Test : Sol Cesto - PC

Sol Cesto - PC

Sol Cesto - PC

Genre : Rogue like

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Avec son univers tordu, sa grille minuscule et son amour du risque calculé, Sol Cesto parvient à accrocher très vite. Puis à garder le joueur au fond de son trou avec une efficacité assez suspecte.

Test effectué à partir d'une version PC

Le principe est simple, du moins en apparence. Il faut s’enfoncer dans des profondeurs générées aléatoirement pour remettre la main sur un soleil disparu, en explorant salle après salle une grille de 4 par 4 cases. Chaque tableau contient son lot de coffres, de pièges, de nourriture, d’ennemis et d’opportunités plus ou moins douteuses. Le twist, c’est qu’on ne choisit pas directement une case. Il faut sélectionner une ligne, puis accepter de laisser une part du destin décider du point d’arrivée. Toute la personnalité du jeu repose sur cette idée. Sol Cesto vous demandera de réfléchir, mais aussi d’accepter que la meilleure décision ne mène pas toujours au meilleur résultat.


En évitant les pièges menant à la frustration, Sol Cesto s’en sort grâce à une lisibilité exemplaire. Les probabilités sont claires, les dangers se comprennent vite, les effets sont bien indiqués et l’interface fait un excellent travail. En quelques minutes, on sait déjà lire une salle, repérer les lignes les moins mauvaises et anticiper le coût d’une erreur. Cette transparence change tout. Même lorsque le jeu se montre sévère, il donne rarement l’impression de tricher. Il expose ses règles et laisse le joueur se débrouiller avec elles, ce qui est finalement la moindre des politesses pour un titre qui adore jouer avec les nerfs.

Sol Cesto

Au bonheur des dents

Ce qui fonctionne immédiatement, c’est le rythme. Sol Cesto ne traîne jamais. On enchaîne les salles à une vitesse très confortable, les décisions sont rapides, et chaque run dégage cette petite tension nerveuse qui pousse à relancer une partie alors qu’on comptait arrêter depuis vingt minutes. Le jeu comprend très bien qu’un roguelite efficace doit savoir mordre vite. Ici, la boucle ludique se révèle en quelques instants, puis commence à serrer la gorge avec une belle régularité. Cette boucle tient aussi grâce aux outils que le jeu met progressivement entre les mains du joueur. Il y a les fameuses dents, qui modifient le comportement du personnage ou influencent certains paramètres du run, les objets ramassés en route, les petites synergies qu’on finit par identifier, et cette gestion permanente des ressources qui donne du relief à chaque choix. Le résultat n’a peut-être pas la richesse tentaculaire de certains cadors du genre, mais il suffit largement à créer de vraies dynamiques de partie. Certaines runs prennent d’ailleurs un plaisir particulier à commencer dans la douleur avant de basculer vers quelque chose de beaucoup plus maîtrisé. Le chaos n’est jamais totalement domestiqué, mais il peut au moins être orienté dans une direction rentable.

Sol Cesto

L’autre réussite majeure, impossible à contourner, concerne la direction artistique. Grâce à l’artiste Chariospiral, Sol Cesto a une vraie gueule, et une gueule qui reste en mémoire. Son monde souterrain ressemble à un conte étrange qui aurait mal tourné, avec des créatures grotesques, des silhouettes bancales et une ambiance qui oscille entre le burlesque et le franchement inquiétant. C’est un jeu qui se regarde presque autant qu’il se joue, non pas parce qu’il accumule les effets, mais parce qu’il tient une esthétique cohérente du début à la fin. Tout paraît bizarre, mais d’une bizarrerie maîtrisée qui présente un vrai caractère. Ce style visuel ne sert pas seulement d’habillage. Il renforce aussi la clarté générale de l’expérience. Malgré la densité des informations à l’écran, la lecture reste fluide. On identifie rapidement les menaces, les récompenses et les cases qui sentent le traquenard. C’est un détail en apparence, mais un détail crucial pour un jeu où l’on prend des décisions rapides en évaluant des risques permanents.

Sol Cesto

Hasard, mon mauvais ami

Évidemment, cette belle mécanique a aussi ses limites. Oui, le jeu donne des moyens d’influer la variable aléatoire du jeu, mais il arrive tout de même que certaines runs s’écroulent sur une succession de résultats franchement pénibles. Dans ces moments-là, Sol Cesto peut donner l’impression d’avoir pris un malin plaisir à ruiner une situation pourtant correctement gérée. Cela ne le rend pas mauvais, loin de là, mais cela impose d’aimer une certaine forme d’injustice contrôlée. L’autre limite touche à la variété. La grille de 4 par 4, aussi astucieuse soit-elle, révèle relativement vite l’étendue de ce qu’elle peut proposer. Bien sûr, les personnages, les objets, les biomes, les événements et les différents ajustements de run viennent enrichir l’ensemble. Mais le squelette, lui, reste très stable. Après plusieurs heures, on finit par ressentir une légère répétition. La structure générale varie moins qu’on pourrait l’espérer, et certains enchaînements prennent une allure un peu mécanique. Sol Cesto compense par son rythme et son identité visuelle, ce qui évite l’usure trop rapide, mais il lui manque encore un petit supplément de renouvellement pour aller chercher des noises aux cadors du genre.

Sol Cesto

La progression méta, de son côté, fonctionne plutôt bien sans être irréprochable. L’or ramené à la surface permet de débloquer des nouveautés, d’ouvrir l’accès à d’autres possibilités et de donner une vraie raison de repartir dans les sous-sols. L’idée d’extraire ses gains pour préparer les runs futures ajoute une tension bienvenue, car il faut constamment choisir entre confort immédiat et investissement à long terme. En revanche, les débuts peuvent sembler un peu secs. Les premiers déblocages ne donnent pas toujours une impression spectaculaire, et certaines parties se terminent avec ce sentiment un peu ingrat d’avoir surtout appris à mieux souffrir.

Sol Cesto

Heureusement, il compense cette relative austérité par une vraie envie de découverte. On croise des étrangetés, des situations improbables, des rencontres qui donnent au monde un relief inattendu. Sol Cesto possède une ambiance, une manière de rendre ses profondeurs intrigantes, presque attachantes à force d’être malsaines. On y revient autant pour perfectionner sa lecture des salles que pour retrouver ce drôle d’univers. Et c’est probablement ce qui le rend plus mémorable que bien d’autres productions du genre pourtant plus généreuses en contenu brut.

Sol Cesto

Au final, Sol Cesto est une excellente surprise. Son idée centrale est suffisamment forte pour porter l’ensemble, sa direction artistique lui donne une identité immédiate, et sa boucle de jeu a ce qu’il faut de tension pour devenir vite addictive. Tout n’est pas parfait. Le hasard peut parfois casser l’élan, et la variété n’est pas infinie. Mais le résultat reste franchement recommandable. Original, malin et souvent très prenant, Sol Cesto mérite largement qu’on s’y attarde.
27 avril 2026 à 10h26

Par

Points positifs

  • Une direction artistique très forte
  • Une boucle de jeu nerveuse et addictive
  • Une excellente lisibilité
  • De vraies décisions de prise de risque
  • Une identité bien à lui

Points négatifs

  • Un hasard parfois trop punitif
  • Une variété limitée sur la durée
  • Une progression méta un peu sèche
  • Certaines runs frustrantes
  • Une formule qui ne plaira pas à tout le monde

Gribouillé par...

Lorris

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Fin limier du mot

Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

Twitter : @Yolorris

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