Test : Bad Day L.A.

Bad Day L.A. - PC

Genre : Action

Date de sortie : 22 septembre 2006

Le concepteur et réalisateur American McGee revient sur les devants de la scène avec son prochain opus Bad Day L.A. Un jeu à la troisième personne où votre défi sera de combattre vos propres peurs tout au long d’une journée bien mal partie dans la ville de Los Angeles.

 
 
Si le nom d’American McGee ne vous dit pas grand-chose, cela peut se comprendre car le monsieur est de nature très discrète mais néanmoins hors norme. Il fit tout simplement ces premiers pas en tant que designer sur des références célèbres comme Doom II ou Quake puis préféra par la suite partir à l’aventure seul pour exprimer son talent dans des opus aux univers particuliers. Ainsi les titres de Scrapland et d’American McGee's Alice vus le jour et reçus, en particulièr le dernier, un accueil triomphal et surtout une reconnaissance du talent d’American McGee à dépeindre et à réaliser des titres originaux et soignés. Bad Day L.A sera-t-il digne d’assouvir nos pulsions et de nous offrir un moment ludique intense ? Le concept semble à l’image de son créateur diaboliquement sympathique.
 

Un scénario délirant

Tout commence par une intro en cell-shading aux petits oignons, vous faisant comprendre que cette journée ne sera pas de tout repos. En effet, un avion de ligne bourré de toxines s’écrase sur une autoroute de Los Angeles à deux pas de votre pauvre caddie. Oui, ici pas de Bruce Willis ou autre chauve super héros pour sauver la planète mais tout simplement vous, un pauvre clodo du Bronx tout juste bon à pousser votre charette. Il va falloir faire vite, la toxine se répand et les humains se transforment petits à petits en zombies dégueulant de la morve, contaminant ainsi d’autres personnes. Heureusement vous êtes là, armé de votre extincteur pour éradiquer cette attaque terroriste. Un scénario un peu farfelu mais pourquoi pas à prêt tout, un peu de fraîcheur ne peut faire que du bien. Los Angeles va en prendre plein la poire au cours de votre escapade, on passera par une attaque terroriste à un tremblement de terre en passant par une lame de fond dévastant tout sur son passage, le tout sur un total de 10 missions.

Vous vous baladerez ainsi à accomplir divers objectifs quant à eux très classiques : tuer 5 terroristes par ci ou sauver 10 personnes par là en suivant la grosse flèche jaune. Chaque bonne action rendra les civils plus câlins à votre égard sinon comme de stupides citoyens ils vous jetteront des bouteilles en pleine gueule ou tout autres objets à leurs dispositions. Ne vous attendez pas à des animations poussées des personnages, le tout reste très basique et les mouvements de foules frisent parfois le ridicule. Bref, pour vous aider dans votre tâche complexe de sauvegarde de l’humanité, toutes sortes de potos viendront se joindre à vous comme Jackie à la tronçonneuse qui se fera un plaisir à dessouder du mutant. Les zombies pissent le sang, les passants brûlent dans un cri d’extase, les cadavres jonchent le sol mais on en rigole partiellement grâce en partie au moteur graphique en cell-shading qui apporte une touche cartoon et décalé au soft. A cet effet, les cinématiques utilisant le moteur sont superbes et vraiment bien réalisées. Le scénario est sympathique, le moteur graphique mignon mais voici les seuls et uniques ingrédients qui suscitent un peu d’excitation rétinienne, le reste est une bouillie infâme pour anorexique ludique.
 

McGee, c’est à toi la crotte là ?

Par où commencer, je ne sais… Beaucoup trop de points techniques viennent entacher ce soft au point de le rendre non comestible. Prenons par exemple, l’IA des terroristes qui frôle avec la puissance technologique d’un Pong d’antan. En mode de difficulté normal, vous ferez cribler de balles à des kilomètres sans voir vos assaillants sans parler des morts ridicules qui s’enchaîneront de plus belles avec dégoût. Perdre 100 % de sa vie pour une voiture qui vous fonce dessus bêtement on se demande si le danger vient des terroristes ou plutôt des développeurs stupides qui nous pondent ce genre d’événement. Comme si cela ne suffisait pas, au bout de 2 missions, la linéarité des missions et leurs répétitions commencent à devenir lourde au point que l’on se demande la raison qui nous pousse à continuer l’aventure un peu plus loin. Suivre une flèche jaune dans un parcours linéaire c’est bien pour un tutorial mais dans un jeu complet cela devient vite rébarbatif. L’interaction avec le décor minimaliste est quasi-inexistante, de même que l’ambiance sonore qui a du être oubliée en cours de route par les développeurs. On se contentera d’une musique en qualité midi par niveau avec des petits gémissements de notre clodo lors de saut eux aussi de piètre qualite. Si le scénario est immersif, la réalisation est elle complètement bâclée, et enlève tout plaisir après un court délai de jeu.
 

Article rédigé par Dtox , le

Bad Day L.A nous amuse 5 min par son scénario amusant et son humour décalé. Passé ce délai, la réalisation plus que faiblarde se dévoile au grand jour, nous laissons comme seul conseil de voir plus loin si l’herbe est plus verte ailleurs. McGee nous a complètement déçu et on espère qu’il ne fera pas la même erreur deux fois, enfin surtout pour lui…

Points positifs

  • Scénario amusant
  • Moteur cell shading

Points négatifs

  • Réalisation bâclée
  • IA poussive
  • Trop linéaire
  • Ambiance sonore inexistante

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