Test : Dark Messiah of Might and Magic

Dark Messiah of Might and Magic - PC

Genre : Action RPG

Date de sortie : 26 octobre 2006

Dark Messiah s’est fait attendre pour plusieurs raisons, mais personne ne saurait vraiment dire en quoi il pourrait être le messie du FPS. En réalité, ses atouts majeurs sont tout con : il est l’un des rares shoot à privilégier les épées aux shotguns, et son univers est celui d’un Heroic Fantaisy, ce qui est bien pratique pour séduire le public depuis que la trilogie de Peter Jackson est passé par là…

 
 
Bon, puisque j’ai fini Dark Messiah deux fois cette semaine, je vais me permettre de me la péter un peu et de faire le mec exigent : je suis super déçu. Ben ouais, désolé, mais pour 8 heures de jeu, s’amuser dessus que la moitié du temps –le reste étant ennuyeux ou bouffé par les temps de chargements inépuisables– ça fait un peu mal au cul. Pourtant, l'autre moitié si bandante vaudrait peut être la peine d’être vécue…
 

Dark Messiah, pourquoi c’est bien ?

Dark Messiah est grosso modo un bon jeu au début, et puis aussi à la fin. Une première partie épique vous attend en effet en introduction, avec des scènes scriptées avec talents tels des mecs de chez Valves. La cité est attaquée, des mercenaires plantent la populace, un cyclope dévaste des soldats d’un geste du pied, et vous, vous regardez tout ça se faire, allongé au sol, pendant qu’un gardien vous tire par les épaules (vous avez été un peu maladroit en début de partie et êtes tombé de votre cheval, diantre !). Heureusement, une fois sur pied, vous récupérez une épée et commencez à agir. Et c’est à ce moment là qu’on découvre la puissance du titre d’Arkane. Maîtriser l’épée est un pur bonheur. De part sa facilité bien sûr, mais aussi de part l’efficacité ressentie ! C’est la première fois dans un FPS que j’arrive à être persuadé que le type qu’on incarne n’est pas une pédale, mais bien quelqu’un de compétent (peut être pas mentalement par contre, mais on y reviendra). Enfin équipé d’une épée, les bras de notre guerrier s’amusent à faire des moulinettes avec la lame, à s’échauffer le poignet, et enfin à se préparer au combat (selon l’histoire, Sareth, le héros, vient de chevaucher un moment sans avoir pu trancher quoique ce soit, donc il est un peu dégoûté). Et à partir de là, à nous de prendre la pose en armant une frappe à l’aide d’une des quatre directions et choisir le type d’attaque que l’on veut exécuter : planter, trancher, à vous de choisir ! De plus, une touche est assignée pour un coup de pied qui se révèle essentiel dans la bonne maîtrise d’un combat. Ce dernier se révèle en fait très puissant, capable de renverser un ennemi à terre pour peu qu’il soit déjà un peu épuisé. On pourra le tuer si on le pousse dans le vide, ou toujours le blesser si c’est dans un escalier. Une fois étaler au sol, impuissant, vous pourrez achever l’ennemi d’un coup de grâce, avec toujours beaucoup de classe, bien évidemment. Et cette classe, c’est ce qui fait réellement la force du titre : on s’y croit un max ! Je vous décrivais les mouvements d’épée, mais le héros maîtrise aussi parfaitement son arc et sa magie, et ses gestes sont toujours sûr. La préparation d’une boule de feu par exemple, puissante donc longue à préparer, s’illustrera de nos deux mains en train de la modeler telle une boule de neige lorsqu’on veut qu’elle soit bien ronde (les amateurs se reconnaîtront). Notre arc se verra être une véritable machine à tuer, notre héros armant les flèches avec style et rapidité, et n’hésitant pas à désarmer l'arc de sa flèche pour percer l’œil d’un adversaire un peu trop près avec la pointe de celle-ci. Oui je sais, on sent l’influence Legolas. Et alors, c’est le pied ! Ce type d’attaque comme le head shot à la flèche, ne se déclenche que lorsque vous avez suffisamment d’adrénaline dans le sang, ou plus exactement ici, dans la jauge située à côté de votre barre de vie. Une fois remplie, toutes les armes ont un coup critique, illustrées toujours de façon impressionnante : décapitation, décharge électrique, soulèvement d’armoires, empalement…que du très lourd. On a véritablement des centaines de possibilités pour détruire un ennemie !

Plus que tout, le système de compétence est l’atout majeur du jeu. C’est grâce à lui qu’on pourra être persuadé que, même si le jeu ne dure que 8heures, ses 50 € ne seront pas volés. Pour une fois dans un jeu, il y a effectivement une vrai présence de rejouabilité : Jouer un pur guerrier, un pur mage, ou un mix entre les deux fait une véritable différence. D’abord dans sa manière de jouer bien sûr, mais aussi dans les armes, qui seront parfois innessayables si l’on n’a pas les compétences requises. Et durant la partie, selon votre choix, vous vous direz à plusieurs reprises des phrases dans le genre : « Ah mais non ! Pourquoi je ne peux pas me revêtir de cette putin d’armure ?! », et serez irrémédiablement convaincu de recommencer le titre. D’autant plus que, vers les derniers chapitres, vous vous éclaterez de nouveau comme un malade. Car à ce moment là, vous êtes désormais puissant et avez une véritable expérience du combat. Vous anéantissez vos ennemis les doigts dans le nez, ceux-là même qui vous faisiez galèrer en début de partie. Une véritable sensation de puissance vous envahit, ce jusqu’au boss final qui vous aviez déjà fait comprendre que vous étiez une sous merde à plusieurs moment de la partie, et que vous éliminerez tout aussi facilement. Peut être un peu trop facilement d’ailleurs, ils ont un peu déconné. Mais peu importe, la sensation est là !
 

Dark Messiah, pourquoi c’est PAS bien ?

Plusieurs choses font de Dark Messiah une assez chiante déception. Le plus gros problème vient d’une grosse partie du jeu où l’on se fait incroyablement chier. Malgré une durée de vie relativement « honnête » pour notre époque, on ne peut pas s’empêcher de se dire que le plaisir ressentit est totalement irrégulier durant la partie. En effet, toute la période centrale du jeu se déroule dans des grottes et des souterrains, peuplés de morts vivants bidons auxquels il ne fait pas jouir de les décapiter. En tout cas, pas au bout du 521ème…Graphiquement ensuite, malgré que le Source Engine ait une place de choix dans mon cœur au vu de ce qu’il affichait à Half-life², ne rend pas grâce à Dark Messiah, ou en tout cas pas régulièrement. Pourquoi passé autant de temps dans des grottes puisque le Source est incapable de gérer correctement les effets d’ombres et de lumière ? C’est d’autant plus frustrant que les passages à l’air libre sont, eux, réellement réussis, immergeants, tout autant que les environnements ruraux de Half-life², en guise de comparaison. En fait, le jeu reste quand même en dessous de la production de Valve. Les personnages par exemples, sont bien moins crédibles. Leana, de DM est bien moins séduisante que Alyx Vance, et Arantir, le gros méchant, moins charismatique que le dictateur de city17. Et les défauts sont toujours présents, alors qu’Arkane savait pertinemment qu’on les redoutait. Les temps de chargements donc cassent le rythme bien comme il faut (bien que les niveaux semblent être un peu plus grand que ceux de Half-life²), et l’abus de HDR fait mal aux yeux. L’ensemble est enfin trop carré, ce qui souligne son retard technique au vu des productions actuelles. Pourtant, ils profitent encore des avantages hein, pas de problème, le moteur physique est utilisé à foison et intelligemment. Il l’est aussi jubilatoire qu’armé d’un pistolet anti-gravité.

Sur quoi d’autres râler ? Le scénario est un peu trop facile, le héros est un minable dans ses raisonnements et nous oblige à nous faire manipuler comme une crétin. Les ennemis sont peu variés, et il en va de même pour les boss. Au bout du troisième cyclope, l’effet de surprise est inexistant, de même que pour le dragon cracheur de foudre qui se permettra de faire une énième apparition en guise de boss final…Il y a aussi cette bonnasse de service qu’on ne pourra mater que trente secondes dans le jeu mais qui polluera nos baffles tout au long de la partie de sa voix exaspérante, jusqu’à ce qu’on décide (mais vous aurez le choix) de la brûler dans de…l’eau. Une fois morte, on ne pourra plus se transformer en démon : quel dommage, on ne s'en servait jamais tellement c'est inutile. On se plaindra aussi un tout petit peu sur la difficulté trop irrégulière. Trop difficile au début, trop facile à la fin. Enfin bon, ça a le mérite, encore une fois, de nous faire ressentir notre montée en puissance. Mais prévoyez des moments de rages et des lancées de souris à travers l’écran. Sans compter les bugs qui vous bloquerons dans les murs, ou ceux qui vous téléporterons sur windows. Vivement les patchs quoi… !
 

Article rédigé par Tatane , le

Il ne faut pas non plus être mauvaise langue. Dark Messiah surprend agréablement par son thème médiéval et son gameplay à l’épée ; par ses très bonnes mises en scène, ses maps ouvertes, et ses sensations procurées ; enfin, par les différents chemins que l’on pourra prendre, dans les compétences du personnage, mais aussi dans le scénario qui proposera tout de même deux fins. Cela étant dit, attendez-vous à de multiples déceptions au cours de vôtre première partie. Une fois celle-ci digérée, une fois la traîtrise encaissée, puis acceptée, la rejouabilité sera savoureuse et vous regretterez de moins en moins vos 50 balles passées dans le soft. Enjoy !

Points positifs

  • Gameplay à l'épée
  • De véritables sensations
  • Rejouabilité évidente

Points négatifs

  • Le Source Engine et ses limites
  • Une bonne partie bien chiante
  • Difficulté mal dosée

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