Test : Keepsake - Aventures à Dragonvale

Keepsake - Aventures à Dragonvale - PC

Genre : Aventure

Date de sortie : Début 2006

Genre
Aventure
Date de sortie
Début 2006 - France
Développé par
Wicked Studios
Edité par
Micro Application
Disponible sur
PC
Site officiel
Site officiel

Question : que se passe t-il lorsqu'un handicapé de la logique se confronte à un Myst-like aux énigmes particulièrement retorses ? Réponse : frustration, crises de nerfs, et céphalées carabinées. Heureusement, Wicked Studios a pensé aux simplets de mon espèce et invente le jeu dont la soluce est directement intégrée. Merci Wicked Studios. Tiens, ce système est tellement surpuissant qu'en fait on a même pas besoin d'y jouer, à leur soft.

 
 
Petit déjà, je séchais sur les jeux du journal de Mickey. Même le dessin qu'il fallait trouver en reliant des points numérotés me paraissait insurmontable. Que voulez- vous... dix générations de consanguinité, ça ne donne pas forcément que des prix nobels. Après avoir remis en branle mes trois neurones grippés par tant de quêtes débiles à World Of Warcraft, je me lançais tel un Champollion moderne dans la première énigme : comment jouer à Keepsake sur windows XP ?
 

La rétro-compatibilité, c'est trop bien !

Chez Wicked Studios, on a un sens de l'humour un peu spécial, ou bien on ne béta-teste pas les jeux qu'on développe. Ou encore, Keepsake est terminé depuis sept ans et on vient juste de décider de le commercialiser, là, comme une envie de chier. En effet, le jeu plantait lamentablement sur ma config dès le lancement. Après avoir écumé quelques forums, et proféré trois ou quatre jurons ne figurant pas dans le Petit Larousse, la solution miracle m'apparut ; il suffit de lancer l'éxécutable en "mode de compatibilité pour Windows 98". L'évidence, quoi. Keepsake et moi, c'est une histoire qui commençait très mal.
 

Lydia à l'école des sorciers

Lydia est une jeune fille étrangère au monde de la magie, mais qui vient d'être acceptée dans la seule école de magie, Dragonvale, accueillant les non-nobles (toute ressemblance avec le binoclard de JK Rowling n'est évidemment pas fortuite et vise à surfer la vague). Le jour de son arrivée, au lieu d'être accueillie par son amie d'enfance, elle découvre une école aussi déserte qu'un Bagdad sous les bombes. Seul un clebs nommé Zak, qui se prétend être en réalité un puissant dragon changé en chien par un tour de ses camarades, semble avoir échappé à la malédiction qui a frappée Dragonvale. Evidemment, tel le Poudlard de Harry Potter à l'ecole des sorciers, les lieux sont truffés de mécanismes plus ou moins magiques. Ca tombe bien, je me disais justement qu'un bon mal de crâne me ferait oublier mes douleurs à l'estomac.
 

Alors c'est Majax, Garcimore, et Sylvain Mirouf qui entrent dans un bar...

Le gameplay est d'une simplicité divine, et tout se fait d'une seule main avec la souris. Il s'agit d'un "point and click" tout ce qu'il y a de traditionnel. On clique sur le décor pour déplacer son avatar, et on quadrille l'écran avec le curseur pour découvrir s'il est possible d'interagir. Allergiques au procédé, s'abstenir. Personnellement, j'ai tendance à ne pas faire partie de la secte aigrie des nostalgiques qui déplorent la raréfaction des jeux du genre. Il est trop fréquent d'être bloqué parce qu'une sortie ou un élément du décor n'est pas assez évident, et Keepsake ne fait pas exception à la règle. Que le point and click tombe bien vite dans l'oubli, et tout ira pour le mieux. Merci d'envoyer vos insultes à Tomate, qui transmettra.

Vous venez d'investir dans une 7800 GTX/chauffage d'appoint, et vous souhaitez lui donner à mâcher une production récente, pour que son poil reste doux et soyeux ? Achetez F.E.A.R. Avec ses décors en 2D façon Final Fantasy 7 (en moins beau) et son héroine modelisée avec une poignée de polygones, Keepsake tournera sagement sur n'importe quelle configuration de RMIste. Quand aux (rares) cinématiques, elles brillent par... leur immobilisme. Le château et ses environs ont tout de même bénéficiés de la patte de graphistes de talents et il est plaisant de se balader dans si oniriques décors, malgré le pas de course pachydermique de la miss Lydia. On ne peut en dire autant du design atroce des personnages, tous affublés du même visage porcin. La consanguinité, là aussi probalement.
 

Assistanat du joueur

Le jeu ne laisse pas le joueur batifoler très longtemps avant de lui coller une nouvelle énigme tordue dans les gencives. Si le sudoku est autre chose pour vous qu'une forme vicelarde de torture mentale, si vous plonger dans deux heures de méditation zen pour entrevoir la solution à une énigme ne vous fait pas peur, alors Keepsake vous tend les bras. Brillamment pensés, les casse-têtes imaginés par les développeurs rivalisent d'originalité et de difficulté. C'est là qu'on arrive à la chose qui fâche, le faux-pas qui fait basculer le jeu sympatoche au jeu à qui il faut dire "non, j'en veux pas".
C'est devenu une constante ; à tort ou à raison, on prend de plus en plus le joueur pour un sous-doué incapable de persévérance. Dans le cas qui nous intéresse, un cap a été franchi. Qu'il soit possible de consulter plusieurs indices pour s'huiler la comprenette, très bien. Qu'il soit donné la possibilité au joueur de se faire livrer LA SOLUTION sur un plateau d'argent, là je dis stop. Oui, il est tout à fait possible de terminer Keepsake sans résoudre une seule énigme. Par sa seule présence, ce gadget, que je n'aurais jamais voulu découvrir, prive le jeu de tout challenge et compromet illico toute motivation à aller plus avant dans l'exploration de Dragonvale. Dont acte en ce qui me concerne.
 

Article rédigé par Le-Saint , le

Somme de choses aberrantes et de riches idées, Keepsake pourra occuper une trentaine d'heures les intellos du mulot. Probablement beaucoup moins, lorsque sera lancé l'engrenage de la facilité, dés la première énigme trop corsée. Si, si, l'homme est faible par nature. Ni aussi rigolo que Ankh (du même éditeur), ni aussi envoûtant que Myst V, il ne trouvera place que dans la ludothèque des trois derniers irréductibles du genre encore en vie sur la planète.

Points positifs

  • Enigmes excellentes
  • Des dragons, plein de dragons
  • Scénario accrocheur

Points négatifs

  • Livré avec la soluce...
  • Animations et design des personnages affreux
  • Parfois trés niais
  • Livré avec la soluce, bordel...

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