Test : Art of Murder : La Traque du Marionnettiste

Art of Murder : La Traque du Marionnettiste - PC

Genre : Aventure

Date de sortie : 10 décembre 2009

Genre
Aventure
Date de sortie
10 décembre 2009 - France
Développé par
CITY Interactive
Edité par
Micro Application
Disponible sur
PC
Parfois appelé
Art of Murder : Hunt for the Puppeteer
Site officiel
Site officiel

Art of Murder est une série de jeux d'aventure. Série est un bien grand mot quand elle ne se compose que de deux petits éclats. Tenons-nous en à la dénomination "série de deux"… Mais deux fois plus de quoi ?

 
 
Le premier épisode était, disons-le clairement : sans saveur, rigide, statique, archaïque, pour ne pas dire has-been. Ce second épisode avait donc fort à faire pour réparer les fêlures de son aîné et enfin proposer à tous les amoureux de narration flegmatique un instant de plaisir. Voyons cela.
 

Des débuts pénibles

La partie commence, on est directement sur la scène de crime. Pas d'introduction. Pas de mise en situation, ni même de texte introductif, de présentation de personnage. Bref, d'un point de vue narratif, ça commence très mal ! Heureusement, rien n'est fait pour nous faire changer de point de vue dès les premiers échanges entre l'héroïne et un flic franchouillard ronchon. Les voix sonnent faux, aussi bien dans leurs doublages que de la teneur des échanges eux-mêmes. Elles sont parfaitement monotones et semblent nous ramener vingt ans en arrière, quand ce genre de détails auraient été disqualifiants. Dans un jeu d'aventure, les voix, les dialogues, ainsi que le jeu des acteurs sont primordiaux. Si les voix sont moisies, autant ne pas en mettre, c'est moins préjudiciable. Beaucoup, beaucoup, beaucoup moins...
 

On reprend les mêmes et on recommence

Prendre La traque du marionnettiste pour une œuvre originale serait faire erreur. Le prendre pour un jeu parfaitement unique qui apporterait au genre un nouveau souffle en serait une au moins aussi malvenue. En fait, Art of Murder ne répare pas vraiment les méfaits de son trouble passé et poursuit dans sa lancée. Nous sommes Nicole Bonnet (FBI). Nous devons nous occuper des meurtres d'un étrange sérial-killer qui s'inspire de tableaux de maître pour mettre en scène ses crimes. Mais le jeu rappellera surtout aux plus fins observateurs des réminiscences de Still Life, autre jeu macabre qui connut un funeste destin avec un second opus malheureux. Aussi bien dans l'ambiance, dans le contexte, dans les personnages, que dans… le jeu. Mais au-delà de ces similitudes, Art of Murder va plus loin, tape plus fort.
 

Une prouesse technique

Il parvient même à la prouesse de nous envoyer dans des environnements sans trop savoir pourquoi. On ne sait ni ce qu'on doit faire, ni ce qu'on doit obtenir. Et les développeurs ont fait l'effort de ne jamais nous mettre sur la piste. Une performance ! Tous sarcasmes égaux par ailleurs, ce n'est pas l'ergonomie du jeu qui nous fera oublier où on a mis les pieds… On est définitivement dans une sous-production d'aventure qui voudrait nous faire croire qu'elle s'inspire du meilleur pour n'en écumer que la substantifique moelle du pire. Le point & clic a cela de merveilleux d'être un genre majeur, où il est donc délicat de surprendre... Et comme dans nombre de jeux d'entrée de gamme aux trop grandes ambitions, la logique discursive du joueur est bafouée. Il faudra de telle manière trop souvent fouiner pour faire une action débile afin de pouvoir avancer. Exemple : prendre sans aucun sens commun un objet dont on a déjà eu l'utilité afin que notre héroïne dise quelque chose qu'elle n'avait pas dit auparavant… Comme si elle ne pouvait pas le dire lors des premières manipulations. Dans les jeux d'aventure narratifs point and clic, c'est encore une fois une erreur irrémissible tant elle contraint le joueur à faire des choses absurdes pour répondre aux caprices d'un game-design bâclé.
 

Esthétique de premier choix

Bon, ça suffit, Art of Murder, ce n'est pas qu'un ramassis de défauts. Notamment, les décors sont resplendissants. Les ambiances, les choix colorimétriques, les textures. Le travail des graphistes est simplement remarquable de finesse, de précision et de justesse. On ne peut malheureusement pas en dire autant du design des personnages parfaitement raté, vilipendé par je ne sais quel militant des 35 heures. L'animation non plus n'est pas en reste, puisqu'elle répond aux canons du genre, en nous projetant au milieu d'un théâtre de marionnettes. Une des irrémédiables bévues du genre depuis fort, fort longtemps, cette fichue animation rigide et archaïque. Mais ici, vu le titre du jeu, ne s'agirait-il pas plus d'un hommage que d'une absence ?
 

Article rédigé par elf , le

Entre les très plaisants Machinarium, Axel & Pixel, Runaway, Strong Bad, Secret Files, Experience 112 et Hotel Dusk ou encore les pièces maîtresses que sont Les chevaliers de Baphomet, Tales of Monkey Island, Blade Runner, In Memoriam, Sam & Max, Day of the Tentacle, Full Throttle, Myst ou encore Fate of Atlantis, où se situe Art of Murder ? Dans le vide-ordures, aux côtés de ces softs qui ne sont pas dénués de qualités, mais dont l'essence ludique est éperdument apathique. Bref, un jeu que l'on oubliera ou sur ces entrefaites qui pourrait contenter les toxicomanes d'aventures narratives.

Points positifs

  • Des décors magnifiquement mis en couleur
  • Une histoire sympathique et glauque

Points négatifs

  • Une écriture inintelligente... parfois même outrageusement consternante : "Hum. Un manche en bois. C'est rare de nos jours".
  • Un design des personnages douloureux
  • Des situations irritantes
  • Une mise en scène pauvre

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