Test : Gunblade Saga

Gunblade Saga - PC

Genre : MMORPG F2P

Date de sortie : 03 septembre 2012

Genre
MMORPG F2P
Date de sortie
03 septembre 2012 - France
Développé par
Chinese Gamer International Corp
Edité par
Mail.Ru Games
Disponible sur
PC
PEGI
 Interdit aux moins de 12 ans

D’habitude, quand on me demande de tester un MMORPG free-to-play développé par des chinois et édité par des russes, mon cœur s’emballe et je commence bizarrement à transpirer. Gunblade Saga est l'un de ceux-là. Le jeu de Mail.Ru est-il assez généreux ? Assure-t-il le minimum syndical ?

Test effectué à partir d'une version PC

 
 
Un manhua, c’est l’équivalent du manga mais pour nos amis chinois. La trame principale de ce Gunblade Saga est issue du manhua baptisé Chinese Hero : Tales of the Blood Sword et raconte l’histoire de Huan et de sa famille, attaqués par la pègre chinoise, forçant notre héros à se rendre à Chinatown, NYC. Outre les problèmes qu’il rencontre, on apprend que le vrai pépin n’est autre que la lutte pour la domination du monde que se chamaillent trois clans : celui des Arts Martiaux, des Dragons Noirs ainsi que celui du Portail des Enfers et qui rappellera étrangement le background de The Secret World
 

Gunblade Saga Africa

C’est dans ce contexte qu’on atteint sans trop de problème la page de création de personnage afin de choisir notre clan et de faire sa première beauté à notre avatar. Enfin, « beauté », c’est un peu vite lâché. La tâche s’annonce coriace vu le nombre limité d’options qui s’offre à nous. Ici, c’est du free-to-play, on oublie le swag des autres jeux de riches, et on aura le choix entre quelques textures pour les visages, coupes de cheveux et couleurs de peaux et vêtements. Une fois notre Picasso terminé, on peut enfin se lancer à l’aventure, dans un monde loufoque, bancal, mais qui ne manque pas de charme.

Du charme, oui. Pas pour tous les environnements, c’est sûr, mais on tire de ce Gunblade Saga un petit quelque chose qui fait qu’on apprécie d’y passer du temps gratis. La ville de départ, bien que trop grande et trop vide, sera l’occasion pour vous de faire vos premiers pas dans un monde plein d'anachronismes et de bizarreries, où vous pourrez combattre toutes sortes d’ennemis, plus farfelus les uns que les autres. Vous traverserez au cours de votre phase de leveling des niveaux pas si mal foutus que ça en termes de structure, plutôt harmonieux et bien remplis pour du free-to-play. Le gros problème venant des éléments qui vont peupler ces différents environnements.
 

Excès de Vodka

Si Gunblade Saga a bien validé une période de bêta test, on se demande qui des testeurs ou des gens ayant validé le tout étaient les plus bourrés. Car, on ne va pas se mentir, on a quand même l’impression d’avoir une alpha entre les mains. Entre les problèmes d’équilibrage, de difficulté mal dosée, de la distance d’aggro et la ténacité des ennemis très frustrante et j’en passe… pour un MMORPG asiatique axé sur le charcutage de monstres à la chaîne, on est très, très mal embarqué. Car la majorité des quêtes vous enverra à droite et à gauche à la recherche de monstres toujours plus difficiles et plus nombreux à tuer, dont la progression sera entravée par de nombreux bugs. Combien de fois j’ai dû baisser les bras à cause d’une réapparition de monstres trop rapide dans une petite zone, d’une superposition d’ennemis sur un exact même point les rendant invincibles ou des zones de quêtes de bas niveaux peuplés de monstres beaucoup trop forts ? C’est un tue l’amour du MMORPG à ce que sont les chaussettes pendant une partie de jambes en l’air, m’voyez ?

Si le contenu est fait de bon et de très mauvais, l’enrobage n’est pas super reluisant non plus. L’ergonomie du titre est sérieusement à revoir, même avec l’excuse du free-to-play qui ne peut pas tout adouber. Les fenêtres dans le jeu s’ouvrent souvent sans prévenir et l’interface reste trop rigide : on ne peut pas configurer les touches comme on le souhaite et le déplacement traditionnel avec les touches ZQSD est tellement foireux qu’on passe vite par tout jouer avec la souris, ce qui peut être très gênant pour les personnes qui n’ont pas l’habitude. Les développeurs ont introduit un système de guidage automatique qui pourrait être une bonne idée si tout le reste n’était pas aussi boiteux. Dans la description de vos quêtes, les mots surlignés en jaune sont tous cliquables (ennemis, lieux, objets clés…) et une fois cela fait, votre avatar se dirigera tout seul vers son objectif, ramassant au passage toutes les bestioles présentes dans la zone d’aggro. On évitera vite ce système dont le résultat est une mort quasi-certaine après un auto-guidage de 2 minutes. La traduction est aussi plus qu’approximative, puisque certains textes sont tout simplement incompréhensibles, ce qui pourra entraver la progression lors de certains passages. D’autres bugs comme la superposition de textes ou la disparition subite et l’impossibilité de fermer des fenêtres d’actions plombent pas mal le plaisir de jeu.
 

Et tu bashes, bashes, bashes...

Concernant les combats, c’est du monster bashing pur et dur : trois sorts que l’on enchaîne sans vraiment réfléchir, avec une barre de colère qui se remplit au fur et à mesure et permet de relâcher la purée si la situation se complique. C’est plus ou moins tout ce qu’il y a à savoir. Les éléments de combat ne se prêtent pas vraiment à la stratégie, le skill ou l’anticipation : vous irez simplement de bestioles en bestioles, en martelant 1, 2 et 3 jusqu’à la prochaine quête. Le système derrière ces mécaniques est issu de la sphère très classique des MMORPG. Vous passez des niveaux et gagnez des points de compétences qu’il faudra répartir dans les statistiques choisies (Force, Intelligence, Endurance…) et améliorerez vos techniques à l’aide de points bien spécifiques.

Techniquement parlant, le jeu est plaisant à voir pour du free-to-play. Les différents environnements sont colorés, plutôt fournis et bénéficient d’un étrange charme. Il faut dire que de taper sur des footballeurs américains au pied d’une statue de Boudha, ça propose un certain cachet. L’ambiance est donc au rendez-vous et vous aurez le temps de vous y adapter puisque la montée en niveaux est extrêmement longue, voire interminable, ce qui est souvent le cas dans les MMORPG coréens et chinois de ce type-là.
Comme tout bon free-to-play qui désire survivre, Gunblade Saga propose sa boutique en ligne permettant l’achat de divers items. C’est toujours possible si vous décidez de vous investir davantage dans le jeu ou simplement donner une petite piécette aux développeurs, histoire de faire tourner la machine.
 

Article rédigé par Lorris , le

Au final, Gunblade Saga mérite la moyenne. Pourquoi ? Parce qu’il propose, gratuitement, ce que certaines grosses productions ne sont pas capables de réaliser. Même si le jeu reste bourré de défauts, on ne peut qu’applaudir les efforts concédés pour faire vivre ce monde et apporter un divertissement certain, si votre délire reste limité au monster bashing. Si vous êtes un fan du genre ou simplement curieux de voir un jeu russo-chinois à l’œuvre, la gratuité du soft devrait vous permettre de franchir le pas.

Points positifs

  • Environnements remplis et charmants
  • Gratuit
  • Durée de vie quasi infinie

Points négatifs

  • Interface dépassée
  • Ergonomie pourrie
  • Répétitif
  • Customisation faiblarde

A propos de l'auteur

Lorris

Lorris

29 ans | Fin limier du mot

Nonobstant les ouï-dires et les non-dits de ceux qui pensent que non et de ceux qui estiment que oui, Lorris demeure un génie incompris. Utilisant constamment un langage profane qui sied à sa caste de jeune kikoo-gamer-du-web, ce candide éphèbe qui newse, teste, et previewte n'est finalement qu'un esprit brillant parmi les autres cucurbitacées qu'il tient pour collègues. Sinon, Lorris est une âme modeste, offrant son corps pour partager avec délectation et frivolité sa passion qui l'anime dans le manoeuvrage du joystick et non pas du droit de cuissage comme certains butors le feraient entendre.

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