Test : Metro : Last Light

Metro : Last Light - PC

Genre : FPS dans le tromé

Date de sortie : 17 mai 2013

Il y a des jeux qui ont besoin d’être appréhendés un petit moment avant de libérer pleinement leur potentiel. Des jeux qui au premier abord vous paraissent assez communs, pour au bout de deux heures vous exploser au visage sans prévenir, comme une évidence, une révélation. Metro Last Light est de ce pédigré ; pas parfait, pas lisse, mais terriblement efficace.

Test effectué à partir d'une version Xbox 360

 
 
Bien évidemment, tout ceci est entièrement subjectif. Certaines personnes accrocheront d’emblée, d’autres peut être pas du tout (à votre grand dam). Cependant, vous conter la manière dont ce jeu vous happe, jusqu’aux moments où celui ci vous freine dans son immersion bien malgré lui, voilà un prisme de vision que nous allons tenter de développer et partager.
 

Le bonheur vient de l'attention prêtée aux petites choses

Metro Last Light est un jeu exigeant, et pourtant ayant les bras grands ouverts au joueur. Exigeant, car si vous voulez maximiser l’expérience de jeu et l’aventure qui s’offre à vous, il faudra ne rien rater du spectacle environnant, se déroulant tout le temps, tout autour. PNJ en pleine discussion, pleurant, riant, rassurant leurs enfants tétanisés par le monde dans lequel ils évoluent … Ici pas question de courir comme un dératé jusqu’au prochain objectif, le décor qui s’offre à vous est un théâtre, et l’opportunité de découvrir le monde qui vous entoure plus en profondeur ne tient qu’à vous et votre envie de vous attarder autour du spectacle environnant. Car tout dans Metro Last Light est un ballet, ou presque. Le tout constitue une fresque que vous joueur, choisirez de traverser à la va vite, où de justement choisir d’en scruter les moindres petits détails, pour que le jeu vous emporte.

Car Metro Last Light est prenant, très ; la trame narrative est ici extrêmement peaufinée grâce à M. Glukhovsky, auteur des livres Metro, et de ce scénario exclusivement créé pour le jeu. Il est évident que nous avons en face de nous une histoire réfléchie, ample, mature, au background passionant. Sublimé par une mise en scène pêchue et une réalisation impeccable, le soft a tout pour plaire au premier abord. Cependant, quelques points noirs viennent assombrir le tableau.
 

Le bout de salade coincé entre vos dents

Lorsque un jeu avec autant de dialogues est mis en vente dans des pays où la langue principale n’est pas celle de Shakespeare (ou du pays du soleil levant, pour ne prendre que les deux « principales » du monde du jeu vidéo), arrive la bénédiction, ou le problème, des doublages propre aux pays en question. Soit c’est une réussite et l’expérience ne s’en trouve qu’améliorée (cf. Bioshock Infinite, pour citer un exemple récent), soit c’est un frein.
Ici, c’est un frein. Un gros frein. Un frein de F1 sur une fiat 500. Bien que certaines voix soient réussies et remplissent leur rôle avec brio, certaines sont tout simplement dénuées d’une quelconque performance d’acteur. D’une quelconque profondeur. On entend quelqu’un qui récite son texte. On entend de mauvaises intonations au mauvais moment. On entend quelqu’un ayant une voix presque triviale lorsqu’il vous annonce que tout le monde est mort autour de vous. Et ce, dès le début du jeu. Pas de spoil évidemment, mais lorsque vous rencontrez l’un des premiers personnages clés du jeu et que celui-ci a la voix d’un doubleur d’une sitcom peu regardée des années 80, prenant son travail trop peu au sérieux, ça freine l’immersion. Quel dommage.

Si l’on s’attarde à faire tout un paragraphe sur ce qui pourrait vous sembler être un détail mineur, c’est parce que le package d’ensemble du jeu est tellement bon, que gâcher la toile d’un peintre en y assénant un énorme coup de marqueur noir par dessus est tout simplement dérangeant. Car (presque) tout le reste, c’est du caviar.
 

Diviser pour mieux régner, dans un but vertueux

Metro: Last Light se divise en plusieurs parties de jeu. Tantôt narratives, tantôt contemplatives, sujettes à l’action évidemment, et parfois à l’horreur. On prend plaisir à passer d’une session de jeu d’infiltration en compagnie d’humains (infiltration si le cœur vous en dit, ayant tout le loisir de vider vos chargeurs bruyamment et de passer avec toute la douceur d’un taureau dans un bus également), à des niveaux où les monstres remplacent les formes humaines, et la concentration fait place à l’angoisse. Dans Metro: Last Light, vous avez un joli mélange hétéroclite. Horreur, action, trame, beauté. Ce mélange est mixé à merveille, et l’avancement du scénario ne donne pas l’impression de passer d’une phase de jeu à une autre de manière mécanique. Le tout aidé par un enchaînement des évènements intelligents, bien orchestré, mais pas toujours évidents à comprendre.

Mise en scène excellente, scénario intéréssant mais souvent un peu chaotique. On ne sait pas si c’est le format jeu vidéo qui veut ça, obligeant l’auteur à faire d’énormes raccourcis dans la trame afin de coller à la quinzaine d’heures de jeu « réglementaires » d’un FPS, où simplement un manque de clarté dans les enjeux du soft. Evidemment, la fin proposée comporte son lot d’émotions fortes, mais les tenants et aboutissants du conflit qui vous entoure s’emmêlent entre eux au fur et à mesure de l’histoire, et si suivre le fil rouge est simple, aborder et digérer tous les détails itinérants se révèle un peu plus ardu. A qui la faute, là est la question.
 

Le diable est dans les détails

Vous le savez sûrement, Metro: Last Light est beau. Beau, mais inégal. Vous aurez donc des jeux de lumière impressionnants, des paysages post-apocalyptiques dévastés et pourtant empreints d’une poésie dérangeante, des tableaux généraux à l’esthétique parfaite. C’est en se rapprochant pour distinguer les détails que le bât blesse, parfois. Réalisation des personnages inégales, vous vous retrouverez parfois à passer du coq à l’âne en tournant simplement le visage de votre personnage, qui passera d’un paysage magnifique à une figure d’un PNJ en gros plan manquant cruellement de détails, et de vie. Certains passages ont été clairement faits à la va vite, et le joueur pointilleux le remarquera sans doute.
 

Le paradoxe des sentiments

Metro: Last Light, c’est aussi une ambiance ; oppressante, étrange, mais aussi chaude et presque rassurante, à de rares moments. Alternant entre sentiment de sécurité lorsque l’on se retrouve entouré d’humains dans un endroit sûr, à étouffant et cauchemardesque dans des couloirs sombres grouillant d’araignées faisant la taille de votre voiture. Le contraste entre l’effort des hommes pour se bâtir un confort sommaire mais bien là, fait d’édifices de fortune dans le Metro, préservant ce qui leur reste d’un monde en ruines ; et le chaos de l’extérieur, gagnant inextricablement du terrain sur les zones de confort, jour après jour. Saisissant, et prenant.
 

Article rédigé par Supapinz , le

Etre heureux ne veut pas dire être parfait ; Metro Last Light est une expérience intéressante, un exemple de narration et d’ambiances paradoxales ; Exigeant, car grouillant de détails, de vie et de potentiel scénaristique, il ne manquait que des doublages plus réalistes, des évènements de l'histoire peut être plus clairs pour ajouter la couleur manquante au tableau qui l'aurait elevé au rang de chef d'oeuvre. Cependant, le voyage est de qualité, les sensations garanties et le plaisir bien plus qu’au rendez-vous.

Points positifs

  • L'univers passionnant
  • La trame scénaristique
  • La mise en scène
  • Le contraste entre l'effroi et la contemplation de ce qui vous entoure

Points négatifs

  • Des doublages très inégaux
  • Des enjeux politiques difficiles à cerner dans leur entièreté
  • Une réalisation inégale dans ses détails

A propos de l'auteur

Supapinz

Supapinz

29 ans | Meilleur que toi, pédé. LOLZ

Quand il ne fracasse pas des tronches de jeunes mondains dans les beaux quartiers de Paris, Supapinz passe le plus clair de son temps à faire du skate à grosses roues tout en jouant à sa Game Gear première version, sans regarder la route, parce qu'il est badass comme ta soeur. Des fois, quand il a besoin d'argent pour payer des pu... des meufs sympas, il dessine des trucs pour les entreprises et il réfléchit à des concepts de merde avec son cerveau plein de drogues de synthèse. Et une fois qu'il a éclaté des bouteilles sur les tronches des videurs des boîtes dans lesquelles il va, il joue à la console pour te casser la gueule sur le réseau. Amour.

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