession dans la mafia chinoise. Les différents prétendants au trône, tous barjos à leur façon, vous solliciteront pour des missions censées leur attirer les faveurs de Hsin, le parrain proche de la retraite. En plus d’alimenter ces querelles internes en travaillant pour tout le monde, vous ferez connaissance de façon musclée avec les organisations d’autres origines (russe, coréenne, latino…). La particularité des GTA, c’est que vous êtes libre de faire ces missions quand bon vous chante, profitant de votre temps libre comme il vous plaît. Par exemple, en volant des bagnoles, en agressant des passants ou en dealant de la drogue à ceux qui en ont besoin. Bref, tout un tas de hobbies plus ou moins bien vus par la société.
 

Chez les Triades, on aime le travail bien fait

Ce qui fait l’intérêt d’un GTA, c’est que les développeurs savent apporter des expériences de jeu multiples. À la fois jeu de course quand il faut traverser la ville rapidement pour accomplir une mission, jeu de flingue quand on est confronté à ses rivaux, il a de quoi séduire plusieurs publics ou contenter ceux qui aiment les deux genres. On pourrait croire que, se dispersant dans plusieurs domaines, le jeu ne fait que survoler les codes de chacun, mais non : le résultat, au niveau de la jouabilité du moins, est bien présent. Ajoutez la non-linéarité (on peut choisir quand faire chaque mission, parfois dans quel ordre on les fait), le fait de pouvoir se promener à volonté dans une ville immense et accomplir des missions annexes, le joueur ressent une vraie sensation de liberté, jouant sans contraintes. Pour le cas de Chinatown Wars, les développeurs ont pensé aux multiples façons d’utiliser le stylet : quand beaucoup de jeux en font un gadget, Rockstar en fait un outil indispensable et fréquent. Plusieurs actions se trouvent ainsi implémentées dans le jeu et seraient peu évidentes sans écran tactile, comme dévisser un panneau pour accéder au circuit électrique d’une voiture ou exercer le métier de tatoueur en reproduisant le dessin qui apparaît à l’écran. Et, le stylet étant un accessoire de PDA, vous naviguez dans celui du jeu comme vous le feriez avec un vrai. On ne peut qu’offrir un bon point à un jeu qui axe à ce point son gameplay selon les capacités spécifiques de la DS.

C'est de la bonne came, juste un peu coupée

À propos de capacités, le fourmillement de détails est époustouflant, il faut bien le reconnaître. C’est toute la ville de GTA IV (moins le quartier ouest, Alderney) qui a été redessinée pour être adaptée à la console, et cette fois tous les quartiers sont disponibles dès le début. Environ 800 000 lignes de codes ont été nécessaires à la conception du jeu, ce qui en fait le jeu le plus proche des limites techniques de la DS à ce jour, selon les développeurs. Et quand on voit le résultat, on a peu de mal à les contredire. Certes, ça pixellise un peu (beaucoup, à vrai dire) par moments, et il m’est arrivé aujourd’hui même un freeze qui m’a forcé à éteindre la console pendant que je faisais le taxi, mais l’illusion fonctionne de manière générale. En vue du dessus, pour renouer avec les premiers GTA mais certainement aussi pour réduire les contraintes d’affichage, le jeu propose des rues avec tous les éléments qui les composent : réverbères, poubelles, boîtes aux lettres, cônes oranges, etc. Les bâtiments se distinguent, il y a des terrains vagues, des chantiers, des hôtels… Après un certain temps de jeu, on reconnaît les quartiers sans trop se perdre et on a un petit peu moins besoin du GPS. Alors, on a déjà vu plus joli, moins terne (tout se passe en ville donc les couleurs sont souvent grisâtres), mais on peut se montrer indulgent.

Laisse parler la musique pour toi, ressens les bonnes vibes et oublie tous tes soucis...

Si la qualité visuelle n’est pas au top, qu’en est-il du son ? Rockstar a fait une partie de sa légende sur les musiques de ses jeux vidéo. Dans les GTA, cela se traduit par des stations de radio que l’on peut écouter en voiture. Je ne sais pas ce qu’il en est pour les autres épisodes de GTA, mais dans Chinatown Wars, je les ai trouvées peu nombreuses. Chacune comporte quelques titres, mais on a rapidement fait le tour de la demi-douzaine de stations proposées. Pour la qualité, d’accord, c’est soigné même si ça ne révolutionne pas la musique en général, et ça se laisse écouter sans problème. Mais on m’avait quand même promis mieux, et surtout plus. Ce qui me laisse penser que, malgré une maniabilité remarquable (on peut activer ou désactiver la direction assistée !), des possibilités très poussées et des missions variées, certains détails viennent tacher un peu la toile de maître. N’oublions pas toutefois que nous sommes sur Nintendo DS, et que la qualité du son ne peut pas rivaliser avec celle d’une console de salon. Si on le compare aux produits DS plutôt qu’aux jeux GTA, le son de manière générale (musique voix et bruitages) est travaillé avec précision pour créer une certaine atmosphère.

Article rédigé par SiMouth , le

Que reste-t-il au bout de la course ? GTA Chinatown Wars est un jeu sacrément bon pour qui veut découvrir la série. Ceux qui possèdent déjà un des épisodes précédents, et GTA 4 notamment, ne trouveront pas forcément d’intérêt à ce premier essai chez Nintendo, moins abouti, mais les moins exigeants peuvent se laisser tenter sans regretter leur achat. Les nombreuses actions cachées (cascades, missions, mini-jeux) permettent par moments d’éviter la lassitude en garantissant du contenu en dehors du scénario principal.

Points positifs

  • Très bien pour découvrir la série
  • Utilisation ingénieuse du stylet
  • On sent le travail fourni par les développeurs

Points négatifs

  • Parfois trop imprécis visuellement
  • Musiques moins nombreuses qu'on l'espérait
  • Peut déplaire aux puristes de la série

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