Test : Hitman : Blood Money

Hitman : Blood Money - PC

Genre : Action Infiltration

Date de sortie : 26 mai 2006

Genre
Action Infiltration
Date de sortie
26 mai 2006 - France
Développé par
IO Interactive
Edité par
Eidos Studios
Disponible sur
PC, PS2, Xbox 360, Xbox
Parfois appelé
Hitman 4 : Blood Money
Site officiel
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Au sondage enquêtant sur notre comportement de joueur, j’ai répondu « je m’y crois à fond ». Mais c’est vrai, je suis vraiment comme ça. J’en veux pour preuve que lorsque je joue à Oblivion, j’enfile mon armure et mon casque en tissue que je cache secrètement sous mon lit. Pour Hitman, c’est un peu plus compliqué : je n’ose pas encore me raser le crâne.

 
 
Non mais c’est vrai, si je me rasais les cheveux, il me serait alors impossible de jouer à Tomb Raider dans de bonnes conditions ! Il m’a donc fallu trouver une astuce : comme notre agent 47, j’allais moi aussi me déguiser. Et pas en n’importe quoi, en poulet, comme lui. La classe. Car il faut bien avouer que la véritable révolution de cet opus ne réside pas dans son gameplay, ni dans ses graphismes, mais bel et bien dans la multitude de déguisements débiles que l’on peut revêtir. Hein ? Je me moque de vous ? Mince, comment vous avez deviné dites donc….
 

Les joies des retrouvailles

Aaah, quel plaisir de replonger dans cet univers ! Un bref tutorial nous permet directement de renouer avec notre beau nettoyeur. L’ambiance propre à Hitman, à la fois si adulte et si religieuse, est toujours aussi bien retranscrite. On remarque que les contrôles ont effectué un petit changement d’orientation afin de –j’ai grillé les développeurs– pouvoir être facilement adapté à tout types de supports (PC et Consoles). On retiendra notamment la gestion de la caméra qui se fait désormais entièrement à la souris, et indépendamment du contrôle du personnage. Exactement comme Splinter Cell si vous préférez. Un tout petit peu déroutant au début, ce gameplay s’affirmera par la suite, la faute à de plus amples actions réalisables. Ca reste au final très intuitif et efficace, ce qui est à l’image des méthodes peu orthodoxes de notre ami tueur à gages finalement.

Le niveau du tutorial, dirigiste au possible, est juste prétexte à nous faire réviser les mouvements classiques de notre agent, et en apprendre d’autres un peu plus inédits : strangulation en hauteur, diversion à la pièce de monnaie, désarmement d’adversaire, lancé de couteau, prise d’otage et, gros plus, simulations d’accident (en piégeant un lustre par exemple). A noter que l’on peut désormais déposer notre bombe télécommandée où bon nous semble, ce qui l’air de rien rallonge beaucoup la prise de liberté dans la réalisation des missions. Autres nouveautés, la possibilité de planquer des corps dans des conteneurs, ou de les balancer par-dessus un balcon. De même, on peut nous aussi se cacher dans un placard tel un Solid Snake. On regrettera par contre de ne pas pouvoir disposer les corps dans ces mêmes placards, ce qui fait justement défaut comparer à Metal Gear Solid et qui casse un peu l’immersion lorsqu’on se retrouve dans une pièce avec plein de placards et aucun moyen de se débarrasser du corps. Pour râler un dernier coup dans ce domaine, il est impossible de cacher plus d’un seul cadavre par conteneur. Dommage. Mais il faut aussi dire que les pros qui adorent finir les missions avec le grade « Silent Assassin », ne sont pas tout de suite concernés par ce défaut.
 

Souriez, vous êtes filmé

Mais la véritable nouveauté de cet Hitman réside dans le fait qu’après chaque contrat réalisé, celui-ci fait l’actualité dans le journal. Pas question donc de passer devant une caméra de sécurité, un caméscope de journaliste, ou encore sous le flash de l’appareil photo d’un touriste. Imaginez que vous passiez dans la presse, le reste des missions serait alors de plus en plus un chalenge, avec des ennemis au courant de ce que vous êtes, à quoi vous ressemblez, sachant comment vous procédez, et prêts à réagir au quart de tour ! Dans la pratique, cette nouvelle dimension qu’offre le jeu s’opère par un système de notoriété, sur 100. Vous pourrez d’ailleurs faire baisser celle-ci en corrompant les flics notoires, en obtenant le silence de témoins, ou en vous créant une toute nouvelle identité. Faites donc preuve de discrétion dans l’exécution de vos contrats, vous serez moins célèbre, et irrémédiablement plus riche. Et l’argent justement est nécessaire dans les méthodes pour baisser votre notoriété. Ce qui parait assez peu efficace : plus vous serez discret, plus vous serez riche, moins vous serez célèbre, moins vous aurez besoin de dépenser. Pourtant, le fait que vous pouviez à un moment ou à un autre péter votre cable et finir une mission en bourrinant, vous fera remercier le Seigneur d’avoir si bien jouer auparavant.
L’argent servira aussi dans l’upgrade de vos armes. Vous pourrez en effet rajouter un silencieux sur votre snipe, augmenter la capacité du chargeur de fusil, équiper votre silverballer d’une visée laser, etc. Tout est fait finalement pour qu’on prenne plaisir à pratiquer ce modeste métier qu’est nettoyeur, de la préparation de sa mission, jusqu’à l’arrivée sur les lieux du crime, et tout est véritablement construit pour qu’on s’y croie. Prenons par exemple cette simple nouveauté qu’est la gestion de la caméra. Le simple fait de pouvoir la positionner où bon vous semble rend déjà toutes vos actions bien plus spectaculaires. Regardez, vous pouvez désormais tourner le dos à un agent qui s’approche de vous, viseur aligné sur sa tête, le flingue planqué devant votre nombril, et attendre le moment où il est suffisamment proche pour recevoir son plomb. Observer le demi-tour de notre tatoué pour descendre ce malchanceux est un plaisir qui ne se discute pas (bon si, mais qu’avec vous alors).
 

Plombier ? Peintre ? Non, nettoyeur…

Il nous était annoncé un Hitman véritablement révolutionnaire, rattrapant de loin le travail effectué sur le précédent Contracts, et proposant de véritables nouvelles sensations de jeu. Fondamentalement, ce Blood Money n’est en fait que l’approfondissement quasi ultime d’un concept déjà culte. Les principales nouveautés, elles ont déjà été citées, et on ne peut objectivement pas dire qu’ici les mecs d’IO-interactive se sont reposés sur leurs lauriers comme précédemment. Reste qu’on est en terrain connu : le gameplay reste quasi-inchangé, on retrouve la même interface de l’inventaire, les mêmes procédés routiniers tels que les déguisements, et fatalement les mêmes sensations de jeu. Mais voilà, comment rendre plus efficace un concept qui a déjà fait ses preuves ? C’est pourquoi les principales retouches du jeu ont été faite sur ce qui gênait encore dans l’immersion du jeu. A savoir l’IA des adversaires : elle est désormais plus cohérente et nous invite vraiment à la tromper par les quelques subterfuges prévus par les développeurs. Maintenant, elle est capable de repérer les traces de sang, celles là même qui suivent un cadavre traînant qui viendrait de recevoir quelques plombs. Plus question donc d’utiliser son flingue à tout va. Elle repère aussi les objets douteux comme ce silencieux que j’avais jeté devant la maison blanche. De même, lorsque des gardes nous fouillent et trouvent une arme sur nous, ils ne nous sautent plus à la gorge mais nous demandent gentiment qu’on leur donne nos armes. Bref, c’est véritablement agréable de se balader dans ces nouvelles arènes, toujours aussi grandes et incroyablement bien level-designé, mais qui cette fois-ci respire en plus le réalisme, plus que jamais ! Mention spéciale à la fameuse mission où l’on doit se déguiser en poulet, avec un mouvement de foule vraiment saisissant ! On finira d’ailleurs sur les objectifs des missions qui, même s’ils se ressemblent tous (atteindre sa cible), ne se réalisent jamais de la même manière, surtout lorsque cette manière n’est jamais exclusive. On a vraiment un large panel de choix par mission et la rejouabilité en est forcément renforcé. Bien évidemment, on retrouvera tout de même une méthode ultime, laquelle nous sera « dévoilée » si on prend bien le temps d’étudier la carte et toutes les indications qu’elle transmet. Reste que cette méthode n’est pas forcément la plus jouissive, ou en tout cas, n’est sans aucun doute pas la plus accessible.

Une grosse amélioration sur l’IA, voilà qui donne vraiment un gros plus à la licence. Mais le jeu aurait tout de même encore gagné à être doté de quelques autres modifications. Si on se contentera des graphismes, majoritairement très jolis, la faute à des graphistes qui arrivent à faire des merveilles sur un moteur 3D assez vieillot, on regrettera quand même des personnages un peu trop « poupée de chiffons », et prenant une pause souvent ridicule lorsqu’ils succombent. Le plus dommage, c’est que c’est Hitman premier du nom qui a instauré pour la première fois dans un jeu un véritable moteur physique avec le rendu Ragdoll. Ne pas faire évoluer cette technique pour la ramener au goût du jour est donc fort dommage. Dans le menu des déceptions, on regrettera aussi un scénario pas aussi grandiose que ce que l’on nous avait promis même si la fin est définitivement culte !
 

Article rédigé par Tatane , le

13 missions toutes plus passionnantes les unes que les autres ; une bonne demi-heure pour finir la majorité d’entres elles en Silent Assassin ; la possibilité de les rejouer toujours différemment, avec des méthodes et des armes très (!) différentes ; Blood Money se rapproche véritablement du Hitman ultime. Pas foncièrement différent des autres, il pousse le concept jusqu’à la perfection, ou presque. On peut encore faire mieux !

Points positifs

  • Le concept toujours excellent
  • Une IA plus travaillée
  • Le système de notoriété
  • Pouvoir upgrader ses armes
  • Des missions vraiment bien foutues

Points négatifs

  • Un scénario trop évasif
  • Techniquement non Next Gen
  • Pas de véritables révolutions

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