Test : Teenage Mutant Ninja Turtles : Smash-up

Teenage Mutant Ninja Turtles : Smash-up - PS2

Genre : Baston de tortues façon SSB

Genre
Baston de tortues façon SSB
Développé par
Game Arts
Edité par
Ubisoft
Disponible sur
PS2, Wii
Parfois appelé
Teenage Mutant Ninja : Turtles Smash-up
Site officiel
Site officiel

Je ne sais pas ce que vous préférez sur vos pizzas, mais moi j’aime bien y mettre tout et n’importe quoi. En fait, plus j’en mets mieux c’est, et tant qu’il reste de la place je ne me prive pas. Alors, on met le paquet, tomate, chair à saucisse, lardons, mozzarella, chèvre, chorizo, pepperoni, poivrons pour la couleur (au passage « poivrons » se dit « peperoni » en italien, mais ici il s’agit d’ingrédients différents ; en Italie, on appelle les pepperoni « salame piccante », le salami piquant), puis on rajoute tout ce qu’il faut en crème fraîche, parmesan et origan pour recouvrir le tout. Oui, ça peut sembler indigeste, mais quand on le fait soi-même, c’est forcément bon. Et le jeu TMNT Smash-up, sur Wii et PS2, c’est meilleur ou moins bon qu’une pizza faite maison (sans olives) ?

 
 
La recette pour cette nouvelle adaptation des Tortues Ninja, élaborée pour leurs (déjà) 25 ans par Game Arts, est en fait une variante de leur pièce maîtresse, Super Smash Bros Brawl. On y retrouve grosso modo les ingrédients qui ont fait l’originalité du soft, assemblés de façon un peu brouillonne pour arriver à un résultat un peu en dessous, mais avec du caractère.
 

Super Smash Turtle Brawl

Comme on vient de le voir, le jeu est développé par le même studio que SSBB, au point qu’il aurait presque pu s’agir d’un add-on. Si quelques différences existent dans le gameplay, au niveau des interactions avec le décor et des attaques « B » qui ne sont ici que de simples coups puissants, un joueur de SSBB aura saisi toutes les subtilités du jeu en quelques minutes. Pour ce qui est de la navigation, il ne sera pas plus dépaysé : les menus sont de même type et l’écran de sélection des personnages est identique. Pire, on retrouve les mêmes modes de jeu que dans les SSBM sur Gamecube : un mode « missions » fonctionnant comme les events (jusqu’au n° 51 qu’on débloque en finissant les 50 autres), des mini-jeux type « break the target » (ici les cibles sont des pizzas), une course qui rappelle celle sur le circuit de Big Blue, ou une escalade sur le mode du niveau tiré de Metroïd où il faut s’échapper par le haut. Vous croyez que c’est fini ? Eh bien non, car il y a également une section où vous pourrez dépenser vos carapaces (équivalent des pièces), par exemple dans un jeu de tir où il faut viser des trophées pour les ajouter à votre collection… Sans que tout ceci tienne de la mauvaise idée, on constate en tout cas que rien n’est jeté à la poubelle chez Game Arts.
 

Qui est invité à la fête d'anniversaire ?

Si TMNT est si proche de SSBB sans arriver à son niveau, quels peuvent bien être les arguments en sa faveur ? Le premier point, c’est bien sûr de retrouver l’ambiance foutraque des Tortues Ninja, ses personnages charismatiques, accompagnés de tenues alternatives plutôt fun. On prend plaisir à incarner chacun des personnages, dont l’arsenal donne lieu à des animations différentes pour chacun, permettant de faire ressortir leurs personnalités (Michelangelo fait des pirouettes improbables, Donatello s’appuie sur son grand bâton, Maître Splinter mêle agilité et expérience malgré son âge avancé, etc). Mais une fois de plus, on aurait espéré quelques efforts supplémentaires : tous les personnages se jouent à peu près de la même façon, les variations de l’un à l’autre n’étant pas assez importantes pour pouvoir en tenir compte. Côté contenu, on regrette l’absence de certains incontournables : Krang, Bebop et Rocksteady, que tout fan considèrerait comme indispensable à un jeu de cette envergure, ont pris des vacances, tandis que des personnages à l’utilité discutable font leur apparition. Une absence qui s’explique par le fait que ce jeu est inspiré du dernier film de TMNT, où ils n’apparaissent pas. Mais dans un jeu qui ne comporte que 16 combattants, dont 3 bonus qui viennent d’un autre univers, l’occasion des 25 ans n’était-elle pas bonne pour intégrer tous les anciens ?
 
 
Autre bonne idée, cette fois bien réussie : le level design. Si on déplore un nombre d’arènes un peu faible (quoique rien de pire que le reste du contenu), celles-ci sont suffisamment différentes pour varier les plaisirs, sont parfois dynamiques et pimentent le combat de façon stressante. Qui va se faire bouffer par le croco géant ? Qui restera sur le wagon décroché du train pendant que les autres filent ? Ajoutez que certaines attaques sont réalisables à partir du décor, par exemple en s’appuyant sur un mur pour se propulser, ou en tournoyant autour d’une barre comme à la gym, on a là l’une des rares innovations par rapport à SSBB. L’idée mérite même d’être creusée pour une prochaine production du genre, quelle que soit la licence.
 

Scénanar

Mais, alors que le jeu était jusque là moyen mais plaisant, un nuage noir fait son apparition. Un anchois pas frais dans la garniture. Peut-être même la plus grande escroquerie scénaristique de l’histoire du jeu vidéo. Le mode Arcade propose, tenez-vous bien, un scénario original créé spécialement par l’un des créateurs de la série, Peter Laird. Les plus mauvais d’entre vous le termineront en 15 minutes maxi. En voici le résumé à peine exagéré : tout va bien chez les Tortues Ninja, mais les méchants attaquent, alors il faut se battre, et hop, on a gagné. On a vu plus palpitant. Mais ce n’est pas le seul défaut de ce mode : d’une part, toutes les cinématiques ne sont que de simples découpages et assemblages d’éléments 2D, au rythme hésitant, et d’autre part tous les personnages ne sont pas jouables dans ce mode. Il n’existe qu’une histoire du côté « gentils », il n’est donc pas possible d’utiliser les méchants comme Shredder ou sa fille Karai pour cette aventure. Les seuls modes intéressants en solo sont la Survie (je vous épargne l’explication de son fonctionnement) et les Missions dont on a parlé plus tôt. Deux modes qui tiennent leurs promesses, mais dont on a vite fait le tour. Pensez tout de même à les finir à 100% pour débloquer tout le contenu possible.
 

Article rédigé par SiMouth , le

Si on compare SSBB à un plat de résistance, TMNT est un bol de biscuits apéritif : une mise en bouche agréable, qu’on savoure à plusieurs, on y revient avec plaisir, mais on le termine avant de s’en rendre compte. Il y a l’idée sans la réalisation : le jeu ressemble davantage à une ébauche qu’à un produit fini tant le contenu est faible. Et pourtant, le peu qui est fait est terriblement addictif, sur une période courte toutefois. C’est dommage. Les seules raisons qui peuvent vous faire acheter ce titre sont d’être un fan absolu des Tortues Ninja, et son prix de 40 euros, et avoir en permanence 3 potes avec qui vous amuser. Si vous n’êtes pas de ceux-là, faites-vous plutôt une bonne soirée pizza. Dernière remarque : la version PS2 est encore plus faible en contenu que la version Wii, il y a 4 personnages en moins à débloquer.

Points positifs

  • Kowabunga !
  • Les arènes
  • Les bonnes idées repompées à SSBB

Points négatifs

  • Trop faible en contenu
  • Scénario catastrophique
  • Peu de variations de gameplay entre les persos

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