Test : PES 2018

PES 2018 - PC

Genre : Ballon rond

Date de sortie : 14 septembre 2017

Genre
Ballon rond
Date de sortie
14 septembre 2017 - France
Edité par
Konami
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One

C’est la rentrée ! Fini le farniente, l’engraissement à vue d’œil et les barbeuks en pagaille. Il est temps de se remettre au boulot et de bosser coups de reins, accélérations et frappes en lunette ! Enfin, il est bien question de terrains virtuels ici, parce qu’on sait très bien que renoncer au sacro-saint combo pluriel pizzas/bières, surtout avec la Champion’s League qui reprend ses droits cette semaine, ce n’est pas près d’arriver. Faut pas déconner non plus. D’autant plus que les sempiternels PES et FIFA reviennent à la charge, pour encore mieux te goudronner au canap’. Du coup, c’est le moment du choix. Il va falloir désigner l’élu de ton cœur, celui à qui tu feras « l’amour sans préliminaires » comme ce diable d’Arjen Robben te l’a montré, celui qui te tiendras chaud tout l’hiver durant. Alors, caliente ce PES 2018 ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Pas d'Internet, pas d'Usain


Avant toute chose, il est bon de préciser que les serveurs de ce PES 2018 n’étaient pas ouverts lors de notre test. Forcément, ça la fout mal. MyClub, mise à jour des effectifs (qui sont, en l’état, les mêmes que la saison passée) et parties en ligne sont donc passés sous le radar. Impossible donc de faire gambader des légendes comme Maradona, David Beckham ou de vérifier le véritable attrait d’Usain Bolt dans MyClub. On tachera de vérifier tout ça une fois les tuyaux connectés, afin de s’assurer que le traditionnel patch day one fait son boulot.

Une fois ce PES 2018 lancé, on retrouve peu ou prou les mêmes modes que l’an passé. Ligue des Masters, MyClub, Vers une Légende, matchs classiques, etc, vos exutoires favoris sont toujours là (dont la PES League !), et un ancien marque son retour : la sélection aléatoire. Que ce soit sous certaines conditions (pré-sélection de nationalités, clubs, ligues...) ou totalement au hasard (sans aucune pré-sélection), vous pourrez opposer des équipes de parfaits inconnus ou, à contrario, des onze de rêve pour des soirées animées avec les potos. Surtout qu’il est possible de tenter un échange de joueurs avant le début de chaque rencontre, où chacun devra indiquer ses convoitises tout comme ses éléments à ne surtout pas céder dans la transaction. Suivant les directives indiquées, un mini mercato s’exécute de manière automatique, pour le plus grand bonheur - ou malheur - des participants. Même s’il n’était pas possible de s’essayer aux joutes en ligne mais seulement en local, le mode co-op qui voit trois joueurs contre trois s’affronter rentre également dans ce schéma festif, avec résumés et diagrammes détaillés des performances de chacun à la mi-temps et à la fin du temps réglementaire, ce qui promet de belles engueulades et tirages de bourre comme on n'en fait plus. PES 2018 ne peut certes combattre à armes égales avec FIFA en ce qui concerne l’offre proposée, mais le convivial, lui, marque un retour remarqué. Un comeback d’autant plus agréable quand la vérité des terrains, elle, tutoie les sommets.

PES 2018

Une remontada claire, nette et précise

Pour reprendre le rappeur MHD, cette année, PES c’est la Champion’s League. Oui oui, vous avez bien lu. Cet opus 2018 - en plus de posséder les licences des compétitions UEFA et donc de la Ligue des Champions - est un petit bijou de sensations qu’on avait trop longtemps oubliées. Si on s’éclate toujours autant à monter une équipe de nada walou aux sommets de la gloire via la Ligue des Masters (et ses petites cinématiques lors d’évènements importants), c’est bien sur la pelouse que l’on prend le plus son pied. Après un opus 2017 déjà très convainquant quoi qu’un peu chiant sur la longueur, PES 2018 réussit à trouver la mixture parfaite entre simulation et « arcade », faute de meilleur terme, et propose un spectacle permanent qu’on soit dans le dur ou la dérouillée en plein air. Testé sur une Playstation 4 Pro et un écran 4K de mille feux, le jeu affiche une plastique hors-norme, et, il faut le dire, colle une béquille à son rival de toujours. Visages criants de réalisme (avec une bonne mise à jour sur un paquet de joueurs, sauf toi, Adrien Rabiot), carrures et gabarits respectés (en plus d’être uniques concernant les sportifs les plus atypiques), travées et public chaud bouillant, avec un sens du détail maboul jusque dans les tunnels des enceintes reproduites (38 au total, dont le Camp Nou, Anfield, le Signal Iduna Park ou encore le Wanda Metropolitano pour l’Athletico de Madrid, etc), bref, on est sur une très bonne lancée. Et que dire, une nouvelle fois, des animations des millionnaires en shorts, tout bonnement bluffantes. Aboutissement de ces trois dernières années où PES préparait son retour doucement mais sûrement, elles participent grandement aux « flashs » de photoréalisme qui parcourent les terrains, ceux où après une accélération fulgurante ou une double parade incroyable de son gardien, on se retrouve béat d’admiration devant la séquence concernée.

Edifice principal de ce « bouger mieux » : la protection du ballon, qui est ici gérée de manière automatisée et dépend essentiellement des statistiques physiques des duellistes. Les joueurs sentent le danger dans leur dos et n’hésitent pas à tourner ce dernier lorsque nécessaire (parfois même un peu trop, tant il peut s’avérer difficile de repasser devant, surtout derrière un attaquant lancé), ce qui donne lieu à des contacts et impacts saisissant - tout comme un jeu de jambes qui fait parfois toute la différence, en plus de remettre l'épaule vs épaule sur le devant de la scène, ce qui n’est pas pour déplaire. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le fait d’avoir cette protection automatique rend le jeu plus agréable, ce qui permet de se concentrer uniquement sur les mouvements et la transmission du ballon, là où la magie du football opère vraiment. Si FIFA permet de contrôler son physique avec L2/LT, c’est aussi un compartiment à abus, qui permet bien trop souvent de forcer des décisions qui ne devraient pas l’être, en plus d’apporter une énième surcouche à des commandes qui sont déjà bien garnies. Mais ce n’est que mon ressenti, comme dirait l’autre.

PES 2018

L’un des points forts d’antan de PES était sa physique de balle. Heureusement pour nous, cet opus 2018 marque aussi son retour. Plus libre, plus lourde mais pas trop, jamais « parfaite » (les passes au sol ne sont pas à l’abri de rebonds, qui peuvent parfois entraver une frappe enchainée) et aux trajectoires moins rectilignes, c’est un régal de tous les instants. On retrouve ce plaisir de la passe (mais ça, c’est aussi grâce à cet instantanéité dans les commandes qui a toujours fait les beaux jours de PES) tout comme des longs échanges et transversales, qui sont moins téléguidés par le passé et demandent désormais davantage de précision. Et puis, que dire de la jouissance de reprendre un ballon de volée pour l’envoyer au fond des filets. PES 2018 offre certes un jeu plus direct face aux cages, avec moins de shoots de crevettes et drops que la concurrence, mais c’est aussi ça qui fait du bien. Cet aspect tueur que peut offrir la licence, tant le plus gros du travail aura été réalisé en amont. Parce que oui, il va falloir batailler avant de décrocher un diner aux chandelles avec le gardien de l’équipe adverse.

Plus lent que les éditions précédentes, avec un poil plus d’inertie et de ressenti physique, le poids (et sa répartition !) des joueurs se ressent d’avantage, et il va falloir s’appliquer dans la construction de son jeu ! Les « tout droit » se font rares (d’ailleurs, il va falloir apprendre à relâcher la gâchette d’accélération, c’est pas Chu Chu Rocket non plus) et le retour sur les bancs de l’école du foot inévitable. Jeu en permutation, débordement sur les ailes (les centres sont toujours dans l’attirail du fin limier, avec beaucoup d’appels aux poteaux de la part des attaquants. Ça surgit souvent, et c’est bien), possession, contre-attaque, etc, quelles que soient vos préférences, il va falloir bûcher dessus. Les instructions avancées s’enrichissent de quelques nouvelles tactiques comme les faux ailiers (qui s’écartent de leur position pour apporter du soutien dans l’axe, avec un latéral qui prend le relai), et l’IA n’est absolument pas en reste. Que ce soit contre des amis ou tout seul, le plaisir est toujours là et le CPU vous poussera dans vos derniers retranchements, pour peu que vous jouiez dans les difficultés les plus élevées. Comme cette élimination en 1/8ème de LDC contre Chelsea, qui plante le but de la qualif’ dans les prolongations avant de passer immédiatement en mode « park the bus » pour conserver son ticket. Les buts et les victoires vont se chercher dans PES 2018, et dieu que c’est bon, même dans la défaite.

PES 2018

Des manques à combler

A commencer par l’arbitre. Sachant enfin se servir de son sifflet correctement (finit les attentats impunis, surtout), on pourra toutefois reprocher le trop peu de fautes commises, ou sifflées, à vrai dire on ne sait pas vraiment où le juste milieu se situe sur ce point. Le fait est que le rythme des rencontres n’est pas haché, et n’en est que plus agréable, mais à la fois, le peu de phases de coups de pieds arrêtés ne participe pas au cachet réaliste que ce PES affiche dans tous les autres domaines. Les préférences de chacun trancheront sur ce point. Les gardiens se sont mis au diapason et sont plus efficaces que jamais, capables de parades à bout portant et arrêts grandioses. Toutefois, ils sont parfois auteurs d’un certain laxisme ou de boulettes, comme en vrai, et c’est un point dont nous aurions aimé nous passer. En effet, il peut être assez frustrant de se prendre un but bidon, avant de voir nos portiers dégainer parades sur parades par la suite. C’est parfois un manque de constance un peu incompréhensible qui en ressort, même si on chipote un peu, puisque dans la grande globalité des choses, ils font le taff. Sauf sur les frappes enroulées. #KryptoniteForever

PES 2018

Et puis vient le manque de licences habituel, même si l’on sait que la situation est plus compliquée qu’elle n’y parait (nombre d’entre elles ne peuvent pas être achetées avant plusieurs années). Alors oui, il est toujours possible de faire un tour sur Internet armé d’une clef USB pour ensuite mettre tout ça à jour, mais l’éditeur de maillots est une option uniquement disponible sur PS4, une fois de plus. Xbox One, fuck you. PC, fuck you (enfin pas totalement, puisque l’édition pour les pécéistes sera ENFIN au niveau des versions consoles cette année). Pour finir, un mot sur les commentateurs français ? Non ? Non. Même si, encore une fois, on souhaite une mort violente pour Darren Tulett (on t’aime Margotton !).

Article rédigé par JohnM , le

Pfiou, on y est ! Certes pas parfait (et un poil en manque dans son contenu), ce PES 2018 sort du banc pour de bon et nous offre une expérience footballistique tout bonnement excellente. L’instinct du buteur, son équilibre est sans faute et il remet ses crampons sur la table sans pression, avec des sensations qu’on croyait oubliées. Plus débridé que son édition précédente (mais aux fondamentaux déjà validés), visuellement impressionnant et comportant quelques modes comme co-op et la sélection aléatoire qui ramèneront les potos sur le canapé, la simulation de Konami se pose en tant que sérieuse alternative à FIFA, et peut même étendre son installation dans les chaumières si la partie en ligne tient la route. Pour ça, on vous donne rendez-vous dans quelques jours.

Points positifs

  • Un feeling fou. Ça respire football
  • Un photoréalisme qui marque, et une version PS4 Pro de toute beauté
  • Les automatismes comme la protection de balle et les animations des joueurs, dingues
  • Une IA au poil
  • La construction et la science du foot avant tout ! La tactique, c’est la vie
  • Le mode co-op et le retour de la sélection aléatoire
  • Le rythme des rencontres, très plaisant
  • Globalement plus débridé, plus « libre » que par le passé
  • Le physique des joueurs, qui se ressent sur toutes les actions, et la physique de balle, pour des amours de cacahuètes

Points négatifs

  • Comme d’hab, aucun effectif à jour sans le patch day one
  • Les licences absentes, l’éditeur de maillots uniquement disponible sur PS4
  • Darren must die
  • C’est tout pour le moment !

A propos de l'auteur

JohnM

JohnM

28 ans | Quota pioupiou

Grailleur de pépitos et de JRPG, en gros. Sinon je tweet, vu que personne dans l'équipe ne semble savoir comment fonctionne l'internet. Je vous ai parlé de Rocket League ?

Contacter

Commentaires