Test : Phoenix Wright : Ace Attorney Justice For All

Phoenix Wright : Ace Attorney Justice For All - DS

Genre : Jeu de justicier

Date de sortie : 16 mars 2007

Genre
Jeu de justicier
Date de sortie
16 mars 2007 - France
Développé par
Capcom
Edité par
Capcom
Disponible sur
DS
Parfois appelé
Gyakuten Saiban

Gyakuten Saiban. Ce nom ne vous dit probablement rien. Et pourtant. C’est une série populaire au Japon. Non non, rien d’aussi populaire qu’un sentaï avec Force Rouge, Jaune et Bleu ou tout autre série de Mecha. C’est beaucoup plus particulier. On le trouve sous l’appellation de Phoenix Wright : Ace Attorney. Arf, vous ne maîtrisez pas la langue des bouffeurs de fish’n’chips… Pour faire court, c’est la seule simulation d’avocat sur Nintendo DS à avoir vue le jour. Votre honneur, c’est l’épisode Justice for All que nous allons divulguer. Le numéro 2 quoi.

La DS a vraiment changé la production de jeux vidéo sur console portable. On peut même dire qu’elle a changé le monde. Ainsi, mêmes les plus grosses boîtes s’y sont mises, non pas à cause de l’engouement que la petite boîte à double écran suscite, mais plutôt à cause de la thune qu’elle engendre. Et vive toutes les petites débilités vidéoludiques ! Simulation de cuisine, entraînement cérébral, apprentissage d’une langue morte, tout y passe. Capcom de son côté s’est lancé dans une niche : la simulation d’avocat. Donc si vous kiffez l’Homme de Fer ou qu’il y a une Ally McBeal qui sommeille en chacun de vous, lancez-vous dans l’aventure !

J’appelle à la barre…

Tout commence par un trou. Oui un trou de mémoire. Juste avant une belle plaidoirie afin de défendre un fliquette comme NKB les affectionne tant, notre bel avocat se prend un coup d’extincteur sur la tronche. Du coup, Phoenix – votre nom…- s’attaque au procès comme n’importe quel étudiant que vous êtes avant un exam, c'est-à-dire, complètement à l’arrache. Prétextant donc une machiavélique entreprise d’un BoBo complètement dingo, la première mission nous sert d’apprentissage. Exit les 3 premières années de droit à la Fac, Capcom vous livre un cours express. De toute façon, ils n’ont pas poussé le vice de la localisation jusqu’à adopter le système de droit français, mais seulement dans les textes, ce qui s’avère être un minimum pour ce genre de jeu. Si vous êtes néophytes, abordons une petite explication. Dans toutes bonnes simu d’avocat qui se respecte, le joueur devra passer par plusieurs phases : les faits, l’enquête et le procès. Toutes ces phases sont tankées d’une batterie de texte, lisible sur 3 lignes, qu’il vous faudra faire défiler avec votre petit stylet (ou le bouton A, mais utilisons la DS comme les nouveaux joueurs). Rien de bien affolant dans les faits. C’est comme dans Plus belle la vie, il y a toujours quelqu’un qui meurt – Marseille est une ville dangereuse.

Nous avons un mandat

L’enquête est la première partie intéressante du soft. Vous qui matez les Experts et autre M. Monk allez être aux anges pour mener votre propre enquête. Il vous faudra visiter plusieurs lieux, interroger les personnes liées de près ou de loin à l’affaire, récolter des éléments susceptibles de démanteler les engrenages mystérieux. Ne vous attendez cependant pas à utiliser une lampe bleue pour dévoiler les traces de liquides séminales. Une pièce d’un endroit atterrira sur l’écran tactile de la console, et vous devrez pointer l’endroit à examiner. Par exemple une plante « Plante – elle est là depuis pas mal de temps. Il faudrait peut être que je l’arrose, sinon elle risque de crever ». C’est le genre d’indice qui résoudra votre affaire. Enfin presque. La nouveauté de cet épisode se situe au niveau des Magatama. Non, ce n’est pas une partie du corps. C’est un objet magique, surnaturel qui vous permettra de voir les verrous psychés. Késako ? Quand quelqu’un manifeste un temps soit peu une résistance à lâcher une info, vous ne pouvez pas lui mettre un gun sur la tempe. Vous verrez alors se former des gros cadenas, qu’il faudra faire sauter à coup de persuasion. Et quand ils cèdent, c’est de la grosse info bien dure que vous obtiendrez.

Votre honneur s’il vous plaît

La deuxième phase d’excitation se manifeste quand vous êtes présents dans le box des accusés. Vos méninges vont alors bouillonner pour innocenter votre client. Après un rappel des faits et la présentation de presque toutes les pièces à convictions par l’ordure qui travaillent pour le Ministère de la Justice, vous allez voir défiler les témoins. C’est ici que votre noble art de la défense prendra toute son ampleur. « UN INSTANT » crierez-vous dans le micro pour demander au témoin d’approfondir ses dires, afin de gratter un peu dans toutes les conneries qu’ils vous balanceront. « OBJECTION » dès lors qu’une contradiction apparaîtra dans le cycle du procès. Le héros cogitera un moment, et aussi droit que ses cheveux gras et plaqués sur sa tête, il balancera « PRENDS CA !! ». Point de lancer de marteau dans la face du juge, mais plutôt un « j’te casse avec le détail que tu n’as pas vu ». Cependant, si vous faites une erreur, par exemple montrer la bonne pièce à conviction au bon moment, ou tout simplement si vous vous plantez d’objet, vous perdez un morceau de votre barre de « vie ». La vider sera synonyme de perte du procès et donc du game over, la bête noire des joueurs. Petit conseil, sauvegardez souvent, car si vous échouez, vous vous retapez les dialogues depuis le début. La sauvegarde peut être effectuée quasiment à n’importe quel moment, mais vous remmène illico presto au menu du jeu, sans passer par la case « sauvegarder ET continuer ».

Peu mieux faire

L’enrobage manga du titre est assez peaufiné. Les situations sont souvent cocasses voire idiotes, mais la sauce prend : c’est frais et on se laisse aller aux histoires farfelues. Les persos sont tous très travaillés, sauf peut être le juge qui, à part être complètement teubé ne ressemble à rien. On regrettera le faible d’animation de personnage, car avec 3 ou 4 poses différentes, on se lasse vite. Le scénar est suffisamment bossé pour ne pas s’endormir, quoique vous devez quand même être un poil réceptif. La musique est assez répétitive, tout comme les bip bip insupportables des dialogues, mais peut être mis aux orties en baissant le volume. Dommage car on passe quand même beaucoup de temps sur les enquêtes. La fonction tactile se prête très bien à ce titre puisque il faut jongler entre les différentes interfaces assez souvent. Histoire de pousser à fond le « j’utilise presque toutes les fonctions de la DS » - il n’y a pas de online, mais à quoi bon – vous pourrez crier OBJECTION à la console si le cœur vous en dit. On peut féliciter également le soucis de localisation (en même temps, c’est ultra nécessaire pour vendre) avec des jeux de mots zarb, comme le nom de l’inspecteur Dick Tektiv (hum). Cela donne également quelques choix décalé. Par un exemple, Mlle. Cozésoucis (à vous de trouver le prénom…) parle avec une sorte d’accent paysan. Une personne s’adresse à elle « Votre français est détonnant, où l’avez-vous appris ? » et elle répond « Quoi ? Mais à Marseille bien sûr ! ». Mouhahahaha… enfin non.

Article rédigé par Yohann N. , le

Capcom s’amuse sur un grand boulevard vierge et se gave. La série atteint déjà le 4ème opus au Japon, donc nous ne sommes pas prêt de voir disparaître Phoenix Wright. Original et prenant certes, mais il faudrait revoir la technique. Ok, une réalisation over the top n’est pas obligatoire dans ce type de soft, mais on espère que Capcom révisera sa copie à la hausse pour la suite. La DS a des choses à donner, et pas que du texte. Laissez-vous tentez si le manque d’action ne vous fait pas peur (il faut savoir lire aussi les gars).

Points positifs

  • Original
  • Les verrous psychés
  • La palette de persos
  • Le scénar
  • Sauvegarde n’importe où

Points négatifs

  • Réalisation minimaliste
  • Ambiance sonore répétitive
  • Le peu d’expression des persos
  • La coupe de cheveux du héros

A propos de l'auteur

Yohann N.

Yohann N.

37 ans | Le Professeur en environnement vidéoludique

Le petit Yohann voulait devenir pilote de chasse. Alors lorsqu'il feuillette des magazines dans un kiosque, il zieutte les couvertures en quête d'engin militaires volants. Il tombe alors sur un hélicoptère de combat. Il ouvrit le graal et fut immédiatement absorbé par un monde fait de pixels. Ça, c'était en mars 1992, et il est reparti avec le n°6 de Joypad sous le bras, avec la couv' de Desert Strike. Depuis, il continue d'explorer les diverses facettes du jeux vidéo. Il lui arrive même de chier des pixels.

Contacter

Commentaires