Test : Phoenix Wright : Ace Attorney

Phoenix Wright : Ace Attorney - DS

Genre : Jeu de justicier

Date de sortie : 31 mars 2006

Genre
Jeu de justicier
Date de sortie
31 mars 2006 - France
Développé par
Konami
Edité par
Nobilis
Disponible sur
DS
Parfois appelé
Gyakuten Saiban
Site officiel
Site officiel

Avoir les cheveux en brosse et s'appeller Phoenix n'est pas une chose facile à supporter. Monsieur Wright pourtant le vit bien, crie "objection" à tout bout de champs et résout les énigmes les plus complexes dans cet excellent titre qu'est Phoenix Wright : Ace Attorney.

On ne sait pas si l'idée de sortir un jeu d'avocat de la cour -vous ne vous attendiez pas à une simulation de légume- date d'avant ou après la naissance de Trauma Center, simulation de chirurgien, sur DS également. Dotés de principes équivalents, d'intrigues du même genre et même d'un gameplay approchant, ces deux titres semblent bien avoir été pensé de la même façon. Qu'importe, si Trauma Center était un jeu de qualité, Phoenix Wright l'est tout autant.

Jeune avocat cherche meurtre à traiter

Pour ce qui est de l'arrière-plan du jeu, l'histoire de Phoenix Wright prend place dans un pays où le système judiciaire vient d'être réformé pour simplifier les procédures et renforcer l'efficacité de la justice. Les procès ne durent dès lors que trois jours, jours pendant lesquels avocats de l'accusation et de la défense devront se constituer un dossier solide pour que le verdict correct soit donné. Phoenix Wright est un avocat tout droit sorti de l'université et débarqué fraîchement dans l'institut de sa supérieure, Mia Fey. Son manque d'expérience ne l'empêche pourtant pas de se lancer au bout de quelques minutes de jeu au secours de son meilleur ami accusé de meurtre. Car ici le joueur représente toujours le parti de la défense du client, invariablement innocent malgré les tumultes et rebondissements des affaires, au même titre que l'accusation est toujours diabolisée, son représentant souvent sans-coeur et impitoyable. Loin de chercher une once de réalisme dans sa marchede manoeuvre, Phoenix Wright nous fait plonger dans la peau d'un avocat en herbe qui se découvre son talent au fur et à mesure des chapitres, chacun constituant une affaire d'homicide. Le cheminement de l'histoire touche d'ailleurs directement les protagonistes -Phoenix, ses amis, ses relations- faisant plus qu'immerger le joueur qui s'identifie depuis la première objection à l'avocat coiffé comme un porc-épic. Voici le principal atout du titre : sa qualité de scénarion, rarement lassant, toujours bourré d'humour, de références et d'ironis occultant ainsi les défauts inhérents au jeu.

Porc-epic mode d'emploi

Si le système d'un jeu de shoot reste facilement abordable, celui d'un jeu d'avocat de la défense en diffère largement. Tout se déroule comme un jeu d'aventure en "point & click" à l'aide du stylet. Les animations ne sont que successions d'images au style japanisant, faisant la part belle aux joueurs qui ne jurent que par les graphismes. Attention, la richesse d'expression et d'animations reste tout à fait honorable pour un jeu DS qui ne mise de toute façon pas sur la prouesse technique pour se faire apprécier. Le jeu se divise en deux parties : la constitution du dossier et le procès. Pour se constituer un dossier, l'avocat que nous sommes doit interroger les témoins et suspects, inspecter les scènes de crimes à l'aide de son stylet, nouer des relations avec des inspecteurs de police maladroits et également faire des liens entre les différentes pièces du dossier qui serviront au moment du procès. Cette phase parfois laborieuse a néanmoins l'avantage d'être dynamique et de ne pas solliciter réellement l'intelligence du joueur : tout se fait presque mécaniquement bien qu'il faille parfois réfléchir et y passer un temps considérable ne serait-ce qu'en dialogues. Le procès en lui-même est comme nous nous en doutions la partie la plus attrayante du jeu. Le processus est toujours le même : l'accusation appelle des témoins qui font une déposition jugée inattaquable pour accuser votre client. Et nous de démonter ces témoignages point par point à l'aide du dossier et de beaucoup de jugeotte. Et il en faudra beaucoup de la jugeotte pour sauver notre client (dont on doute de temps en temps de la bonne foi) et, comme ces procès se font "à l'américaine", démasquer les coupables qui se révèlent souvent être un témoin, un personnage proche ou même un avocat de l'accusation... Tout se fait de manière intuitive ici : le témoin fait sa déposition phrase par phrase et deux choix nous sont offerts. D'abord Attaquer sa déclaration, l'obligeant à préciser et peut-être créer un contre-sens dans son témoignage ou faire une obkection en se servant d'une pièce du dossier. Attention, le nombre d'objections fausses est limité à 5, ce qui vous fera réfléchir à deux fois avant de choisir une pièce au hasard dans le dossier -pièces dépassant le nombre de quinze, parfois-.

Phoenix Wrong

On l'aura saisi, le fonctionnement du jeu est d'une simplicité déconcertante, au point qu'on l'oublie parfois et que l'on est entièrement absorbé par ces deux petits écrans. Fort de ses 5 chapitres, il offre largement plus de 15 heures de durée de vie si l'on est un tant soit peu malin, en particulier dans les derniers chapitres où les témoignages sont loin d'être évidents et les preuves contre vos clients solides. On peut pourtant formuler de gros reproches à Phoenix Wright : Ace Attorney qu'on a jusqu'ici érigé au rang de jeu de qualité. Prenant, on remarque pourtant au bout de quatres chapitres que certaines fonctionnalités de la DS ne sont pas exploitées alors que le boîtier-même le stipule. Le quatrième chapitre terminé, un générique suit et l'on croit bien que la fin du jeu est touchée jusqu'à ce que la voix de notre Phoenix retentisse et relance un cinquième chapitre, inédit. Car Phoenix Wright n'est qu'une banale adaptation du jeu GBA, reprenant mot pour mot son grand frère excepté dans le cinquième chapitre, qui lui-seul exploite les fonctionnalités de la DS. Ici seulement le micro sera sollicité ou la possibilité d'examiner les preuves à l'aide du stylet offerte. De plus, le jeu s'avère linéaire au bout de ce cinquième chapitre, la faute à la structure du jeu toujours la même à savoir : premier jour de procès, collecte de preuves, second jour de procès ect... Extrêmement décevant pour un jeu si bien réalisé et bien pensé. Qu'importe, l'humour et l'ironie des dialogues et des intrigues vous feront passer des moments agréables, ce qui n'est pas si courant.

Article rédigé par Razhiel , le

Phoenix Wright s'avère être un autre jeu à posséder absolument si l'on aime un minimum le genre aventure et qu'on n'est pas accros à l'action. L'adaptation GBA gâchant le plaisir de la découverte, il ne reste plus qu'à attendre le second volet "Justice for All" à venir en 2007 pour prendre réellement son pied dans ce jeu.

Points positifs

  • "Objection!"
  • L'humour et l'ironie des dialogues et des situations
  • Le scénario loin d'être cliché
  • Le plaisir de mener à bien un procès
  • Un système impeccable

Points négatifs

  • Linéaire au bout de 3 chapitres
  • Une adaptation des 4 premiers chapitres sur 5 de la GBA

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