Test : Two Worlds

Two Worlds - PC

Genre : Oblivion-like

Date de sortie : 18 mai 2007

Après les deux tsunamis consécutifs que furent Oblivion et Gothic 3, le genre RPG semble en marche pour de bon au sommet des ventes. Que répondent les polonais de Reality Pump à ces deux hits bien ancrés dans le paysage vidéo-ludique? Pas mieux qu'une réponse en demi-teinte.

 
 
Mauvais point dès le départ pour Two Worlds. Mesure anti-piratage oblige, Reality Pump s'appuie sur le traditionnel système de clé-cd. La nouveauté ici, c'est la nécessité d'activer son produit par internet ou téléphone (que je déconseille) pour se lancer dans l'aventure. Pour cette activation, il faut : Entrer la clé-cd ; Saisir un code d'activation ; Remplir un formulaire ; Récupérer le code d'accès sur son e-mail. Bref, de quoi gâcher tout le plaisir de cliquer sur "Nouvelle Partie" juste après l'installation. L'incident étant clos, j'ai tout de même fini par m'y lancer, dans ces deux mondes...
 

L'étoffe des hayros

Le système de création de personnage est minimaliste. On y modifiera un ou deux détails de notre apparence (masculine seulement), on alloue les points d'attributs et zou, à l'aventure. Il n'existe pas de classes de personnages dans Two Worlds, la progression se fait en fonction des compétences que vous augmenterez au fur et à mesure des niveaux. Les-dites compétences sont dans l'ensemble bien classiques : se battre à deux armes, aveugler l'ennemi, sans compter les nombreuses autres possibilités de combats rapprochés ou à distance. On retrouve le panel habituel de compétence de guerrier, mage et voleur, désormais surexploité par l'ensemble des jeux du genre. L'originalité est à chercher dans le système de magie qui se démarque légèrement de la norme. Les sorts sont matérialisés par des cartes à trouver chez des marchands, lors de quêtes ou sur le cadavre d'ennemis désormais moins belliqueux. Pour améliorer la puissance des sorts, il est possible de combiner plusieurs cartes identiques, de même que pour les objets courants. Ainsi, un guerrier pourra se forger une épée de bonne facture en combinant deux moins bonnes et ainsi de suite, à l'infini. Les combinaisons d'objets sont donc simples et très rapides vu que dans les 5 premiers niveaux, vous pourrez déjà commencer à vous concocter des armes et armures correctes. La surpuissance de certains objets combinés a été vue à la baisse depuis un premier patch, ce qui n'est pas sans nous faire plaisir.
 

Classique

L'histoire n'est pas à franchement parler un chef d'oeuvre d'originalité. Le héros, une petite frappe level 1 au début du scénario (incroyable), part en quête de sa soeur perdue et tombera bien vite sur un truc vraiment plus gros que lui. Ce truc s'appelle Aziraal, représentant en chaussette dans l'Outre-monde et principalement Dieu de la guerre qui aimerait bien faire son come-back sur terre. S'ensuit une quête principale banale où il faudra collecter des pierres magiques pour ressusciter ce dieu, plus prétexte à faire explorer le monde qu'autre chose. C'est ici que Two Worlds se fait réellement valoir. L'espace explorable est immense, les villes et les quêtes y sont nombreuses et les ennemis y pullulent. L'exploration donne une durée de vie conséquente au jeu, qui ne manque pas de nous rappeler par la suite que c'est un de ses atouts majeurs. La mécanique du jeu se fait d'une manière ultra-rabâchée, à base de quêtes souvent génériques comme "Trouvez un objet et le rapporter", "Tuer untel et revenir" ou encore "Faire les poches à NKB". Répétitives, ces quêtes sont longues et pénibles de surcroit, mais récompensent dûment l'aventurier courageux qui en sera venu à bout. L'aventurier en aura tout de même plein les basques de tuer une énième fois un chef brigand ou de récupérer le même objet générique au bout de 30 heures de jeu. D'autant que les options dans le déroulement des quêtes aussi bien que le scénario ne sont pas légions. On n'aura par exemple pas d'autre alternative à la fin d'une quête que de tuer un PNJ fautif, là où on aurait pu le faire chanter dans Oblivion.

Bien sûr on retrouve certaines organisations, nommées guildes, qui proposeront de travailler pour elles en échange d'or, d'objets, d'expérience et de réputation. Il faudra en effet entretenir vos relations avec les différentes factions en présence en fonction de vos choix. Certaines étant en conflit plus ou moins ouvert, travailler pour l'une fera baisser votre réputation chez l'autre et vice-versa. Impossible donc de devenir le gros bill du pays en étant à la tête de l'ensemble des organisations légales ou pas. Ici vous devrez choisir et la cohérence du background n'en est que renforcée. L'ouverture, un thème en vogue, dépayse pas mal en début de jeu. Si on commence à s'aventurer trop loin à petit niveau, on aura tôt fait de faire l'agréable rencontre d'ennemis beaucoup plus puissants que soi, dont un seul coup suffit à vous sectionner bras, épaule, torse et tout ce qui dépasse. Un petit problème d'équilibrage qui fonctionne dans les deux sens, car une fois arrivé à haut niveau, certaines armes dépassent amplement le seuil des 10.000 points de dégâts pour des ennemis possédant un capital modeste de 3000 points de vie.
 

Diablivion

Ce qui nous mène tout droit au système de combat, certainement ce qu'il y a de mieux dans Two Worlds. A l'instar d'un Gothic 3 moins fun, les combats y sont agréables. D'une part grâce à la qualité de l'animation des personnages, troublante de réalisme et d'une autre par la précision accrue de ce système, qui fait qu'on tapera rarement dans le vide. Une action soutenue dont on pourrait n'en dire que du bien si elle n'était pas plombée par une intelligence artificielle rapprochant l'ensemble des ennemis au QI d'un hérisson anémique nouveau-né. Il est en effet courant de voir les ennemis rester inertes au beau milieu de la mêlée, tandis que d'autres frapperont le vide avec un air plus convaincu que Collin Powell montrant des photos-preuves à l'ONU. Ajoutons à cela les nombreux bugs de collision qui font s'entasser les ennemis en un seul paquet informe de bras et de jambes, ou qui les font se tenir à la verticale sur n'importe quel plan (pas gênant sur terrain plat, mais dans une pente à 40°, c'est louche). Un tas d'imperfections qui n'ont pas encore trouvé solution avec les patchs déjà sortis. L'intelligence plus qu'artificielle des PNJ laisse aussi à désirer : les villageois, qu'ils soient gardes ou simples paysans sont faciles à blouser. Volez-leur un objet et enfuyez-vous pour revenir quelques minutes plus tard, et ils ne vous en voudront plus. Votre barre de réputation n'aura pas bougé non plus. Je vous prodigue un conseil au passage : ne jouez qu'en mode difficile. Le mode facile offre la possibilité de "respawner" après la mort, gratuitement, sans perte ni d'argent, ni d'expérience ou de progression. Il suffit ainsi de revenir achever les monstres qui vous auront vaincus, leurs barres de vie étant les mêmes qu'au moment de votre décès. Au moins, en difficile, on écopera d'un Game Over certes plus frustrant, mais justifié. La mort, c'est grave quand même.

Heureusement que c'est beau. L'aspect général du jeu, même depuis le menu, est largement au niveau de ses concurrents, si ce n'est au-dessus au regard de certains effets comme le brouillard ou les remous de l'eau plus vrais que nature. Les effets spéciaux relatifs à la magie ou l'alchimie (un domaine très vaste d'ailleurs) sont au même titre supérieurs à ce qui se fait aujourd'hui, et rien ne viendra mettre en cause le boulot de Reality Pump là-dessus. Ceci mis à part, le character design est décevant. Les PNJs communs sont des clones d'à peine 10 personnages différents et les personnages principaux sont de qualités inégales. La soeurette de notre héros ressemble plus à un petit hamster bouffi croisé avec une éponge de mer qu'à ce qu'elle semble être sur le boitier du jeu. Notons aussi qu'elle est l'une des 4 ou 5 seules femmes de ce monde que j'ai vues en 27 niveaux. Soit les hommes enferment les femelles dans des caves secrètes soit... Non, n'y pensons pas trop.
 

Regain d'interêt

Two Worlds n'arrive pas complètement les mains vides non plus. En plus de la campagne solo, on apprécie fortement la présence d'un mode multijoueurs assez riche, bien qu'imparfait. Ici, obligation de récréer des personnages spécialement dédiés à ces modes, et de leur choisir une race (humain ou elfe) ainsi qu'une classe (guerrier, archer ou l'un des quatre types de mage). Plusieurs modes de jeux sont disponibles à partir d'un lobby déguisé en villes, ce qui rend le contact entre les joueurs plus amusant. Outre les classique Deathmatchs en équipe et une arène de duel, il est possible à un groupe de 8 aventuriers ou moins de se lancer dans une zone instanciée. Ils y retrouveront une flopée de petits villages, des monstres et des quêtes générés au hasard, à l'image de la campagne solo. Un mode sympathique qui constitue le plus attachant de tous. La bande-son est rythmée et prenante bien que lassante (quoique ce soit normal au bout d'une trentaine d'heure de jeu), toute à l'opposé des voix des personnages que je ne peux que vous conseiller de les configurer en version originale sous-titrée.

Et pourtant. Pourtant il y a ces montures, nombreuses et farfelues parfois, mais qui se bloquent tous les dix mètres dans un mur invisible. Il y a ces PNJs plus idiots que leurs pieds, incapables d'action un tant soit peu intelligente. Il y a ces factions qui vous aideront toujours, bien que vos relations soient au plus bas. Il y a cette version française ridicule et parfaitement désynchronisée avec les mouvements des lèvres des acteurs. Et, bouquet final, cette fin de scénario bidon, sans cinématique qui nous renvoie au menu après avoir fait LE choix crucial pour notre héros (que je me garde bien de vous révéler).
 

Article rédigé par Razhiel , le

Two Worlds n'est pas le "Oblivion-killer" qu'on nous annonçait. S'il est rempli de bonnes intentions et d'idées, il reste un titre plein de défauts qui gagnera à être revu par les développeurs à grands renforts de correctifs. La version Xbox 360 profitera certainement des améliorations à venir, au détriment des joueurs PC qui n'ont plus qu'à attendre que le jeu soit digne d'être vendu.

Points positifs

  • Très beau en général
  • Un multijoueurs agréable
  • Des combats bien réalisés
  • Un contenu assez riche, notamment en alchimie et en magie
  • Scénario classique mais qui est cohérent

Points négatifs

  • L'IA débile dans toutes les situations (PNJS, ennemis, montures)
  • Des PNJs qui se ressemblent...
  • ... et s'assemblent grâce aux bugs de collision
  • Une VF merdique
  • Les cinématiques décevantes

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