Test : Grow Home

Grow Home - PC

Genre : Exploration expérimentale

Date de sortie : 04 février 2015

Genre
Exploration expérimentale
Date de sortie
04 février 2015 - France
Développé par
Reflections
Edité par
Ubisoft
Disponible sur
PC
Modes de distribution
Steam

On ne peut pas le nier : les jeux indés prennent désormais une place importante dans le petit monde du jeu vidéo. Une mouvance qui n'a pas échappé à Ubisoft, qui a semble-t-il décidé de s'engouffrer dans la brèche en proposant ses propres jeux « indés », même s'ils ne disposent évidemment pas du tout du même budget que ceux développés par deux potes au fond d'un garage. Après les très sympathiques Child of Light et Soldats Inconnus, c'est désormais à un certain Grow Home de se lancer dans l'arène. Se montre-t-il à la hauteur de ses aînés ?

Test effectué à partir d'une version PC

 
 
Développé par le studio Ubisoft Reflections, qui a notamment officié sur la série Driver, Grow Home met le joueur aux commandes de BUD, un Botanical Utility Droid. Ce petit robot a la lourde tâche de trouver une espèce bien particulière de plante destinée à sauver sa planète. Pour ce faire, il doit faire grandir celle-ci jusqu'à ce qu'elle éclose, ce qui arrive à 2000 mètres d'altitude alors autant dire qu'il y a du boulot. Afin de s'aider dans sa tâche, le petit héros ne dispose que d'une palette de mouvements limitée : sauter à l'aide d'un bouton et s'agripper avec les gâchettes, sachant que la gauche permet de contrôler le bras gauche et vice versa. En effet, même si le titre est pour l'heure uniquement disponible sur PC, il est conseillé de se servir d'une manette pour jouer... et l'on comprend immédiatement pourquoi. Dès le lancement d'une partie, la physique particulière du titre perturbe. Le robot marche étrangement et est entraîné par son élan quand il saute, pour terminer quelques mètres plus loin sur les fesses. Une simulation de mec bourré, en somme, qui n'est pas sans rappeler un certain Octodad. Il faut donc un certain temps pour appréhender cette physique spéciale, même si à la fin du jeu on peut encore être surpris par certaines réactions du personnage.
 

Wall-E, c'est toi ?

Le problème, c'est que malgré ce gameplay somme toute très simple, BUD ne répond pas toujours au doigt et à l’œil, surtout lors des phases d'escalade. En effet, il faut grimper sur la plante pour la faire grandir grâce à des bourgeons sur lesquels le robot s’assoit et dirige dans le sens qu'il désire – le but étant de les connecter à des sortes d'îlots flottants et fournissant de l'énergie à la plante. Malheureusement, ces phases d'escalade ne relèvent pas franchement de la partie de plaisir, et ce pour deux raisons principales. La première étant que, parfois, et à priori sans raison apparente, le robot ne s'accroche pas malgré le fait que la gâchette soit bel et bien enfoncée. Fatalement, le petit bonhomme tombe et l'on doit donc se retaper toute la zone précédemment grimpée. Fort heureusement, il existe tout de même des checkpoints plutôt bien placés et prenant la forme de téléporteurs à activer. Ainsi, si BUD tombe trop bas, le joueur a la possibilité de le faire s’autodétruire pour reprendre au dernier téléporteur. L'autre souci principal est la caméra qui n'en fait qu'à sa tête, même si le stick droit permet de la contrôler. Tantôt trop proche, tantôt trop éloignée, tantôt tournant dans tous les sens, elle empêche bien souvent de voir où l'on se rend. Vraiment agaçant, surtout lorsque l'on est en train de faire pousser un bourgeon et que l'on se plante lamentablement quelque part.
 
 
Et c'est franchement agaçant, car Grow Home a vraiment de bonnes idées. Le titre invite par exemple à l'exploration en proposant de nombreux îlots à explorer, avec une faune et une flore sympathiques à découvrir, sachant que celles-ci changent à chaque ''palier'' atteint. Par ailleurs, des cristaux sont disséminés un peu partout et servent à améliorer les compétences du robot pour rendre sa progression plus aisée. L'environnement n'est d'ailleurs pas en reste à ce niveau-là, avec par exemple des puits d'un liquide étrange propulsant BUD en l'air ou encore de grosses feuilles sur lesquelles rebondir pour accélérer l'escalade. Et en cas de faux mouvement, le personnage a la possibilité de s'équiper de végétaux (pâquerette, feuille...) lui permettant de ralentir sa chute. Mais le plus intéressant dans ce titre reste incontestablement le fait que le joueur influe directement sur le décor en faisant pousser les bourgeons et donc la plante principale, qu'il voit d'ailleurs grandir en temps réel. Un aspect franchement sympa, même si l'on peste bien souvent, comme dit précédemment, sur le gameplay et la caméra.
 

Green connection

Quant aux graphismes ils sont... minimalistes. Les environnements sont simplement des amas de polygones, mais les plantes et autres animaux sauvages rencontrés parfois ont eu droit à un peu plus de détails. En revanche, les couleurs font vraiment plaisir à voir tant le tout est pétillant. La bande-son est pour sa part plutôt réussie avec des musiques douces et discrètes qui collent plutôt bien à l'ambiance du titre. Un titre qui propose d'ailleurs une durée de vie rikiki : il est possible de le finir en moins de deux heures. Sachant qu'il est proposé à 7,99 euros, chacun se fera son avis quant au rapport durée / prix. Mais cette longueur peut facilement être rallongée si le joueur décide de partir à la recherche de tous les cristaux et, qui plus est, une nouvelle quête se débloque une fois le jeu fini une première fois. Celle-ci propose également au joueur d'explorer toujours plus l'univers de Grow Home, même si l'intérêt est forcément moindre que lors du premier run. En revanche, n'espérez pas des environnements différents à chaque partie, ces derniers n'étant pas générés aléatoirement. Une fois fini à 100%, le jeu ne présente donc plus grand intérêt. Dommage pour un soft de ce type.
 

Article rédigé par Shauni Chan , le

Il est toujours délicat de tester un OVNI vidéoludique comme Grow Home. L'idée de départ est vraiment intéressante, et le titre propose de vraies bonnes idées ainsi qu'une direction artistique particulière. Malheureusement, entre une caméra trop souvent mal placée, une physique vraiment à part et un petit robot qui n'en fait parfois qu'à sa tête, l'expérience n'est pas totalement convaincante, voire même carrément rageante lorsque les chutes dues au fait que le héros ne s'agrippe pas toujours correctement aux parois s’enchaînent. Aux joueurs de se dire s'ils peuvent passer outre ces défauts et passer une petite poignée d'heures à explorer ce petit monde en échange de 8 euros.

Points positifs

  • Une patte graphique particulière
  • Bande-son réussie
  • Concept sympa
  • Un véritable appel à l'exploration
  • Décor changeant en fonction des actions du joueur

Points négatifs

  • Caméra trop mal foutue
  • Physique vraiment spéciale
  • BUD ne répond pas toujours au doigt et à l’œil
  • Durée de vie minuscule

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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