Test : TimeSplitters 3 : Future Perfect

TimeSplitters 3 : Future Perfect - Gamecube

Genre : FPS console

Date de sortie : Mars 2005

Genre
FPS console
Date de sortie
Mars 2005 - France
Développé par
Free Radical Design
Edité par
Electronic Arts
Disponible sur
GBA, Gamecube, PS2, Xbox

Voyager dans le temps, c’est un rêve de gosse. Aller me faire la morale dans le passé façon vieil habitué, ou squatter l’avenir pour connaître les tirages du Loto à l’avance, y’a pas à dire, quel pied ! Seul problème, je n’ai pas de Delorean et ce n’est pas mon maigre revenu de rédacteur qui va m’en payer une… il me faudrait économiser un siècle de salaire pour cela. Qu’à cela ne tienne, j’ai la solution : faire un emprunt et aller en 2105 pour me rembourser avec le pécule de mon Moi futur. Allez, en voiture Simone !

 
 
Incorrigibles. Ils sont incorrigibles. Je parle bien entendu des Time Splitters et du Sergent Cortez. Alors qu’ils pourraient boursicoter sans peine et vivre de leur rente en sirotant un Diabolo fraise sur une plage Corse, grâce à leur faculté à voyager dans le temps, ils s’évertuent à respectivement pervertir et à sauver notre espèce nihiliste et matérialiste. C’est d’un banal ! Prenez Cortez, par exemple. Avec son look de Riddick (starring Vin Diesel, le nouveau poète d’Hollywood) croisé avec le Dr X, et ses airs de gros bourrin à la vanne grasse et facile, on le verrait davantage sur le tournage d’un film porno Hongrois que dans Time Splitters 3 : Future Perfect. Hélas, mille fois hélas, EA nous pond encore un excellent FPS, et Cortez ne sera pas le héros de la première simulation de film porno sur console.
 

Time Splitters l’intégriste

Après un premier épisode mitigé, sorti à l’aube de la vie d’une PS2 sur-aliasée, et un second opus bien plus convaincant, les équipes de Free Radical Design nous proposent une troisième itération de leur série de FPS Time Splitters, disponible dès à présent sur PS2, Xbox et GameCube. Une séquence d’action, quelques vannes pourries lâchées ça et là, des graphismes cartoonesques et quelques minutes pad en main suffisent pour s’apercevoir que le soft marche invariablement sur les pas de TS 2, mais encore plus lourdement, comme pour y laisser des empreintes plus profondes. C’est dit : Future Perfect est une suite on ne peut plus basique, mais dans son penchant intégriste. L’humour vaseux propre à la série est encore plus envahissant, le gameplay toujours plus arcade et intuitif (bourrin ?), et le mode multijoueur prend ici une place prédominante. Le titre de Free Radical prêche à convertir, et c’est tant mieux : à l’ère du FPS tout puissant, Time Splitters fait office de marginal assumé. Une bonne bouffée d'air frais.
 

Plus c’est dur, plus ça dure

Et Dieu que ce Time Splitters 3 est simple pourtant ! Le jeu propose trois niveaux de difficulté -facile, normal, difficile-, mais qui ne constituent en aucun cas un challenge pour gamer aguerri : en mode facile, il n’y a aucun objectif secondaire à remplir, et les missions s’enchaînent aussi vite que les points de passages sont nombreux. Aucun problème de munition, et il est possible de fusiller cinq ennemis dans un couloir sans prendre une seule balle dans le buffet, juste en martelant la gâchette de tir comme un goret. En mode normal, comptez bien le double de durée de vie, soit 7 heures en moyenne : on meurt bien plus régulièrement, et les objectifs sont un poil plus nombreux. Rien d’insurmontable toutefois et toujours aussi court, ou presque. En mode difficile, ça commence à être intéressant car plus retors, même si vos efforts auront vite raison du mode Histoire en une petite dizaine d’heures, tout de même. On en déduirait presque que le jeu donne sa préférence à la qualité au détriment de la quantité : 13 niveaux, c’est peu, mais Free Radical Design s’est assuré que la progression se fasse sans lassitude. Voyage dans le temps oblige, les niveaux auront le mérite d’être variés, postichant parfois des grands classiques du cinéma : sur un train, un manoir hanté, une île médiévale, etc… Ca shoote à tout va, et le joueur n’a guère le temps de souffler, si ce n’est durant les quelques secondes de temps de chargement qui séparent les niveaux. C’est un parti pris discutable, mais au moins on ne s’ennuie pas et c’est déjà ça. Néanmoins, entre affirmer que le mode histoire est bien trop bref et critiquer la durée de vie du soft, il n’y a qu’un pas qu’il faut se garder de franchir : les développeurs ont longuement planché sur les modes subsidiaires, comme le multijoueur, toujours aussi excellent et jouissif, qui permet à 4 joueurs de se fritter sur un écran splitté. Durée de vie : illimitée. On ne s’attardera pas sur le nombre hallucinant de maps à débloquer, des innombrables personnages au look à coucher dehors (je pèse mes mots), et des différents modes de jeux, qui placent cette nouvelle mouture de Time Splitters un cran significatif au dessus de son aîné. Un très bon point.
 

« La route ? Là où on va, il n’y a pas besoin de route… »

S’il ne devait y avoir qu’un point sur lequel les développeurs ont manifestement bûché, ce serait du côté de la mise en scène de ce Time Splitters 3. L’apparition de cut-scenes avant et pendant les niveaux introduit une ambiance décalée, voire explicitement parodique (Vin Diesel en Cortez, Harry les bons tuyaux –un cousin du Huggy de Starsky et Hutch ?- en Austin Powers totalement frappadingue, etc…) ma foi fort appréciable. Les doublages en français ne sont certes pas exempts de tous griefs, mais la manie de surjouer qu’ont les doubleurs semble relever autant de l’incompétence que de l’exercice de style, ce qui en deviendrait presque pardonnable. On notera également cette envie des développeurs de Free Radical d’ajouter un peu de profondeur au concept éculé du voyage dans le temps, en faisant parfois apparaître deux Cortez via un paradoxe temporel… mais dans la mesure où ces rares passages sont purement contextuels et donc fatalement dénués d’intérêt –ou presque-, on reste un peu sur notre faim. Bien tenté tout de même. Dans le même ordre d’idées, la caméra se place en vue à la troisième personne lorsque (par exemple) Cortez grimpe une échelle, ce qui corrobore cette volonté manifeste de hacher la progression pour ne pas lasser les joueurs.

Le gameplay du soft reste quant à lui un modèle d’accessibilité, malgré quelques rigidités structurelles inhérentes au paddle console : les deux sticks permettent de se mouvoir et/ou de viser, et les gâchettes assurent les tirs. Gameplay arcade oblige, il ne vous faudra guère plus de quelques secondes pour maîtriser votre personnage à la perfection. A noter l’ajout d’un poignet magnétique qui peut attirer des objets ou activer des mécanismes -un peu comme le Gravity-gun de Half-Life²- et dont l’utilité est franchement discutable. Pas de révolution, donc, à moins de considérer que la possibilité de conduire un véhicule soit une innovation majeure. Même constat pour les graphismes, qui se contentent ici d’un léger lifting, peu ou pas perceptible selon la version (PS2, GameCube ou Xbox). Mais ça apporte au style si particulier de la série en matière de character design, qui se détourne du photoréalisme pour rechercher un mix entre le cartoon et le film à gros budget. Résultat probant, si l’on en croit les animations des ennemis, totalement réussies, notamment lorsqu’ils tombent sous vos balles (imaginez-vous en train de surjouer une scène d’agonie façon blockbuster-pop corn Hollywoodien, vous ne devriez pas être loin). Puisqu’on parle d’animation, on notera quelques petits ratés au niveau du frame rate lors de quelques gros gunfights, avec explosion de bidons d’essence ou incendie au lance-flammes. Un problème technique qui n’existe paradoxalement pas dans le mode multijoueur de Future Perfect, remarquablement bien optimisé pour l’occasion.

Comment conclure sur ce Time Splitters 3, demie-suite dopée aux modes de jeux, qui multiplie savamment les armes –qui vont de la batte de baseball au lance missile, en passant par le colt et le lance-flammes-, les cartes, les subtilités de jeu pour contre-peser ses faiblesses pourtant évidentes ? A vrai dire, il est assez difficile de trancher. Le FPS de Free Radical Design triche un peu avec le joueur, le gavant tellement de ses richesses qu’il en devient impossible, ou presque, de se plaindre de lui. Un mode solo déficient compensé par un mode multijoueur mégalomane et un gameplay archi-basique sauvé par une mise en scène tape-à-l’œil, voilà comment faire illusion avec brio. Ajoutez à cela un éditeur de map assez complet quoiqu’un peu abscon, et 150 défis contre la console, dont certains vraiment corsés, et vous comprendrez qu’il devient difficile de chipoter. Critiquer Time Splitters 3 reviendrait alors à s’attaquer à la série elle-même, tant ce dernier opus compile ce qui se fait de mieux dans la trilogie de Free Radical Design. Et ça, il n’en est pas question.
 

Article rédigé par Superhero , le

Un épisode aux ficelles trop prévisibles, mais pourtant irrésistiblement accrocheur. Pour les possesseurs du déjà très bon Time Splitters 2, je ne saurais trop leur conseiller de se tourner vers le marché de l’occasion pour ce Future Perfect. Quant aux autres, ce troisième épisode de la série reste un excellent investissement, même s’il est vrai qu’après un mois de mars chargé en hits, le titre de Free Radical aura du mal à se rendre indispensable auprès des joueurs (N.B. : ceux qui n'ont pas l'intention de jouer à plusieurs au jeu peuvent même retirer un point d'Intérêt à la note finale).

Points positifs

  • Réalisation plutôt jolie
  • Mode multijoueur titanesque
  • Mise en scène soignée
  • Niveaux variés

Points négatifs

  • Mode Histoire bien trop court
  • Quelques ralentissements
  • Une IA lacunaire et scriptée
  • Time Splitters 2.5 ?
  • Lassant si l'on joue seul

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