Heavy Rain, un pas en avant

Heavy Rain, un pas en avant

Par JoKeR
Posté le 20 Février 2010 à 20:50:50
PS3
Heavy Rain, un pas en avant
Mardi dernier, Sony organisait une soirée suffisamment intéressante pour être évoquée. Je ne m'attarde généralement pas sur les événements et les soirées presse/blogueurs/fans parce que je pars du principe que c'est souvent la même chose. Vous venez, vous mangez, vous repartez avec des goodies et parfois le jeu. Si la soirée se situe longtemps avant la sortie du jeu, on peut éventuellement faire un aperçu du soft, mais rien de bien intéressant à soulever à propos d'un event de lancement en général. Mais celui de Heavy Rain m'a sincèrement fait penser que ce jour là, le monde du jeu faisait un pas en avant. Pas forcément grand chose, peut-être un petit pas, mais les choses ont avancé devant moi. Je m'explique.

Rendez-vous était pris au cinéma Gaumont des Champs Elysées, avec tenue de cocktail souhaitée. En arrivant devant, un tapis rouge est dressé et des tas curieux se sont agglutinés à la barrière pour espérer voir passer une tête connue. La plupart ne savent même pas ce qu'ils font là, mais ils attendent dans le froid pour le plaisir. Désagréable sensation que de passer sur le tapis rouge avec des caméras et des flashs, arrêtez de me prendre en photo bande de nazes je ne fais pas vendre. Prenez plutôt Virginie Efira qui se pointe derrière moi ou Jacqui Ainsley, l'actrice qui incarne l'héroïne du jeu, là vous pourrez faire une couverture glamour. Petit détail, je fais partie des 20 premiers "journalistes" à arriver, j'aurai accès à la salle de projection VIP. Sympa.

La suite est plutôt classique, petits fours, champagne, quelques visages qui "disent quelque chose mais quoi?"...Ah tiens, Mathieu Kassovitz ! Qu'est-ce qu'il fait là ? Puis, on nous sépare. Toute la presse et les "petites stars" s'engouffrent dans la grande salle de projection, tandis que quelques élus pénètrent dans la salle VIP. Je m'assois sans le réaliser à côté de l'agent du FBI du jeu, Leon Ockenden. Quelle curiosité de voir en "vrai" les personnages d'un jeu. Je ne sais pas si il a remarqué que je le comparais souvent à son personnage pendant la séance pour chercher des différences. Puis la séance se termine ( nous furent diffusées les 55 premières minutes du jeu à la manière d'un film hollywoodien), et la scène accueille quelques invités pour un débat ayant pour sujet "jusqu'où iriez vous par amour", thématique abordée maintes et maintes fois dans Heavy Rain. On appelle alors quelques personnes, David Cage bien sûr, Mathieu Kassovitz et surtout un de ces visages qui me disaient quelque chose un peu plus tôt : Terry Gilliam. Les Monthy Pythons, Brazil, Las Vegas Parano... Terry Gilliam. Damned! Une légende du cinéma, que fait-il au milieu d'une soirée de lancement pour un jeu-vidéo ? Il s'avère que celui-ci, ainsi que Kassovitz, ont tous deux terminé le jeu et ont partagé leur expérience. Et c'est à ce moment que je réalise à quel point le jeu vidéo est en train d'acquérir ses titres de noblesse. On nage parmi les faits-divers racoleurs à coup de "il tue sa famille parce qu'il avait joué à GTA", on nous bassine de reportages racoleurs "alcool, cannabis et jeux-vidéo, la jeunesse va mourir", et pourtant les jeux-vidéo gagnent en maturité.

Voir Gilliam et Kassovitz déclarer qu'ils n'ont pas du tout vécu la même expérience de jeu que ce qui a été diffusé, les voir avouer que le travail abattu pour réaliser Heavy Rain est absolument hallucinant de leur point de vue, c'est un spectacle que je n'aurais pas cru voir un jour. A titre comparatif, le scénario d'un film tient sur 120 pages et nécessite au minimum 2 ans à écrire correctement. David Cage a écrit le sien sur 2000 pages. Un travail titanesque qui a eu moins eu le mérite de bluffer les réalisateurs. Finalement, je suis même resté discuter un moment avec Cage pour savoir s'il réalisait à quel point il était surréaliste de réunir de telles personnes pour le lancement d'un jeu. Nomad Soul était un chef d'oeuvre, et si Quantic Dreams ne sort en moyenne un jeu que tous les 5 ans, c'est parce qu'ils ont pour vocation de faire vivre une expérience inédite. Je n'ai pas encore joué à Heavy Rain et les avis le concernant sont plutôt partagés, mais ce n'est pas sur la qualité du jeu que je voulais porter votre attention. Simplement sur le fait que les jeux vidéo évoluent, et pas simplement d'un bête point de vue technologique. Oui, il y a des détecteurs de mouvements, des caméras, des motion controler et d'autres démonstrations de force numérique, mais il y a aussi ceux qui donnent leurs titres de noblesse à la matière, qui cherchent à faire évoluer de manière plus profonde et intègre. David Cage est véritablement passionné par son métier, et si les avis divergent sur le résultat final, il aura de toutes façons fait monter d'un cran le niveau général, tirant un peu plus la tendance des jeux-vidéo à toucher à l'art plutôt qu'à la dépravation de la jeunesse.
10 commentaires
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elf
Dimanche 21 Février 2010, à 06h36
Peut-on vraiment parler de "faire monter d'un cran le niveau général (des jeux vidéo)" alors qu'Heavy Rain n'est, ni strictement original, ni en accord avec ce que les "Gamers" aiment appeler "Jeu Vidéo". C'est une expérience dite "Casual" par excellence dont les "Gamers" de tous bords (qui adhérent au genre) n'osent pas définir ainsi de peur de se contredirent et de descendre d'un cran en crédibilité...
Monter d'un cran au niveau marketing. Rien que le tapis rouge, le cadre, et tout ça, fait flipper !! D'accord, c'est classe, mais est-ce vraiment la place d'un jeu vidéo ? Si encore, il s'agissait d'une expérience communautaire dont on pouvait tirer parti en la partageant dans un salle obscure. Mais ici, c'est un jeu solitaire, dont le retour d'expérience aurait aussi bien pu se faire dans une cafette ou dans une bat-cave...

Beau plan marketing en tout cas !!!
Dimanche 21 Février 2010, à 12h13
Ce n'est pas tant sur le cadre que sur les personnes réunies que j'insiste, n'insulte pas mon intelligence. Je ne parle pas du plan marketing, loin de là. Le lancement de Dead Space s'est effectué exactement au même endroit, dans les mêmes conditions, tapis rouge blabla, et je n'en ai pas parlé parce qu'il ne changeait foncièrement rien au shmilblick.
Et en fait, dans la mesure où il n'existe pas de jeu comme Heavy Rain sur le marché, avec autant d'histoires parallèles pouvant se dérouler, autant de possibilités de choix mais surtout la possibilité de les assumer pleinement au fur et à mesure de l'aventure, je peux te l'affirmer : Heavy Rain est strictement original, la preuve en est que tu n'arrives même pas à le définir. Il est casual ? So what ? Ca ne veut rien dire, il s'adresse juste à un public plus large et tant mieux. C'est dégradant d'être casual et de ne pas s'adresser aux hardcore gamers en premier lieu? La Wii n'est pas une console alors ? Si j'ai bien trouvé un seul avantage à la Wii et tous ses ustensiles, c'est bien parce qu'elle faisait jouer ma grand mère autant que ma petite nièce. C'est pas du jeu vidéo pour autant ? Je crois que si, et qu'on sort justement de plus en plus de ces carcans débiles qui définissent le terme aussi étroitement pour s'adresser à tout le monde.
D'ailleurs, j'aimerais bien connaître ta définition, ou alors celle d'un "gamer" d'un jeu-vidéo. Truc qui se joue à deux ? Expérience communautaire de quoi ? Je ne comprends vraiment pas, mais alors pas du tout le moindre de tes arguments. Accessoirement, je fais Heavy Rain avec ma copine, parce qu'il se suit comme un film et que c'est une expérience intéressante à partager, mais quand bien même je le ferais seul dans le noir, je ne vois pas très bien en quoi ça lui retire quoi que ce soit. Et je considère qu'un jeu qui propose une expérience et une aventure différente à toutes sortes de gens, c'est effectivement une superbe performance.
Et oui, c'est la place d'un jeu vidéo le tapis rouge et le cadre. Parce qu'il gagne ses titres de noblesse au fur et à mesure et pourra ainsi se nommer un jour le 10e art. Si le cinéma a droit à ça, le jeu vidéo aussi. Je veux un festival de Cannes des jeux-vidéo, des grandes stars du jeu invités dans des prime-time... Plus sérieusement, je vois pas en quoi le jeu ne pourrait pas prétendre aux mêmes égards que le cinéma, tout simplement.
Partager l'expérience de jeu d'un mec comme Gilliam, qui touche aussi bien à la réalisation qu'au graphisme, touche à tout et artiste dans l'âme, je trouve ça nouveau. Ce n'est pas vraiment le genre de mec que tu croises à ce genre d'événement, et pourtant il avait l'air d'un gosse pour nous raconter son tout nouveau vécu de gamer. Je maintiens, David Cage a pris des risques, c'est un vrai passionné et il a été explorer de nouvelles expériences. C'est bien dommage que de n'avoir vu que la communication autour du jeu sans pour autant réaliser à quoi il accédait ce soir là.
Dimanche 21 Février 2010, à 12h36
Et fais des strips.
elf
Dimanche 21 Février 2010, à 13h15
Je crois juste qu'on ne parle pas des mêmes choses... Ou pas avec les mêmes affects. Comprends ce que tu veux comprendre. Me concernant, je t'ai lu, le plus sincèrement possible, avec toujours la mauvaise habitude d'essayer de comprendre, et mes remarques me sont venues tout naturellement... N'en déplaise à ton intelligence si aisément écorchée.

1. "il n'existe pas de jeu comme Heavy Rain sur le marché" Farenheit avait les mêmes ambitions et une mécanique de jeu confondante... Fable, bien que différent au premier abord, faisait aussi parti de cette tripotée de jeux à travers lesquels leurs développeurs (tous aussi talentueux d'ailleurs) tentaient de rendre le joueur responsable de sa quête par ses actions et/ou ses choix...

2. "Heavy Rain est strictement original, la preuve en est que tu n'arrives même pas à le définir." Tu ne me demanderais quand même pas de le définir, en espérant me prendre à défaut, alors que Cage lui-même le définit comme un film interactif...

3. "je considère qu'un jeu qui propose une expérience et une aventure différente à toutes sortes de gens, c'est effectivement une superbe performance." C'est le propre d'un bon nombre de jeux vidéo. Demande à deux joueurs de World of Warcraft leur rapport au jeu. Pose la même question à deux joueurs de n'importe quel jeu de sport. Les attentes ne sont pas les mêmes, leurs expériences différentes. D'ailleurs ma remarque sur l'expérience communutaire tient à ça.

4. Gilliam (que j'aurais adoré rencontrer), Kassovitz (à qui je rêverai de pouvoir m'entretenir), ne sont en aucun cas dans mon "équation du dégoût" face à cette propagande marketing inélégante. Et malgré tout le respect que j'ai pour eux et pour leur travail, ça m'étonnerait qu'ils ne fussent pas invité à venir à cette présentation... Ce ne sont pas de petites réceptions sans influence. Anatocisme marketing.

5. Attends-tu vraiment de moi que je m'étende sur ma propre vision des jeux vidéo, alors que tu la connais déjà ? Relis bien ma phrase et tu verras que tu t'es enflammé pour pas grand chose. Ce n'est pas de moi que je parlais quand je disais "Gamer"... C'est cette idée reçue trop souvent véhiculée sur les forums du net, qu'il existerait des jeux gamers et d'autres, casuals. Mais malheureusement, la contradiction devient trop vite évidente avec des projets comme Heavy Rain... Comme l'origami d'un serpent qui se mordrait la queue...

6. "Je veux un festival de Cannes des jeux-vidéo, des grandes stars du jeu invités dans des prime-time..." C'est donc ce qui achèvera de nous différencier fondamentalement...
Dimanche 21 Février 2010, à 13h57
bah moi j'aime pas le QTE
Dimanche 21 Février 2010, à 18h13
Sur ton point 1°, Elf, je crois que t'insistes pas assez sur la réelle démarcation de Heavy Rain par rapport aux exemples que tu cites. Ce n'est plus du foutage de gueule, plus une simple promesse ou encore une feature foireuse, cette fois-ci, l'histoire est véritablement modelable. Dans Fable et Fahrenheit? Quelle grosse blague. J'ai vraiment apprécié ces deux jeux, mais les choix potentiels sont extrêmement limités. A ma connaissance, Heavy Rain est une révolution à ce niveau là.
Dimanche 21 Février 2010, à 18h25
1. Heavy Rain est l'addition d'une multitude de choses qui existent déjà et qui tendent vers un résultat plus inédit. Fable ? Ce n'est qu'un RPG foncièrement. L'histoire en elle-même, le scénario, ne change pas. Ce qui change, c'est tout ce qu'il se passe autour. J'insiste sur le fait qu'à chaque direction que tu prends, le scénario change aussi, même infiniment peu. Farenheit est quant à lui proche, sans atteindre le même degré. Mais c'est le même auteur, alors tu peux le considérer comme une prequelle. D'ailleurs, Heavy Rain n'est pas forcément abouti non plus, mais comme je m'évertue à le dire, c'est un pas en avant dans une direction inédite.

2. Je ne te prends pas à défaut Elf, il est parfaitement définissable. Je mets le doigt sur ce que tu dis "les gamers n'osent pas le définir. C'est donc sujet à débat. Comme une oeuvre d'art. Attention, encore une fois, je ne dis pas que Heavy Rain en est une. Mais il tend dans cette direction, d'une oeuvre personnelle et d'une vision des choses différentes.

3. Encore une fois, ton raisonnement pourrait aussi s'appliquer à un film. Machin a eu peur devant l'exorciste et bidule s'est marré. Mais ce qu'on nous a proposé à tous est exactement la même aventure. Là, on parle bien de ne pas vivre les mêmes événements et surtout ne pas vivre la même histoire. Tu trouveras toujours des similitudes avec d'autres jeux, rien ne se crée et tout est une évolution d'autre chose. Mais je trouve qu'ici les choses avancent devant mes yeux.

4.Bien évidemment, leur présence tient au marketing. Mais je crois qu'il est intéressant de se demander pourquoi c'est Benjamin Castaldi qui vient présenter le jeu 1 contre 100, pourquoi c'est un mannequin anglais qui interprète Lara Croft au FJV et pourquoi ce sont Matthieu Kassovitz et Terry Gilliam qui viennent parler d'Heavy Rain. J'ai la naïveté de croire que les deux personnages ont suffisamment de charisme pour ne pas s'intéresser à un jeu uniquement pour des raisons marketing. Peut-être étaient-ils là pour recevoir un chèque, je ne sais pas. Mais je crois sincèrement pas qu'un Gilliam irait présenter un jeu sans conviction aucune.

5. J'ai pas compris ce que tu voulais dire. Je soulevais juste que l'argument de dire qu'un jeu est casual en opposition avec l'avancée qu'il peut représenter dans sa matière me paraissait ne pas avoir de sens. Je ne vois pas pourquoi il devrait s'adresser aux gamers en fait, c'est tout.

6. Je ne vois pas très bien pourquoi. J'aimerais simplement que le jeu vidéo soit reconnu à sa juste valeur et qu'on arrête d'entretenir ces inepties à propos de communautés underground. Pour moi, ils devraient apparaître au grand jour, et s'adresser à tous, comme pour n'importe quel art. Le cinéma avec ses films pour intello, ses films d'actions, ses drames. La musique avec le hard rock, le classique, le rap... Pareil pour la peinture, un tag, une nature morte... Alors pourquoi pas les jeux? Le reste autour, c'est des fioritures, et franchement je m'en carre un peu. Je faisais simplement le parallèle entre le marketing et la reconnaissance, qui aussi triste que ce soit, sont tout de même intimement reliés.
elf
Lundi 22 Février 2010, à 07h14
Je commencerai par préciser que je n'ai en aucun cas dénigré le jeu lui-même, pour ses qualités, comme pour ses défauts. Je parlais de cette espèce de sur-apologie d'un concept qui n'est pas nouveau, et qui n'est qu'évolution. Donc parler de charnière, c'est osé !! La seule charnière que tu as pu percevoir selon moi, est ce cabotinage marketing grossier, même s'il est tout relatif puisque partir à la recherche de pointures grand public pour élargir la cible d'un produit n'est pas une pratique nouvelle... Dixit les pubs Wii balourdes avec des personnalités de la télé (au plus proche des gens donc).

1. "J'insiste sur le fait qu'à chaque direction que tu prends, le scénario change aussi, même infiniment peu."

C'est une question de point de vue narratif. Puisque je considère personnellement que dans un jeu vidéo, contrairement à un film, la narration ne s'arrête pas à ce qu'on nous montre mais à toutes nos actions. Ce qui différencie d'ailleurs le film interactif du jeu vidéo dit "classique"... Mais dans un jeu, le fait de pouvoir faire des actions différentes, des choix différents, font parti intégrante de la narration. La narration vidéoludique (selon moi) ne s'arrête pas aux quelques cinématiques qui les jalonnent. Prenons Starfox, jeu haut combien différent en apparence. Les actions que tu fais à certains moment (si tu aides ou non un de tes coéquipiers, que tu détruis telle ou telle structure, que tu ne subis aucun dégâts, que tu empruntes tel ou tel chemin, etc.) entrainent une aventure différente puisque te menant à des planètes différentes... Sur chacune d'entre elles que tu survoles, tu n'es pas non plus obligé de détruire tout ce que tu rencontres. C'est à la dextérité du joueur, à l'envie de scoring, à l'habilité du moment. La structure narrative est-elle si différente ? D'ailleurs, toujours dans la même idée, si tu faisais le film d'un jeu (c'est à dire en tirant tes images directement du jeu), tu y intègrerais immanquablement des phases de gameplay (exemple : Shenmue, le film)...

2. Farenheit est quant à lui proche, sans atteindre le même degré. Mais c'est le même auteur, alors tu peux le considérer comme une prequelle. D'ailleurs, Heavy Rain n'est pas forcément abouti non plus, mais comme je m'évertue à le dire, c'est un pas en avant dans une direction inédite.

Heavy Rain est une évolution de Farenheit, je n'en démordrais qu'à base d'arguments . Et si pour toi (vous) cela est une tare, tant pis. Moi, j'ai bien aimé Farenheit (ce qui me fait m'impatienter quand à la découverte de ce HR).

2. "Comme une oeuvre d'art. Attention, encore une fois, je ne dis pas que Heavy Rain en est une. Mais il tend dans cette direction, d'une oeuvre personnelle et d'une vision des choses différentes."

Et j'espère que ce n'est pas ça qui en fait sa particularité, car des jeux "personnel" y'en a toujours eu, et y'en aura toujours. Après, que cela frustre les joueurs qui auraient aimé plus de reconnaissance vis à vis des expériences qu'ils vivent, c'est une autre histoire, plus proche du dépouillement et de la concupiscence...


3. "Tu trouveras toujours des similitudes avec d'autres jeux, rien ne se crée et tout est une évolution d'autre chose. Mais je trouve qu'ici les choses avancent devant mes yeux."

Au moins on est d'accord sur ça ! Et c'est d'ailleurs une des questions que je me pose souvent en lisant des articles de jeux. L'émotion toujours et encore... Mais comment fait-on si on ne ressent pas les mêmes choses : on se sent forcément floué. Un jeu qui plait (sur-plait trop souvent), et un jeu qui gêne (transforme les testeurs en pointillistes)... Cela donne souvent l'impression que ce que l'on vit, en fonction de l'émotion qu'on ressent, devient alors un fait majeur ou non. Tout naturellement l'envie de reconnaissance (artistique) en ruisselle.

4. "Mais je crois sincèrement pas qu'un Gilliam irait présenter un jeu sans conviction aucune."

Mouais, c'est valable pour Castaldi et tous les autres que tu cites...

5. "Je soulevais juste que l'argument de dire qu'un jeu est casual en opposition avec l'avancée qu'il peut représenter dans sa matière me paraissait ne pas avoir de sens. Je ne vois pas pourquoi il devrait s'adresser aux gamers en fait, c'est tout."

C'est une vaste question à laquelle je tente de répondre tous les jours. Ma remarque initiale était simple. Quand un jeu plait, il n'y a plus de sectarisme qui tienne, alors qu'à l'inverse, les frontières reprennent leur bon droit...

6. "J'aimerais simplement que le jeu vidéo soit reconnu à sa juste valeur et qu'on arrête d'entretenir ces inepties à propos de communautés underground. [...] Le reste autour, c'est des fioritures, et franchement je m'en carre un peu. Je faisais simplement le parallèle entre le marketing et la reconnaissance, qui aussi triste que ce soit, sont tout de même intimement reliés."

Ce n'est justement que fioriture. Des tas de cinéastes, biens dans leurs mocassins, refusent de se déplacer pour ce genre de cérémonies futiles. Ce sont ceux qui aiment se montrer ou ceux à qui on l'impose qui s'y rendent... Le jeu vidéo tend vers ça d'ailleurs, et cette conséquence s'impose naturellement à tout système ultra libéral en roue libre. Alors que selon moi, la reconnaissance, c'est par le public. C'est un sentiment personnel ! Ce n'est pas parce que le 3ème épisode du seigneur des anneaux rafle tous les oscars que ça en fait un bon film... Par contre, ça permet à son auteur d'être un peu plus libre financièrement dans un système économique qui ne tient qu'à la spéculation, et donc à l'image. Tu m'expliqueras la place de l'art là-dedans s'en s'enfoncer dans une relative ambivalence. Donc non, moi je ne veux pas de ça, mais je l'ai (et l'aurai) quand même...
Dimanche 28 Février 2010, à 13h24
Désolé de me pointer aussi tard dans le débat.

D'abord, je n'ai parlé nulle part de charnière. Donc rien d'osé. Je parle de pas en avant et pour ne pas reconnaître que Heavy Rain fait au moins un minimum avancer les choses. Ne serait-ce qu'en matière de reconnaissance de la discipline à part entière. Pour ce qui est du cabotinage médiatique, c'est une évidence. Mais je te rassure, ils n'ont pas attendu Heavy Rain pour sortir les moyens dans une soirée de lancement. Seulement, celui-là passe au journal de France 2. Celui-là on le montre à tout le monde parce qu'il peut incarner, sur l'instant bien sûr, un bon équilibre entre les gamers et les cinéphiles. Entre les hardcore et les casuals.
Je me suis attardé sur la reconnaissance du jeu par des personnalités, et je trouve absolument incomparable le fait de payer une actrice de premiers baiser pour jouer à la wii et faire venir Gilliam à un event de jeux vidéo. Tant pis si nous ne sommes pas d'accord, mais je crois pas que ce soit des personnalités "bankable", et pour cause, ils n'ont tourné absolument aucune pub pour le jeu. D'ailleurs, ils n'ont même pas été présentés à l'ensemble des journalistes lors de la soirée et le débat s'est effectué dans la salle VIP à peu près à 50 personnes.
Si tu penses que ce n'est que du battage médiatique et du plan marketing, et que c'est le même mécanisme que mettre une star has been sur un wii fit, on ne tombera pas d'accord c'est certain. Surtout que je ne rejète pas le côté "ça en jète de ramener des pointures", bien évidemment. Simplement, je crois qu'il faut un peu voir au delà et cesser de s'arrêter aux lieux communs. Pourquoi c'est un réalisateur génial et pas l'animateur de secret story? Pourquoi ne vendent ils pas le produit dans une pub? Pourquoi Kassovitz prend le temps de répondre des pavés à la lettre ouverte du créateur d' In Memoriam sur son blog ? Est-ce que c'est dans son contrat de promo d'Heavy Rain?
Soit dit en passant, Eric Viennot se la pète un peu trop grave sur son blog. Peut-être que Kassovitz en fait un peu trop, et comme il est extérieur au milieu n'a pas vraiment de limite dans son argumentation et occulte beaucoup, mais la lettre ouverte à Cage et autres est vraiment minable je trouve. Outre les qualités indéniables de ses softs, qui eux aussi, ont contribué je trouve à faire avancer les choses, mais dans un autre domaine.

2. Considère le comme tu veux ça ne change rien. Rien ne se crée jamais de toutes manières, et Farenheit est une évolution d'autre chose.


4. Bah on peut vraiment pas tomber d'accord là dessus. Je vais garder la candeur de me dire qu'un de mes réalisateurs préféré au monde a sa dignité d'artiste et ne représentera rien qui ne l'inspire pas. M'enfin Castaldi Gilliam quoi.

5. Oui, mais il faut se poser la question "pourquoi plait-il"? Heavy Rain, avec sa réalisation hybride, a tous les atouts pour. Il ne pollue pas avec des scores, une barre de vie, des indicateurs de munition ou je ne sais pas quoi. Il ne demande pas une connaissance des jeux, même vague. Alors que Call of 6 ou Mario Kart, avec la meilleure volonté du monde n'attireront pas le popotin de ma maman devant la télé.

6. Oui, rien n'échappe aux lois de l'offre et de la demande. C'est d'ailleurs ce qu'a déclaré Kassovitz à propos de ses films quand on lui demande si c'est de l'art ou non. Il disait que le cinéma et le sien donc, obéissaient à trop de contraintes financières, morales et autres pour qu'il puisse voir aboutir le projet qu'il voyait véritablement à la base. Le jeu n'y échappe pas, mais je te rassure, il n'a pas besoin de soirées tapis rouge. Suffit de voir la ludothèque des consoles Nintendo pour comprendre à quel point on crée d'abord des jeux pour le principe avant d'y insuffler de la vie. Mais il suffit AUSSI de voir la ludothèque Nintendo pour comprendre que cet océan de daubes permet à certains auteurs de trouver les moyens de réaliser des projets qui n'auraient peut-être pas vu le jour si autant de fric n'était pas jeté tous les jours par les fenêtres dans les jeux-vidéo. Alors l'un dans l'autre...

Ah et j'ai fini Heavy Rain, mais ce n'est pas moi qui en fait le test et tant mieux, on m'aurait taxé de fanboy. Je reconnais qu'il peut avoir des défauts, mais la plupart n'interviennent qu'après avoir terminé le jeu et comparé avec d'autres joueurs. On perçoit quelques mécanismes, qui gâchent un peu la magie. Mais honnêtement, j'ai vraiment adoré. A vrai dire, impossible de m'arrêter une fois que je l'ai lancé. Je l'ai terminé avec ma copine qui n'aime que très très rarement les jeux vidéo. Elle était scotchée comme moi jusqu'à 6h du mat'.
elf
Jeudi 04 Mars 2010, à 10h17
[color=red]"Je parle de pas en avant et pour ne pas reconnaître que Heavy Rain fait au moins un minimum avancer les choses. Ne serait-ce qu'en matière de reconnaissance de la discipline à part entière."[/color]

Là-dessus on est d'accord (au moins ça), je ne suis pas sûr qu'on y voit les mêmes travers... Puisque s'il fait avancer les choses, ce ne sera selon moi, que pour le cinéma (et non l'inverse) et pour le business de Sony. Reprend les tests de Fahrenheit (celui de Gamehope par exemple) et replace-toi 5 ans auparavant...

[color=brown]"Pour ce qui est du cabotinage médiatique, c'est une évidence. Mais je te rassure, ils n'ont pas attendu Heavy Rain pour sortir les moyens dans une soirée de lancement. Seulement, celui-là passe au journal de France 2. Celui-là on le montre à tout le monde parce qu'il peut incarner, sur l'instant bien sûr, un bon équilibre entre les gamers et les cinéphiles. Entre les hardcore et les casuals. "[/color]

Dans le journal de France 2, j'ai vu un reportage sur Bioshock 2... j'ai aussi vu un reportage à l'époque de Wii Fit et de GTA 4... Cela change t-il quoi que ce soit ? Comme quoi on voit que ce que l'on veut...


[color=brown]"Je me suis attardé sur la reconnaissance du jeu par des personnalités, et je trouve absolument incomparable le fait de payer une actrice de premiers baiser pour jouer à la wii et faire venir Gilliam à un event de jeux vidéo."[/color]

Evidemment que les personnalités sont incomparable, mais pas la situation. Pose-toi la question : Si Heavy Rain n'avait pas eu le droit à ce traitement graphique, en aurait-on entendu autant parler chez les gamers ?


[color=brown]"Pourquoi Kassovitz prend le temps de répondre des pavés à la lettre ouverte du créateur d' In Memoriam sur son blog ? Est-ce que c'est dans son contrat de promo d'Heavy Rain?"[/color]

Si tu veux mon avis rapide sur l'article de Viennot, sache que je suis entièrement d'accord avec lui. La seule chose qui me chagrine, c'est qu'il a intentionnellement mis un ton agressif, et une prose dont la qualité est toute relative. Sinon, dans le fond, il a toutes les raisons de s'énerver. D'ailleurs, tout le petit monde du jeu vidéo aurait très bien pu en faire autant. Car donner l'impression que l'avenir des jeux vidéo (et de leur narration) est dans Heavy Rain est une idée somme toute farfelu quand on connait un minimum le domaine, la diversité des expériences que l'on recontre, etc. Ce serait comme dire "Bon les gars, vous êtes bien gentil, mais avant Heavy Rain vous manquiez de maturité !!!" Ne pas voir qu'un film interactif apporte plus au cinéma qu'aux jeux vidéo est selon moi faire manque de lucidité...


[color=brown]"Bah on peut vraiment pas tomber d'accord là dessus. Je vais garder la candeur de me dire qu'un de mes réalisateurs préféré au monde a sa dignité d'artiste et ne représentera rien qui ne l'inspire pas. M'enfin Castaldi Gilliam quoi." [/color]

Je ne suis pas sûr que nous soyons vraiment en désaccord. C'est selon moi, plus une question d'échelle. Pose-toi la question de la cible...


[color=brown]"Oui, mais il faut se poser la question "pourquoi plait-il"? Heavy Rain, avec sa réalisation hybride, a tous les atouts pour. Il ne pollue pas avec des scores, une barre de vie, des indicateurs de munition ou je ne sais pas quoi."[/color]

Mais les jeux qui ne demandent aucun apriorisme sont très très très nombreux. Seulement, soit on leur inflige l'étiquette intentionnellement dégradante de "CASUALS" pour leur accessibilité, soit on ne leur pas de pubs. Ici, c'est une grosse production. Les dés sont pipés, les interprétations aussi...



[color=brown]"Suffit de voir la ludothèque des consoles Nintendo pour comprendre à quel point on crée d'abord des jeux pour le principe avant d'y insuffler de la vie. Mais il suffit AUSSI de voir la ludothèque Nintendo pour comprendre que cet océan de daubes permet à certains auteurs de trouver les moyens de réaliser des projets qui n'auraient peut-être pas vu le jour si autant de fric n'était pas jeté tous les jours par les fenêtres dans les jeux-vidéo. Alors l'un dans l'autre..."[/color]

Tu vois on trouve des terrains d'entente !
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