Test : F.E.A.R.

F.E.A.R. - PC

Genre : Doom-like

Date de sortie : 21 octobre 2005

Genre
Doom-like
Date de sortie
21 octobre 2005 - France
Développé par
Monolith Software
Edité par
Vivendi Games
Disponible sur
PC, PS3, Xbox 360
Parfois appelé
FEAR, FEAR Combat, F.E.A.R. Combat
Site officiel
Site officiel

Le développement de F.E.A.R. aura ressemblé à celui d'un conte de fée : un jeu prometteur annoncé il y a relativement peu de temps (bah quoi, un an et demi, c'est peu, pour un doom-like). Il faut savoir que Monolith, expert en doom-like, nous a habitués à de nombreux retards dans ses créations, mais qu'elles ont pratiquement toujours été de qualité. Alors, F.E.A.R., ça déchire ta reum en 3D ?

 
 
Le scénario de F.E.A.R. se veut simple et riche à la fois. En effet, si dans la pratique vous incarnez un membre de la section des F.E.A.R., chargée de détruire une armée de clones dirigée par une force inconnue, la trame scénaristique mettra en scène une mystérieuse petite fille qui tue plein de gens. Pour corser l'affaire, le type que vous incarnerez semble avoir abusé de champignons magiques, puisqu'il est atteint d'hallucinations. Elles serviront surtout de prétexte pour vous montrer des photos bien gores de temps en temps, comme dans ces petits jeux en Flash destinés aux Kevin. Je vois d'ici les fraggeurs froncer les sourcils mais rassurez-vous, F.E.A.R. reste somme toute un jeu d'action bourrin, pas un survival horror à la première personne style Doom 3. Alors bien sûr, il se peut que vous sursautiez de temps à autre, si vous avez oublié qu'une hallucination pouvait surgir à tout moment, mais les cardiaques peuvent se rassurer : pas la peine d'overclocker son pacemaker avant de lancer une partie... sauf peut-être tout à la fin du jeu, dans quelques niveaux assez "Doomesques". Toutefois, même si le scénario est bien foutu et surtout très confus, on n'atteint pas ici les sommets des films de David Lynch (voire de tout film doté d'un scénario complexe aux multiples interprétations), ce qui réduit la rejouabilité du soft.
 

Boulay time

Inutile de se voiler la face, F.E.A.R. n'est pas original pour un sou, puisqu'il se contente de pomper des idées déjà vues ailleurs. Pour vous donner une idée, le jeu est un gros mix entre Half-Life 2, Doom 3, Far Cry et Max Payne 2. Je ne vais pas énumérer ici tous les points communs avec ces titres parce que j'en aurais pour des heures. En vrac, on pourrait citer les clones ressemblant aux marines de Half-Life 2, des mécanismes réalistes à la Far Cry (vous ne pouvez pas tirer en étant sur une échelle, vous ne pourrez porter que trois armes à la fois) et quelques instants survival horror à la Doom 3. Sans oublier le bullet-time, lui aussi issu de Max Payne, cet effet permettant de ralentir le temps pour mieux viser les ennemis et éviter les projectiles. Sa jauge se remplit avec le temps et son effet dure assez longtemps : vous pourrez donc en abuser lors des combats. Et en plus ça tombe bien, car ces affrontements sont souvent spectaculaires, bourrés d'effets spéciaux qui coupent ta carte graphique en deux, et surtout très rapides. Malheureusement, cela ne fait pas de F.E.A.R un jeu difficile puisque vous trouverez un peu partout des medikits et des seringues vous permettant d'augmenter définitivement votre jauge de vie. Et au cas où vous seriez encore en galère, vous pouvez transporter sur vous jusqu'à 10 medikits, chacun contenant 50 points de vie, et il est possible de sauvegarder la partie à tout moment. Alors si avec ça vous avez encore du mal, laissez tomber les doom-like.
 

Stupidité artificielle

Excepté le bullet time, l'autre atout des combats est l'IA des ennemis, plutôt réussie. Les clones communiqueront entre eux et établiront de véritables stratégies pour vous planter. Cela aurait pu être sympa si vous n'interceptiez pas leur radio, et s'il n'y avait pas quelques bugs ridicules : par exemple, il n'est pas rare de voir l'arme d'un ennemi traverser un mur. Dans ces conditions, difficile d'être surpris par un ennemi planqué quelque part... Quelques bugs de physique viennent aussi perturber les affrontements : collisions approximatives, comportement étrange des cadavres, les ennemis arrivent à voir à travers la fumée, et j'en passe. Et de toute façon, si vous jouez la carte de la prudence, vous aurez tout à y gagner : cachez-vous dans l'angle d'un mur et attendez que l'ennemi, lassé, vienne se faire exploser la tronche en passant devant votre fusil à pompe. Ces défauts sont d'autant plus regrettables qu'il y avait cette fois-ci la volonté de créer une IA digne de ce nom, repoussant largement les standards actuels en matière de FPS. Malgré tout, ces combats sont intéressants, intenses et on ne se lasse pas trop d'avoir toujours affaire aux mêmes ennemis, dont la variété se compte sur les doigts des deux mains d'un lépreux.
 

Prends des Duracell, gros !

Côté graphismes, F.E.A.R. se défend bien mais ne laisse pas un souvenir impérissable à cause de ses décors beaucoup trop répétitifs et classiques. La modélisation est impeccable, les effets de lumière en jettent et les explosions sont très réalistes, mais le début du jeu est moche et votre PC devra vaincre ce moteur graphique glouton en gigahertz et en gigas de RAM. Pour pouvoir en profiter à fond sans trop d'à-coups, comptez au minimum sur un Athlon 64, une carte graphique haut de gamme avec 256 Mo de RAM et 1 Go de RAM. L'idéal étant d'avoir carrément ses 2 Go de mémoire. Ca fait mal au portefeuille, d'autant plus qu'il y a malgré tout des bugs assez énormes et que la modélisation des ombres n'est pas toujours réussie. Petit plus sympa, vous aurez la possibilité de mater vos bras, votre torse et vos jambes, mais n'espérez pas entendre parler votre personnage, syndrôme Half-Life quand tu nous tiens... Enfin, si les développeurs n'ont pas commis la même erreur que ID Software dans son Doom 3 avec sa lampe torche qu'il était impossible d'utiliser en même temps qu'un flingue, cette fois-ci on sera confronté à un problème de batterie, la torche s'éteignant au bout de quelques secondes... Décidément, le soldat du futur s'équipe chez Lidl. Et pour finir dans le répertoire "cheap", je m'interrogerai toujours sur la présence de minuscules cadenas, cassés d'un coup de poing, abritant des salles remplies d'armes destructrices. Ce qui est certain, c'est que je ne veux pas le même cadenas sur mon vélo !
 

Tout ça pour ça ?

Difficile de dégager un avis net et précis sur F.E.A.R.. De toute façon, il suffit de voir les communautés des joueurs pour se rendre compte qu'il y a clairement le clan des amateurs et des détracteurs. En fait, le jeu intègre une compilation de plein de bonnes idées, avec un scénario solide et une ambiance sympa, le tout épaulé par un moteur graphique de qualité. C'est donc propre, bien soigné, même s'il reste pas mal de bugs. Néanmoins, je me vois mal conseiller ce jeu aux hardcore gamers, étant donné que sa durée de vie est ridicule (6-7 heures de jeu), que le mode multi est anecdotique et que sa trop grande facilité gâche le côté stressant que l'on est censé ressentir. Son concurrent direct est évidemment Quake 4, sorti en même temps que lui mais n'ayant pas bénéficié d'une campagne marketing à sa hauteur. Le titre de Raven propose une ambiance SF complètement différente de F.E.A.R. et un gameplay nettement plus bourrin. Sa durée de vie est meilleure, surtout que le mode multi ravira les fans de Quake 3, la difficulté est plus élevée, mais le jeu reste très très classique et finalement répétitif. Maintenant, à vous de choisir votre camp. Ou achetez donc les deux !
 

Article rédigé par Monsieur Tomate , le

F.E.A.R. est un très bon jeu d'action malgré ses lacunes : si on ferme les yeux sur ses différents bugs, sur son moteur graphique gourmand et sa répétitivité excessive, on ne peut qu'être ravi par un scénario travaillé, des combats intenses et plein d'effets spéciaux qui arrachent la rétine... à condition de déguster pour ne pas le finir en une soirée.

Points positifs

  • Gameplay bien rodé
  • IA réussie (bien que buggée)
  • Scénario intéressant

Points négatifs

  • Environnements répétitifs
  • Trop court
  • Nécessite une grosse config

A propos de l'auteur

Monsieur Tomate

Monsieur Tomate

31 ans | Grand gourou

Depuis la fondation de GameHope en septembre 1999 sous le nom de HardGamers, le taulier du coin n'a cessé d'abuser de son fouet pour faire régner la terreur parmi son équipe. Ingénieur en informatique le jour, tyran impitoyable sur GameHope la nuit, on ne l'arrête jamais et gare à vos fesses si vous vous trouvez au travers de sa route lorsqu'il a en tête un énième plan diabolique, vous risqueriez de boîter le lendemain...

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